mercredi, 08 avril 2009

Changement d'adresse

Le blog de la section de portes change d'adresse

http://section-ps-portes.hautetfort.com/ a vécu.

Vous trouverez la suite de l'histoire à l'adresse suivante

http://porteslesvalence.parti-socialiste.fr/

 

Hommage mérité

mardi, 07 avril 2009

Royal: le contre-discours de Dakar

En image, l'extrait du discours de Ségolène Royal présentant ses excuses au nom de la France pour les propos de Nicolas Sarkozy.

PAR MARIE-LAURE JOSSELIN À DAKAR (Libération du 7/4/2009)

C’est en utilisant un terme wolof, une des langues locales, que Ségolène Royal a débuté son discours de Dakar. Un terme suivi d’une explication qui déjà en disait long sur sa pensée: elle allait parler de l’Afrique, de ses origines, de l’Histoire.

«Merci, chers amis de votre hospitalité, dont je sais qu’en wolof, elle se dit Teranga. Un mot magnifique qui exprime une valeur que, de longue date, les civilisations africaines exaltent». S’en suit une heure de discours. Des ballons vert et rouge accrochés au plafond et une jolie arcade de feuilles accueillent celle qu’Ousmane Tanor Dieng, le secrétaire général du PS sénégalais, appelle «la négresse blanche».

Les barons et les sages du parti sont là assis au premier rang devant des centaines d’autres personnes. Ségolène Royal a parlé du lien entre sa région et celle de Fatick, illustrant ainsi le lien entre «action locale et progrès global». Il lui a fallu plus de 45 minutes attaquer le discours de Nicolas Sarkozy. Le célèbre discours qui a fait débat au sein de l’opinion, des intellectuels africains ayant même répliqué à travers un ouvrage collectif.

«Quelqu’un est venu ici vous dire que «l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire»». Applaudissements, quelques huées, puis silence bien pesé avant de continuer. «Pardon. Pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et — je vous le dis en confidence — qui n’engagent ni la France, ni les Français».

Applaudissements de nouveau, le public se lève. Ségolène Royal reprend la parole et assène un peu plus tard: «Il est temps que nous pratiquions davantage entre nous l’égalité vraie, loin des paternalismes, des misérabilismes, des ostracismes, loin des doubles langages qui masquent mal les doubles jeux (…)».

Tout au long de son discours, elle se réfère à des Africains, elle qui se dit «fille de l’Afrique»: Cheikh Anta Diop, Leopold Sedar Senghor, Patrice Lumumba, Aminata Traoré, Didier Awadi, Tiken Jah Fakoly… Intellectuels, politiciens, militants ou artistes, elle pioche dans tous les domaines, y compris en faisant référence à Martin Luther King et à Barack Obama.

En guise de dessert, ce sont les propos de jeunes Sénégalais rencontrés la veille en banlieue dakaroise qu’elle cite: «Soyons solidaires comme les grains de l’épi de maïs, forts comme comme le baobab, courageux comme le lion».

Tonerre d’applaudissements et bousculade pour approcher celle qui a osé. «Elle a le courage de dire ce qu’elle pense», explique aussitôt Abdoulaye Wilane, le responsable de communication du PS: «Pardon, c’est une marque de grandeur mais il faut être courageux pour dire pardon. Ségolène est comme elle est, c’est une marque déposée».

A la sortie, un vieux monsieur en boubou déclare: «Je lui tire ma révérence pour ce qu’elle a dit. La révérence, c’est la France». Un journaliste sénégalais: «C’est un discours de chef d’Etat, c’est le discours qu’aurait du avoir Sarkozy».

Pour la presse sénégalaise, Royal a “lavé l’affront” de Sarkozy (NOUVELOBS.COM)

Des journaux sénégalais privés, tel Le Matin, jugent que la socialiste française Ségolène Royal “a lavé l’affront” qu’avait infligé Nicolas Sarkozy aux Africains en juillet 2007 en demandant “pardon” pour le discours très discuté du président français.
Dans un article à la Une, le quotidien Le Matin indique que “le bouillant Sarkozy avait ‘insulté’ tous les Africains à Dakar. Ségolène Royal, en visite sur les lieux du crime, a lavé l’affront en nous demandant pardon”.
“Merci chère ‘compatriote’ même si l’on sait que Sarko mérite difficilement notre pardon”, ajoute le journal, à l’adresse de Ségolène Royal née il y a 55 ans à Dakar.

“Une baffe… Royal à Sarko”

“Quelqu’un est venu ici vous dire que ‘l’Homme africain n’est pas encore entré dans l’Histoire’”, avait notamment dit lundi Ségolène Royal au siège du Parti socialiste sénégalais. “Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et -je vous le dis en confidence- qui n’engagent ni la France, ni les Français”, avait lancé l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle en France.
Selon le journal Walfadjiri, “Ségolène Royal a taclé hier le président français Nicolas Sarkozy”, tandis que le journal Le Populaire évoque “Une baffe… Royal à Sarko”, en reprenant de longs passages de son discours.
Néanmoins, les journaux sénégalais ne se sont pas beaucoup intéressés à ce discours. Certains n’évoquent pas le sujet, dans un pays où la presse écrite traite rarement à chaud l’actualité.
Le quotidien gouvernemental Le Soleil, dont la Une est dédié à un portrait et une phrase du président sénégalais Abdoulaye Wade, ne consacre qu’un court article à la conférence publique de Ségolène Royal. Mais l’agence de presse sénégalaise (APS, publique) en fait sa Une sur son site internet.

lundi, 06 avril 2009

La Turquie dans l'UE

La Turquie dans l'Union européenne: Obama a-t-il raison?


C'est le duel du jour entre Laurent Joffrin (Libération) et Sylvie Pierre-Brossolette (Le Point). Avec France Info.


    jeudi, 26 mars 2009

    Stocks-options : le Parlement doit légiférer

    Ségolène Royal (PS) a estimé jeudi 26 mars que "c'est le Parlement qui doit légiférer" pour limiter la rémunération de certains dirigeants de grandes entreprises, car "là où la morale est en faillite, la loi ne doit pas faillir".

     

     

    PLAN DE RELANCE

    "Sarkozy ne comprend plus ce qu'il se passe"

    Michel Sapin estime que Nicolas Sarkozy a fait une "erreur de diagnostic gravissime" sur la croissance et qu'un plan de rigueur semble désormais inéluctable. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

    Dans un entretien à nouvelobs.com, le secrétaire national du PS en charge de l'Economie, Michel Sapin revient sur le discours de Saint-Quentin. Pointant la "suffisance" et "l'aveuglement" du chef de l'Etat, il appelle à une prise rapide de décisions.

     


    Que pensez-vous du discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin le 24 mars dernier ?

    - Pour parodier ce qui a été dit à propos du G20, la caractéristique du discours de Nicolas Sarkozy, c'est qu'il a annoncé qu'il ne décidait rien.
    Alors que la crise s'aggrave, l'Insee vient de revoir ses prévisions de croissance à la baisse à -3% pour 2009, Nicolas Sarkozy annonce qu'il ne changera pas son plan de relance, alors que celui-ci a été élaboré avec des prévisions de croissance de +0,5%.
    Je crois que le président ne tient pas compte de l'aggravation de la situation.

    Pourtant, le discours du président a quelque peu changé depuis le début de la crise…

    - Le président a changé de discours, c'est évident. Il ne parle plus de capitalisme tout puissant. Il parle désormais de régulation, d'intervention de l'Etat dans l'économie. Mais il ne change pas de décisions.
    Pourtant, ce sont précisément les décisions qu'il a prises et qui ne sont plus adaptées à la situation qu'il devrait revoir. Je pense notamment au bouclier fiscal ou à la défiscalisation des heures supplémentaires.
    Son discours évolue au gré des événements, mais Nicolas Sarkozy maintient une forme d'obstination dans ses prises de décisions.
    Aujourd'hui les mots ne suffisent pas, il faut des actes.

    Le président a appelé de ses vœux un "capitalisme moral". Comment peut-on moraliser le système capitaliste ?

    - Je n'aime pas les leçons de morale du président de la République. Il faut des règles, pas de la morale.
    Il faut supprimer les paradis fiscaux, il faut empêcher que des dirigeants d'entreprises, surtout si ces dernières sont aidées par l'Etat, touchent des bonus, des primes de départ ou des stock-options.
    Mais pour transformer tout ce système, il faut légiférer.
    Nous n'avons pas besoin de leçon de morale. Il faut des décisions.

    Hier, devant les députés UMP, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que "quand il y a une grève comme celle du 19 mars, le pays n'est plus paralysé" ? Encore une provocation ?

    - C'est totalement irresponsable parce que le 19 mars dernier, il y avait bien sûr les salariés du service public qui s'étaient mobilisés, mais aussi et surtout ceux du secteur privé. Le chef de l'Etat s'en réjouit et tombe une nouvelle fois dans la facilité de langage.
    En plus de son contentement de lui-même, il ne comprend plus ce qu'il se passe dans le pays.
    Nicolas Sarkozy fait preuve de suffisance, de renfermement sur lui-même, d'aveuglement sur la réalité économique et sociale du pays.
    Je crois qu'il confond le volontarisme et la volonté.

    Que propose le PS pour lutter efficacement contre les effets de la crise économique ?

    - Je crois que les propositions du Parti socialiste sont bien plus adaptées à la situation. On a pris la mesure de la crise et de ses conséquences sociales, comme le chômage de masse notamment.
    Le gouvernement a mis en place un plan de relance de 26 milliards d'euros alors qu'il en faudrait le double!
    Il faut soutenir le pouvoir d'achat, d'où notre proposition d'accorder une prime exceptionnelle de 500 euros pour 40% des Français. Il faut également modifier les allocations chômage, en revoyant particulièrement la durée et le montant de l'indemnisation.
    En ce sens, notre plan de relance est une bonne réponse. A nous maintenant de l'expliquer même s'il y a encore des progrès à faire en termes d'homogénéité de parole et de solidarité dans l'action.

    Interview de Michel Sapin par Mathieu Carbasse
    (le jeudi 26 mars 2009)

    Changer L'Europe

    Martine Aubry
    mobilisés pour faire changer l'europe maintenant
    Cher(e)s ami(e)s,
    Cher(e)s camarades,

    Nous devons changer l’Europe. Et pour changer de politique en Europe, il faut changer de majorité politique au Parlement européen. Voilà l’ambition des socialistes européens.

    Voter socialiste le 7 juin, c’est permettre dès le 8 juin une vraie alternance au Parlement européen et à la Commission européenne.

    Les socialistes européens sont unis pour réaliser concrètement ce changement et remettre les citoyens au cœur d’une Europe plus sociale, plus écologique, plus solidaire. Je suis particulièrement fière que le Parti Socialiste français mène la première campagne européenne pour ces élections. Parce que les problèmes sont communs, les réponses sont communes et la campagne doit l’être tout autant.

    Il faut donc créer le mouvement qui portera demain une majorité de gauche en Europe. Pour cela, nous avons besoin de vous.

    Cette campagne doit être la votre !

    En agissant sur le terrain, en mobilisant sur Internet, en diffusant nos idées auprès de nos concitoyens, en encourageant nos sympathisants à s’engager à nos côtés, vous pouvez contribuer concrètement, simplement et en fonction de vos possibilités, à ce changement.

    Les peuples européens ont besoin de changement. Construisons le ensemble.

    jeudi, 19 mars 2009

    Campagne sur les libertés publiques

    Pour la défense de la République

    Pour la défense de la République

    Au moment où la France traverse une grave crise économique et sociale, elle subit également un terrible recul des libertés publiques. Droits collectifs et individuels sont un à un remis en cause. Le Parti socialiste qui refuse cette situation, reprend aujourd’hui l’initiative en proposant à chaque militant et chaque citoyen de se réapproprier ce combat :

    Télécharger le livre : "La France en libertés surveillées"

    Aller sur le blog www.agirpourleslibertespubliques.net, observatoire des libertés publiques.

    Télécharger le tract "Printemps des libertés"

    Télécharger le programme de la journée du "Printemps des libertés" le 22 mars au Zénith de Paris

    Martine Aubry propose un plan de 50 milliards pour sortir de la crise

    Pour mémoire

    Le PS propose de relancer l’économie en soutenant autant l’investissement des entreprises que la consommation des ménages.

     

    D'APRES FRANÇOIS VIGNAL (LIBERATION)

    (Andrea Comas / Reuters)

    «Nous ne sommes pas dans une bulle au PS». Martine Aubry, en présentant le plan de relance du Parti socialiste - parce qu’«il n’y a pas de plan de relance digne de ce nom» - veut montrer que le PS reste proche de la préoccupation des Français: le pouvoir d’achat. L’anti-plan de relance socialiste est donc «un plan équilibré, qui marche sur ses deux jambes, la consommation et l’investissement».

    En près de 50 pages, ce plan, d’un volume global de 50 milliards d’euro, équivalent à 2,5% du PIB, donne 23,7 milliards d’euros pour «la relance du pouvoir d’achat et la consommation» et 26,8 milliards pour l’investissement. Ce «plan d’urgence» doit aussi permettre de «réduire l’écart entre les salaires les plus hauts et les plus bas», selon les mots de Benoît Hamon, porte-parole du PS. Un plan adopté à l’unanimité le matin même par le bureau national du parti, à l’exception du royaliste Malek Boutih, «car il estime qu’il n’y a pas assez eu de débat et de concertation», selon Hamon.

    500 euros pour 12 millions de personnes

    Parmi les mesures phares, le PS propose, côté pouvoir d’achat, une aide immédiate de 500 euros à tous les bénéficiaires de la prime pour l’emploi et de minima sociaux, soit «12,4 millions de personnes concernées», une hausse du Smic de 3% au 1er février 2009 (soit 30 euros), la baisse de la TVA de 19,6% à 18,6%, une hausse de 10% de l’allocation logement ou encore la généralisation du chèque transport.

    Pour le soutien à l’emploi et aux chômeurs, le PS souhaite un allongement de 6 mois de la durée d’indemnisation chômage, la généralisation du contrat de transition professionnelle, l’extension du chômage partiel à 1600 heures, le retour de 100.000 emplois aidés et la création de 100.000 contrats verts et associatifs. Pour lutter contre les «licenciements boursiers» des entreprises faisant des bénéfices, le PS entend les rendre plus chers.

    Annuler le paquet fiscal

    Côté investissement, 10 milliards «en capital» sont consacrés à l’industrie et aux PME. Le PS veut «bonifier de 50% le crédit  impôt recherche pour les PME innovantes», moduler l’impôt sur les sociétés selon que les bénéfices sont réinvestis ou distribués aux actionnaires, ou encore la création de fonds régionaux d’intervention stratégique dotés de 6 milliards d’euros.

    Et le financement ? «Sur les 50 milliards, 10 milliards sont une intervention en capital. L’impact budgétaire est donc de 40 milliards d’euros», lance Aubry, qui propose tout simplement «l’annulation de la loi TEPA (le fameux «paquet fiscal»), ce qui permettra d’apporter près de 15 milliards d’euros». «Nos mesures comptent dans l’augmentation du déficit public à court terme, mais ça alimente la machine, ça alimente la croissance» à plus long terme, précise Didier Migaud, secrétaire national du PS à l'Economie, qui dénonce «le plan riquiqui de Sarkozy». «C’est une logique de relance économique», ajoute Aubry.


    Le PS lance une pétition pour l’abrogation du "paquet fiscal"

    19 mars 2009 Injuste à son origine, le « paquet fiscal » est devenu absolument insupportable en cette période de crise économique et sociale qui frappe si durement la France. C'est pourquoi nous demandons la suppression du « paquet fiscal », ce qui permettrait de dégager 15 milliards d’euros par an et de mener ainsi une vraie politique pour améliorer le quotidien des Françaises et des Français et sortir la France de la crise.

     

    « Pour la justice sociale, pour la relance, abrogeons le “paquet fiscal”»
    Télécharger la pétition
    Télécharger la pétition en noir et blanc

    lundi, 16 mars 2009

    Pétition : heures supplémentaires, il faut arrêter les frais

     

    Bonjour,

    Un mot pour vous informer qu'Alternatives Economiques a lancé une pétition contre les exonérations sociales et fiscales dont bénéficient les heures supplémentaires au détriment de l’emploi. Cette initiative est soutenue par l’hebdomadaire Marianne. Parmi les premiers signataires (voir ci-dessous) figurent les principaux dirigeants syndicaux du pays, de nombreux experts de l’emploi et du marché du travail ainsi que de nombreux acteurs de l’insertion par l’activité économique.

    Si vous souhaitez soutenir cette initiative, la pétition peut être signée à l'adresse suivante :
    www.alternatives-economiques.fr/petition.
    Et n'hésitez pas, bien sûr, à relayer cet appel autour de vous si vous le jugez pertinent...

     

    Cordialement,

    La rédaction d'Alternatives Economiques


    Texte de la pétition :
    Heures supplémentaires : il faut arrêter les frais
    Au moment où la crise provoque une vive remontée du chômage, en particulier chez les jeunes, il faut revenir sur les exonérations sociales et fiscales accordées aux heures supplémentaires. En effet, dans le contexte actuel, l’emploi doit être la priorité absolue de l’action des pouvoirs publics. Or, les exonérations fiscales et sociales décidées en 2007 ne visaient qu’à accroître le nombre des heures supplémentaires effectuées par les salariés déjà en activité. Et, en dépit de la récession, le nombre des heures supplémentaires déclarées a en effet progressé de près de 40 millions entre le quatrième trimestre de 2007 et la même période de 2008, soit l’équivalent de 90 000 emplois à plein temps. Ces mesures contribuent donc manifestement à dissuader les entreprises qui en auraient la possibilité d’embaucher des jeunes ou des chômeurs alors que les quelques trois à quatre milliards d’euros qui leur ont été consacrés en 2008 pourraient avantageusement être mis au service de la création d’emplois. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et au parlement d’abroger sans délai les mesures défiscalisant les heures supplémentaires et les exonérant de cotisations sociales.

    Parmi les premiers signataires :
    Michel Abhervé, acteur de l’insertion par l’activité économique ; Gérard Aschieri, secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Stéphane Beaud, sociologue ; Alain Caillé, sociologue ; Gilbert Cette, professeur d’économie ; Jacques Chemarin, dirigeant mutualiste ; François Chérèque, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) ; Denis Clerc, économiste, fondateur d’Alternatives économiques ; Dominique Crepel, président de la Chambre régionale de l’économie sociale du Nord - Pas de Calais ; Jean-Baptiste De Foucauld, président de Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) ; Jacques Dughera, acteur de l’insertion par l’activité économique ; Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques ; Pierre Ferracci, président-directeur général du groupe Alpha ; Philippe Frémeaux, président-directeur général d’Alternatives Economiques ; Jacques Freyssinet, économiste ; Jean Gadrey, économiste ; Bernard Gazier, économiste ; le collectif Génération précaire ; Eric Heyer, économiste ; Florence Jany-Catrice, économiste ; Pierre Khalfa, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires ; Nicole Maestracci, présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) ; Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO) ; Jean-Paul Maréchal, économiste ; Joël Maurice, économiste ; Dominique Méda, sociologue ; Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne ; Alain Olive, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) ; Serge Paugam, sociologue ; Thomas Piketty, économiste ; Jean-Paul Raillard, directeur du cabinet Syndex ; Maurice Szafran, directeur de Marianne ; Bernard Thibault, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) ; Carole Tuchszirer, économiste ; Bernard Van Craeynest, secrétaire général de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC).

     


    Si vous souhaitez soutenir notre initiative, la pétition peut être signée à l'adresse suivante :
    www.alternatives-economiques.fr/petition.


    Pour en savoir plus :
    Le scandale des heures supplémentaires, par Denis Clerc
    Pourquoi une pétition contre les heures supplémentaires exonérées, par Guillaume Duval 

     

     

     

    mercredi, 11 mars 2009

    manifestation du 19 mars

    Mobilisation pour la manifestation du 19 mars

    Chers camarades,

    Vous n'êtes pas sans savoir qu'une manifestation nationale est prévue le jeudi 19 mars 2009. Dans la Drôme, le rassemblement est prévu à 14 H 00 sur la place du Champ de Mars à Valence.

    Comme pour la manifestation du 29 janvier 2009, nous espérons une mobilisation d'ampleur au sein de laquelle le parti socialiste et la fédération de la Drôme tiennent toute leur place.

    Aussi, nous vous invitons à mobiliser le plus grand nombre de camarades pour cette manifestation. Je vous propose de nous rassembler :


    le jeudi 19 mars 2009

    devant le Kiosque de la Place du Champ de Mars

    dès 14 H 00


    afin de constituer un cortège rassemblé de militants et porter ensemble nos revendications. Il est important que nous puissions rester relativement groupé au sein du cortège.


    Je compte sur votre soutien,


    mes amitiés socialistes

    Sébastien BERNARD

    Secrétaire Fédéral

    vendredi, 06 février 2009

    La Gauche contre Sarkozy

    Front commun de onze partis de gauche contre Sarkozy

    Ont donné leur accord

     

    Les Alternatifs, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Lutte Ouvrière, le NPA, le PCF, le PCOF, le Parti de gauche, le PS, Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo

    Le Parti socialiste et dix autres organisations de gauche réclament dans une “déclaration commune” publiée mardi soir, un «changement de cap» de la part de Nicolas Sarkozy et apportent «leur soutien aux mobilisations» actuelles.

     

    Communiqué commun

    Les partis et organisations de gauche réunies mardi 3 février à Paris se félicitent de l’ampleur du succès de la mobilisation sociale du 29 janvier. L’importance des grèves et des manifestations qui ont marqué cette journée témoigne d’un rejet massif des choix politiques du gouvernement Sarkozy-Fillon, marque une colère légitime face aux vagues actuelles de licenciements et de suppressions d’emplois, dans le privé comme dans le public, confirme l’exigence d’un « bouclier social » à l’opposé du « bouclier fiscal » pour les plus riches, et de mesures en faveur de l’emploi et des salaires à l’opposé des choix du gouvernement qui distribue sans contrepartie des milliards aux banques et aux grandes groupes.

    Le message de la journée du 29 janvier est clair. Ce n’est pas au monde du travail, à la population de payer la crise. Contrairement à ce que vient d’affirmer le Premier ministre, la journée du 29 janvier porte clairement  la demande d’un changement de cap, notamment  sur les questions des salaires, de l’emploi, des services publics. Nicolas Sarkozy et le gouvernement ne peuvent se dérober à ces exigences et ignorer les grands axes avancés dans la plate-forme syndicale unitaire.

    Plus largement, un très grand débat public est nécessaire dans le pays sur les mesures alternatives aux choix politiques actuels qui permettront de s’attaquer réellement et efficacement aux racines de cette crise et d’imposer une autre répartition des richesses et un autre type de développement.

    Les organisations réunies apportent leur soutien aux mobilisations qui se développent  ces jours ci dans  l’éducation, dans l’enseignement supérieur et la recherche où le gouvernement doit revenir sur la loi Pécresse et ses décrets d’application, dans les hôpitaux et la santé, où l’inscription à l’ordre du jour du Parlement le 10 février prochain du projet de loi Bachelot doit être annulée. Parce que ces textes représentent des attaques inacceptables contre les services publics, elles appellent à prendre et à soutenir dans les jours qui viennent les initiatives nécessaires pour les combattre.

    Elles s’alarment dans ce contexte des atteintes répétées aux libertés publiques et syndicales, qui en cherchant à intimider les mouvements de contestation, conduisent à une inquiétante dérive autoritaire du pouvoir qu’elles ne peuvent accepter.

    Enfin, elles tiennent à apporter leur soutien à l’imposant mouvement social qui mobilise depuis plusieurs semaines la Guadeloupe, et demandent au gouvernement d’engager au plus vite de réelles négociations sur les revendications exprimées, notamment sur la question du pouvoir d’achat.
    Les organisations réunies ont convenu de se revoir après l’intervention télévisée présidentielle du 5 février et la réunion des organisations syndicales prévue le 9 février pour décider de la suite de leur démarche commune en appui du mouvement social.

    mercredi, 04 février 2009

    GANDRANGE : Une stèle pour les promesses "non-tenues" de Sarkozy

    D'après NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 17:00


    "Ici reposent les promesses de N. Sarkozy faites le 4 février 2008 à Gandrange: 'Avec ou sans Mittal, l'Etat investira dans Gandrange'", peut-on lire sur la stèle à l'entrée de l'usine ArcelorMittal.

     

     

    L'usine de Gandrange en Lorraine (Reuters)

    L'usine de Gandrange en Lorraine (Reuters)

    Une stèle aux promesses -- "non tenues", selon la CFDT -- de Nicolas Sarkozy a été érigée mercredi 4 février par le syndicat à l'entrée de l'usine ArcelorMittal de Gandrange en Moselle.
    Sur la stèle en granit gris de 70 cm par 50 cm, le syndicat a fait graver en lettres d'or la phrase suivante: "Ici reposent les promesses de N. Sarkozy faites le 4 février 2008 à Gandrange: 'Avec ou sans Mittal, l'Etat investira dans Gandrange'".
    L'an dernier, à l'issue d'une visite très médiatisée de 45 minutes de l'aciérie mosellane, le chef de l'Etat s'était engagé devant quelque 400 sidérurgistes à faire prendre en charge par l'Etat "tout ou partie des investissements nécessaires" pour maintenir l'aciérie en activité.

    "Nous investirons avec ou sans lui"

    "Nous sommes prêts à faire le nécessaire quel que soit le propriétaire (de l'usine), car notre objectif, c'est de garder des usines ouvertes en France parce qu'un pays qui n'a plus d'usines est un pays qui n'a plus d'économie", avait alors déclaré le président de la République.
    "Soit nous arrivons à convaincre Lakshmi Mittal (le patron indien d'ArcelorMittal, de revenir sur son plan de restructuration, ndlr) et nous investirons avec lui, soit nous trouvons un repreneur et nous investirons avec lui", a ajouté le président qui était accompagné de Xavier Bertrand, l'ancien ministre du Travail.

    "Pourquoi tout ce cirque ?"

    "Pourquoi a-t-il fait tout ce cirque? Pourquoi être venu à Gandrange alors qu'on ne lui avait rien demandé? Pourquoi a-t-il laissé espérer les gens?", s'est interrogé Edouard Martin, délégué CFDT au comité d'entreprise d'ArcelorMittal Europe, en présence d'Aurélie Filippetti, députée (PS) de la Moselle. Mardi, Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, et plusieurs élus locaux de l'opposition socialiste avaient accusé le président de la République d'avoir "trahi sa parole" donnée aux sidérurgistes mosellans.

    dimanche, 01 février 2009

    2008,année zéro

    À n’en pas douter, 2008 figurera dans les annales, après la crise financière et l’élection de Barack Obama à la présidence des États- Unis. « Remise en cause de l’idéologie libébale, remise en selle des politiques de régulation : tout est prêt pour des changements majeurs », résume Olivier Ferrand, président du think tank de Terra Nova (Newsletter n°3,9 janvier 2009). Lequel prédit un retour en force des politiques publiques, saluant au passage une « prise de conscience » qui doit se traduire par l’adoption d’un « véritable plan de relance, juste et efficace, capable de redonner du pouvoir d’achat auxménages et de reconquérir de la compétitivité économique. Au-delà, ce sont les idées progressistes qui ont désormais vocation à s’imposer, poursuit-il. Mais pas celles d’hier, celles de demain, avec la refondation d’une social-démocratie moderne. C’est à la gauche que revient la tâche historique d’en élaborer le contenu.

    mardi, 27 janvier 2009

    Contre la politique de Sarkozy

    LE PARTI SOCIALISTE APPELLE A PARTICIPER JEUDI 29 JANVIER DANS TOUTE LA FRANCE AUX MANIFESTATIONS
    Un appel à la mobilisation pour la défense de l’emploi, des salaires, du pouvoir d’achat, de la protection sociale et des services publics face à la crise, a été lancé le 15 décembre dernier par la CGT, la CFDT, FO, la CFTC, la CGC, la FSU, l’UNSA et Solidaires, puis repris dans les branches professionnelles du privé et l’ensemble des services publics.
    Dans toute la France, des manifestations interprofessionnelles se tiendront. Le Parti socialiste soutient et appelle à la participation de toutes et tous.
    Lire le communiqué

    UNE MOTION DE CENSURE CONTRE "L'INACTION" ECONOMIQUE DU GOUVERNEMENT
    Le Parti socialiste a présenté le 27 janvier une motion de censure, la deuxième depuis l'élection de Nicolas Sarkozy contre « l'inaction » économique du gouvernement. C'est Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l'Assemblée qui, à la tribune, a expliqué le texte aux députés.

    Lire la motion de censure
    Lire la présentation de la motion de censure par Jean-Marc Ayrault

     

    Appel à Manifester

    Objet : MANIF DU 29 JANVIER



    Cher(e) camarade



    Le Parti Socialiste appelle à participer à la grande journée nationale du 29 janvier.



    Les socialistes se rassembleront le JEUDI 29 JANVIER à 14 heures 30 au CHAMP DE MARS à VALENCE



    Merci de diffuser cette information à tous les camarades de ta section.



    Amitiés socialistes



    Béatrice FRECENON

    Première secrétaire fédérale

    vendredi, 21 novembre 2008

    Vote à la section de Portes Lès Valence

     

     

    Notre section a désigné Claude ILLY à l’unanimité secrétaire de la section PS de Portes lès Valence.

     

     

     

    Vote des militants de la section de PORTES LES VALENCE

     

    pour désigner le 1er Secrétaire National du PS

     

     

    Vendredi 21 Novembre entre 17 heures et 22 heures,

     

     

    à Beauvallon,

     

     

    Salle Clotaire FERRAND

     

    Ségolène Royal en tête du vote des militants du 20 novembre

    Ségo et M Aubry.jpgSégolène Royal est arrivée nettement en tête, jeudi 20 novembre, au premier tour de l'élection du Premier secrétaire du PS, devant Martine Aubry et Benoît Hamon, selon les résultats définitifs en métropole.
    La présidente de la région Poitou-Charentes, qui a obtenu 42,45% des voix des militants, affrontera Martine Aubry (34,73%) au second tour vendredi, dans un duel 100% féminin. Benoît Hamon est troisième avec environ 23% des suffrages.

    "L'arithmétique a été démentie"

    Vincent Peillon, lieutenant de Ségolène Royal, a affirmé à Paris que Ségolène Royal était "très largement en tête" et que "les militants ont choisi le changement".
    Devant la presse et des militants réunis dans un café du IVème arrondissement, l'eurodéputé a remercié "les militants qui se sont déplacés nombreux pour voter" et assuré: "Ségolène Royal est très largement en tête".
    "L'arithmétique a été démentie. Elle a eu plus de 40%, 43-44%, on verra demain", a-t-il affirmé.
    "Les militants ont choisi le changement. Ce qui compte maintenant, c'est de voter demain. Nous avons une chance inespérée d'opérer la transformation du PS", a-t-il poursuivi.
    "Rendez-vous demain pour un changement (...) et pour donner à la gauche une espérance", a lancé Vincent Peillon, qui a assuré que "la dynamique majoritaire au PS est la dynamique du changement".
    "Ça va être un très beau deuxième tour", a lancé à Reuters Claude Bartolone.

    Le report des voix d’Hamon sera crucial


    Ségolène Royal a profité d'une participation plus forte que lors du premier vote des militants, le 6 novembre dernier. La participation a augmenté de six à huit points, selon un proche de Benoît Hamon. Seulement 56,61% des militants s'étaient déplacés le 6 novembre.
    Martine Aubry n'a en revanche récupéré qu'une partie des voix de Bertrand Delanoë, qui avait, lundi, appelé ses partisans à voter "massivement" pour la maire de Lille. Symboliquement, la section du maire de Paris dans le XVIIIe a donné un net avantage à Ségolène Royal, qui y a obtenu 53,3% des voix, devant Martine Aubry (27,8%) et Benoît Hamon (18,9%).
    Le second tour va largement dépendre du report des voix de Benoît Hamon. Le leader de l'aile gauche du parti a promis de donner une consigne de vote. Il devrait s'exprimer dans la nuit au siège du PS, rue de Solférino.

    Royal en tête dans la section de Delanoë

    Ségolène Royal a réuni 53,6% des voix dans la section socialiste de Bertrand Delanoë, "Jean-Baptiste Clément" dans le XVIIIème arrondissement à Paris, ont annoncé à l'AFP des responsables socialistes locaux à l'issue du dépouillement.
    Martine Aubry - pour laquelle le maire PS de Paris avait appelé à voter - atteint 28% et l'eurodéputé Benoît Hamon 18,5% dans cette section.

    Meilleure mobilisation

    La participation au premier tour de l'élection du premier secrétaire du PS aurait progressé d'environ trois points par rapport au premier vote des militants le 6 novembre, à moins de 60% de votants, a-t-on appris de sources concordantes au siège du Parti. La participation "est en hausse, mais inférieure à 60%", selon des estimations provisoires communiquées de source proche de la direction. Elle a progressé de "trois points" par rapport au vote du 6 novembre sur les motions en lice pour le Congrès de Reims, selon une responsable de la motion Aubry. La participation s'était alors élevée à 56,61%.


    Au total, 232.912 militants socialistes étaient appelés à se prononcer entre 17h et 22h dans les 3.200 sections PS pour élire leur nouveau Premier secrétaire parmi les trois candidats en lice.

    Les trois candidats se sont rendus dans leur section respective pour voter: Martine Aubry à 18h15 dans sa section du Vieux-Lille (Nord), Ségolène Royal à 18h30 à Melle (Deux-Sèvres) et Benoît Hamon à 19h au Plessis-Pâté (Essonne).

    "Tous ceux qui veulent prendre des responsabilités -Martine (Aubry), Bertrand (Delanoë) et Benoît (Hamon) compris- sont bienvenus à condition qu'ils s'y consacrent pleinement et rendent des comptes aux Français", a répondu Ségolène Royal.

    lundi, 17 novembre 2008

    Les professions de foi des candidats à la direction du PS

    NOUVELOBS.COM | 17.11.2008 | 15:47

    Professions de foi Les candidats au poste de premier secrétaire du parti socialiste ont écrit aux militants en vue du scrutin de jeudi.

    Benoît Hamon, Martine Aubry, Ségolène Royal se présente au poste de premier secrétaire du parti (Sipa)

    Benoît Hamon, Martine Aubry, Ségolène Royal se présente au poste de premier secrétaire du parti (Sipa)

    Voici les professions de foi des trois candidats à la direction du parti socialiste. Le scrutin aura lieu jeudi 20 novembre.

    Benoît Hamon

    >La profession de foi
    >Portrait

    Martine Aubry

    >La profession de foi
    >Portrait

    Ségolène Royal

    >La profession de foi
    >Portrait

    PS-MoDem : Mettons les pieds dans le plat !

    Article paru le 14/11/2008 sur nouvelobs.com

    ALORS que les tractations continuent entre les différents courants du PS, prenons un peu de hauteur, quitte à mettre les pieds dans le plat. Et 122279.jpgposons la question de l’alliance avec le MoDem. Mais dans cette partie de poker menteur qui se déroule sous nos yeux, cette question oscille entre la duperie, l’artifice et le mensonge éhonté. Hier on apprenait que Benoit Hamon était proche d’un accord avec Martine Aubry, en expliquant que pour lui, il ne pouvait y avoir de soutien à Ségolène Royal justement parce qu'il rejette par avance toute éventuelle alliance nationale avec le MoDem. A-t-il oublié que lors de la campagne municipale Martine Aubry a passé accord avec le MoDem, qu’elle a, dans son Conseil, des élus du parti de François Bayrou ? N’a-t-il pas vu que parmi ses signataires il y avait Christian Pierret qui a fait alliance avec le Modem à Saint Dié dans les Vosges ? N’a-t-il pas vu que, parmi les signataires de sa propre motion, le député-maire d'Annonay avait fait liste commune aux municipales avec le MoDem. Et cela dès le premier tour. Faut-il continuer la liste ? Que nous disait hier Harlem Désir, principal lieutenant de Delanoë ? : « Il faut lever les ambiguïtés sur le MoDem, qui n'est pas un partenaire. (…) C'est un élément majeur de différence dans les discussions menées en ce moment ». Et que disait Delanoë lui-même dans une lettre adressée jeudi aux militants PS ? Il mettait en garde contre les "postures tactiques". Mais qu’a fait d’autre le Maire de Paris lors des dernières municipales en préférant perdre trois mairies qui, avec le MoDem, auraient été gagnables, qui plus est par trois femmes ? Posture ! Plus à gauche que moi tu meurs ! Et dans la motion Delanoë qui trouve-t-on ? Michel Rocard soutenait une alliance avec le MoDem dès le 1er tour des présidentielles et Michel Destot à Grenoble qui a fait liste commune avec le MoDem, en excluant les Verts et une partie du PCF ! Postures ou pas postures ? Cessons ne nous cacher derrière des boites d’allumettes. La stratégie d’union de la gauche s’est éteinte avec l’extinction du PCF. La gauche plurielle s’est éteinte avec la claque de Jospin. Bien sûr, il y a chez Bayrou, de vieux restes du vieux centrisme de droite, comme il y a chez les socialistes des forces hostiles à toute modernisation. Avec qui le PS veut-il prendre le pouvoir ? Avec les écologistes et le MoDem, le parti de François Bayrou qui s’est, reconnaissons-le, bien souvent montré meilleur opposant à Sarkozy que les socialistes, dans la bataille contre l’autocratisme de Sarkozy, dans un dessein démocrate, social et européen.
    Jean-Marcel Bouguereau

    rédacteur en chef au Nouvel Observateur

    samedi, 01 novembre 2008

    Non, les collectivités locales n’étouffent pas la France

    Didier Guillaume sénateur (PS), président du département de la Drôme.

    dG.jpg

    Pourquoi la réforme de notre architecture territoriale devrait-elle être conduite par le bas ?

    Depuis un an, du rapport Attali au discours de Nicolas Sarkozy à Toulon, l’idée a fait son chemin : les départements et les régions posent problème à la France. Ces deux collectivités sont désignées comme responsables des maux de notre nation. Mal gérées, elles seraient les principales causes de la dérive des finances publiques et plomberaient notre croissance. Quand 58 départements sur 100 et 21 régions sur 22 sont dirigés par des exécutifs de gauche, il serait bien naïf de ne pas déceler dans ces attaques répétées et minutieusement orchestrées quelques arrière-pensées politiciennes, c’est-à-dire de tactique politique. Pourtant, sur un sujet aussi fondamental, nous avons besoin, avant toute chose, d’une vraie réflexion politique, c’est-à-dire au service de l’intérêt général et des citoyens.

    Une fois de plus, employant la méthode éprouvée de la cartographie (militaire, hospitalière, judiciaire…), la majorité gouvernementale s’interroge sur les moyens avant de parler du sens et d’avoir défini les objectifs. Quel mépris pour notre territoire, ses habitants, ses représentants ! Peut-être faut-il rappeler que les institutions ne sont que des outils pour mettre en œuvre nos politiques publiques. Et qu’avant toute réforme institutionnelle, il est donc nécessaire de répondre à deux questions : quelle cohérence territoriale et quelle cohésion sociale souhaitons-nous pour la France ? Ensuite, il sera l’heure de s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre ou, pour le dire simplement, de répondre à la question du «qui-fait-quoi-où-et-comment».

    En pleine crise de la finance internationale, il est bon de rappeler que les collectivités locales ne sont pas responsables de la dérive des finances publiques. Pour une raison très simple : la loi leur interdit ce dont l’Etat abuse. Aujourd’hui, dans la maison Etat, l’emprunt sert non seulement à investir mais aussi à fonctionner. A l’inverse, les collectivités empruntent pour leur budget d’investissement, jamais pour du fonctionnement. A l’inverse, elles ne vivent pas au-dessus de leurs moyens car elles n’ont pas recours au déficit budgétaire. Les collectivités sont, dans les faits, mieux gérées que l’Etat et la dette qu’elles contractent est saine : elle est mobilisée pour être directement injectée dans l’économie locale, donc en faveur de l’emploi.

    Le budget des collectivités représente seulement 16,5 % du budget de l’Etat mais elles assurent 72 % de l’investissement public et même 87 % de l’investissement civil public ! C’est pour cette raison qu’elles ne sont pas des freins, mais bien au contraire des soutiens actifs et puissants à la croissance. En 2009, que restera-t-il en dehors de l’investissement des collectivités territoriales, lorsque les caisses de l’Etat seront vides comme jamais, sous l’effet conjugué de mauvais choix politiques - notamment en matière économique et fiscale - et de la crise financière ? Dans la Drôme, il restera les 150 millions d’euros injectés par le département sur l’ensemble de son territoire tout en mettant en œuvre des politiques de proximité et de solidarité.

    Les experts qui dominent l’espace médiatique ne sont ni ignorants ni stupides. Ils sont même beaucoup mieux informés que moi et sans doute beaucoup plus intelligents. Ils relaient les directives des conservateurs au pouvoir depuis 2002 qui se trouvent confrontés aux conséquences de leur propre politique. Ils sont les instruments au service d’un objectif : désigner un coupable. Le coupable porte un nom (ce n’est pas moi qui le dis, c’est le sénateur UMP et président du Conseil général de l’Orne, Alain Lambert) : il s’appelle Etat. L’Etat bureaucratique qui étouffe la France sous le poids exponentiel des procédures et des normes, des lois innombrables qui ne seront parfois jamais suivies de décrets d’application. L’Etat jacobin qui, sans concertation, se déleste de ses missions sur les collectivités, en crée de nouvelles sans les financements adéquats. L’Etat désinvolte qui a le culot de pointer du doigt l’augmentation des dépenses des collectivités locales alors qu’il en est l’unique responsable.

    Les collectivités locales sont en attente d’un Etat fort, bien géré, qui sait ce qu’il fait et où il va. Alors, voilà la proposition que je fais au gouvernement et au président de la République : fixons tout d’abord des objectifs ambitieux de cohésion sociale, de cohérence territoriale. Réaffirmons, à l’heure où le capitalisme dérégulé vacille, les vertus d’un service public de proximité. Clamons haut et fort que nos hôpitaux, postes, écoles, routes, tribunaux […], garantissent à tous nos territoires les conditions de leur développement en offrant, justement, les services dont les citoyens mais aussi les entreprises ont besoin.

    Ensuite laissez un an aux élus des territoires. Car c’est à eux, à leurs associations représentatives (AMF, ADF, ARF…) et à leurs représentants (les sénateurs), qu’il revient d’organiser, au-delà des clivages traditionnels, la réflexion sur une clarification nécessaire de notre paysage institutionnel. Pas à une commission sous la tutelle de l’Elysée ! Nous rechercherons en priorité l’efficacité des politiques publiques. Nous décroiserons les compétences que l’Etat a lui-même enchevêtrées parce qu’il n’est par exemple pas rationnel que la région ait la charge des lycées et les départements des collèges. Nous ferons des propositions pour réformer la fiscalité locale, la rendre lisible aux yeux du citoyen et instaurer une véritable autonomie financière des collectivités. Nous aborderons tous les sujets, sans tabou. Pour réhabiliter la politique - et c’est l’une de mes ambitions -, il faut agir. Après, le pouvoir en place aura tout le temps de se pencher sur la tactique politique et de réformer les modes de scrutin.

    Crise financière : Ségolène Royal répond aux questions de La Tribune

    Propos recueillis par Hélène Fontanaud, Ivan Best et Pierre Kupferman

     

    La présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, candidate du PS à la dernière élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy, dénonce la gestion de la crise par le Président de la République et son gouvernement. Elle réclame l'entrée de l'Etat au capital des banques françaises.

    La Tribune - Après la crise financière, on sent poindre une crise économique, craignez-vous une crise sociale dans la foulée ?

    Ségolène Royal - Mais elle est déjà là. Le nombre de travailleurs pauvres a augmenté, la précarité et le chômage aussi. Même les cadres se sentent tirés vers le bas : une majorité d'entre eux se déclare en situation de déclassement social. Dans beaucoup d'entreprises, la colère monte. Et elle prend d'autant plus d'ampleur que, tout d'un coup les salariés, réduits au pain sec, découvrent que pour sauver le système financier on peut mobiliser très rapidement des dizaines de milliards d'euros. Par ailleurs, les mêmes qui parlent aujourd'hui de mettre des règles dans le système financier, continuent à casser les règles du code du travail. Tout cela me semble très dangereux. Pour que la dynamique économique reparte il faut que les salariés soient sécurisés, bien formés et bien payés. Les entreprises seront alors plus performantes parce que la productivité horaire du travail sera meilleure. Voilà le cercle vertueux dont la France a besoin.

    - Si vous étiez aux manettes que feriez-vous face à la multiplication des plans sociaux ?

    D'abord je fais entrer l'Etat au capital des banques pour sauver les entreprises. Dans le même temps, je répercute la baisse du brut en baissant les prix de l'énergie. J'augmente immédiatement le pouvoir d'achat en supprimant le paquet fiscal que je transforme en un 13ème mois pour 8 millions de salariés. Et enfin je stoppe les délocalisations boursières. Et tout cela tout de suite. Arcelor Mittal a par exemple décidé de fermer ses hauts fourneaux en Europe. C'est impensable alors que la demande mondiale d'acier continue à augmenter. Ce groupe fait des profits. L'Etat doit demander aux entreprises qui pratiquent de telles délocalisations de rembourser la totalité des aides et des exonérations de cotisations. Elles y réfléchiraient à deux fois.

    - Avez-vous songé aux conséquences que cela aurait sur les investissements étrangers ?

    La France est un des pays les plus attractifs au monde. Il n'y a aucune raison que cela cesse. Quand on regarde de près les motivations des investissements étrangers, on constate que notre pays est apprécié parce que son système éducatif, son système de santé, son réseau de transports et de communication sont performants. Il faut aussi de méfier de ces chantages supposés. Regardez ce qui a été dit au sujet du bouclier fiscal : c'était soi-disant le meilleur moyen de rapatrier les fortunes en France. Aucune fortune n'est revenue. Parce qu'il faut tout déclarer pour en bénéficier ? Je rappelle que le coût de la fraude fiscale est de 40 milliards, c'est-à-dire la quasi-totalité du déficit public de l'Etat.

    - D'une façon générale comment jugez-vous la gestion de la crise par Nicolas Sarkozy ?

    L'annonce précipitée d'un plan d'un plan tous les deux jours est la traduction de l'inertie qui a prévalu depuis son élection. Car il a été élu dans un contexte de crise économique qui appelait des mesures immédiates. Or qu'a-t-il fait depuis un an et demi sur le plan économique : le bouclier fiscal et les mesures les plus irresponsables demandées par un Medef ami du pouvoir, avec des riches qui paient moins et tous les autres qui sont précarisés. Il n'y a plus qu'en France que le législateur se plie aux caprices d'un certain patronat, allant jusqu'à bafouer des accords entre partenaires sociaux. Vous vous souvenez que l'Etat, après avoir encouragé le patronat et les syndicats à négocier, s'est ensuite assis sur la négociation pour en casser le résultat par la loi. Or il est prouvé que la qualité du dialogue social est un moteur d'efficacité, parce que c'est gagnant pour l'entreprise et gagnant pour les salariés. Mais pour cela il faut la confiance et par ces méthodes d'un autre âge la confiance a été brisée.

    - Les parachutes dorées, les stocks-options sont aujourd'hui sur la sellette...

    - Pas du tout. Nicolas Sarkozy souhaite que le Medef s'autodiscipline ! Ah bon ? Les gens vont décider eux-mêmes de baisser leurs salaires ? Vous y croyez ? Et si au moins, la politique économique menée depuis un an et demi avait été efficace ! Regardez ce qu'en pensent les patrons de PME : 90% d'entre eux estiment que rien de rien n'a été fait pour eux. J'aurais fait le small business act tout de suite. J'aurais tout fait, comme nous l'ont encore demandé de jeunes patrons d'entreprises de pointe à Toulouse, pour qu'ils puissent augmenter leurs fonds propres et que les banques prennent des risques sur l'innovation. C'est pour cela qu'il faut des fonds d'innovation et la banque publique d'aide aux PME. Pourquoi une banque publique ? Parce qu'elle sera dispensée de spéculer et se concentrera sur l'aide aux entreprises qui innovent.

    - Nicolas Sarkozy a-t-il suffisamment œuvré pour débloquer le marché interbancaire ?

    Le marché interbancaire pouvait être débloqué en 24 heures ! Quand l'Etat met dix milliards dans les banques, il est en droit d'attendre que les banquiers lui obéissent. Non seulement les banquiers qui ont failli sont toujours en place (malgré les promesses de sanctions), mais le crédit interbancaire n'est toujours pas débloqué.

    - Qu'est-ce qui manque ? La pression sur les banques ?

    Ce qui manque, c'est l'autorité de l'Etat. Ce qui manque, c'est que l'Etat entre au capital des banques ! Ce qui manque, c'est de la cohérence, c'est le respect des contribuables qui sont en droit d'attendre que l'on agisse en leur nom. En revanche, ce qui ne manque pas, c'est une connivence de classe comme il n'y en a nulle part ailleurs en Europe entre le pouvoir actuel, certains banquiers et certains grands patrons, notamment ceux qui sont propriétaires des médias. Comme je l'ai déjà proposé, aucun groupe financier ou industriel vivant de la commande publique ne devrait posséder plus de 25% d'un média. Car si les médias, au nom de l'opinion publique, étaient beaucoup plus sévères pour contrôler les mauvaises décisions et exiger les bonnes, au nom du bon sens, nul doute que les choses iraient mieux.

    - Nicolas Sarkozy a quand même mis d'accord tous les pays de la zone euro sur le plan coordonné...

    - C'est Gordon Brown qui a été le déclencheur de cet accord, mais reconnaissons que tout le monde y a mis du sien... Et même s'il vaut mieux tard que jamais, tout le monde sait que cela aurait pu être fait plus tôt. Il aurait fallu bouger dès l'année dernière, au moment de la crise des subprimes. Les banquiers savaient parfaitement qu'il y avait des financements croisés entre les banques françaises et américaines, que des banques françaises avaient acheté des créances douteuses. Comment Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde peuvent-ils oser affirmer qu'ils découvrent la crise financière ? Soit ils mentent, soit ils sont incompétents.

    - L'Union européenne a décidé de lancer un plan d'action pour soutenir l'économie. La soutenez-vous ?

    Oui bien sûr et je souhaite que ce plan s'accélère et que cela réussisse. Il y a des leviers considérables de croissance économique : habitat durable, éducation, santé, grandes filières industrielles, automobile, aéronautique, sidérurgie, tout cela en relevant le défi de la lutte contre le réchauffement planétaire.

    - La crise va-t-elle au moins permettre de conforter la construction européenne ?

    - La crise peut être une chance si elle permet de changer le système, les règles du jeu, les rapports de force et non pas consolider un système perverti qui vient d'aller dans le mur. Si rien n'est fait, on sait qu'il y aura d'autres crises, en raison notamment des pratiques prédatrices de fonds d'investissement non réglementés, qui, comme avec la CAMIF, cherchent à faire du profit sur le dos des PME. Le risque c'est que tout recommence, puisque rien ne change. Les traders sont toujours payés en fonction de l'argent qu'ils retirent des spéculations boursières, sans aucune pénalité quand ils font perdre de l'argent.

    - Certains économistes disent que les fonds alloués aujourd'hui aux banques vont créer une nouvelle bulle spéculative...

    - C'est possible parce que ces 10 milliards, ils vont où ? Ils sont utilisés comment ? On ne sait pas. On est quand même dans un système fou. Si cela se trouve, les banques continuent à spéculer avec ces fonds, puisque l'Etat n'est pas au conseil d'administration et n'exige pas que ces 10 milliards soient uniquement utilisés pour octroyer des crédits interbancaires ou pour financer l'innovation des PME. C'est très grave : l'Etat a trouvé de l'argent pour les coupables de la crise et ses victimes, les entreprises et les ménages, les contribuables, n'ont aucun moyen de savoir comment leur argent va être utilisé. Pourquoi n'y aurait-il pas dans les conseils d'administration des épargnants, des citoyens, des associations de consommateurs, le centre des jeunes dirigeants, la CGPME... Voilà la vraie réforme de la gouvernance des banques.

    - La gauche européenne est restée bien muette dans cette crise.

    - C'est dommage. Le Parti socialiste européen devrait se faire entendre. Peut-être est-ce à cause d'une structure trop lourde, mais il n'est pas trop tard pour organiser un forum global sur le nouveau système de société et de production qu'on doit mettre en place. En plus la crise est une opportunité pour les idées de gauche. Il y a une réhabilitation du rôle de la puissance publique. Il ne s'agit pas non plus de tomber dans une économie étatisée mais de prouver que les droits et les devoirs, cela doit être pour tous, à chaque échelon de la société.

    - Et comment expliquer que le Parti socialiste français ne prenne pas aujourd'hui plus de poids, dans un contexte qui lui est favorable ?

    - Parce que le PS doit se reconstruire. Je ne vais pas en rajouter sur la nécessité pour le PS de changer, de se rénover en profondeur et de porter un projet alternatif à la hauteur des défis du temps présent.

     

    jeudi, 30 octobre 2008

    Mille milliards de dollars

     

     

    Thomas Piketty est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris, il a écrit cette chronique dans les pages « rebonds » de Libé.du 28 octobre 2008

    (Thomas Piketty travaillait avec Ségolène Royal lors de la campagne des présidentielles).

    40 milliards pour recapitaliser les banques françaises, 320 milliards pour garantir leurs emprunts, 1 700 milliards au niveau européen : qui dit mieux ? En se lançant dans une course poursuite à qui annoncera le plan de sauvetage le plus énorme, les gouvernements des pays riches ont pris de gros risques.

    Tout d’abord, rien ne garantit que cette stratégie de communication permette d’éteindre la crise et d’éviter une douloureuse récession. Les marchés financiers aiment bien les gros chiffres. Mais ils aiment aussi savoir précisément à quoi servira l’argent, qui disposera réellement de quelles sommes, pendant combien d’années, sous quelles conditions, etc. Or, de ce point de vue, l’opacité règne en maître. En vérité, les gouvernements se comportent comme les pires sociétés qu’ils sont censés réguler. Toutes les techniques de la manipulation comptable y passent, avec une mention spéciale pour notre président national. On mélange des flux annuels et des stocks, de l’argent frais avec de simples garanties bancaires, on compte plusieurs fois les mêmes opérations… Et on additionne le tout : plus c’est gros, mieux ça passe. Et on se retrouve dans une situation ubuesque où les autorités américaines et françaises donnent hâtivement et sans réelles contreparties de l’argent public à des banques qui n’en veulent pas. Les 10 milliards prêtés la semaine dernière aux grands établissements français sont supposés permettre de relancer le crédit, mais l’engagement est purement verbal. Il existe pourtant tout un arsenal législatif et réglementaire permettant de contraindre les banques à prêter une partie de leurs fonds aux PME, et qui aurait mérité d’être revisité et amélioré dans la crise actuelle.

    Ensuite et surtout, cette stratégie fondée sur l’affichage trompeur de chiffres en centaines de milliards risque de désorienter durablement les citoyens. Après avoir expliqué pendant des mois que les caisses étaient vides, que la moindre économie portant sur quelques centaines de millions d’euros était bonne à prendre, voici que la puissance publique semble prête à s’endetter sans limite pour sauver les banquiers !

    La première source de confusion méritant une explication vient du fait que l’on mélange constamment des flux annuels de revenus et de production avec des stocks de patrimoine, alors que les seconds sont beaucoup plus importants que les premiers. Par exemple, en France, le revenu national annuel, c’est-à-dire le PIB diminué de l’usure des équipements, est de l’ordre de 1 700 milliards (30 000 euros par habitant). Par contre, le stock de patrimoine national atteint 12 500 milliards (200 000 euros par habitant). Pour passer aux niveaux américains ou européens, ces chiffres doivent être grosso modo multipliés par six : 10 000 milliards de revenu, 70 000 milliards de patrimoine.

    Le second point important est que ces revenus et patrimoines sont à 80 % la propriété des ménages : par définition, les entreprises ne possèdent presque rien, puisqu’elles distribuent l’essentiel de ce qu’elles produisent aux ménages salariés et actionnaires. C’est ce qui permet de comprendre pourquoi le choc initial provoqué par la crise des subprimes, évalué à environ 1 000 milliards de dollars (soit l’équivalent de 10 millions de ménages américains ayant chacun emprunté 100 000 dollars), bien que d’une ampleur modeste par comparaison au patrimoine total des ménages, puisse menacer d’effondrement l’ensemble du système financier. La plus grande banque française, BNP Paribas, affiche ainsi 1 690 milliards d’actifs pour 1 650 milliards de passifs, soit 40 milliards de fonds propres. Les comptes de Lehman Brothers avant la faillite n’étaient guère différents, de même que ceux des autres banques de la planète. Le fait central est que les banques sont des organismes fragiles qui peuvent être dévastés par un choc de 1 000 milliards de dévalorisations d’actifs.

    Face à une telle réalité, intervenir pour éviter la crise systémique est légitime, mais cela ne peut se faire qu’à plusieurs conditions. D’abord, s’assurer que les actionnaires et dirigeants des banques renflouées par le contribuable paient le prix de leurs erreurs, ce qui n’a pas toujours été le cas dans les interventions récentes. Ensuite et surtout, mettre en place une régulation financière implacable permettant de s’assurer que l’on ne pourra plus diffuser impunément des actifs toxiques sur les marchés - avec la même vigueur que les agences de sécurité alimentaire contrôlent l’introduction de nouveaux produits. Cela ne pourra jamais se faire tant qu’on laissera plus de 10 000 milliards d’actifs gérés dans les paradis fiscaux de la façon la plus opaque. Et il faut mettre fin aux rémunérations indécentes observées dans la finance, qui ont contribué à stimuler des prises de risque excessives. Cela passera nécessairement par un alourdissement de la progressivité fiscale pour les plus hauts revenus, aux antipodes de la politique française de bouclier fiscal, qui vise au contraire à exonérer à l’avance les plus favorisés de tout effort pour payer la note. Avec une telle stratégie, il est probable qu’il faille se préparer à des crises plus violentes encore, sociales et politiques.

     

    dimanche, 26 octobre 2008

    L'horreur économique de M. Sarkozy

    Dans le Monde : Christophe Jakubyszyn, service Europe-France

    Que se cache-t-il derrière le slogan du "plus d'Etat" prôné de nouveau par Nicolas Sarkozy, jeudi 23 octobre, à Argonay (Haute-Savoie) ? Un mois après le discours de Toulon, M. Sarkozy a explicité les formes du retour de l'Etat qu'appelle, selon lui, la crise financière : "S'il y a bien un fait majeur qui émerge de cette crise, c'est le retour du politique. L'idéologie de la dictature des marchés et de l'impuissance publique est morte avec la crise financière." Le chef de l'Etat en a appelé à "un Etat plus actif dans l'économie, qui assume ses responsabilités, qui entreprend et qui investit".

    M. Sarkozy ne cache pas ses arrière-pensées politiques : promettre aux Français "le retour du politique", c'est d'abord rassurer l'électorat populaire et les classes moyennes qui ont fait son élection. "Nous risquons d'être confrontés partout à la révolte des classes populaires et des classes moyennes qui rejetteront une mondialisation qu'elles ne vivent plus comme une promesse mais comme une menace", admet le président de la République.

    Ce discours de "véritable socialiste", comme n'a pas manqué de le souligner, le 21 octobre à Strasbourg, Martin Schulz, le président du groupe socialiste au Parlement européen, vise aussi à gêner la reconstruction du Parti socialiste : plus le chef de l'Etat chasse sur les terres de la gauche, plus celle-ci est incitée à se radicaliser. A ce jeu, c'est Olivier Besancenot qui fera bientôt figure d'opposant naturel...

    Mais il faut toutefois distinguer les discours et les actes. M. Sarkozy avance beaucoup plus prudemment sur la voie du retour de l'Etat qu'il ne le claironne. Première illustration : le plan de sauvetage des banques qui s'est notamment traduit par l'annonce, le 20 octobre, du versement de 10 milliards d'euros de quasi-fonds propres aux principales banques françaises. Contrairement au Royaume-Uni, qui ne peut pourtant pas être taxé d'étatisme, la France a renoncé à ses prérogatives d'actionnaire, en réinventant à cette occasion les titres subordonnés. Très écouté par M. Sarkozy, Michel Pébereau, président de la BNP, n'est certainement pas étranger à ce montage juridique et financier astucieux qui prive l'Etat d'une place au conseil d'administration des banques et d'une option sur des plus-values futures.

    Autre illustration de l'ambiguïté du président : ses invectives contre les patrons qui s'enrichissent sans endosser la pleine responsabilité des désastres financiers ou stratégiques. "Les bonus sans les malus", a encore regretté le chef de l'Etat à Argonay. Mais à part la démission des dirigeants de Dexia et des Caisses d'épargne et leur renoncement symbolique aux primes d'indemnisation, le gouvernement ne légiférera pas sur les parachutes dorés. Alors que d'autres pays plus libéraux comme les Pays-Bas les ont encadrés depuis longtemps, le gouvernement français a choisi de se contenter, le 6 octobre, du code de bonne conduite proposé par le Medef qui limite à deux ans le montant des indemnités et promet de les réserver aux patrons contraints à un "départ forcé". Une formule qui permettra bien des arrangements au sein des conseils d'administration.

    De même, M. Sarkozy a beau plaider pour une politique économique européenne, il est loin d'avoir vaincu les fortes réticences de ses partenaires qui se méfient de l'étatisme, surtout d'origine française. Enfin, ses propositions ambitieuses de réforme du système financier international ne recueillent qu'un enthousiasme poli.

    UN VÉRITABLE CHANGEMENT DE CAP

    Et pourtant, par bien d'autres aspects, les annonces du président de la République pourraient bien se traduire, à terme, par un véritable changement de cap de politique économique. Prenons l'exemple budgétaire. Officiellement, le gouvernement accepte de regarder les recettes fondre sous l'effet de la crise et de laisser les déficits se creuser. Il promet en revanche de tenir sur les dépenses. Mais que fait M. Sarkozy depuis plusieurs jours ? Il est vrai qu'il est désormais difficile de faire croire aux Français que les "caisses sont vides", comme le président de la République s'y était risqué en janvier pour défendre sa politique de rigueur, alors que les banques ont bénéficié d'un plan de soutien de 360 milliards d'euros.

    L'exonération de taxe professionnelle pour les nouveaux investissements va se traduire par un surcoût budgétaire annuel de 1 milliard d'euros pour l'Etat puisqu'il va devoir compenser le manque à gagner auprès des collectivités locales. M. Sarkozy a aussi annoncé un plan massif d'investissement dans l'enseignement supérieur, la défense, les infrastructures de transport en commun et les énergies nouvelles, "plus de 175 milliards d'euros d'investissements directs de l'Etat en trois ans." Enfin, la semaine prochaine, le président va annoncer des mesures "budgétivores" pour l'emploi. Au total en quelques semaines, c'est près de 650 milliards d'euros qui sont mis à la disposition de l'économie.

    Certes, l'Etat compte pour ces travaux d'Hercule sur l'emprunt et sur l'association des investisseurs privés, sur la base des partenariats public-privé qu'il promeut. Mais nul ne doute que l'Etat devra aussi mettre la main à la poche, ne serait-ce que pour payer les charges d'intérêts sur les dizaines de milliards d'euros d'emprunts supplémentaires.

    Enfin, la dernière initiative du président de la République n'est pas la moins ambiguë. Avec la création du fonds stratégique d'investissement national, M. Sarkozy renoue avec les grandes heures du capitalisme d'Etat, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) redevenant le bras armé de ses choix stratégiques et industriels. Une mission que le président n'hésite pas à comparer à "ce que les pays producteurs de pétrole, ce que les Russes, ce que les Chinois font", des modèles de mélange des genres.

    M. Sarkozy a beau promettre qu'"il ne s'agira pas de secourir des activités périmées mais d'investir dans l'avenir, de stabiliser le capital d'entreprises qui disposent de savoir-faire, de technologies-clés, proies tentantes pour les prédateurs qui voudraient profiter d'une sous-évaluation boursière momentanée", qui peut dire aujourd'hui quel sera le sort des investissements réalisés par la puissance publique ? Et qui peut garantir que ce nouveau bras armé de l'Etat actionnaire ne subira pas un jour des pressions politiques pour investir d'abord dans des secteurs industriels menacés. L'histoire économique a montré que l'Etat résiste rarement au mélange des genres. Libéral ou interventionniste, M. Sarkozy sait-il au fond lui-même jusqu'où ses initiatives le conduiront ?

     

    Le film du dimanche sueur

    Dans Le Nouvel Observateur du 23 octobre 2008, chronique de François Reynaert

    C'est fou comme les gens arrivent à ne rien retenir de leçons qu'ils viennent d'avoir sous le nez. J'y pensais à propos du dernier feuilleton que vient de lancer M. Sarkozy et que l'on pourrait appeler le «film du dimanche sueur». Il s'agit d'autoriser le travail ce jour-là. Cela n'est pas encore fait, c'est en cours. On a déjà aperçu, il y a peu, dans une scène surréaliste, deux ministres, MM. Chatel et Bertrand, aller faire leur shopping dominical quelque part en région parisienne, dans un centre commercial alors ouvert, et dont certains des patrons de boutique sont en procès pour cette raison. En clair, cela revenait donc à voir des membres du gouvernement voler au secours de délinquants de banlieue. Voyez comme on se trompe sur les gens.
    Je ne sais ce que vous pensez de ce proiet. il me semble à moi qu'il y a mille raisons de s'y opposer. Déjà, l'air sur lequel il nous est chanté : «réforme nécessaire, en finir avec ces vieux blocages, etc.». C'est extraordinaire. De nos jours, quand il s'agit de torpiller le Code du Travail et de retirer aux salariés un droit acquis depuis plus de cent ans, cela s'appelle oeuvrer pour la réforme et la modernité. Mais si un jour on se décide à réautoriser le travail des enfants, on fera quoi ? Une demande à l'Unesco pour recevoir la médaille du progrès ?
    Et pourquoi vous énerver contre une mesure demandée par les gens eux- mêmes ? me direz-vous, les sondages le prouvent. Parlons-en. Le dernier en date nous a été vendu par le «JDD», de façon très décalée d'ailleurs : si cet hebdomadaire peut s'appeler «le Journal du dimanche» pour être en vente ce jour-là, c'est bien qu'il faut le fabriquer au plus tard le samedi. «67% des Français, claironnait donc le nouvel organe central du sarkozysme du septième jour, veulent travailler le dimanche.» Ce n'est qu'en chaussant ses lunettes qu'on découvrait l'entièreté de la question posée. Elle commençait par : «Travailler ce jour-là est davantage payé...» Après, on s'étonne de la réponse ! Dans la France fauchée d'aujourd'hui, en plein naufrage du pouvoir d'achat, qui résisterait à une question commençant par «davantage payé» ? Dans le contexte actuel, n'arriver qu'à 67% de réponses positives avec de telles prémisses tient plutôt du désaveu. Oui, mais c'est le cas, contestera-t-on. Alors il aurait été légitime d'ajouter au sondage au moins une question subsidiaire : «Aujourd'hui, on vous promet que le dimanche sera payé double. Connaissant ce gouvernement, à votre avis, combien de temps cela lui prendra avant de remettre en question cet engagement ?» C'est vrai, après tout. Obliger les pauvres employeurs à payer plus les dimanches est encore un de ces privilèges stupides, un de ces acquis sociaux poussiéreux qui bloquent la nécessaire réforme dont notre pays a tant besoin, n'est-ce pas ? Mais pourquoi vous chanter le refrain qu'on nous servira alors, vous connaissez déjà la chanson.


    Oublions les motivations des acteurs économiques dans cette affaire. Révérence parler, je les trouve idiotes. Les patrons d'hypermarchés, nous dit-on, sont très favorables à l'ouverture du dimanche parce qu'ils pensent que ça amènera plus de monde dans leurs magasins qu'en semaine. Rappelons-leur simplement que si, désormais, grâce à eux, tout le monde est au boulot ce jour-là aussi, on voit mal qui aura encore le temps de faire des courses. Glissons sur la tristesse profonde du merveilleux monde sans relâche que ce genre de projet nous promet. Travailler plus pour gagner plus, jurait l'actuel président de la République. Travailler plus pour gagner quoi ? lui répondent en choeur ceux que cette perspective afflige. Bosser, consommer, consommer, bosser, voilà ce qu'on nous prépare, une vie de caisse enregistreuse.
    Et venons-en enfin à ce qui me frappait le plus, dans cette affaire. Avez-vous vu à quel moment elle a été relancée ? Juste après la succession de réunions de crise des grands de cette planète à l'Elysée et ailleurs qui nous ont évité in extremis la faillite générale du système. Avez-vous remarqué quel jour ont eu lieu ces réunions ? Les dimanches. Pourquoi ? Parce que c'est le jour de fermeture hebdomadaire des Bourses du monde, et donc le seul qui permette de souffler un instant et d'annoncer des mesures qui ne soient immédiatement torpillées par les spéculateurs. Si le président de la République ne travaillait pas autant, il aurait pu s'en rendre compte.

    samedi, 25 octobre 2008

    Un monde d'avance - Benoit HAMON

    siteon0-fdb5a.pngInterview Benoit HAMON FRANCE INTER 20/10/2008
    http://www.unmondedavance.eu/spip.php?article148



    Conférence sur la crise financière : nos propositions

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    Pour un nouveau réalisme économique de gauche

    Comment croire que ceux qui dans les 20 dernières années, sont associés intellectuellement et idéologiquement à la marchandisation croissante de la société, au recul de la puissance publique et à la mise en retrait des mécanismes collectifs de solidarité seraient à droite comme à gauche les plus crédibles pour proposer une sortie de crise. Sans parler de modernité, c'est la crédibilité économique et politique qui a objectivement changé de camp. Je voudrai donc développer les principes de ce nouveau réalisme économique de gauche.



    Cette politique devra tout d'abord reposer sur une autre ambition européenne

    L'unité européenne a été obtenue de façon poussive sur le plan de sauvetage. Il faut se souvenir des réactions invraisemblables de la Commission européenne appelant aux premiers jours de la crise au respect strict des critères du pacte de stabilité ou s'inquiétant de la comptabilité de la recapitalisation de Dexia avec le droit européen en matière d'aides d'Etat. Cette crise a aussi souligné quelques tares de la gouvernance économique de l'Europe qui faute de fédéralisme budgétaire, ne peut par exemple lancer un emprunt européen ni lever un impôt pour financer une caisse de recapitalisation européenne ; Alors faute de mieux, ceci a conduit les Etatsmembres à suspendre discrètement l'application du pacte de stabilité pour se libérer des contraintes budgétaires, ce que nous sommes un certain nombre à demander au demeurant depuis longtemps pour pallier les insuffisances du budget communautaire.

    Il faudra également un meilleur contrôle des activités bancaires et de crédit

    La lutte contre les paradis fiscaux doit venir au premier plan de notre action internationale ; leur existence facilite les transactions les plus occultes et les plus risquées, notamment grâce au secret bancaire et aux règles fiscales appliquées. J'identifie quelques décisions prioritaires : le renforcement de la directive Epargne, la création d'une nouvelle taxe financière vers les territoires qui refusent de mettre en oeuvre une véritable coopération fiscale et judiciaire ou la mise en oeuvre d'un traité international qui impose la levée du secret bancaire à la demande des autorités compétentes. Par ailleurs, les conditions du crédit doivent être plus nettement encadrées pour ne pas engendrer de risques inconsidérés, ou au contraire pour en garantir l'accès.

    Il faudra ensuite agir pour modifier la répartition des richesses

    La crise financière n'est pas seulement due à la prolifération de produits dérivés toxiques. Elle trahit l'épuisement du modèle américain qui a creusé les inégalités. Alors que les hauts revenus augmentent régulièrement, les revenus des classes moyennes et modestes stagnent. La croissance de la période 2002-2006 ne pouvait être tirée que par leur endettement, alimenté par le crédit hypothécaire nourri par la machinerie financière aboutissant à titriser les créances toxiques achetées par les acteurs financiers du monde entier. Certes, le taux d'endettement des ménages français est encore relativement faible, mais la crise du pouvoir d'achat et la crise du logement conduisent déjà au surendettement de nombreuses familles. Il y a une urgence sociale et un impératif économique à mettre un terme à la modération salariale, d'autant que les profits n'alimentent plus l'investissement et sont en majorité consacrés à la rémunération d'actionnaires dont l'épargne a nourri les bulles spéculatives sur les marchés boursiers. C'est pourquoi la politique salariale doit conduire à l'indexation des salaires sur les gains de productivité et l'inflation.

    On ne pourra échapper à la fixation des restrictions européennes au libre-échange

    Le libre-échange n'est pas étranger à la pression exercée à la baisse sur les salaires. C'est pourquoi le débat sur les restrictions au libre-échange, porté par OBAMA aux Etats-Unis, est plus actuel que jamais si la gauche entend favoriser les conditions d'une harmonisation vers le haut des normes sociales dans le cadre d'une coopération internationale. On le verra dans les prochains mois, lorsque des acteurs importants de l'industrie mondiale, par exemple dans le secteur automobile, connaîtront des difficultés considérables à cause des distorsions de concurrence. La « préférence communautaire » doit être au coeur de la politique industrielle de l'Europe, pas dans un but de protectionnisme étroit, mais pour faire payer aux producteurs « moins disant » le coût de leur « dumping social ».

    Il nous faut une vision ambitieuse du développement de l'Etat-Stratège

    Le retour de l'intervention de l'Etat ne doit pas se cantonner à socialiser les pertes, en recapitalisant les acteurs financiers qui ont flambé en bourse l'argent des épargnants, pour privatiser ensuite le bien public. Les marchés financiers livrés à eux-mêmes se sont trompés. Il faut que la recapitalisation du système financier soit l'occasion de définir le périmètre d'un pôle public financier stable et solide. Celui-ci doit être mis au service de la politique industrielle, dans le cadre d'un développement durable. Le pacte de stabilité a d'ores et déjà été suspendu par l'Eurogroupe pour permettre aux Etats-membres d'emprunter. Il doit être enterré pour ne pas devenir l'alibi de la réduction du périmètre des services publics.

    Il faut enfin retrouver la voie de la justice fiscale

    Une réforme fiscale doit être engagée pour éviter que le financement du plan de sauvetage ne pèse sur les revenus moyens et modestes qui subissent de plein fouet la crise du pouvoir d'achat. Le bouclier fiscal doit être levé. Il faut créer un grand impôt universel et progressif sur le revenu en fusionnant l'IR et la CSG. Il faut aussi rendre progressif l'impôt sur les sociétés et le moduler selon l'usage qui est fait des bénéfices.

    jeudi, 23 octobre 2008

    Ségolène Royal promet de faire du PS "un parti populaire"

     

     "J'ai envie d'un parti socialiste de plusieurs centaines de milliers d'adhérents représentant la France dans sa diversité", a déclaré la candidate au poste de premier secrétaire du parti. Pour cela, elle veut que les adhésions au PS ne dépassent pas 10 à 20 euros.

     En marge de la Fête du livre de Saint-Etienne, où elle a dédicacé un ouvrage d'entretiens co-écrit avec le sociologue Alain Touraine, Ségolène Royal, candidate au poste de premier secrétaire du parti socialiste, a affirmé samedi 18 octobre que, si elle l'emporte, "le PS sera un parti populaire".
    "J'ai envie d'un parti socialiste de plusieurs centaines de milliers d'adhérents représentant la France dans sa diversité", a souligné la candidate. Au nom de la démocratie participative, "je les consulterai sur le montant des adhésions", a-t-elle lancé.
    Jugeant "trop élevé" le montant actuel des cotisations, elle a notamment estimé que le prix plancher des adhésions au PS ne devrait pas "dans l'avenir, dépasser 10 à 20 euros". "Cette baisse ne s'appliquera pas aux élus", a-t-elle précisé. Elle a aussi dénoncé "l'obligation de payer deux années de retard pour ceux qui ne l'ont pas renouvelé, s'ils veulent voter au prochain congrès".

    Faire revenir les adhérents

    "On doit s'interroger", a déclaré l'ancienne candidate à la présidentielle, "car actuellement, on enregistre une déperdition de 80.000 adhérents", après le système de l'adhésion à 20 euros qui avait été créé ponctuellement avant la présidentielle de 2007.
    "Doit-on avoir 400 à 500.000 adhérents qui paient 10 à 20 euros plutôt que 100 à 120.000, qui aujourd'hui ne se reconnaissent pas toujours dans le parti où ils se trouvent", a-t-elle lancé, devant une centaine de militants et sympathisants.
    "Maintenant qu'il existe un financement public (des partis), il est plus important que les adhérents du PS donnent du temps, pratiquent le militantisme, la solidarité, l'engagement associatif, ainsi que les débats d'idées", a-t-elle poursuivi.
    Un public nombreux s'était massé sous le chapiteau de la Fête du Livre de Saint-Etienne. Ségolène Royal y a dédicacé "Si la gauche veut des idées", mais aussi de nombreux autres documents.

     

     

    lundi, 20 octobre 2008

    «On aggrave déficits et inégalités» par Didier Migaud


    Interview de Didier Migaud,, président PS de la commission des finances

    Alors que le budget 2009 est examiné aujourd'hui à l'Assemblée, Didier Migaud demande que le gouvernement tienne compte de la crise financière dans son budget.


     

    Didier Migaud, président PS de la commission des finances à l’Assemblée nationale.

    Président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Didier Migaud (PS) juge nécessaire de revoir l’architecture globale du budget 2009 pour tenir compte de l’impact de la crise financière. Alors que la récession risque de tarir les recettes, il estime que le gouvernement et la majorité devraient «avoir le courage politique de remettre en cause le paquet fiscal» voté en juin 2007, au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy. Pour éviter le spectre d’une récession, il se prononce en faveur d’«un plan européen d’aide à l’économie réelle», à l’identique des mesures en faveur des banques.

    Le budget, qui va être examiné à l’Assemblée nationale à partir d’aujourd’hui, a été élaboré avant la crise financière. N’est-il pas de ce fait caduc ?

    Oui. Le projet de loi de finances a été préparé bien avant que n’éclate cette crise financière. Il y a quelques mois il n’était encore question que d’une crise des subprimes. Le gouvernement laissait même entendre que la France serait relativement épargnée. Il prétendait que nous réussirions à maintenir un certain niveau de croissance. Je crois qu’il n’est pas contestable que la situation a changé au cours de ces dernières semaines. Aujourd’hui, peu d’économistes jugent crédible l’hypothèse de croissance de 1 % retenue dans le budget.

    Quelles révisions budgétaires seraient nécessaires pour tenir compte de la crise financière ?

    La crise actuelle doit inciter le gouvernement à redéfinir des priorités dans le budget. Les difficultés du moment doivent l’amener à s’interroger sur la dépense fiscale. En outre en période de ralentissement économique, il n’est pas pertinent de couper dans les crédits dédiés au logement ou à la rénovation urbaine, alors que ces dépenses stimulent l’activité du bâtiment et sont socialement nécessaires. Le coup de frein donné par l’Etat au budget de l’emploi et aux dotations en faveur des collectivités territoriales est un contresens au regard de la situation du moment. C’est une erreur d’asphyxier les collectivités territoriales alors qu’elles réalisent 73 % des investissements publics.

    Au vu de la crise financière, faut-il revenir sur le paquet fiscal voté il y a un an ?

    La crise va probablement se traduire par une baisse des recettes. Moins de croissance, c’est moins de rentrées fiscales. C’est mécanique. Le gouvernement et la majorité UMP devraient donc avoir le courage politique de remettre en cause le paquet fiscal. Des mesures telles que l’exonération des droits de succession et le bouclier fiscal n’ont pas prouvé qu’elles avaient des effets bénéfiques sur la croissance. Dans ce même budget, le gouvernement gèle la prime pour l’emploi destinée aux salariés modestes. Le gouvernement réussit ce tour de force incroyable : il aggrave de façon concomitante les déficits et les inégalités. Il cumule l’inefficacité et l’injustice.

    Votre amendement visant à limiter les avantages du bouclier fiscal a-t-il des chances d’être adopté ?

    Lors des travaux de la commission des finances, j’ai découvert que les avantages du bouclier fiscal vont au-delà de ce que l’on avait imaginé. Nous nous sommes aperçus que le bouclier ne s’applique pas au revenu réel perçu, mais au revenu minoré des niches qui agissent en déduction du revenu imposable. Donc, le bouclier a des effets très puissants sur les contribuables les plus aisés. Nos collègues de l’UMP ont bien pris conscience du problème. Nous verrons au cours du débat, si la majorité aura la sagesse d’adopter mon amendement, qui vise à corriger ces excès.

    Quel sera l’impact du plan de sauvetage des banques imaginé par le gouvernement sur le budget ?

    Ce plan va peser sur la charge de la dette dès l’an prochain. Son impact global dépendra des besoins de recapitalisation des banques. Pour l’instant, on sait seulement que l’Etat va emprunter un milliard d’euros pour sauver Dexia, deux autres milliards étant apportés par la Caisse des dépôts et consignations.

    L’Union européenne a adopté un plan en faveur des banques, mais qu’en est-il de l’économie réelle guettée par une récession ?

    Je considère qu’il faudrait, sur le modèle du plan de sauvetage des banques, un plan de relance européen en faveur de l’économie réelle pour stimuler l’investissement privé et financer des infrastructures publiques.

    dimanche, 19 octobre 2008

    Contre la casse de l'école publique, pour l'avenir des enfants

    Sur Nouvel obs.com :

     

    Ils étaient 80.000 …à défiler ce dimanche pour dénoncer les suppressions de

    postes dans l'Education. Mercredi, les syndicats prévoient une réunion pour

    décider des suites à donner au mouvement, en fonction des réponses du

    gouvernement.

    Après la manifestation nationale dimanche 19 octobre dans les rues de Paris, les syndicats et les organisations qui ont appelé au mouvement prévoient une réunion mercredi pour décider des suites à donner au mouvement en fonction des réponses du gouvernement. Cette rencontre pourrait déboucher sur un appel à la grève unitaire en novembre, indique le syndicat SNUipp-FSU. "Ce pourrait être autour du 18 ou du 20 novembre" a précisé le secrétaire général Gilles Moindrot.

    Un mouvement très suivi

    Plusieurs dizaines de milliers de personnes, 80.000 selon les organisateurs, 32.000 personnes selon la Préfecture de police, ont défilé dimanche 19 octobre à Paris, sous le soleil et dans la bonne humeur, pour demander au gouvernement d'investir dans l'éducation à l'heure de la crise, au lieu de supprimer des postes.

    "Banques ou éducation, j'ai choisi !"

    De la place d'Italie à la Bastille, une majorité d'enseignants, des étudiants, des lycéens et des parents d'élèves de la FCPE ont manifesté, à l'appel de 47 organisations, pour que l'éducation "reste une priorité".
    Plusieurs ténors du PS, dont Martine Aubry, Bertrand Delanoë et François Hollande, étaient présents dans le cortège.
    Avec des slogans comme "Tu réussiras quand tes parents seront riches" ou "L'école est finie, Acadomia pour tous ?" (en référence à une société de cours privés), les manifestants ont fait part de leurs doutes quant à la volonté affichée par le gouvernement de lutter contre l'échec scolaire.
    "Investir dans l'école, c'est l'avenir", "Non à la casse du service public d'éducation", "Banques ou éducation, j'ai choisi !", disaient également les banderoles.

    Manifestation "injustifiée" selon Pécresse

    Quelques heures plus tôt, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a estimé lors du "Grand rendez-vous" d'Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, que les raisons de la manifestation nationale étaient "injustifiées et décalées". "Elles sont en profond décalage avec la situation réelle de l'éducation qui est aujourd'hui la priorité des priorités du gouvernement", a déclaré Valérie Pécresse.
    "Mme Pécresse a dit que la mobilisation étaient injustifiée: j'aimerais que le gouvernement cesse de faire l'autruche et voie que la mobilisation exprime beaucoup de mécontentement et beaucoup d'attentes", a réagi le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

    Des suppressions de postes de plus en plus importantes

    Cette mobilisation se tient peu avant l'examen à l'Assemblée du budget 2009 de l'Éducation, prévu pour le 4 novembre. Ce budget prévoit 13.500 suppressions de postes, après 11.200 en 2008 et 8.500 en 2007.
    Cette politique, qui pourrait se poursuivre au même rythme jusqu'en 2012, "ne voit dans l'Éducation qu'un moyen d'économiser" et "va détériorer sur le long terme le service public d'Éducation", jugent les organisateurs. "Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les inégalités", ajoutent-ils. "L'inquiétude est réelle. Les récentes annonces budgétaires font craindre le pire dans un climat déjà tendu dans l'Éducation. Nous assistons à une rupture de fond dans la priorité qu'accordait la Nation à l'Éducation", estiment-ils.

    Investir dans l'Éducation

    Il faudrait, au contraire, investir dans l'Éducation en ces temps de crise économique, plaident les organisateurs.  "En période de crise, il y a un besoin de l'État, car c'est lui qui assure dans la durée les investissements", selon Patrick Gonthier, secrétaire général de la fédération Unsa-Éducation.
    "A l'heure où l'on peut dégager des milliards pour les banques en quelques heures, serrer les cordons de la bourse pour l'éducation, c'est hypothéquer lourdement l'avenir. Une politique de rigueur risque d'ajouter la crise à la crise", ajoute Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef.
    "On met 360 milliards sur la table (pour les banques, ndlr), avec des conséquences que tout le monde ignore, ça nous permet tout de même de dire qu'il y a des contradictions, par rapport aux investissements qui ne sont pas faits dans l'éducation", selon le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

    Une mobilisation générale pour l'Éducation

    Si l'arrêt des suppressions de postes est au coeur des revendications, figurent également au nombre des réclamations les déclarations de Xavier Darcos sur l'école maternelle, les projets de mutation de personnels dans le secondaire, des fermetures de petites écoles, la gestion des remplacements, les suppressions de maîtres spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire ("Rased"), la baisse des subventions aux organisations complémentaires de l'école, la précarité des conditions de travail des enseignants ou encore la réforme en cours du lycée.

     

     

    Lien utile pour signer la pétition : http://www.uneecole-votreavenir.org/.

    samedi, 18 octobre 2008

    Réunion de section : débat sur les motions

     

     

     

    La section PS de Portes les Valence

     

    se réunit afin de débattre sur les motions

     

    le jeudi 23 Octobre à 19 heures


    A l’Espace Robert Freyss à BEAUVALLON
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