jeudi, 23 août 2007

rénovation du PS

Aprés cette période estivale, nous abordons la rentrée avec deux réflexions concernant le PS, Deux articles pris dans libération du 22 août qui peuvent servir de réflexion sur la refondation du PS , les commentaires sont les bienvenus


Editorial de Laurent Joffrin, dans Libération du  mercredi 22 août 2007

 

Sans maître

 

Comment trouver un leader quand on n’a pas de projet ? Mais comment trouver un projet quand on n’a pas de leader ? Tel est le dilemme angoissant devant lequel se trouve la gauche française. La victoire sans appel de Nicolas Sarkozy ne provient pas seulement des erreurs de la campagne, si manifestes soient-elles. Elle a aussi révélé le retard culturel accusé par le Parti socialiste et ses alliés (ou concurrents dans le même camp) sur l’évolution de la société française. Un seul exemple : alors que le social est en principe le point fort des progressistes, le discours de l’actuel président sur le travail a mieux porté que celui de son adversaire. Du coup, chacun ou presque bat sa coulpe (quoique souvent sur la poitrine du voisin) et appelle avec un ensemble touchant à la rénovation des pratiques et des idées.

Mais quelle rénovation ? C’est là que les ennuis commencent. Plus à droite ? Plus à gauche ? Ou bien ailleurs ? Le projet futur est un objet flou entouré de brouillard et plongé dans la nuit.

Il y aurait bien sûr une solution : choisir un leader et lui confier le travail. Las ! L’étoile de Ségolène Royal pâlit pendant que DSK, nouveau favori des sondages, s’apprête à changer de planète et que Laurent Fabius, autre impétrant possible, gagne la stratosphère. Quant aux éléphanteaux, ils restent au ras du sol. Les socialistes se retrouvent sans maître et sans mère.

Il y a pourtant une issue. Ce paysage dévasté est aussi une table rase, sur laquelle on peut construire sans obstacles. L’injustice sociale demeure, en France et dans le monde, qui exige de toutes manières une gauche de l’avenir. Deux questions simples peuvent servir de point de départ : d’autres gauches réussissent ailleurs, comment font-elles ? Les Français sont censés craindre la mondialisation ; ils ont pourtant récusé la candidate qui devait les en protéger. Peut-être les avait-on mal compris… Questions dérangeantes ? Mais c’est justement le moment d’être dérangé.

 

 

 «La rénovation du PS n’est ni un petit matin ni un grand soir»

Gilles Candar,historien, analyse le processus de transformation du PS, il est interrogé par Laure Equy

Libération : mercredi 22 août 2007

Historien, spécialiste des gauches françaises, Gilles Candar a codirigé, avec Jean-Jacques Becker, une Histoire des gauches en France (Ed. la Découverte).

 

 Que signifie l’agitation rénovatrice des socialistes ? 

Après les récentes défaites électorales et l’annonce du départ du premier secrétaire, les socialistes font le constat unanime d’un parti un peu vieilli, trop sectorisé et pas assez ouvert sur la société. Le débat sur la rénovation est récurrent et nécessaire. En plus d’un siècle de socialisme, le parti est régulièrement entré en introspection.

Quelle a été la dernière rénovation du parti ? 

Dans les années 70, le socialisme a mené sa rénovation avec succès. François Mitterrand a mis en avant les thèmes de l’union de la gauche et du socialisme comme rupture, en intégrant aussi bien les aspirations culturelles de Mai 68 que la volonté de modernisation gestionnaire de cadres venus du centrisme ou du gaullisme social (Jacques Delors, Michel Vauzelle…).

Comment le PS devrait-il, selon vous, mener ce processus ? 

La rénovation n’est ni un petit matin ni un grand soir, contrairement à ce que peut véhiculer l’imaginaire français. C’est un processus long et patient. «Tout est toujours très difficile», aimait à dire Jaurès. L’écueil du PS c’est de se parler à lui-même, dans un langage connu de lui seul. Il doit sortir d’une logique de petit groupe, s’ouvrir et tenir un discours clair. Léon Blum, lorsqu’il a voulu rénover le parti en 1946, insistait en même temps sur le retour aux valeurs fondamentales : ce qu’il appelait la «justice sociale».

Ségolène Royal peut-elle incarner la rénovation ? 

Elle s’en sort avec un résultat en demi-teinte. Ségolène Royal a senti la nécessité de créer des rapports plus directs entre les politiques et les Français. Si tant est que son idée de démocratie participative fonctionne, elle peut représenter la rénovation, mais elle n’est pas la seule et tout dépend aussi de ses choix.

La nouvelle génération peut-elle relever ce défi ? 

Ces quadras doivent être en première ligne et secondés par des anciens, mais je ne crois pas à la retraite en politique ! Face à la droite qui a mis en avant des jeunes, le PS doit faire de même. Mais, entre Valls, Hamon ou Hammadi, les différences sont notables. Il est fort probable qu’au prochain congrès chaque sensibilité s’organise autour de deux ou trois figures de proue, jeunes mais concurrentes.

Le PS doit-il se rénover avec l’ensemble de la gauche ? 

Aujourd’hui, envisager l’alliance à gauche est toujours nécessaire mais plus complexe. Avant, il s’agissait de passer un accord avec le PCF. Là, les choses sont plus diverses et émiettées, faute de répondant politique très structuré à la gauche du PS.

 

 

Commentaires

Rénovation, refondation, des mots et toujours des mots. Il faut que le PS revienne sur sa fibre sociale qu'il a perdu depuis longtemps, n'élude pas le problème de mondialisation, prenne en compte les jeunes, non pas en leur proposant des contrats précaires qui ne peuvent les amener que vers l'assedic, prenne en compte les plus de 50 ans en recherche d'emploi ce qui n'est pas son problème à l'heure actuelle. IL EST GRAND TEMPS QUE LE PS COMPRENNE QUE SEUL LA SOCIAL DEMOCRATIE EST L'AVENIR ET pour moi la social démocratie se base sur une économe de marché forte avec un ETAT FORT qui propose des services de qualité dans ses administrations ce qui veut dire qu'il ne faut pas baisser le nombre de fonctionnaires là où il Y en a besoin.
Il faut que le PS reconcquière les ouvriers et employés qui ont été déçus par la totale absence de propositions.
ALORS? APRES AVEC QUI GOUVERNER? Il va falloir à moyen terme trouver des alliances vers le centre gauche car je ne vois pas comment dans notre ère de mondailisation s'allier avec la gauche antilibérale qui elle ne veut est absolument à contre courant.
Pour en revenir aux articles sur le leader du PS, la cacaphonie actuelle m'hérisse. Il ou elle sera élu lors du prochain congrés mais en attendant que dans toutes les sections on doit parler et agir afin que l'on puisse élaborer un programme sur des valeurs économiques et sociales sèrieuses.

Ecrit par : lacour | vendredi, 24 août 2007

Correction d'un phrase de mon commentaire : Je m'en excuse!!!
ALORS? APRES AVEC QUI GOUVERNER? Il va falloir à moyen terme trouver des alliances vers le centre gauche car je ne vois pas comment dans notre ère de mondialisation s'allier avec la gauche antilibérale qui elle, ne veut pas gouverner et qui est résolument opposée à nos idées.

Ecrit par : lacour | vendredi, 24 août 2007

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