mardi, 19 août 2008

"Nous sommes dans l'impasse"

3 questions à Jean-Marie Harribey,
co-président d'ATTAC,
professeur agrégé de sciences économiques et sociales, Maître de conférences à l'université Bordeaux I

nouvelobs.com


Michel Sapin, socialiste, estime que "le plan de rigueur est déjà là" et que le gouvernement devrait annuler le paquet fiscal de 15 milliards d'euros pour relancer l'économie française. Le gouvernement peut-il revenir sur cette mesure ? Cela arrangerait-il la situation économique en France ?

- Pour répondre à cette question, il faut revenir un an en arrière. Les économistes libéraux ont mis beaucoup de temps à reconnaître qu'il y avait une crise. Une crise tout d'abord financière qui a vu le jour aux Etats-Unis, la plus importante depuis 1929, et qui ne pouvait que dégénérer en crise mondiale. Cette crise s'est ensuite transformée en crise alimentaire avec l'augmentation des tarifs des matières premières. Il y a eu une crise de l'immobilier mais aussi une crise écologique. Les libéraux ne voulaient pas reconnaître cette crise systémique.
Aujourd'hui, il faut que le gouvernement remette en cause la marchandisation du monde. Il faut revoir la politique néolibérale, soutenue par les grands groupes industriels, dont le paquet fiscal qui est un cadeau fait aux plus riches qui se sont déjà enrichis fortement ces dernières années. Alors qu'on observe, dans un même temps, un appauvrissement des ménages les plus pauvres. Il faut mettre fin à ce type de politique. Il faut profiter de cette crise pour remettre en cause les politiques menées depuis trente ans et faire de l'économie autrement.

Selon Christine Lagarde, les réformes à venir vont permettre d'améliorer le pouvoir d'achat des Français et de stopper la récession. De quelles marges de manœuvre dispose le gouvernement face à un phénomène de récession mondiale ?

- Lorsqu'on écoute Christine Lagarde, on éprouve de la colère ou on part dans un éclat de rire général.
Lorsque les tarifs du gaz et de l'électricité augmentent de 2 et 5%, qu'on y ajoute la hausse des prix et des tarifs publics, on ne voit pas comment le pouvoir d'achat des Français pourrait s'améliorer.
Le gouvernement a gaspillé ses capacités d'action après l'élection de Nicolas Sarkozy, notamment avec le cadeau fiscal fait aux plus riches qui étaient déjà de gros consommateurs. Par conséquent, le paquet fiscal n'a eu aucun effet sur la consommation.
Aujourd'hui, il n'y a aucune marge de manœuvre pour le gouvernement. Il n'y a eu aucune réflexion quant au remodelage de l'appareil productif. Nous sommes dans l'impasse.

Quels sont les moyens appliqués dans les autres pays européens et aux Etats-Unis pour faire face à la récession ? Ces mesures sont-elles applicables en France ?

- Depuis un an, nous avons pu observer les actions des banques centrales aux Etats-Unis comme en Europe afin de remettre les banques à flots. Les banques centrales ont volé au secours des institutions ayant trop spéculé et qui avaient pris trop de risques.
Les banques centrales se sont concertées. Elles ont ouvert les vannes du crédit et ont joué ainsi au pompier pyromane. Mais ce n'était pas suffisamment car il n'y a pas eu d'effet sur l'économie réelle. Alors le gouvernement a pris des mesures d'ordre fiscal.
En France, comme en Europe, le gouvernement a très peu de marge de manœuvre, car les taux directeurs sont très élevés. Cela réduit les possibilités.

Interview de Jean-Marie Harribey par Valérie Auribault
(le lundi 18 août 2008)

Diverses interventions PS pour faire face à la crise économique

Le Premier secrétaire du PS plaide pour un plan de relance "qui serait financé par une remise en cause de certaines mesures du paquet fiscal". Et il accuse de nouveau Nicolas Sarkozy d'avoir vidé les caisses de l'Etat.


Face à la crise économique, le Premier secrétaire du parti socialiste François Hollande déclare, mardi 19 août dans Aujourd'hui en France/Le Parisien, qu'il aurait fait "exactement le contraire" de ce que propose le Premier ministre François Fillon, qui a dit vouloir poursuivre les "réformes structurelles" pour répondre à la crise économique.
A la place du gouvernement, "nous aurions dit : le risque de récession est là. La conjoncture internationale est difficile. Nous devons donc retrouver des marges de manoeuvre et faire un plan de relance", affirme-t-il.

Remise en cause du paquet fiscal

"Ce plan serait financé par une remise en cause de certaines mesures du paquet fiscal", ajoute-t-il. (Fabius propose également d'annuler une partie du paquet fiscal).
Le Premier secrétaire du PS propose "une réforme de l'impôt sur les sociétés", de "stimuler l'innovation technologique, en utilisant l'épargne des Français pour élaborer un plan en faveur des entreprises", et de "soutenir le pouvoir d'achat des ménages" en augmentant notamment l'allocation de rentrée scolaire et en mettant en place plus rapidement le "chèque transport".
"Si Fillon n'a pas pris de décision, c'est qu'il n'y a plus rien dans les caisses de l'Etat. Il a tout dépensé". "Plus exactement c'est Nicolas Sarkozy qui a tout dépensé, et Fillon qui communique" ironise François Hollande.

"La politique de l'autruche"

Le député PS Henri Emmanuelli a, de son côté, accusé lundi François Fillon de pratiquer "la politique de l'autruche".
"Les indicateurs économiques sont au rouge" (notamment une croissance du produit intérieur brut de 0,1% au troisième trimestre 2008) et "François Fillon pratique la politique de l'autruche", a affirmé le député des Landes sur France Info. Le gouvernement "est sans marge de manoeuvre, sans réserve" et "la réalité ne s'accomodera pas de cette poudre de perlimpinpin", a-t-il dit.
"Rester l'arme au pied en expliquant que c'est en poursuivant une politique de régression sociale qu'on va mener une politique économique, c'est assez irresponsable", a-t-il affirmé.
Selon lui, le gouvernement doit "réhabiliter l'investissement public et privé" et "se préoccuper du pouvoir d'achat des catégories populaires". "Les Françaises et les Français auront un automne difficile et un hiver encore plus difficile".
Accusant le gouvernement de "fuir ses responsabilités", l'ancien ministre a jugé que "Mme (Christine) Lagarde ne pilote pas le ministère de l'Economie et des Finances : elle est là pour faire des mondanités médiatiques".

"Les marges de manoeuvre existent"

Le député PS de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone a, lui, déploré dans un communiqué "une réunion pour rien à Matignon".
"Alors qu'il est exclu par le gouvernement, la France aurait besoin" d'un plan de relance, selon lui : "allocation énergie pour faire face à la hausse du coût des hydrocarbures, aide supplémentaire pour la rentrée scolaire, coup de pouce pour le SMIC, soutien aux PME".

"Contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, les marges de manoeuvre existent. La suppression d'une partie du paquet fiscal et la remise à plat des niches fiscales permettraient de dégager plus de 70 milliards d'euros", a-t-il estimé.

lundi, 18 août 2008

S'attaquer aux fablesse de notre industrie

Entretien  de Didier Migaud,  Député PS de l'Isère, président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale

Dans le Jouranl du Dimanche du 17 août 2008

La France n'est pas formellement en récession puisqu'il faut deux trimestres successifs avec un taux négatif. Mais notre pays est touché gravement par la crise, ce que l'actuelle majorité s'est obstinée à nier pendant longtemps. Pour ceux qui suivent les affaires économiques, ces chiffres étaient pourtant attendus, voire redoutés du fait de la faiblesse de l'appareil productif de notre pays, conséquence de l'absence de politique industrielle depuis quelques années.

Nous ne sommes pas les seuls touchés mais nous abordons cette période dans une situation moins favorable que les autres pays, compte tenu de la dégradation accrue de nos finances publiques, notamment ces deux dernières années. En juillet 2007, le gouvernement a fait de mauvais choix en décidant de mesures contenues dans le paquet fiscal très coûteuses et peu efficaces au regard de deux objectifs principaux que sont l'emploi et le pouvoir d'achat. Elles ont aggravé la situation de nos comptes publics, ainsi que les inégalités, sans apporter de solutions sur le fond à la fois pour le pays et pour les Français.

Je pense qu'il convient d'articuler la politique de l'offre et celle de la demande et de vraiment s'attaquer aux faiblesses de notre industrie, car le seul soutien, pourtant nécessaire, à la consommation risquerait d'alourdir notre balance commerciale. Cela nécessite des mesures beaucoup plus ciblées en direction des PME pour davantage les soutenir lorsqu'elles grandissent et qu'elles sont en mesure d'exporter. Sur la demande, il faut soutenir ceux qui sont très pénalisés aujourd'hui par l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat, alors que le gouvernement a plutôt jusqu'ici privilégié des clientèles.

Le revenu de solidarité active (RSA), par exemple, est une mesure excellente, si elle n'est pas financée par ceux qui éprouvent déjà des difficultés comme les bénéficiaires de la prime pour l'emploi, qui sont loin d'être des privilégiés. Mais il est vrai que les marges de manoeuvre du gouvernement sont très étroites car elles ont été gaspillées au départ dans un contexte que l'on savait pourtant très tendu.

Pour l'instant, les réformes n'ont eu que peu d'effet, d'autant que la France ne vit pas dans une île isolée du reste du monde; elle doit faire face, comme les autres, à la crise financière et à la flambée du prix des matières premières. Le gouvernement place, dans ses discours, la performance au coeur de ses préoccupations, mais dans la réalité, l'efficacité des mesures qu'il prend n'est pas au rendez-vous.

On est déjà dans une rigueur certaine à partir du moment où le pouvoir d'achat a baissé pour une majorité de nos concitoyens. Et si le Budget prévoit un certain nombre de dispositions pour faire face à cette situation de crise, on peut redouter la remise en cause des politiques publiques, pourtant nécessaires à la couverture des besoins, ce qui aurait alors des conséquences sur le quotidien de beaucoup de Français. En tout état de cause, les hypothèses retenues pour le budget 2009 sont à revoir.

Propos recueillis par Florence Muracciole

mercredi, 13 août 2008

Militants socialistes en vacances dans les Landes

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Pour accompagner les photos du mémorial François Mitterrand à Soustons où 2 militants de la section sont actuellement, le texte de la chanson de Renaud "Tonton"

Bonhomme qui va austère
Au milieu des landes, des bruyères
Silhouette insolites
Bloc de granit
Tonton foule la terre
Lentement
Comme le temps

Le temps qui, pourtant, emporte
Les idées, les hommes et les amours mortes
Le temps qui lui reste
Dans la même veste
Avant de n'être plus
Qu'une statue
Un nom de rue

Il a son beau chapeau
Il a son long manteau
Il a son chien, le brave
Le gros qui bave
Il a le regard des sages
Il est la force tranquille, sereine
Il est comme un grand chêne
Il sait la futilité
De toute chose
La douceur et
La fragilité des roses

Bonhomme qui va austère
Au milieu des landes, des bruyères
Silhouette insolite
Bloc de granit
Tonton foule la terre
En sifflotant
Comme le vent

Le vent qui, pourtant, emporte
Son joli chapeau que le chien rapporte
Il est plein de bave
Ce n'est pas bien grave
Un chapeau ça se lave
Mais ça fait sale
Et tonton râle

Tonton est colère
Tout va de travers
L'Histoire, la gloire, tout foire
Parc'que ce soir
Le vieille homme a, c'est dur
Un caillou dans sa chaussure
Un vieux rhume qui dure
Et puis cette nuit, misère
Il a rêvé
Qu'un beau jour
La gauche revenait

Tonton s'en va
A petits pas ...

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vendredi, 08 août 2008

Des mots contre des murs et des grillages ?


Une chanson de Francis Cabrel qui rappelle pourquoi des êtres humains quittent leur pays et  dans quelles conditions, pour finalement être expulsés  et repoussés d'Europe.

En France,  il y a la politique honteuse et  inacceptable de Sarkozy et de son acolyte, Hortefeux

Déjà nos villages s'éloignent
Quelques fantômes m'accompagnent
Y'aura des déserts, des montagnes
A traverser jusqu'à l'Espagne
Et après... Inch'allah

On a de mauvaises chaussures
L'argent cousu dans nos doublures
Les passeurs doivent nous attendre
Le peu qu'on a ils vont le prendre
Et après...

Est-ce que l'Europe est bien gardée ?
Je n'en sais rien
Est-ce que les douaniers sont armés ?
On verra bien
Si on me dit, c'est chacun chez soi
Moi je veux bien, sauf que chez moi
Sauf que chez moi y'a rien

Pas de salon, pas de cuisine
Les enfants mâchent des racines
Tout juste un carré de poussière
Un matelas jeté par terre
Au dessus... Inch'allah

Vous vous imaginez peut-être
Que j'ai fait tous ces kilomètres
Tout cet espoir, tout ce courage
Pour m'arrêter contre un grillage

Est-ce que l'Europe est bien gardée ?
Je n'en sais rien
Est-ce que les douaniers vont tirer ?
On verra bien
Si on me dit, c'est chacun chez soi
Moi je veux bien, sauf que chez moi
Sauf que chez moi y'a rien

Je n'en sais rien
On verra bien
Moi, je veux bien
Sauf que chez moi...

La moitié d'un échafaudage
J'en demande pas davantage
Un rien, une parole, un geste
Donnez-moi tout ce qu'il vous reste
Et après...
Je n'en sais rien

On verra bien
Moi, je veux bien
Sauf que chez moi...
Déjà nos villages s'éloignent...


 

On rappellera aussi, le livre de Tahar Ben Jelloun "Partir" et celui de Laurent Gaudé "El Dorado", ces livres malheureusement ne  sont pas des fictions...... Ces livres, cette chanson c'est le quotidien d'êtres humains qui veulent simplement mieux vivre, pour eux et leur famille.

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