jeudi, 30 octobre 2008

Mille milliards de dollars

 

 

Thomas Piketty est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris, il a écrit cette chronique dans les pages « rebonds » de Libé.du 28 octobre 2008

(Thomas Piketty travaillait avec Ségolène Royal lors de la campagne des présidentielles).

40 milliards pour recapitaliser les banques françaises, 320 milliards pour garantir leurs emprunts, 1 700 milliards au niveau européen : qui dit mieux ? En se lançant dans une course poursuite à qui annoncera le plan de sauvetage le plus énorme, les gouvernements des pays riches ont pris de gros risques.

Tout d’abord, rien ne garantit que cette stratégie de communication permette d’éteindre la crise et d’éviter une douloureuse récession. Les marchés financiers aiment bien les gros chiffres. Mais ils aiment aussi savoir précisément à quoi servira l’argent, qui disposera réellement de quelles sommes, pendant combien d’années, sous quelles conditions, etc. Or, de ce point de vue, l’opacité règne en maître. En vérité, les gouvernements se comportent comme les pires sociétés qu’ils sont censés réguler. Toutes les techniques de la manipulation comptable y passent, avec une mention spéciale pour notre président national. On mélange des flux annuels et des stocks, de l’argent frais avec de simples garanties bancaires, on compte plusieurs fois les mêmes opérations… Et on additionne le tout : plus c’est gros, mieux ça passe. Et on se retrouve dans une situation ubuesque où les autorités américaines et françaises donnent hâtivement et sans réelles contreparties de l’argent public à des banques qui n’en veulent pas. Les 10 milliards prêtés la semaine dernière aux grands établissements français sont supposés permettre de relancer le crédit, mais l’engagement est purement verbal. Il existe pourtant tout un arsenal législatif et réglementaire permettant de contraindre les banques à prêter une partie de leurs fonds aux PME, et qui aurait mérité d’être revisité et amélioré dans la crise actuelle.

Ensuite et surtout, cette stratégie fondée sur l’affichage trompeur de chiffres en centaines de milliards risque de désorienter durablement les citoyens. Après avoir expliqué pendant des mois que les caisses étaient vides, que la moindre économie portant sur quelques centaines de millions d’euros était bonne à prendre, voici que la puissance publique semble prête à s’endetter sans limite pour sauver les banquiers !

La première source de confusion méritant une explication vient du fait que l’on mélange constamment des flux annuels de revenus et de production avec des stocks de patrimoine, alors que les seconds sont beaucoup plus importants que les premiers. Par exemple, en France, le revenu national annuel, c’est-à-dire le PIB diminué de l’usure des équipements, est de l’ordre de 1 700 milliards (30 000 euros par habitant). Par contre, le stock de patrimoine national atteint 12 500 milliards (200 000 euros par habitant). Pour passer aux niveaux américains ou européens, ces chiffres doivent être grosso modo multipliés par six : 10 000 milliards de revenu, 70 000 milliards de patrimoine.

Le second point important est que ces revenus et patrimoines sont à 80 % la propriété des ménages : par définition, les entreprises ne possèdent presque rien, puisqu’elles distribuent l’essentiel de ce qu’elles produisent aux ménages salariés et actionnaires. C’est ce qui permet de comprendre pourquoi le choc initial provoqué par la crise des subprimes, évalué à environ 1 000 milliards de dollars (soit l’équivalent de 10 millions de ménages américains ayant chacun emprunté 100 000 dollars), bien que d’une ampleur modeste par comparaison au patrimoine total des ménages, puisse menacer d’effondrement l’ensemble du système financier. La plus grande banque française, BNP Paribas, affiche ainsi 1 690 milliards d’actifs pour 1 650 milliards de passifs, soit 40 milliards de fonds propres. Les comptes de Lehman Brothers avant la faillite n’étaient guère différents, de même que ceux des autres banques de la planète. Le fait central est que les banques sont des organismes fragiles qui peuvent être dévastés par un choc de 1 000 milliards de dévalorisations d’actifs.

Face à une telle réalité, intervenir pour éviter la crise systémique est légitime, mais cela ne peut se faire qu’à plusieurs conditions. D’abord, s’assurer que les actionnaires et dirigeants des banques renflouées par le contribuable paient le prix de leurs erreurs, ce qui n’a pas toujours été le cas dans les interventions récentes. Ensuite et surtout, mettre en place une régulation financière implacable permettant de s’assurer que l’on ne pourra plus diffuser impunément des actifs toxiques sur les marchés - avec la même vigueur que les agences de sécurité alimentaire contrôlent l’introduction de nouveaux produits. Cela ne pourra jamais se faire tant qu’on laissera plus de 10 000 milliards d’actifs gérés dans les paradis fiscaux de la façon la plus opaque. Et il faut mettre fin aux rémunérations indécentes observées dans la finance, qui ont contribué à stimuler des prises de risque excessives. Cela passera nécessairement par un alourdissement de la progressivité fiscale pour les plus hauts revenus, aux antipodes de la politique française de bouclier fiscal, qui vise au contraire à exonérer à l’avance les plus favorisés de tout effort pour payer la note. Avec une telle stratégie, il est probable qu’il faille se préparer à des crises plus violentes encore, sociales et politiques.

 

dimanche, 26 octobre 2008

L'horreur économique de M. Sarkozy

Dans le Monde : Christophe Jakubyszyn, service Europe-France

Que se cache-t-il derrière le slogan du "plus d'Etat" prôné de nouveau par Nicolas Sarkozy, jeudi 23 octobre, à Argonay (Haute-Savoie) ? Un mois après le discours de Toulon, M. Sarkozy a explicité les formes du retour de l'Etat qu'appelle, selon lui, la crise financière : "S'il y a bien un fait majeur qui émerge de cette crise, c'est le retour du politique. L'idéologie de la dictature des marchés et de l'impuissance publique est morte avec la crise financière." Le chef de l'Etat en a appelé à "un Etat plus actif dans l'économie, qui assume ses responsabilités, qui entreprend et qui investit".

M. Sarkozy ne cache pas ses arrière-pensées politiques : promettre aux Français "le retour du politique", c'est d'abord rassurer l'électorat populaire et les classes moyennes qui ont fait son élection. "Nous risquons d'être confrontés partout à la révolte des classes populaires et des classes moyennes qui rejetteront une mondialisation qu'elles ne vivent plus comme une promesse mais comme une menace", admet le président de la République.

Ce discours de "véritable socialiste", comme n'a pas manqué de le souligner, le 21 octobre à Strasbourg, Martin Schulz, le président du groupe socialiste au Parlement européen, vise aussi à gêner la reconstruction du Parti socialiste : plus le chef de l'Etat chasse sur les terres de la gauche, plus celle-ci est incitée à se radicaliser. A ce jeu, c'est Olivier Besancenot qui fera bientôt figure d'opposant naturel...

Mais il faut toutefois distinguer les discours et les actes. M. Sarkozy avance beaucoup plus prudemment sur la voie du retour de l'Etat qu'il ne le claironne. Première illustration : le plan de sauvetage des banques qui s'est notamment traduit par l'annonce, le 20 octobre, du versement de 10 milliards d'euros de quasi-fonds propres aux principales banques françaises. Contrairement au Royaume-Uni, qui ne peut pourtant pas être taxé d'étatisme, la France a renoncé à ses prérogatives d'actionnaire, en réinventant à cette occasion les titres subordonnés. Très écouté par M. Sarkozy, Michel Pébereau, président de la BNP, n'est certainement pas étranger à ce montage juridique et financier astucieux qui prive l'Etat d'une place au conseil d'administration des banques et d'une option sur des plus-values futures.

Autre illustration de l'ambiguïté du président : ses invectives contre les patrons qui s'enrichissent sans endosser la pleine responsabilité des désastres financiers ou stratégiques. "Les bonus sans les malus", a encore regretté le chef de l'Etat à Argonay. Mais à part la démission des dirigeants de Dexia et des Caisses d'épargne et leur renoncement symbolique aux primes d'indemnisation, le gouvernement ne légiférera pas sur les parachutes dorés. Alors que d'autres pays plus libéraux comme les Pays-Bas les ont encadrés depuis longtemps, le gouvernement français a choisi de se contenter, le 6 octobre, du code de bonne conduite proposé par le Medef qui limite à deux ans le montant des indemnités et promet de les réserver aux patrons contraints à un "départ forcé". Une formule qui permettra bien des arrangements au sein des conseils d'administration.

De même, M. Sarkozy a beau plaider pour une politique économique européenne, il est loin d'avoir vaincu les fortes réticences de ses partenaires qui se méfient de l'étatisme, surtout d'origine française. Enfin, ses propositions ambitieuses de réforme du système financier international ne recueillent qu'un enthousiasme poli.

UN VÉRITABLE CHANGEMENT DE CAP

Et pourtant, par bien d'autres aspects, les annonces du président de la République pourraient bien se traduire, à terme, par un véritable changement de cap de politique économique. Prenons l'exemple budgétaire. Officiellement, le gouvernement accepte de regarder les recettes fondre sous l'effet de la crise et de laisser les déficits se creuser. Il promet en revanche de tenir sur les dépenses. Mais que fait M. Sarkozy depuis plusieurs jours ? Il est vrai qu'il est désormais difficile de faire croire aux Français que les "caisses sont vides", comme le président de la République s'y était risqué en janvier pour défendre sa politique de rigueur, alors que les banques ont bénéficié d'un plan de soutien de 360 milliards d'euros.

L'exonération de taxe professionnelle pour les nouveaux investissements va se traduire par un surcoût budgétaire annuel de 1 milliard d'euros pour l'Etat puisqu'il va devoir compenser le manque à gagner auprès des collectivités locales. M. Sarkozy a aussi annoncé un plan massif d'investissement dans l'enseignement supérieur, la défense, les infrastructures de transport en commun et les énergies nouvelles, "plus de 175 milliards d'euros d'investissements directs de l'Etat en trois ans." Enfin, la semaine prochaine, le président va annoncer des mesures "budgétivores" pour l'emploi. Au total en quelques semaines, c'est près de 650 milliards d'euros qui sont mis à la disposition de l'économie.

Certes, l'Etat compte pour ces travaux d'Hercule sur l'emprunt et sur l'association des investisseurs privés, sur la base des partenariats public-privé qu'il promeut. Mais nul ne doute que l'Etat devra aussi mettre la main à la poche, ne serait-ce que pour payer les charges d'intérêts sur les dizaines de milliards d'euros d'emprunts supplémentaires.

Enfin, la dernière initiative du président de la République n'est pas la moins ambiguë. Avec la création du fonds stratégique d'investissement national, M. Sarkozy renoue avec les grandes heures du capitalisme d'Etat, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) redevenant le bras armé de ses choix stratégiques et industriels. Une mission que le président n'hésite pas à comparer à "ce que les pays producteurs de pétrole, ce que les Russes, ce que les Chinois font", des modèles de mélange des genres.

M. Sarkozy a beau promettre qu'"il ne s'agira pas de secourir des activités périmées mais d'investir dans l'avenir, de stabiliser le capital d'entreprises qui disposent de savoir-faire, de technologies-clés, proies tentantes pour les prédateurs qui voudraient profiter d'une sous-évaluation boursière momentanée", qui peut dire aujourd'hui quel sera le sort des investissements réalisés par la puissance publique ? Et qui peut garantir que ce nouveau bras armé de l'Etat actionnaire ne subira pas un jour des pressions politiques pour investir d'abord dans des secteurs industriels menacés. L'histoire économique a montré que l'Etat résiste rarement au mélange des genres. Libéral ou interventionniste, M. Sarkozy sait-il au fond lui-même jusqu'où ses initiatives le conduiront ?

 

Le film du dimanche sueur

Dans Le Nouvel Observateur du 23 octobre 2008, chronique de François Reynaert

C'est fou comme les gens arrivent à ne rien retenir de leçons qu'ils viennent d'avoir sous le nez. J'y pensais à propos du dernier feuilleton que vient de lancer M. Sarkozy et que l'on pourrait appeler le «film du dimanche sueur». Il s'agit d'autoriser le travail ce jour-là. Cela n'est pas encore fait, c'est en cours. On a déjà aperçu, il y a peu, dans une scène surréaliste, deux ministres, MM. Chatel et Bertrand, aller faire leur shopping dominical quelque part en région parisienne, dans un centre commercial alors ouvert, et dont certains des patrons de boutique sont en procès pour cette raison. En clair, cela revenait donc à voir des membres du gouvernement voler au secours de délinquants de banlieue. Voyez comme on se trompe sur les gens.
Je ne sais ce que vous pensez de ce proiet. il me semble à moi qu'il y a mille raisons de s'y opposer. Déjà, l'air sur lequel il nous est chanté : «réforme nécessaire, en finir avec ces vieux blocages, etc.». C'est extraordinaire. De nos jours, quand il s'agit de torpiller le Code du Travail et de retirer aux salariés un droit acquis depuis plus de cent ans, cela s'appelle oeuvrer pour la réforme et la modernité. Mais si un jour on se décide à réautoriser le travail des enfants, on fera quoi ? Une demande à l'Unesco pour recevoir la médaille du progrès ?
Et pourquoi vous énerver contre une mesure demandée par les gens eux- mêmes ? me direz-vous, les sondages le prouvent. Parlons-en. Le dernier en date nous a été vendu par le «JDD», de façon très décalée d'ailleurs : si cet hebdomadaire peut s'appeler «le Journal du dimanche» pour être en vente ce jour-là, c'est bien qu'il faut le fabriquer au plus tard le samedi. «67% des Français, claironnait donc le nouvel organe central du sarkozysme du septième jour, veulent travailler le dimanche.» Ce n'est qu'en chaussant ses lunettes qu'on découvrait l'entièreté de la question posée. Elle commençait par : «Travailler ce jour-là est davantage payé...» Après, on s'étonne de la réponse ! Dans la France fauchée d'aujourd'hui, en plein naufrage du pouvoir d'achat, qui résisterait à une question commençant par «davantage payé» ? Dans le contexte actuel, n'arriver qu'à 67% de réponses positives avec de telles prémisses tient plutôt du désaveu. Oui, mais c'est le cas, contestera-t-on. Alors il aurait été légitime d'ajouter au sondage au moins une question subsidiaire : «Aujourd'hui, on vous promet que le dimanche sera payé double. Connaissant ce gouvernement, à votre avis, combien de temps cela lui prendra avant de remettre en question cet engagement ?» C'est vrai, après tout. Obliger les pauvres employeurs à payer plus les dimanches est encore un de ces privilèges stupides, un de ces acquis sociaux poussiéreux qui bloquent la nécessaire réforme dont notre pays a tant besoin, n'est-ce pas ? Mais pourquoi vous chanter le refrain qu'on nous servira alors, vous connaissez déjà la chanson.


Oublions les motivations des acteurs économiques dans cette affaire. Révérence parler, je les trouve idiotes. Les patrons d'hypermarchés, nous dit-on, sont très favorables à l'ouverture du dimanche parce qu'ils pensent que ça amènera plus de monde dans leurs magasins qu'en semaine. Rappelons-leur simplement que si, désormais, grâce à eux, tout le monde est au boulot ce jour-là aussi, on voit mal qui aura encore le temps de faire des courses. Glissons sur la tristesse profonde du merveilleux monde sans relâche que ce genre de projet nous promet. Travailler plus pour gagner plus, jurait l'actuel président de la République. Travailler plus pour gagner quoi ? lui répondent en choeur ceux que cette perspective afflige. Bosser, consommer, consommer, bosser, voilà ce qu'on nous prépare, une vie de caisse enregistreuse.
Et venons-en enfin à ce qui me frappait le plus, dans cette affaire. Avez-vous vu à quel moment elle a été relancée ? Juste après la succession de réunions de crise des grands de cette planète à l'Elysée et ailleurs qui nous ont évité in extremis la faillite générale du système. Avez-vous remarqué quel jour ont eu lieu ces réunions ? Les dimanches. Pourquoi ? Parce que c'est le jour de fermeture hebdomadaire des Bourses du monde, et donc le seul qui permette de souffler un instant et d'annoncer des mesures qui ne soient immédiatement torpillées par les spéculateurs. Si le président de la République ne travaillait pas autant, il aurait pu s'en rendre compte.

samedi, 25 octobre 2008

Un monde d'avance - Benoit HAMON

siteon0-fdb5a.pngInterview Benoit HAMON FRANCE INTER 20/10/2008
http://www.unmondedavance.eu/spip.php?article148



Conférence sur la crise financière : nos propositions

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Pour un nouveau réalisme économique de gauche

Comment croire que ceux qui dans les 20 dernières années, sont associés intellectuellement et idéologiquement à la marchandisation croissante de la société, au recul de la puissance publique et à la mise en retrait des mécanismes collectifs de solidarité seraient à droite comme à gauche les plus crédibles pour proposer une sortie de crise. Sans parler de modernité, c'est la crédibilité économique et politique qui a objectivement changé de camp. Je voudrai donc développer les principes de ce nouveau réalisme économique de gauche.



Cette politique devra tout d'abord reposer sur une autre ambition européenne

L'unité européenne a été obtenue de façon poussive sur le plan de sauvetage. Il faut se souvenir des réactions invraisemblables de la Commission européenne appelant aux premiers jours de la crise au respect strict des critères du pacte de stabilité ou s'inquiétant de la comptabilité de la recapitalisation de Dexia avec le droit européen en matière d'aides d'Etat. Cette crise a aussi souligné quelques tares de la gouvernance économique de l'Europe qui faute de fédéralisme budgétaire, ne peut par exemple lancer un emprunt européen ni lever un impôt pour financer une caisse de recapitalisation européenne ; Alors faute de mieux, ceci a conduit les Etatsmembres à suspendre discrètement l'application du pacte de stabilité pour se libérer des contraintes budgétaires, ce que nous sommes un certain nombre à demander au demeurant depuis longtemps pour pallier les insuffisances du budget communautaire.

Il faudra également un meilleur contrôle des activités bancaires et de crédit

La lutte contre les paradis fiscaux doit venir au premier plan de notre action internationale ; leur existence facilite les transactions les plus occultes et les plus risquées, notamment grâce au secret bancaire et aux règles fiscales appliquées. J'identifie quelques décisions prioritaires : le renforcement de la directive Epargne, la création d'une nouvelle taxe financière vers les territoires qui refusent de mettre en oeuvre une véritable coopération fiscale et judiciaire ou la mise en oeuvre d'un traité international qui impose la levée du secret bancaire à la demande des autorités compétentes. Par ailleurs, les conditions du crédit doivent être plus nettement encadrées pour ne pas engendrer de risques inconsidérés, ou au contraire pour en garantir l'accès.

Il faudra ensuite agir pour modifier la répartition des richesses

La crise financière n'est pas seulement due à la prolifération de produits dérivés toxiques. Elle trahit l'épuisement du modèle américain qui a creusé les inégalités. Alors que les hauts revenus augmentent régulièrement, les revenus des classes moyennes et modestes stagnent. La croissance de la période 2002-2006 ne pouvait être tirée que par leur endettement, alimenté par le crédit hypothécaire nourri par la machinerie financière aboutissant à titriser les créances toxiques achetées par les acteurs financiers du monde entier. Certes, le taux d'endettement des ménages français est encore relativement faible, mais la crise du pouvoir d'achat et la crise du logement conduisent déjà au surendettement de nombreuses familles. Il y a une urgence sociale et un impératif économique à mettre un terme à la modération salariale, d'autant que les profits n'alimentent plus l'investissement et sont en majorité consacrés à la rémunération d'actionnaires dont l'épargne a nourri les bulles spéculatives sur les marchés boursiers. C'est pourquoi la politique salariale doit conduire à l'indexation des salaires sur les gains de productivité et l'inflation.

On ne pourra échapper à la fixation des restrictions européennes au libre-échange

Le libre-échange n'est pas étranger à la pression exercée à la baisse sur les salaires. C'est pourquoi le débat sur les restrictions au libre-échange, porté par OBAMA aux Etats-Unis, est plus actuel que jamais si la gauche entend favoriser les conditions d'une harmonisation vers le haut des normes sociales dans le cadre d'une coopération internationale. On le verra dans les prochains mois, lorsque des acteurs importants de l'industrie mondiale, par exemple dans le secteur automobile, connaîtront des difficultés considérables à cause des distorsions de concurrence. La « préférence communautaire » doit être au coeur de la politique industrielle de l'Europe, pas dans un but de protectionnisme étroit, mais pour faire payer aux producteurs « moins disant » le coût de leur « dumping social ».

Il nous faut une vision ambitieuse du développement de l'Etat-Stratège

Le retour de l'intervention de l'Etat ne doit pas se cantonner à socialiser les pertes, en recapitalisant les acteurs financiers qui ont flambé en bourse l'argent des épargnants, pour privatiser ensuite le bien public. Les marchés financiers livrés à eux-mêmes se sont trompés. Il faut que la recapitalisation du système financier soit l'occasion de définir le périmètre d'un pôle public financier stable et solide. Celui-ci doit être mis au service de la politique industrielle, dans le cadre d'un développement durable. Le pacte de stabilité a d'ores et déjà été suspendu par l'Eurogroupe pour permettre aux Etats-membres d'emprunter. Il doit être enterré pour ne pas devenir l'alibi de la réduction du périmètre des services publics.

Il faut enfin retrouver la voie de la justice fiscale

Une réforme fiscale doit être engagée pour éviter que le financement du plan de sauvetage ne pèse sur les revenus moyens et modestes qui subissent de plein fouet la crise du pouvoir d'achat. Le bouclier fiscal doit être levé. Il faut créer un grand impôt universel et progressif sur le revenu en fusionnant l'IR et la CSG. Il faut aussi rendre progressif l'impôt sur les sociétés et le moduler selon l'usage qui est fait des bénéfices.

jeudi, 23 octobre 2008

Ségolène Royal promet de faire du PS "un parti populaire"

 

 "J'ai envie d'un parti socialiste de plusieurs centaines de milliers d'adhérents représentant la France dans sa diversité", a déclaré la candidate au poste de premier secrétaire du parti. Pour cela, elle veut que les adhésions au PS ne dépassent pas 10 à 20 euros.

 En marge de la Fête du livre de Saint-Etienne, où elle a dédicacé un ouvrage d'entretiens co-écrit avec le sociologue Alain Touraine, Ségolène Royal, candidate au poste de premier secrétaire du parti socialiste, a affirmé samedi 18 octobre que, si elle l'emporte, "le PS sera un parti populaire".
"J'ai envie d'un parti socialiste de plusieurs centaines de milliers d'adhérents représentant la France dans sa diversité", a souligné la candidate. Au nom de la démocratie participative, "je les consulterai sur le montant des adhésions", a-t-elle lancé.
Jugeant "trop élevé" le montant actuel des cotisations, elle a notamment estimé que le prix plancher des adhésions au PS ne devrait pas "dans l'avenir, dépasser 10 à 20 euros". "Cette baisse ne s'appliquera pas aux élus", a-t-elle précisé. Elle a aussi dénoncé "l'obligation de payer deux années de retard pour ceux qui ne l'ont pas renouvelé, s'ils veulent voter au prochain congrès".

Faire revenir les adhérents

"On doit s'interroger", a déclaré l'ancienne candidate à la présidentielle, "car actuellement, on enregistre une déperdition de 80.000 adhérents", après le système de l'adhésion à 20 euros qui avait été créé ponctuellement avant la présidentielle de 2007.
"Doit-on avoir 400 à 500.000 adhérents qui paient 10 à 20 euros plutôt que 100 à 120.000, qui aujourd'hui ne se reconnaissent pas toujours dans le parti où ils se trouvent", a-t-elle lancé, devant une centaine de militants et sympathisants.
"Maintenant qu'il existe un financement public (des partis), il est plus important que les adhérents du PS donnent du temps, pratiquent le militantisme, la solidarité, l'engagement associatif, ainsi que les débats d'idées", a-t-elle poursuivi.
Un public nombreux s'était massé sous le chapiteau de la Fête du Livre de Saint-Etienne. Ségolène Royal y a dédicacé "Si la gauche veut des idées", mais aussi de nombreux autres documents.

 

 

lundi, 20 octobre 2008

«On aggrave déficits et inégalités» par Didier Migaud


Interview de Didier Migaud,, président PS de la commission des finances

Alors que le budget 2009 est examiné aujourd'hui à l'Assemblée, Didier Migaud demande que le gouvernement tienne compte de la crise financière dans son budget.


 

Didier Migaud, président PS de la commission des finances à l’Assemblée nationale.

Président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Didier Migaud (PS) juge nécessaire de revoir l’architecture globale du budget 2009 pour tenir compte de l’impact de la crise financière. Alors que la récession risque de tarir les recettes, il estime que le gouvernement et la majorité devraient «avoir le courage politique de remettre en cause le paquet fiscal» voté en juin 2007, au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy. Pour éviter le spectre d’une récession, il se prononce en faveur d’«un plan européen d’aide à l’économie réelle», à l’identique des mesures en faveur des banques.

Le budget, qui va être examiné à l’Assemblée nationale à partir d’aujourd’hui, a été élaboré avant la crise financière. N’est-il pas de ce fait caduc ?

Oui. Le projet de loi de finances a été préparé bien avant que n’éclate cette crise financière. Il y a quelques mois il n’était encore question que d’une crise des subprimes. Le gouvernement laissait même entendre que la France serait relativement épargnée. Il prétendait que nous réussirions à maintenir un certain niveau de croissance. Je crois qu’il n’est pas contestable que la situation a changé au cours de ces dernières semaines. Aujourd’hui, peu d’économistes jugent crédible l’hypothèse de croissance de 1 % retenue dans le budget.

Quelles révisions budgétaires seraient nécessaires pour tenir compte de la crise financière ?

La crise actuelle doit inciter le gouvernement à redéfinir des priorités dans le budget. Les difficultés du moment doivent l’amener à s’interroger sur la dépense fiscale. En outre en période de ralentissement économique, il n’est pas pertinent de couper dans les crédits dédiés au logement ou à la rénovation urbaine, alors que ces dépenses stimulent l’activité du bâtiment et sont socialement nécessaires. Le coup de frein donné par l’Etat au budget de l’emploi et aux dotations en faveur des collectivités territoriales est un contresens au regard de la situation du moment. C’est une erreur d’asphyxier les collectivités territoriales alors qu’elles réalisent 73 % des investissements publics.

Au vu de la crise financière, faut-il revenir sur le paquet fiscal voté il y a un an ?

La crise va probablement se traduire par une baisse des recettes. Moins de croissance, c’est moins de rentrées fiscales. C’est mécanique. Le gouvernement et la majorité UMP devraient donc avoir le courage politique de remettre en cause le paquet fiscal. Des mesures telles que l’exonération des droits de succession et le bouclier fiscal n’ont pas prouvé qu’elles avaient des effets bénéfiques sur la croissance. Dans ce même budget, le gouvernement gèle la prime pour l’emploi destinée aux salariés modestes. Le gouvernement réussit ce tour de force incroyable : il aggrave de façon concomitante les déficits et les inégalités. Il cumule l’inefficacité et l’injustice.

Votre amendement visant à limiter les avantages du bouclier fiscal a-t-il des chances d’être adopté ?

Lors des travaux de la commission des finances, j’ai découvert que les avantages du bouclier fiscal vont au-delà de ce que l’on avait imaginé. Nous nous sommes aperçus que le bouclier ne s’applique pas au revenu réel perçu, mais au revenu minoré des niches qui agissent en déduction du revenu imposable. Donc, le bouclier a des effets très puissants sur les contribuables les plus aisés. Nos collègues de l’UMP ont bien pris conscience du problème. Nous verrons au cours du débat, si la majorité aura la sagesse d’adopter mon amendement, qui vise à corriger ces excès.

Quel sera l’impact du plan de sauvetage des banques imaginé par le gouvernement sur le budget ?

Ce plan va peser sur la charge de la dette dès l’an prochain. Son impact global dépendra des besoins de recapitalisation des banques. Pour l’instant, on sait seulement que l’Etat va emprunter un milliard d’euros pour sauver Dexia, deux autres milliards étant apportés par la Caisse des dépôts et consignations.

L’Union européenne a adopté un plan en faveur des banques, mais qu’en est-il de l’économie réelle guettée par une récession ?

Je considère qu’il faudrait, sur le modèle du plan de sauvetage des banques, un plan de relance européen en faveur de l’économie réelle pour stimuler l’investissement privé et financer des infrastructures publiques.

dimanche, 19 octobre 2008

Contre la casse de l'école publique, pour l'avenir des enfants

Sur Nouvel obs.com :

 

Ils étaient 80.000 …à défiler ce dimanche pour dénoncer les suppressions de

postes dans l'Education. Mercredi, les syndicats prévoient une réunion pour

décider des suites à donner au mouvement, en fonction des réponses du

gouvernement.

Après la manifestation nationale dimanche 19 octobre dans les rues de Paris, les syndicats et les organisations qui ont appelé au mouvement prévoient une réunion mercredi pour décider des suites à donner au mouvement en fonction des réponses du gouvernement. Cette rencontre pourrait déboucher sur un appel à la grève unitaire en novembre, indique le syndicat SNUipp-FSU. "Ce pourrait être autour du 18 ou du 20 novembre" a précisé le secrétaire général Gilles Moindrot.

Un mouvement très suivi

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, 80.000 selon les organisateurs, 32.000 personnes selon la Préfecture de police, ont défilé dimanche 19 octobre à Paris, sous le soleil et dans la bonne humeur, pour demander au gouvernement d'investir dans l'éducation à l'heure de la crise, au lieu de supprimer des postes.

"Banques ou éducation, j'ai choisi !"

De la place d'Italie à la Bastille, une majorité d'enseignants, des étudiants, des lycéens et des parents d'élèves de la FCPE ont manifesté, à l'appel de 47 organisations, pour que l'éducation "reste une priorité".
Plusieurs ténors du PS, dont Martine Aubry, Bertrand Delanoë et François Hollande, étaient présents dans le cortège.
Avec des slogans comme "Tu réussiras quand tes parents seront riches" ou "L'école est finie, Acadomia pour tous ?" (en référence à une société de cours privés), les manifestants ont fait part de leurs doutes quant à la volonté affichée par le gouvernement de lutter contre l'échec scolaire.
"Investir dans l'école, c'est l'avenir", "Non à la casse du service public d'éducation", "Banques ou éducation, j'ai choisi !", disaient également les banderoles.

Manifestation "injustifiée" selon Pécresse

Quelques heures plus tôt, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a estimé lors du "Grand rendez-vous" d'Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, que les raisons de la manifestation nationale étaient "injustifiées et décalées". "Elles sont en profond décalage avec la situation réelle de l'éducation qui est aujourd'hui la priorité des priorités du gouvernement", a déclaré Valérie Pécresse.
"Mme Pécresse a dit que la mobilisation étaient injustifiée: j'aimerais que le gouvernement cesse de faire l'autruche et voie que la mobilisation exprime beaucoup de mécontentement et beaucoup d'attentes", a réagi le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

Des suppressions de postes de plus en plus importantes

Cette mobilisation se tient peu avant l'examen à l'Assemblée du budget 2009 de l'Éducation, prévu pour le 4 novembre. Ce budget prévoit 13.500 suppressions de postes, après 11.200 en 2008 et 8.500 en 2007.
Cette politique, qui pourrait se poursuivre au même rythme jusqu'en 2012, "ne voit dans l'Éducation qu'un moyen d'économiser" et "va détériorer sur le long terme le service public d'Éducation", jugent les organisateurs. "Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les inégalités", ajoutent-ils. "L'inquiétude est réelle. Les récentes annonces budgétaires font craindre le pire dans un climat déjà tendu dans l'Éducation. Nous assistons à une rupture de fond dans la priorité qu'accordait la Nation à l'Éducation", estiment-ils.

Investir dans l'Éducation

Il faudrait, au contraire, investir dans l'Éducation en ces temps de crise économique, plaident les organisateurs.  "En période de crise, il y a un besoin de l'État, car c'est lui qui assure dans la durée les investissements", selon Patrick Gonthier, secrétaire général de la fédération Unsa-Éducation.
"A l'heure où l'on peut dégager des milliards pour les banques en quelques heures, serrer les cordons de la bourse pour l'éducation, c'est hypothéquer lourdement l'avenir. Une politique de rigueur risque d'ajouter la crise à la crise", ajoute Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef.
"On met 360 milliards sur la table (pour les banques, ndlr), avec des conséquences que tout le monde ignore, ça nous permet tout de même de dire qu'il y a des contradictions, par rapport aux investissements qui ne sont pas faits dans l'éducation", selon le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

Une mobilisation générale pour l'Éducation

Si l'arrêt des suppressions de postes est au coeur des revendications, figurent également au nombre des réclamations les déclarations de Xavier Darcos sur l'école maternelle, les projets de mutation de personnels dans le secondaire, des fermetures de petites écoles, la gestion des remplacements, les suppressions de maîtres spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire ("Rased"), la baisse des subventions aux organisations complémentaires de l'école, la précarité des conditions de travail des enseignants ou encore la réforme en cours du lycée.

 

 

Lien utile pour signer la pétition : http://www.uneecole-votreavenir.org/.

samedi, 18 octobre 2008

Réunion de section : débat sur les motions

 

 

 

La section PS de Portes les Valence

 

se réunit afin de débattre sur les motions

 

le jeudi 23 Octobre à 19 heures


A l’Espace Robert Freyss à BEAUVALLON
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Krach et paradis fiscaux

Vincent Peillon (Sipa)

Dans Libé. du 16 octobre 2008,

Vincent Peillon député européen, membre du bureau national du Parti socialiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


C’est avec stupéfaction et colère que j’entends aujourd’hui certains faire griefs aux socialistes d’avoir négligé les désordres du système financier international et de n’avoir rien à dire sur les ressorts de la crise financière, les mêmes qui ont fait obstacle aux combats que nous avons pu mener. Le secret bancaire comme les crédits pourris se sont allègrement nourris du silence médiatique.

Les faits d’abord, pour ceux qui ont la mémoire courte ! Du printemps 1999 à mars 2002, j’ai présidé ce qui fut la plus longue mission parlementaire de la Ve République, consacrée précisément - à travers la lutte contre le blanchiment, la délinquance financière et les paradis fiscaux, bancaires et judiciaires - à cette question de la dérégulation. Avec le rapporteur de la mission, Arnaud Montebourg, avec les parlementaires qui voulaient bien nous accompagner dans nos périples, soutenus constamment par le gouvernement de Lionel Jospin malgré les difficultés diplomatiques que nos enquêtes pouvaient créer, nous avons consacré plusieurs monographies au Luxembourg, au Liechtenstein, à la Suisse, à Monaco, au Royaume-Uni et à la France elle-même. En 2002, peu avant le désastre du 21 avril, nous avons organisé à Paris une conférence des Parlements nationaux d’Europe où, après de longues négociations, nous faisions adopter 53 mesures sur la transparence des mouvements de capitaux, sur les sanctions contre les pays non coopératifs et sur la coopération judiciaire, policière et administrative. S’y ajoutait le principe d’un rendez-vous périodique annuel ou bisannuel pour estimer les progrès de ce combat. L’Europe pouvait alors prendre la tête d’une approche régulatrice du marché et travailler à construire un embryon d’ordre public international.

De même nous avions fait adopter le principe que la mission parlementaire devienne une structure permanente de l’Assemblée nationale. En 2004, j’ai publié un ouvrage, les Milliards noirs du blanchiment (Hachette), où, prenant acte du fait que le gouvernement de droite élu en 2002 n’avait aucunement, malgré ses promesses, poursuivi le travail entamé, je dressais le bilan suivant : celui d’une mondialisation criminelle se nourrissant de l’hypocrisie des Etats, du désintérêt des opinions publiques, de la complicité des autorités financières et du silence suspect des relais médiatiques. Ceux qui nous font aujourd’hui reproche de n’avoir pas investi ce champ s’en sont ouvertement désintéressés et, ce faisant, ils ont condamné cette lutte en la privant de tout relais d’opinion.

La mondialisation que nous avons construite est douce aux oligarques, aux grands trafiquants de drogue, d’armes ou d’organes, aux grandes firmes, aux traders ; elle est dure avec les plus faibles, les travailleurs, les pauvres, les honnêtes gens qui n’ont pas pour première obsession de frauder le fisc. Comme nous l’avaient rappelé les juges de l’Appel de Genève en 1996, alors que le crime est transnational, que l’argent traverse les frontières à la vitesse électronique, les juges et les hommes de loi sont arrêtés aux frontières. Des mécanismes multiples et cumulatifs, basse pression fiscale, secret bancaire absolu, absence de coopération judiciaire, sociétés écran, absence de règles prudentielles et de supervision bancaire permettent à la finance criminelle de prospérer en toute impunité.

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