vendredi, 21 novembre 2008
Vote à la section de Portes Lès Valence
Notre section a désigné Claude ILLY à l’unanimité secrétaire de la section PS de Portes lès Valence.
Vote des militants de la section de PORTES LES VALENCE
pour désigner le 1er Secrétaire National du PS
Vendredi 21 Novembre entre 17 heures et 22 heures,
à Beauvallon,
Salle Clotaire FERRAND
03:47 Publié dans Vie de la Section | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ségolène Royal en tête du vote des militants du 20 novembre
Ségolène Royal est arrivée nettement en tête, jeudi 20 novembre, au premier tour de l'élection du Premier secrétaire du PS, devant Martine Aubry et Benoît Hamon, selon les résultats définitifs en métropole.
La présidente de la région Poitou-Charentes, qui a obtenu 42,45% des voix des militants, affrontera Martine Aubry (34,73%) au second tour vendredi, dans un duel 100% féminin. Benoît Hamon est troisième avec environ 23% des suffrages.
"L'arithmétique a été démentie"
Vincent Peillon, lieutenant de Ségolène Royal, a affirmé à Paris que Ségolène Royal était "très largement en tête" et que "les militants ont choisi le changement".
Devant la presse et des militants réunis dans un café du IVème arrondissement, l'eurodéputé a remercié "les militants qui se sont déplacés nombreux pour voter" et assuré: "Ségolène Royal est très largement en tête".
"L'arithmétique a été démentie. Elle a eu plus de 40%, 43-44%, on verra demain", a-t-il affirmé.
"Les militants ont choisi le changement. Ce qui compte maintenant, c'est de voter demain. Nous avons une chance inespérée d'opérer la transformation du PS", a-t-il poursuivi.
"Rendez-vous demain pour un changement (...) et pour donner à la gauche une espérance", a lancé Vincent Peillon, qui a assuré que "la dynamique majoritaire au PS est la dynamique du changement".
"Ça va être un très beau deuxième tour", a lancé à Reuters Claude Bartolone.
Le report des voix d’Hamon sera crucial
Ségolène Royal a profité d'une participation plus forte que lors du premier vote des militants, le 6 novembre dernier. La participation a augmenté de six à huit points, selon un proche de Benoît Hamon. Seulement 56,61% des militants s'étaient déplacés le 6 novembre.
Martine Aubry n'a en revanche récupéré qu'une partie des voix de Bertrand Delanoë, qui avait, lundi, appelé ses partisans à voter "massivement" pour la maire de Lille. Symboliquement, la section du maire de Paris dans le XVIIIe a donné un net avantage à Ségolène Royal, qui y a obtenu 53,3% des voix, devant Martine Aubry (27,8%) et Benoît Hamon (18,9%).
Le second tour va largement dépendre du report des voix de Benoît Hamon. Le leader de l'aile gauche du parti a promis de donner une consigne de vote. Il devrait s'exprimer dans la nuit au siège du PS, rue de Solférino.
Royal en tête dans la section de Delanoë
Ségolène Royal a réuni 53,6% des voix dans la section socialiste de Bertrand Delanoë, "Jean-Baptiste Clément" dans le XVIIIème arrondissement à Paris, ont annoncé à l'AFP des responsables socialistes locaux à l'issue du dépouillement.
Martine Aubry - pour laquelle le maire PS de Paris avait appelé à voter - atteint 28% et l'eurodéputé Benoît Hamon 18,5% dans cette section.
Meilleure mobilisation
La participation au premier tour de l'élection du premier secrétaire du PS aurait progressé d'environ trois points par rapport au premier vote des militants le 6 novembre, à moins de 60% de votants, a-t-on appris de sources concordantes au siège du Parti. La participation "est en hausse, mais inférieure à 60%", selon des estimations provisoires communiquées de source proche de la direction. Elle a progressé de "trois points" par rapport au vote du 6 novembre sur les motions en lice pour le Congrès de Reims, selon une responsable de la motion Aubry. La participation s'était alors élevée à 56,61%.
Au total, 232.912 militants socialistes étaient appelés à se prononcer entre 17h et 22h dans les 3.200 sections PS pour élire leur nouveau Premier secrétaire parmi les trois candidats en lice.
Les trois candidats se sont rendus dans leur section respective pour voter: Martine Aubry à 18h15 dans sa section du Vieux-Lille (Nord), Ségolène Royal à 18h30 à Melle (Deux-Sèvres) et Benoît Hamon à 19h au Plessis-Pâté (Essonne).
"Tous ceux qui veulent prendre des responsabilités -Martine (Aubry), Bertrand (Delanoë) et Benoît (Hamon) compris- sont bienvenus à condition qu'ils s'y consacrent pleinement et rendent des comptes aux Français", a répondu Ségolène Royal.
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lundi, 17 novembre 2008
Les professions de foi des candidats à la direction du PS
Professions de foi Les candidats au poste de premier secrétaire du parti socialiste ont écrit aux militants en vue du scrutin de jeudi.

Benoît Hamon, Martine Aubry, Ségolène Royal se présente au poste de premier secrétaire du parti (Sipa)
Voici les professions de foi des trois candidats à la direction du parti socialiste. Le scrutin aura lieu jeudi 20 novembre.
Benoît Hamon
>La profession de foi
>Portrait
Martine Aubry
>La profession de foi
>Portrait
Ségolène Royal
>La profession de foi
>Portrait
21:54 Publié dans Vie du PS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
PS-MoDem : Mettons les pieds dans le plat !
Article paru le 14/11/2008 sur nouvelobs.com
ALORS que les tractations continuent entre les différents courants du PS, prenons un peu de hauteur, quitte à mettre les pieds dans le plat. Et
posons la question de l’alliance avec le MoDem. Mais dans cette partie de poker menteur qui se déroule sous nos yeux, cette question oscille entre la duperie, l’artifice et le mensonge éhonté. Hier on apprenait que Benoit Hamon était proche d’un accord avec Martine Aubry, en expliquant que pour lui, il ne pouvait y avoir de soutien à Ségolène Royal justement parce qu'il rejette par avance toute éventuelle alliance nationale avec le MoDem. A-t-il oublié que lors de la campagne municipale Martine Aubry a passé accord avec le MoDem, qu’elle a, dans son Conseil, des élus du parti de François Bayrou ? N’a-t-il pas vu que parmi ses signataires il y avait Christian Pierret qui a fait alliance avec le Modem à Saint Dié dans les Vosges ? N’a-t-il pas vu que, parmi les signataires de sa propre motion, le député-maire d'Annonay avait fait liste commune aux municipales avec le MoDem. Et cela dès le premier tour. Faut-il continuer la liste ? Que nous disait hier Harlem Désir, principal lieutenant de Delanoë ? : « Il faut lever les ambiguïtés sur le MoDem, qui n'est pas un partenaire. (…) C'est un élément majeur de différence dans les discussions menées en ce moment ». Et que disait Delanoë lui-même dans une lettre adressée jeudi aux militants PS ? Il mettait en garde contre les "postures tactiques". Mais qu’a fait d’autre le Maire de Paris lors des dernières municipales en préférant perdre trois mairies qui, avec le MoDem, auraient été gagnables, qui plus est par trois femmes ? Posture ! Plus à gauche que moi tu meurs ! Et dans la motion Delanoë qui trouve-t-on ? Michel Rocard soutenait une alliance avec le MoDem dès le 1er tour des présidentielles et Michel Destot à Grenoble qui a fait liste commune avec le MoDem, en excluant les Verts et une partie du PCF ! Postures ou pas postures ? Cessons ne nous cacher derrière des boites d’allumettes. La stratégie d’union de la gauche s’est éteinte avec l’extinction du PCF. La gauche plurielle s’est éteinte avec la claque de Jospin. Bien sûr, il y a chez Bayrou, de vieux restes du vieux centrisme de droite, comme il y a chez les socialistes des forces hostiles à toute modernisation. Avec qui le PS veut-il prendre le pouvoir ? Avec les écologistes et le MoDem, le parti de François Bayrou qui s’est, reconnaissons-le, bien souvent montré meilleur opposant à Sarkozy que les socialistes, dans la bataille contre l’autocratisme de Sarkozy, dans un dessein démocrate, social et européen.
Jean-Marcel Bouguereau
rédacteur en chef au Nouvel Observateur
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samedi, 01 novembre 2008
Non, les collectivités locales n’étouffent pas la France
Didier Guillaume sénateur (PS), président du département de la Drôme.

Pourquoi la réforme de notre architecture territoriale devrait-elle être conduite par le bas ?
Depuis un an, du rapport Attali au discours de Nicolas Sarkozy à Toulon, l’idée a fait son chemin : les départements et les régions posent problème à la France. Ces deux collectivités sont désignées comme responsables des maux de notre nation. Mal gérées, elles seraient les principales causes de la dérive des finances publiques et plomberaient notre croissance. Quand 58 départements sur 100 et 21 régions sur 22 sont dirigés par des exécutifs de gauche, il serait bien naïf de ne pas déceler dans ces attaques répétées et minutieusement orchestrées quelques arrière-pensées politiciennes, c’est-à-dire de tactique politique. Pourtant, sur un sujet aussi fondamental, nous avons besoin, avant toute chose, d’une vraie réflexion politique, c’est-à-dire au service de l’intérêt général et des citoyens.
Une fois de plus, employant la méthode éprouvée de la cartographie (militaire, hospitalière, judiciaire…), la majorité gouvernementale s’interroge sur les moyens avant de parler du sens et d’avoir défini les objectifs. Quel mépris pour notre territoire, ses habitants, ses représentants ! Peut-être faut-il rappeler que les institutions ne sont que des outils pour mettre en œuvre nos politiques publiques. Et qu’avant toute réforme institutionnelle, il est donc nécessaire de répondre à deux questions : quelle cohérence territoriale et quelle cohésion sociale souhaitons-nous pour la France ? Ensuite, il sera l’heure de s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre ou, pour le dire simplement, de répondre à la question du «qui-fait-quoi-où-et-comment».
En pleine crise de la finance internationale, il est bon de rappeler que les collectivités locales ne sont pas responsables de la dérive des finances publiques. Pour une raison très simple : la loi leur interdit ce dont l’Etat abuse. Aujourd’hui, dans la maison Etat, l’emprunt sert non seulement à investir mais aussi à fonctionner. A l’inverse, les collectivités empruntent pour leur budget d’investissement, jamais pour du fonctionnement. A l’inverse, elles ne vivent pas au-dessus de leurs moyens car elles n’ont pas recours au déficit budgétaire. Les collectivités sont, dans les faits, mieux gérées que l’Etat et la dette qu’elles contractent est saine : elle est mobilisée pour être directement injectée dans l’économie locale, donc en faveur de l’emploi.
Le budget des collectivités représente seulement 16,5 % du budget de l’Etat mais elles assurent 72 % de l’investissement public et même 87 % de l’investissement civil public ! C’est pour cette raison qu’elles ne sont pas des freins, mais bien au contraire des soutiens actifs et puissants à la croissance. En 2009, que restera-t-il en dehors de l’investissement des collectivités territoriales, lorsque les caisses de l’Etat seront vides comme jamais, sous l’effet conjugué de mauvais choix politiques - notamment en matière économique et fiscale - et de la crise financière ? Dans la Drôme, il restera les 150 millions d’euros injectés par le département sur l’ensemble de son territoire tout en mettant en œuvre des politiques de proximité et de solidarité.
Les experts qui dominent l’espace médiatique ne sont ni ignorants ni stupides. Ils sont même beaucoup mieux informés que moi et sans doute beaucoup plus intelligents. Ils relaient les directives des conservateurs au pouvoir depuis 2002 qui se trouvent confrontés aux conséquences de leur propre politique. Ils sont les instruments au service d’un objectif : désigner un coupable. Le coupable porte un nom (ce n’est pas moi qui le dis, c’est le sénateur UMP et président du Conseil général de l’Orne, Alain Lambert) : il s’appelle Etat. L’Etat bureaucratique qui étouffe la France sous le poids exponentiel des procédures et des normes, des lois innombrables qui ne seront parfois jamais suivies de décrets d’application. L’Etat jacobin qui, sans concertation, se déleste de ses missions sur les collectivités, en crée de nouvelles sans les financements adéquats. L’Etat désinvolte qui a le culot de pointer du doigt l’augmentation des dépenses des collectivités locales alors qu’il en est l’unique responsable.
Les collectivités locales sont en attente d’un Etat fort, bien géré, qui sait ce qu’il fait et où il va. Alors, voilà la proposition que je fais au gouvernement et au président de la République : fixons tout d’abord des objectifs ambitieux de cohésion sociale, de cohérence territoriale. Réaffirmons, à l’heure où le capitalisme dérégulé vacille, les vertus d’un service public de proximité. Clamons haut et fort que nos hôpitaux, postes, écoles, routes, tribunaux […], garantissent à tous nos territoires les conditions de leur développement en offrant, justement, les services dont les citoyens mais aussi les entreprises ont besoin.
Ensuite laissez un an aux élus des territoires. Car c’est à eux, à leurs associations représentatives (AMF, ADF, ARF…) et à leurs représentants (les sénateurs), qu’il revient d’organiser, au-delà des clivages traditionnels, la réflexion sur une clarification nécessaire de notre paysage institutionnel. Pas à une commission sous la tutelle de l’Elysée ! Nous rechercherons en priorité l’efficacité des politiques publiques. Nous décroiserons les compétences que l’Etat a lui-même enchevêtrées parce qu’il n’est par exemple pas rationnel que la région ait la charge des lycées et les départements des collèges. Nous ferons des propositions pour réformer la fiscalité locale, la rendre lisible aux yeux du citoyen et instaurer une véritable autonomie financière des collectivités. Nous aborderons tous les sujets, sans tabou. Pour réhabiliter la politique - et c’est l’une de mes ambitions -, il faut agir. Après, le pouvoir en place aura tout le temps de se pencher sur la tactique politique et de réformer les modes de scrutin.
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Crise financière : Ségolène Royal répond aux questions de La Tribune
Propos recueillis par Hélène Fontanaud, Ivan Best et Pierre Kupferman
La présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, candidate du PS à la dernière élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy, dénonce la gestion de la crise par le Président de la République et son gouvernement. Elle réclame l'entrée de l'Etat au capital des banques françaises.
La Tribune - Après la crise financière, on sent poindre une crise économique, craignez-vous une crise sociale dans la foulée ?
Ségolène Royal - Mais elle est déjà là. Le nombre de travailleurs pauvres a augmenté, la précarité et le chômage aussi. Même les cadres se sentent tirés vers le bas : une majorité d'entre eux se déclare en situation de déclassement social. Dans beaucoup d'entreprises, la colère monte. Et elle prend d'autant plus d'ampleur que, tout d'un coup les salariés, réduits au pain sec, découvrent que pour sauver le système financier on peut mobiliser très rapidement des dizaines de milliards d'euros. Par ailleurs, les mêmes qui parlent aujourd'hui de mettre des règles dans le système financier, continuent à casser les règles du code du travail. Tout cela me semble très dangereux. Pour que la dynamique économique reparte il faut que les salariés soient sécurisés, bien formés et bien payés. Les entreprises seront alors plus performantes parce que la productivité horaire du travail sera meilleure. Voilà le cercle vertueux dont la France a besoin.
- Si vous étiez aux manettes que feriez-vous face à la multiplication des plans sociaux ?
D'abord je fais entrer l'Etat au capital des banques pour sauver les entreprises. Dans le même temps, je répercute la baisse du brut en baissant les prix de l'énergie. J'augmente immédiatement le pouvoir d'achat en supprimant le paquet fiscal que je transforme en un 13ème mois pour 8 millions de salariés. Et enfin je stoppe les délocalisations boursières. Et tout cela tout de suite. Arcelor Mittal a par exemple décidé de fermer ses hauts fourneaux en Europe. C'est impensable alors que la demande mondiale d'acier continue à augmenter. Ce groupe fait des profits. L'Etat doit demander aux entreprises qui pratiquent de telles délocalisations de rembourser la totalité des aides et des exonérations de cotisations. Elles y réfléchiraient à deux fois.
- Avez-vous songé aux conséquences que cela aurait sur les investissements étrangers ?
La France est un des pays les plus attractifs au monde. Il n'y a aucune raison que cela cesse. Quand on regarde de près les motivations des investissements étrangers, on constate que notre pays est apprécié parce que son système éducatif, son système de santé, son réseau de transports et de communication sont performants. Il faut aussi de méfier de ces chantages supposés. Regardez ce qui a été dit au sujet du bouclier fiscal : c'était soi-disant le meilleur moyen de rapatrier les fortunes en France. Aucune fortune n'est revenue. Parce qu'il faut tout déclarer pour en bénéficier ? Je rappelle que le coût de la fraude fiscale est de 40 milliards, c'est-à-dire la quasi-totalité du déficit public de l'Etat.
- D'une façon générale comment jugez-vous la gestion de la crise par Nicolas Sarkozy ?
L'annonce précipitée d'un plan d'un plan tous les deux jours est la traduction de l'inertie qui a prévalu depuis son élection. Car il a été élu dans un contexte de crise économique qui appelait des mesures immédiates. Or qu'a-t-il fait depuis un an et demi sur le plan économique : le bouclier fiscal et les mesures les plus irresponsables demandées par un Medef ami du pouvoir, avec des riches qui paient moins et tous les autres qui sont précarisés. Il n'y a plus qu'en France que le législateur se plie aux caprices d'un certain patronat, allant jusqu'à bafouer des accords entre partenaires sociaux. Vous vous souvenez que l'Etat, après avoir encouragé le patronat et les syndicats à négocier, s'est ensuite assis sur la négociation pour en casser le résultat par la loi. Or il est prouvé que la qualité du dialogue social est un moteur d'efficacité, parce que c'est gagnant pour l'entreprise et gagnant pour les salariés. Mais pour cela il faut la confiance et par ces méthodes d'un autre âge la confiance a été brisée.
- Les parachutes dorées, les stocks-options sont aujourd'hui sur la sellette...
- Pas du tout. Nicolas Sarkozy souhaite que le Medef s'autodiscipline ! Ah bon ? Les gens vont décider eux-mêmes de baisser leurs salaires ? Vous y croyez ? Et si au moins, la politique économique menée depuis un an et demi avait été efficace ! Regardez ce qu'en pensent les patrons de PME : 90% d'entre eux estiment que rien de rien n'a été fait pour eux. J'aurais fait le small business act tout de suite. J'aurais tout fait, comme nous l'ont encore demandé de jeunes patrons d'entreprises de pointe à Toulouse, pour qu'ils puissent augmenter leurs fonds propres et que les banques prennent des risques sur l'innovation. C'est pour cela qu'il faut des fonds d'innovation et la banque publique d'aide aux PME. Pourquoi une banque publique ? Parce qu'elle sera dispensée de spéculer et se concentrera sur l'aide aux entreprises qui innovent.
- Nicolas Sarkozy a-t-il suffisamment œuvré pour débloquer le marché interbancaire ?
Le marché interbancaire pouvait être débloqué en 24 heures ! Quand l'Etat met dix milliards dans les banques, il est en droit d'attendre que les banquiers lui obéissent. Non seulement les banquiers qui ont failli sont toujours en place (malgré les promesses de sanctions), mais le crédit interbancaire n'est toujours pas débloqué.
- Qu'est-ce qui manque ? La pression sur les banques ?
Ce qui manque, c'est l'autorité de l'Etat. Ce qui manque, c'est que l'Etat entre au capital des banques ! Ce qui manque, c'est de la cohérence, c'est le respect des contribuables qui sont en droit d'attendre que l'on agisse en leur nom. En revanche, ce qui ne manque pas, c'est une connivence de classe comme il n'y en a nulle part ailleurs en Europe entre le pouvoir actuel, certains banquiers et certains grands patrons, notamment ceux qui sont propriétaires des médias. Comme je l'ai déjà proposé, aucun groupe financier ou industriel vivant de la commande publique ne devrait posséder plus de 25% d'un média. Car si les médias, au nom de l'opinion publique, étaient beaucoup plus sévères pour contrôler les mauvaises décisions et exiger les bonnes, au nom du bon sens, nul doute que les choses iraient mieux.
- Nicolas Sarkozy a quand même mis d'accord tous les pays de la zone euro sur le plan coordonné...
- C'est Gordon Brown qui a été le déclencheur de cet accord, mais reconnaissons que tout le monde y a mis du sien... Et même s'il vaut mieux tard que jamais, tout le monde sait que cela aurait pu être fait plus tôt. Il aurait fallu bouger dès l'année dernière, au moment de la crise des subprimes. Les banquiers savaient parfaitement qu'il y avait des financements croisés entre les banques françaises et américaines, que des banques françaises avaient acheté des créances douteuses. Comment Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde peuvent-ils oser affirmer qu'ils découvrent la crise financière ? Soit ils mentent, soit ils sont incompétents.
- L'Union européenne a décidé de lancer un plan d'action pour soutenir l'économie. La soutenez-vous ?
Oui bien sûr et je souhaite que ce plan s'accélère et que cela réussisse. Il y a des leviers considérables de croissance économique : habitat durable, éducation, santé, grandes filières industrielles, automobile, aéronautique, sidérurgie, tout cela en relevant le défi de la lutte contre le réchauffement planétaire.
- La crise va-t-elle au moins permettre de conforter la construction européenne ?
- La crise peut être une chance si elle permet de changer le système, les règles du jeu, les rapports de force et non pas consolider un système perverti qui vient d'aller dans le mur. Si rien n'est fait, on sait qu'il y aura d'autres crises, en raison notamment des pratiques prédatrices de fonds d'investissement non réglementés, qui, comme avec la CAMIF, cherchent à faire du profit sur le dos des PME. Le risque c'est que tout recommence, puisque rien ne change. Les traders sont toujours payés en fonction de l'argent qu'ils retirent des spéculations boursières, sans aucune pénalité quand ils font perdre de l'argent.
- Certains économistes disent que les fonds alloués aujourd'hui aux banques vont créer une nouvelle bulle spéculative...
- C'est possible parce que ces 10 milliards, ils vont où ? Ils sont utilisés comment ? On ne sait pas. On est quand même dans un système fou. Si cela se trouve, les banques continuent à spéculer avec ces fonds, puisque l'Etat n'est pas au conseil d'administration et n'exige pas que ces 10 milliards soient uniquement utilisés pour octroyer des crédits interbancaires ou pour financer l'innovation des PME. C'est très grave : l'Etat a trouvé de l'argent pour les coupables de la crise et ses victimes, les entreprises et les ménages, les contribuables, n'ont aucun moyen de savoir comment leur argent va être utilisé. Pourquoi n'y aurait-il pas dans les conseils d'administration des épargnants, des citoyens, des associations de consommateurs, le centre des jeunes dirigeants, la CGPME... Voilà la vraie réforme de la gouvernance des banques.
- La gauche européenne est restée bien muette dans cette crise.
- C'est dommage. Le Parti socialiste européen devrait se faire entendre. Peut-être est-ce à cause d'une structure trop lourde, mais il n'est pas trop tard pour organiser un forum global sur le nouveau système de société et de production qu'on doit mettre en place. En plus la crise est une opportunité pour les idées de gauche. Il y a une réhabilitation du rôle de la puissance publique. Il ne s'agit pas non plus de tomber dans une économie étatisée mais de prouver que les droits et les devoirs, cela doit être pour tous, à chaque échelon de la société.
- Et comment expliquer que le Parti socialiste français ne prenne pas aujourd'hui plus de poids, dans un contexte qui lui est favorable ?
- Parce que le PS doit se reconstruire. Je ne vais pas en rajouter sur la nécessité pour le PS de changer, de se rénover en profondeur et de porter un projet alternatif à la hauteur des défis du temps présent.
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