jeudi, 26 mars 2009
PLAN DE RELANCE
"Sarkozy ne comprend plus ce qu'il se passe"

Dans un entretien à nouvelobs.com, le secrétaire national du PS en charge de l'Economie, Michel Sapin revient sur le discours de Saint-Quentin. Pointant la "suffisance" et "l'aveuglement" du chef de l'Etat, il appelle à une prise rapide de décisions.
Que pensez-vous du discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin le 24 mars dernier ?
- Pour parodier ce qui a été dit à propos du G20, la caractéristique du discours de Nicolas Sarkozy, c'est qu'il a annoncé qu'il ne décidait rien.
Alors que la crise s'aggrave, l'Insee vient de revoir ses prévisions de croissance à la baisse à -3% pour 2009, Nicolas Sarkozy annonce qu'il ne changera pas son plan de relance, alors que celui-ci a été élaboré avec des prévisions de croissance de +0,5%.
Je crois que le président ne tient pas compte de l'aggravation de la situation.
Pourtant, le discours du président a quelque peu changé depuis le début de la crise…
- Le président a changé de discours, c'est évident. Il ne parle plus de capitalisme tout puissant. Il parle désormais de régulation, d'intervention de l'Etat dans l'économie. Mais il ne change pas de décisions.
Pourtant, ce sont précisément les décisions qu'il a prises et qui ne sont plus adaptées à la situation qu'il devrait revoir. Je pense notamment au bouclier fiscal ou à la défiscalisation des heures supplémentaires.
Son discours évolue au gré des événements, mais Nicolas Sarkozy maintient une forme d'obstination dans ses prises de décisions.
Aujourd'hui les mots ne suffisent pas, il faut des actes.
Le président a appelé de ses vœux un "capitalisme moral". Comment peut-on moraliser le système capitaliste ?
- Je n'aime pas les leçons de morale du président de la République. Il faut des règles, pas de la morale.
Il faut supprimer les paradis fiscaux, il faut empêcher que des dirigeants d'entreprises, surtout si ces dernières sont aidées par l'Etat, touchent des bonus, des primes de départ ou des stock-options.
Mais pour transformer tout ce système, il faut légiférer.
Nous n'avons pas besoin de leçon de morale. Il faut des décisions.
Hier, devant les députés UMP, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que "quand il y a une grève comme celle du 19 mars, le pays n'est plus paralysé" ? Encore une provocation ?
- C'est totalement irresponsable parce que le 19 mars dernier, il y avait bien sûr les salariés du service public qui s'étaient mobilisés, mais aussi et surtout ceux du secteur privé. Le chef de l'Etat s'en réjouit et tombe une nouvelle fois dans la facilité de langage.
En plus de son contentement de lui-même, il ne comprend plus ce qu'il se passe dans le pays.
Nicolas Sarkozy fait preuve de suffisance, de renfermement sur lui-même, d'aveuglement sur la réalité économique et sociale du pays.
Je crois qu'il confond le volontarisme et la volonté.
Que propose le PS pour lutter efficacement contre les effets de la crise économique ?
- Je crois que les propositions du Parti socialiste sont bien plus adaptées à la situation. On a pris la mesure de la crise et de ses conséquences sociales, comme le chômage de masse notamment.
Le gouvernement a mis en place un plan de relance de 26 milliards d'euros alors qu'il en faudrait le double!
Il faut soutenir le pouvoir d'achat, d'où notre proposition d'accorder une prime exceptionnelle de 500 euros pour 40% des Français. Il faut également modifier les allocations chômage, en revoyant particulièrement la durée et le montant de l'indemnisation.
En ce sens, notre plan de relance est une bonne réponse. A nous maintenant de l'expliquer même s'il y a encore des progrès à faire en termes d'homogénéité de parole et de solidarité dans l'action.
Interview de Michel Sapin par Mathieu Carbasse
(le jeudi 26 mars 2009)
- Pour parodier ce qui a été dit à propos du G20, la caractéristique du discours de Nicolas Sarkozy, c'est qu'il a annoncé qu'il ne décidait rien.
Alors que la crise s'aggrave, l'Insee vient de revoir ses prévisions de croissance à la baisse à -3% pour 2009, Nicolas Sarkozy annonce qu'il ne changera pas son plan de relance, alors que celui-ci a été élaboré avec des prévisions de croissance de +0,5%.
Je crois que le président ne tient pas compte de l'aggravation de la situation.
Pourtant, le discours du président a quelque peu changé depuis le début de la crise…
- Le président a changé de discours, c'est évident. Il ne parle plus de capitalisme tout puissant. Il parle désormais de régulation, d'intervention de l'Etat dans l'économie. Mais il ne change pas de décisions.
Pourtant, ce sont précisément les décisions qu'il a prises et qui ne sont plus adaptées à la situation qu'il devrait revoir. Je pense notamment au bouclier fiscal ou à la défiscalisation des heures supplémentaires.
Son discours évolue au gré des événements, mais Nicolas Sarkozy maintient une forme d'obstination dans ses prises de décisions.
Aujourd'hui les mots ne suffisent pas, il faut des actes.
Le président a appelé de ses vœux un "capitalisme moral". Comment peut-on moraliser le système capitaliste ?
- Je n'aime pas les leçons de morale du président de la République. Il faut des règles, pas de la morale.
Il faut supprimer les paradis fiscaux, il faut empêcher que des dirigeants d'entreprises, surtout si ces dernières sont aidées par l'Etat, touchent des bonus, des primes de départ ou des stock-options.
Mais pour transformer tout ce système, il faut légiférer.
Nous n'avons pas besoin de leçon de morale. Il faut des décisions.
Hier, devant les députés UMP, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que "quand il y a une grève comme celle du 19 mars, le pays n'est plus paralysé" ? Encore une provocation ?
- C'est totalement irresponsable parce que le 19 mars dernier, il y avait bien sûr les salariés du service public qui s'étaient mobilisés, mais aussi et surtout ceux du secteur privé. Le chef de l'Etat s'en réjouit et tombe une nouvelle fois dans la facilité de langage.
En plus de son contentement de lui-même, il ne comprend plus ce qu'il se passe dans le pays.
Nicolas Sarkozy fait preuve de suffisance, de renfermement sur lui-même, d'aveuglement sur la réalité économique et sociale du pays.
Je crois qu'il confond le volontarisme et la volonté.
Que propose le PS pour lutter efficacement contre les effets de la crise économique ?
- Je crois que les propositions du Parti socialiste sont bien plus adaptées à la situation. On a pris la mesure de la crise et de ses conséquences sociales, comme le chômage de masse notamment.
Le gouvernement a mis en place un plan de relance de 26 milliards d'euros alors qu'il en faudrait le double!
Il faut soutenir le pouvoir d'achat, d'où notre proposition d'accorder une prime exceptionnelle de 500 euros pour 40% des Français. Il faut également modifier les allocations chômage, en revoyant particulièrement la durée et le montant de l'indemnisation.
En ce sens, notre plan de relance est une bonne réponse. A nous maintenant de l'expliquer même s'il y a encore des progrès à faire en termes d'homogénéité de parole et de solidarité dans l'action.
Interview de Michel Sapin par Mathieu Carbasse
(le jeudi 26 mars 2009)
21:58 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










Ecrire un commentaire