samedi, 04 novembre 2006
un dessin animé sur l'antiracisme, la différence
Azur et Asmar est une ode à la tolérance. Un film d’animation d’une grande beauté et d’une rare sensibilité.
Il fait l’apologie de la différence et du respect que devraient se témoigner les peuples. Cette ambition est d’abord servie par un scénario finement ciselé. L’histoire commence en Europe, au Moyen-âge, dans un pays pluvieux et froid. Deux petits garçons sont élevés par Jenane, une douce jeune femme arabe. Elle est la mère d’Asmar, brun à la peau mate, et la nourrice d’Azur, blond aux yeux bleus, le rejeton du châtelain dont elle est la servante. En dépit des chamailleries, les deux bambins sont liés par un profond amour que le père d’Azur rompt brutalement. Il éloigne son fils du château et chasse Jenane et Asmar avec mépris.
Plusieurs années après, Azur devenu un homme, bravant tous les dangers, traverse l’océan et retrouve sa nourrice et son frère de lait dans la lumineuse Afrique du Nord. Mais les rapports sont inversés. Azur est l’étranger au bas de l’échelle sociale et Jenane et Asmar les riches autochtones. En dépit du temps écoulé, les deux garçons sont restés fidèles à l’idéal que leur contait Jenane. Renouant leurs liens fraternels, ils partent ensemble délivrer la ravissante fée des djins dont chacun espère obtenir la main. Ils vont alors à la découverte de terres magiques recelant mille menaces et merveilles.
Un dessin-animé en langues française et arabe
La volonté du réalisateur, Michel Ocelot, de combattre les préjugés et le racisme s’appuie également sur l’utilisation de la langue. En effet, Azur et Asmar est un film bilingue. Les personnages s’expriment tant en français qu’en arabe sans que jamais nul sous-titrage ne vienne encombrer l’écran. La cohabitation des deux langues ne perturbe en rien la compréhension du long métrage. L’auteur a fait ce pari pour montrer qu’en dépit des différences et des barrières objectives qui peuvent séparer les peuples, il reste possible de se comprendre.
Enfin, il faut évoquer la beauté picturale de ce film. Réalisé en animation 3D, Azur et Asmar relève un défi technologique. Pour la première fois, Michel Ocelot a utilisé l’informatique pour animer ses personnages. Mais celui qui avait connu son premier grand succès en 1998 avec Kirikou et les bêtes sauvages n’y a pas perdu son âme. Dans ce quatrième long métrage, son univers, singulier, est parfaitement restitué. Des couleurs flamboyantes, des images à plat, des dessins naïfs qui expriment la vérité des sentiments, un style à des années lumière des manga japonais et des produits de l’industrie hollywoodienne...
Michel Ocelot est né sur la Côte d’Azur, en France, a passé son enfance en Guinée et vit aujourd’hui à Paris. L’altérité, les rapports entre les cultures et les hommes sont depuis plusieurs années au cœur de sa réflexion. Avec Azur et Asmar, il nous offre un film qui nous pousse à réfléchir sur nos préjugés respectifs, une oeuvre sensible et tendre qui n’émeut pas que les enfants.
A cet article paru dans la presse, il faut ajouter aussi ques les musisques orientales et les chansons interprétées par Souad Massi contribuent aussi à faire de ce dessin un BIJOU.
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mardi, 30 mai 2006
Des films à voir
le film "Indigènes" rend hommage aux héros de l'histoire trop longtemps oubliés
Le Parti socialiste salue la reconnaissance accordée au film de Rachid
Bouchareb, INDIGENES, par la Palme d’interprétation masculine attribuée
collectivement à Sami Bouajila, Djamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem et Bernard Blancan.
Ce film rappelle à notre mémoire ceux qui, n’ayant jamais foulé le sol
français, se sont engagés, comme 130 000 autres « Indigènes » dans l’armée
française pour libérer « la mère patrie » de l’ennemi nazi. Au-delà de la création artistique et de la performance des acteurs saluée par le jury de Cannes, INDIGENES rend hommage à ces héros que l’histoire et les commémorations officielles ont trop longtemps oublié, et ce film, justement soutenu à ce titre par la Région Ile de France, œuvre en faveur de la transmission de notre mémoire collective.
Le Parti socialiste renouvelle ses félicitations aux acteurs d’Indigènes.(Communiqué d’Anne HIDALGO, Secrétaire nationale à la Culture et aux médias)
Puisque qu'une rubrique cinéma vient d'être ouverte, profitons-en pour évoquer le film de Nanni Moretti sur les écrans actuellement : Le Caïman virulente satire sur le magnat des médias italiens et très beau film sur le constat amoureux. Moretti voyage amèrement en Italie.
Un avis pris parmi d'autres : Le caïman dégage une odeur familière, celle d’un cinéma politique oublié qui fustigeait la corruption dans l’Italie période seventies (Lucky Luciano, Main basse sur la ville, .). Revenu chez lui après le Festival de Cannes 2001, Nanni Moretti a posé sa Palme d’or deLa chambre du fils et repris son carnet de notes dans l’espoir de dynamiter une bonne fois pour toute l’œuvre politico-médiatique de Berlusconi. Des kilomètres de journal plus tard, il accouche d’une histoire sans concession sous forme d’une comédie douce-amère qui remet en question trente années de mainmise berlusconienne (culturelle, politique, sportive).
On y suit Bruno, producteur de séries Z en pleine traversée du désert. Côté famille, c’est la débâcle. Deux garçons qui grandissent trop vite, une femme qui s’éloigne progressivement et la cinquantaine qui pointe le bout de son nez.. Enfant malade d’une famille sans foi ni loi (le cinéma italien), ayant voté une fois "comme cela" pour Berlusconi, ce personnage lunatique tombe sur un scénario qu’il accepte sans deviner qu’il s’agit d’une charge virulente contre Berlusconi. Embringué dans son film infaisable, il comprendra qu’il doit faire face à ses démons pour tirer un trait sur son passé. Fini la vie de couple, fini les matchs de foot de ses enfants, fini l’argent qui coule à flots, fini "l’idiotie politique et culturelle". Place à la dignité.
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