lundi, 20 octobre 2008
«On aggrave déficits et inégalités» par Didier Migaud
Interview de Didier Migaud,, président PS de la commission des finances
Alors que le budget 2009 est examiné aujourd'hui à l'Assemblée, Didier Migaud demande que le gouvernement tienne compte de la crise financière dans son budget.
Didier Migaud, président PS de la commission des finances à l’Assemblée nationale.
Président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Didier Migaud (PS) juge nécessaire de revoir l’architecture globale du budget 2009 pour tenir compte de l’impact de la crise financière. Alors que la récession risque de tarir les recettes, il estime que le gouvernement et la majorité devraient «avoir le courage politique de remettre en cause le paquet fiscal» voté en juin 2007, au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy. Pour éviter le spectre d’une récession, il se prononce en faveur d’«un plan européen d’aide à l’économie réelle», à l’identique des mesures en faveur des banques.
Le budget, qui va être examiné à l’Assemblée nationale à partir d’aujourd’hui, a été élaboré avant la crise financière. N’est-il pas de ce fait caduc ?
Oui. Le projet de loi de finances a été préparé bien avant que n’éclate cette crise financière. Il y a quelques mois il n’était encore question que d’une crise des subprimes. Le gouvernement laissait même entendre que la France serait relativement épargnée. Il prétendait que nous réussirions à maintenir un certain niveau de croissance. Je crois qu’il n’est pas contestable que la situation a changé au cours de ces dernières semaines. Aujourd’hui, peu d’économistes jugent crédible l’hypothèse de croissance de 1 % retenue dans le budget.
Quelles révisions budgétaires seraient nécessaires pour tenir compte de la crise financière ?
La crise actuelle doit inciter le gouvernement à redéfinir des priorités dans le budget. Les difficultés du moment doivent l’amener à s’interroger sur la dépense fiscale. En outre en période de ralentissement économique, il n’est pas pertinent de couper dans les crédits dédiés au logement ou à la rénovation urbaine, alors que ces dépenses stimulent l’activité du bâtiment et sont socialement nécessaires. Le coup de frein donné par l’Etat au budget de l’emploi et aux dotations en faveur des collectivités territoriales est un contresens au regard de la situation du moment. C’est une erreur d’asphyxier les collectivités territoriales alors qu’elles réalisent 73 % des investissements publics.
Au vu de la crise financière, faut-il revenir sur le paquet fiscal voté il y a un an ?
La crise va probablement se traduire par une baisse des recettes. Moins de croissance, c’est moins de rentrées fiscales. C’est mécanique. Le gouvernement et la majorité UMP devraient donc avoir le courage politique de remettre en cause le paquet fiscal. Des mesures telles que l’exonération des droits de succession et le bouclier fiscal n’ont pas prouvé qu’elles avaient des effets bénéfiques sur la croissance. Dans ce même budget, le gouvernement gèle la prime pour l’emploi destinée aux salariés modestes. Le gouvernement réussit ce tour de force incroyable : il aggrave de façon concomitante les déficits et les inégalités. Il cumule l’inefficacité et l’injustice.
Votre amendement visant à limiter les avantages du bouclier fiscal a-t-il des chances d’être adopté ?
Lors des travaux de la commission des finances, j’ai découvert que les avantages du bouclier fiscal vont au-delà de ce que l’on avait imaginé. Nous nous sommes aperçus que le bouclier ne s’applique pas au revenu réel perçu, mais au revenu minoré des niches qui agissent en déduction du revenu imposable. Donc, le bouclier a des effets très puissants sur les contribuables les plus aisés. Nos collègues de l’UMP ont bien pris conscience du problème. Nous verrons au cours du débat, si la majorité aura la sagesse d’adopter mon amendement, qui vise à corriger ces excès.
Quel sera l’impact du plan de sauvetage des banques imaginé par le gouvernement sur le budget ?
Ce plan va peser sur la charge de la dette dès l’an prochain. Son impact global dépendra des besoins de recapitalisation des banques. Pour l’instant, on sait seulement que l’Etat va emprunter un milliard d’euros pour sauver Dexia, deux autres milliards étant apportés par la Caisse des dépôts et consignations.
L’Union européenne a adopté un plan en faveur des banques, mais qu’en est-il de l’économie réelle guettée par une récession ?
Je considère qu’il faudrait, sur le modèle du plan de sauvetage des banques, un plan de relance européen en faveur de l’économie réelle pour stimuler l’investissement privé et financer des infrastructures publiques.
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dimanche, 19 octobre 2008
Contre la casse de l'école publique, pour l'avenir des enfants
Sur Nouvel obs.com :
Ils étaient 80.000 …à défiler ce dimanche pour dénoncer les suppressions de
postes dans l'Education. Mercredi, les syndicats prévoient une réunion pour
décider des suites à donner au mouvement, en fonction des réponses du
gouvernement.
Après la manifestation nationale dimanche 19 octobre dans les rues de Paris, les syndicats et les organisations qui ont appelé au mouvement prévoient une réunion mercredi pour décider des suites à donner au mouvement en fonction des réponses du gouvernement. Cette rencontre pourrait déboucher sur un appel à la grève unitaire en novembre, indique le syndicat SNUipp-FSU. "Ce pourrait être autour du 18 ou du 20 novembre" a précisé le secrétaire général Gilles Moindrot.
Un mouvement très suivi
Plusieurs dizaines de milliers de personnes, 80.000 selon les organisateurs, 32.000 personnes selon la Préfecture de police, ont défilé dimanche 19 octobre à Paris, sous le soleil et dans la bonne humeur, pour demander au gouvernement d'investir dans l'éducation à l'heure de la crise, au lieu de supprimer des postes.
"Banques ou éducation, j'ai choisi !"
De la place d'Italie à la Bastille, une majorité d'enseignants, des étudiants, des lycéens et des parents d'élèves de la FCPE ont manifesté, à l'appel de 47 organisations, pour que l'éducation "reste une priorité".
Plusieurs ténors du PS, dont Martine Aubry, Bertrand Delanoë et François Hollande, étaient présents dans le cortège.
Avec des slogans comme "Tu réussiras quand tes parents seront riches" ou "L'école est finie, Acadomia pour tous ?" (en référence à une société de cours privés), les manifestants ont fait part de leurs doutes quant à la volonté affichée par le gouvernement de lutter contre l'échec scolaire.
"Investir dans l'école, c'est l'avenir", "Non à la casse du service public d'éducation", "Banques ou éducation, j'ai choisi !", disaient également les banderoles.
Manifestation "injustifiée" selon Pécresse
Quelques heures plus tôt, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a estimé lors du "Grand rendez-vous" d'Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France, que les raisons de la manifestation nationale étaient "injustifiées et décalées". "Elles sont en profond décalage avec la situation réelle de l'éducation qui est aujourd'hui la priorité des priorités du gouvernement", a déclaré Valérie Pécresse.
"Mme Pécresse a dit que la mobilisation étaient injustifiée: j'aimerais que le gouvernement cesse de faire l'autruche et voie que la mobilisation exprime beaucoup de mécontentement et beaucoup d'attentes", a réagi le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.
Des suppressions de postes de plus en plus importantes
Cette mobilisation se tient peu avant l'examen à l'Assemblée du budget 2009 de l'Éducation, prévu pour le 4 novembre. Ce budget prévoit 13.500 suppressions de postes, après 11.200 en 2008 et 8.500 en 2007.
Cette politique, qui pourrait se poursuivre au même rythme jusqu'en 2012, "ne voit dans l'Éducation qu'un moyen d'économiser" et "va détériorer sur le long terme le service public d'Éducation", jugent les organisateurs. "Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les inégalités", ajoutent-ils. "L'inquiétude est réelle. Les récentes annonces budgétaires font craindre le pire dans un climat déjà tendu dans l'Éducation. Nous assistons à une rupture de fond dans la priorité qu'accordait la Nation à l'Éducation", estiment-ils.
Investir dans l'Éducation
Il faudrait, au contraire, investir dans l'Éducation en ces temps de crise économique, plaident les organisateurs. "En période de crise, il y a un besoin de l'État, car c'est lui qui assure dans la durée les investissements", selon Patrick Gonthier, secrétaire général de la fédération Unsa-Éducation.
"A l'heure où l'on peut dégager des milliards pour les banques en quelques heures, serrer les cordons de la bourse pour l'éducation, c'est hypothéquer lourdement l'avenir. Une politique de rigueur risque d'ajouter la crise à la crise", ajoute Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef.
"On met 360 milliards sur la table (pour les banques, ndlr), avec des conséquences que tout le monde ignore, ça nous permet tout de même de dire qu'il y a des contradictions, par rapport aux investissements qui ne sont pas faits dans l'éducation", selon le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.
Une mobilisation générale pour l'Éducation
Si l'arrêt des suppressions de postes est au coeur des revendications, figurent également au nombre des réclamations les déclarations de Xavier Darcos sur l'école maternelle, les projets de mutation de personnels dans le secondaire, des fermetures de petites écoles, la gestion des remplacements, les suppressions de maîtres spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire ("Rased"), la baisse des subventions aux organisations complémentaires de l'école, la précarité des conditions de travail des enseignants ou encore la réforme en cours du lycée.
Lien utile pour signer la pétition : http://www.uneecole-votreavenir.org/.
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samedi, 18 octobre 2008
Réunion de section : débat sur les motions
La section PS de Portes les Valence
se réunit afin de débattre sur les motions
le jeudi 23 Octobre à 19 heures
A l’Espace Robert Freyss à BEAUVALLON.
06:36 Publié dans Vie de la Section | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Krach et paradis fiscaux

Dans Libé. du 16 octobre 2008,
Vincent Peillon député européen, membre du bureau national du Parti socialiste.
C’est avec stupéfaction et colère que j’entends aujourd’hui certains faire griefs aux socialistes d’avoir négligé les désordres du système financier international et de n’avoir rien à dire sur les ressorts de la crise financière, les mêmes qui ont fait obstacle aux combats que nous avons pu mener. Le secret bancaire comme les crédits pourris se sont allègrement nourris du silence médiatique.
Les faits d’abord, pour ceux qui ont la mémoire courte ! Du printemps 1999 à mars 2002, j’ai présidé ce qui fut la plus longue mission parlementaire de la Ve République, consacrée précisément - à travers la lutte contre le blanchiment, la délinquance financière et les paradis fiscaux, bancaires et judiciaires - à cette question de la dérégulation. Avec le rapporteur de la mission, Arnaud Montebourg, avec les parlementaires qui voulaient bien nous accompagner dans nos périples, soutenus constamment par le gouvernement de Lionel Jospin malgré les difficultés diplomatiques que nos enquêtes pouvaient créer, nous avons consacré plusieurs monographies au Luxembourg, au Liechtenstein, à la Suisse, à Monaco, au Royaume-Uni et à la France elle-même. En 2002, peu avant le désastre du 21 avril, nous avons organisé à Paris une conférence des Parlements nationaux d’Europe où, après de longues négociations, nous faisions adopter 53 mesures sur la transparence des mouvements de capitaux, sur les sanctions contre les pays non coopératifs et sur la coopération judiciaire, policière et administrative. S’y ajoutait le principe d’un rendez-vous périodique annuel ou bisannuel pour estimer les progrès de ce combat. L’Europe pouvait alors prendre la tête d’une approche régulatrice du marché et travailler à construire un embryon d’ordre public international.
De même nous avions fait adopter le principe que la mission parlementaire devienne une structure permanente de l’Assemblée nationale. En 2004, j’ai publié un ouvrage, les Milliards noirs du blanchiment (Hachette), où, prenant acte du fait que le gouvernement de droite élu en 2002 n’avait aucunement, malgré ses promesses, poursuivi le travail entamé, je dressais le bilan suivant : celui d’une mondialisation criminelle se nourrissant de l’hypocrisie des Etats, du désintérêt des opinions publiques, de la complicité des autorités financières et du silence suspect des relais médiatiques. Ceux qui nous font aujourd’hui reproche de n’avoir pas investi ce champ s’en sont ouvertement désintéressés et, ce faisant, ils ont condamné cette lutte en la privant de tout relais d’opinion.
La mondialisation que nous avons construite est douce aux oligarques, aux grands trafiquants de drogue, d’armes ou d’organes, aux grandes firmes, aux traders ; elle est dure avec les plus faibles, les travailleurs, les pauvres, les honnêtes gens qui n’ont pas pour première obsession de frauder le fisc. Comme nous l’avaient rappelé les juges de l’Appel de Genève en 1996, alors que le crime est transnational, que l’argent traverse les frontières à la vitesse électronique, les juges et les hommes de loi sont arrêtés aux frontières. Des mécanismes multiples et cumulatifs, basse pression fiscale, secret bancaire absolu, absence de coopération judiciaire, sociétés écran, absence de règles prudentielles et de supervision bancaire permettent à la finance criminelle de prospérer en toute impunité.
06:22 Publié dans Lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 19 août 2008
"Nous sommes dans l'impasse"
3 questions à Jean-Marie Harribey,
co-président d'ATTAC,
professeur agrégé de sciences économiques et sociales, Maître de conférences à l'université Bordeaux I
- Pour répondre à cette question, il faut revenir un an en arrière. Les économistes libéraux ont mis beaucoup de temps à reconnaître qu'il y avait une crise. Une crise tout d'abord financière qui a vu le jour aux Etats-Unis, la plus importante depuis 1929, et qui ne pouvait que dégénérer en crise mondiale. Cette crise s'est ensuite transformée en crise alimentaire avec l'augmentation des tarifs des matières premières. Il y a eu une crise de l'immobilier mais aussi une crise écologique. Les libéraux ne voulaient pas reconnaître cette crise systémique.
Aujourd'hui, il faut que le gouvernement remette en cause la marchandisation du monde. Il faut revoir la politique néolibérale, soutenue par les grands groupes industriels, dont le paquet fiscal qui est un cadeau fait aux plus riches qui se sont déjà enrichis fortement ces dernières années. Alors qu'on observe, dans un même temps, un appauvrissement des ménages les plus pauvres. Il faut mettre fin à ce type de politique. Il faut profiter de cette crise pour remettre en cause les politiques menées depuis trente ans et faire de l'économie autrement.
Selon Christine Lagarde, les réformes à venir vont permettre d'améliorer le pouvoir d'achat des Français et de stopper la récession. De quelles marges de manœuvre dispose le gouvernement face à un phénomène de récession mondiale ?
- Lorsqu'on écoute Christine Lagarde, on éprouve de la colère ou on part dans un éclat de rire général.
Lorsque les tarifs du gaz et de l'électricité augmentent de 2 et 5%, qu'on y ajoute la hausse des prix et des tarifs publics, on ne voit pas comment le pouvoir d'achat des Français pourrait s'améliorer.
Le gouvernement a gaspillé ses capacités d'action après l'élection de Nicolas Sarkozy, notamment avec le cadeau fiscal fait aux plus riches qui étaient déjà de gros consommateurs. Par conséquent, le paquet fiscal n'a eu aucun effet sur la consommation.
Aujourd'hui, il n'y a aucune marge de manœuvre pour le gouvernement. Il n'y a eu aucune réflexion quant au remodelage de l'appareil productif. Nous sommes dans l'impasse.
Quels sont les moyens appliqués dans les autres pays européens et aux Etats-Unis pour faire face à la récession ? Ces mesures sont-elles applicables en France ?
- Depuis un an, nous avons pu observer les actions des banques centrales aux Etats-Unis comme en Europe afin de remettre les banques à flots. Les banques centrales ont volé au secours des institutions ayant trop spéculé et qui avaient pris trop de risques.
Les banques centrales se sont concertées. Elles ont ouvert les vannes du crédit et ont joué ainsi au pompier pyromane. Mais ce n'était pas suffisamment car il n'y a pas eu d'effet sur l'économie réelle. Alors le gouvernement a pris des mesures d'ordre fiscal.
En France, comme en Europe, le gouvernement a très peu de marge de manœuvre, car les taux directeurs sont très élevés. Cela réduit les possibilités.
Interview de Jean-Marie Harribey par Valérie Auribault
(le lundi 18 août 2008)
11:48 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Diverses interventions PS pour faire face à la crise économique
Le Premier secrétaire du PS plaide pour un plan de relance "qui serait financé par une remise en cause de certaines mesures du paquet fiscal". Et il accuse de nouveau Nicolas Sarkozy d'avoir vidé les caisses de l'Etat.
Face à la crise économique, le Premier secrétaire du parti socialiste François Hollande déclare, mardi 19 août dans Aujourd'hui en France/Le Parisien, qu'il aurait fait "exactement le contraire" de ce que propose le Premier ministre François Fillon, qui a dit vouloir poursuivre les "réformes structurelles" pour répondre à la crise économique.
A la place du gouvernement, "nous aurions dit : le risque de récession est là. La conjoncture internationale est difficile. Nous devons donc retrouver des marges de manoeuvre et faire un plan de relance", affirme-t-il.
Remise en cause du paquet fiscal
"Ce plan serait financé par une remise en cause de certaines mesures du paquet fiscal", ajoute-t-il. (Fabius propose également d'annuler une partie du paquet fiscal).
Le Premier secrétaire du PS propose "une réforme de l'impôt sur les sociétés", de "stimuler l'innovation technologique, en utilisant l'épargne des Français pour élaborer un plan en faveur des entreprises", et de "soutenir le pouvoir d'achat des ménages" en augmentant notamment l'allocation de rentrée scolaire et en mettant en place plus rapidement le "chèque transport".
"Si Fillon n'a pas pris de décision, c'est qu'il n'y a plus rien dans les caisses de l'Etat. Il a tout dépensé". "Plus exactement c'est Nicolas Sarkozy qui a tout dépensé, et Fillon qui communique" ironise François Hollande.
"La politique de l'autruche"
Le député PS Henri Emmanuelli a, de son côté, accusé lundi François Fillon de pratiquer "la politique de l'autruche".
"Les indicateurs économiques sont au rouge" (notamment une croissance du produit intérieur brut de 0,1% au troisième trimestre 2008) et "François Fillon pratique la politique de l'autruche", a affirmé le député des Landes sur France Info. Le gouvernement "est sans marge de manoeuvre, sans réserve" et "la réalité ne s'accomodera pas de cette poudre de perlimpinpin", a-t-il dit.
"Rester l'arme au pied en expliquant que c'est en poursuivant une politique de régression sociale qu'on va mener une politique économique, c'est assez irresponsable", a-t-il affirmé.
Selon lui, le gouvernement doit "réhabiliter l'investissement public et privé" et "se préoccuper du pouvoir d'achat des catégories populaires". "Les Françaises et les Français auront un automne difficile et un hiver encore plus difficile".
Accusant le gouvernement de "fuir ses responsabilités", l'ancien ministre a jugé que "Mme (Christine) Lagarde ne pilote pas le ministère de l'Economie et des Finances : elle est là pour faire des mondanités médiatiques".
"Les marges de manoeuvre existent"
Le député PS de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone a, lui, déploré dans un communiqué "une réunion pour rien à Matignon".
"Alors qu'il est exclu par le gouvernement, la France aurait besoin" d'un plan de relance, selon lui : "allocation énergie pour faire face à la hausse du coût des hydrocarbures, aide supplémentaire pour la rentrée scolaire, coup de pouce pour le SMIC, soutien aux PME".
"Contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, les marges de manoeuvre existent. La suppression d'une partie du paquet fiscal et la remise à plat des niches fiscales permettraient de dégager plus de 70 milliards d'euros", a-t-il estimé.
10:31 Publié dans Lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 18 août 2008
S'attaquer aux fablesse de notre industrie
Entretien de Didier Migaud, Député PS de l'Isère, président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale
Dans le Jouranl du Dimanche du 17 août 2008
La France n'est pas formellement en récession puisqu'il faut deux trimestres successifs avec un taux négatif. Mais notre pays est touché gravement par la crise, ce que l'actuelle majorité s'est obstinée à nier pendant longtemps. Pour ceux qui suivent les affaires économiques, ces chiffres étaient pourtant attendus, voire redoutés du fait de la faiblesse de l'appareil productif de notre pays, conséquence de l'absence de politique industrielle depuis quelques années.
Nous ne sommes pas les seuls touchés mais nous abordons cette période dans une situation moins favorable que les autres pays, compte tenu de la dégradation accrue de nos finances publiques, notamment ces deux dernières années. En juillet 2007, le gouvernement a fait de mauvais choix en décidant de mesures contenues dans le paquet fiscal très coûteuses et peu efficaces au regard de deux objectifs principaux que sont l'emploi et le pouvoir d'achat. Elles ont aggravé la situation de nos comptes publics, ainsi que les inégalités, sans apporter de solutions sur le fond à la fois pour le pays et pour les Français.
Je pense qu'il convient d'articuler la politique de l'offre et celle de la demande et de vraiment s'attaquer aux faiblesses de notre industrie, car le seul soutien, pourtant nécessaire, à la consommation risquerait d'alourdir notre balance commerciale. Cela nécessite des mesures beaucoup plus ciblées en direction des PME pour davantage les soutenir lorsqu'elles grandissent et qu'elles sont en mesure d'exporter. Sur la demande, il faut soutenir ceux qui sont très pénalisés aujourd'hui par l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat, alors que le gouvernement a plutôt jusqu'ici privilégié des clientèles.
Le revenu de solidarité active (RSA), par exemple, est une mesure excellente, si elle n'est pas financée par ceux qui éprouvent déjà des difficultés comme les bénéficiaires de la prime pour l'emploi, qui sont loin d'être des privilégiés. Mais il est vrai que les marges de manoeuvre du gouvernement sont très étroites car elles ont été gaspillées au départ dans un contexte que l'on savait pourtant très tendu.
Pour l'instant, les réformes n'ont eu que peu d'effet, d'autant que la France ne vit pas dans une île isolée du reste du monde; elle doit faire face, comme les autres, à la crise financière et à la flambée du prix des matières premières. Le gouvernement place, dans ses discours, la performance au coeur de ses préoccupations, mais dans la réalité, l'efficacité des mesures qu'il prend n'est pas au rendez-vous.
On est déjà dans une rigueur certaine à partir du moment où le pouvoir d'achat a baissé pour une majorité de nos concitoyens. Et si le Budget prévoit un certain nombre de dispositions pour faire face à cette situation de crise, on peut redouter la remise en cause des politiques publiques, pourtant nécessaires à la couverture des besoins, ce qui aurait alors des conséquences sur le quotidien de beaucoup de Français. En tout état de cause, les hypothèses retenues pour le budget 2009 sont à revoir.
Propos recueillis par Florence Muracciole
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mercredi, 13 août 2008
Militants socialistes en vacances dans les Landes

Pour accompagner les photos du mémorial François Mitterrand à Soustons où 2 militants de la section sont actuellement, le texte de la chanson de Renaud "Tonton"
Bonhomme qui va austère
Au milieu des landes, des bruyères
Silhouette insolites
Bloc de granit
Tonton foule la terre
Lentement
Comme le temps
Le temps qui, pourtant, emporte
Les idées, les hommes et les amours mortes
Le temps qui lui reste
Dans la même veste
Avant de n'être plus
Qu'une statue
Un nom de rue
Il a son beau chapeau
Il a son long manteau
Il a son chien, le brave
Le gros qui bave
Il a le regard des sages
Il est la force tranquille, sereine
Il est comme un grand chêne
Il sait la futilité
De toute chose
La douceur et
La fragilité des roses
Bonhomme qui va austère
Au milieu des landes, des bruyères
Silhouette insolite
Bloc de granit
Tonton foule la terre
En sifflotant
Comme le vent
Le vent qui, pourtant, emporte
Son joli chapeau que le chien rapporte
Il est plein de bave
Ce n'est pas bien grave
Un chapeau ça se lave
Mais ça fait sale
Et tonton râle
Tonton est colère
Tout va de travers
L'Histoire, la gloire, tout foire
Parc'que ce soir
Le vieille homme a, c'est dur
Un caillou dans sa chaussure
Un vieux rhume qui dure
Et puis cette nuit, misère
Il a rêvé
Qu'un beau jour
La gauche revenait
Tonton s'en va
A petits pas ...

19:25 Publié dans photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 08 août 2008
Des mots contre des murs et des grillages ?
Une chanson de Francis Cabrel qui rappelle pourquoi des êtres humains quittent leur pays et dans quelles conditions, pour finalement être expulsés et repoussés d'Europe.
En France, il y a la politique honteuse et inacceptable de Sarkozy et de son acolyte, Hortefeux
Déjà nos villages s'éloignent
Quelques fantômes m'accompagnent
Y'aura des déserts, des montagnes
A traverser jusqu'à l'Espagne
Et après... Inch'allah
On a de mauvaises chaussures
L'argent cousu dans nos doublures
Les passeurs doivent nous attendre
Le peu qu'on a ils vont le prendre
Et après...
Est-ce que l'Europe est bien gardée ?
Je n'en sais rien
Est-ce que les douaniers sont armés ?
On verra bien
Si on me dit, c'est chacun chez soi
Moi je veux bien, sauf que chez moi
Sauf que chez moi y'a rien
Pas de salon, pas de cuisine
Les enfants mâchent des racines
Tout juste un carré de poussière
Un matelas jeté par terre
Au dessus... Inch'allah
Vous vous imaginez peut-être
Que j'ai fait tous ces kilomètres
Tout cet espoir, tout ce courage
Pour m'arrêter contre un grillage
Est-ce que l'Europe est bien gardée ?
Je n'en sais rien
Est-ce que les douaniers vont tirer ?
On verra bien
Si on me dit, c'est chacun chez soi
Moi je veux bien, sauf que chez moi
Sauf que chez moi y'a rien
Je n'en sais rien
On verra bien
Moi, je veux bien
Sauf que chez moi...
La moitié d'un échafaudage
J'en demande pas davantage
Un rien, une parole, un geste
Donnez-moi tout ce qu'il vous reste
Et après...
Je n'en sais rien
On verra bien
Moi, je veux bien
Sauf que chez moi...
Déjà nos villages s'éloignent...
On rappellera aussi, le livre de Tahar Ben Jelloun "Partir" et celui de Laurent Gaudé "El Dorado", ces livres malheureusement ne sont pas des fictions...... Ces livres, cette chanson c'est le quotidien d'êtres humains qui veulent simplement mieux vivre, pour eux et leur famille.
19:20 Publié dans Actualité Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 31 juillet 2008
La haine , Chronique de Jacques julliard
«Continuez comme cela et la réélection de Sarkozy est assurée...» C'est la conclusion de cette lettre ouverte aux socialistes par Jacques Julliard
Chers socialistes, vous ne vous aimez pas. Voilà pour moi le fait majeur; celui qui, plus que la panne d'électricité intellectuelle, plus même que le défaut d'un leader incontesté, explique le doute qui plane aujourd'hui sur le PS et la difficulté qu'il a d'exister comme parti.
J'ai failli commencer cette lettre en vous donnant du «chers camarades». Et puis, non. Je ne puis vous appeler camarades puisque vous n'arrivez même pas à vous conduire en camarades. Je connais quelques-uns d'entre vous personnellement. Chacun a des qualités, des défauts, des manies, des amours, un musicien favori, des souvenirs d'enfance; parfois même un idéal. Un être humain en somme. Que l'on vous voie réunis et le cauchemar commence. Ce ne sont que coups tordus, allusions perfides, manoeuvres d'arrière-salle de bistrot. Et surtout la haine. Oui, la haine entre vous.
L'ambition aussi bien sûr, et cela est normal. Mais la haine ? Je scrute les visages, car c'est la chose la plus intéressante du monde. J'ai vu l'autre jour l'arrivée en groupe, à je ne sais quelle réunion fractionnelle, de ceux qui s'appellent, Dieu sait pourquoi, les reconstructeurs, puisqu'ils passent leur temps à démolir. Mais qu'importe ! Cela, c'est de la politique politicienne. Ce qui m'importe, c'est le reste. Les mimiques faussement détachées, les rictus derrière des airs d'impénétrable sérénité. Les plis du visage, ceux qu'impriment sans retour les nuits blanches des commissions de résolution, le scepticisme de bon ton, le cynisme, le mépris de l'autre, l'envie de tuer. Mais comment des êtres humains normaux peuvent-ils respirer et accepter volontairement de vivre dans des atmosphères aussi empoisonnées ? C'est pour moi un mystère.
Tenez, le cas Ségolène. Je n'avais pas d'affinités particulières avec elle, et pour la candidature présidentielle, j'inclinais au départ pour François Hollande. Mais après que vous l'ayez désignée, je me suis mis à la soutenir sans arrière-pensées. Pas vous ! Vous devriez avoir honte de la façon dont vous avez traité et dont vous traitez encore votre candidate. Avez- vous fait assez de gorges chaudes à propos de ses positions hostiles au nucléaire iranien, fût-il civil ? Lequel d'entre vous a-t-il reconnu qu'elle avait raison ? Quand elle déclare justement que la libération d'Ingrid Betancourt ne doit rien à la diplomatie française, vous faites cause commune avec toute la droite : décidément, cette effrontée ne sait pas se tenir. Quand elle dénonce en Nicolas Sarkozy le parti de l'argent, vous toussotez et regardez ailleurs. Quand, victime de trois effractions et mises à sac très suspectes, elle finit par s'interroger publiquement sur la mansuétude de la police, votre souci est de l'enfoncer. Des preuves ! On veut des preuves ! Avec des camarades comme vous, les aboyeurs professionnels de l'UMP peuvent partir en vacances.
Il faut croire qu'il y a dans ce bouillon de culture délétère de la Rue-de-Solferino quelque chose de contagieux, quand on voit à son tour Ségolène se déchaîner contre Jack Lang, coupable d'avoir voté selon ses convictions au Congrès de Versailles. Comment une femme comme elle, qui n'a pas craint de défier l'orthodoxie et la discipline de son parti à la veille du second tour de la présidentielle, en prenant langue avec François Bayrou, peut-elle se laisser aller à traiter Jack Lang de «traître», pour quelque chose d'infiniment moins grave ? Quelle imprudence ! Quelle inconséquence ! Quel alignement moral sur ses pires ennemis !
Continuez tous comme cela et la réélection de Sarkozy est assurée. Car enfin, s'il n'y a pas entre militants socialistes un minimum d'amitié, d'estime, de solidarité; s'il n'y a pas un peu de cette fibre fraternelle qui nous rend proches d'Eugène Varlin, de Jean Jaurès, de Pierre Mauroy, alors Manuel Valls a raison : il faut vite changer de nom; ce parti ne mérite plus de s'appeler socialiste. Au fait, je connais le jour où Ségolène Royal vous est devenue définitivement insupportable. C'était à Charléty, à la veille du premier tour de la présidentielle. Elle s'était écriée : «Aimons-nous les uns les autres !» Décidément, cette femme est folle, on vous l'avait dit.
Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur
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De moins en moins de Français partent en vacances
Près d'un Français sur deux ne part pas en vacances durant l'été (42% selon une étude Ifop). La faute principalement à la dégradation du pouvoir d'achat. Ceux qui partent le font majoritairement en France en raison du prix du pétrole.
Les catégories socio-professionnelles les plus touchées sont les ouvriers et les employés. Selon Jérôme Fourquet, c’est «en grande partie, la question du pouvoir d’achat» qui est en cause. «Le fait qu’ils ne partent pas, c’est plus par contrainte que par choix», assure t-il.
«L’offre touristique destinée aux catégories populaires, comme les campings, risque d’être frappée de plein fouet, poursuit-il. Il sera difficile de compenser les pertes massives de clientèle, notamment chez les ouvriers et les employés».
Les retraités, les cadres et les professions intermédiaires ne sont pas épargnés non plus puisqu’ils sont respectivement 9%, 8% et 6% de plus à ne pas partir en vacances d’été.
Autre point : les Français qui partent le font majoritairement en France . Pétrole cher oblige.
20:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pouvoir d'achat
mercredi, 30 avril 2008
Besson Superstar
Eric Besson hué dans l'hémicycle par les députés PS
Le secrétaire d'Etat à la Prospective a été vivement malmené lors des questions au gouvernement. Lorsqu'il a cité une formule de Tony Blair sur la mondialisation, de nombreux élus PS ont quitté la séance, criant notamment "à la soupe".

Eric Besson
La bronca des élus de gauche a redoublé lorsqu'Eric Besson a cité une formule de Tony Blair : "la mondialisation est une chance pour les pays en mouvement, un risque pour les pays immobiles".
Des "traître", "félon", "Ganelon", "à la soupe", "à la gamelle" ont été scandés au milieu des huées.
Le secrétaire d'Etat s'en est alors pris au premier secrétaire du PS, François Hollande, accusé d'avoir "demandé aux députés socialistes de réagir" contre lui.
"On n'a pas de leçons à recevoir d'un traître"
De nombreux élus PS ont alors quitté l'hémicycle, faisant du bras un geste de dégoût, comme Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe, ou encore Christian Paul, qui s'est approché du banc du gouvernement pour lancer au ministre : "on n'a pas de leçons à recevoir d'un traître".
"Vous venez, mes chers ex-camarades, de décider, 40 ans après les Allemands, de découvrir l'économie sociale de marché. A ce rythme-là, dans 25 ans, ils (les socialistes) vont accepter la prospective et la stratégie, c'est le rythme actuel du Parti socialiste", a conclu le secrétaire d'Etat, quasi inaudible dans l'hémicycle.
Eric Besson avait dénoncé dimanche sur Canal+ le bilan de François Hollande à la tête du PS depuis onze années. François Hollande "a hérité du PS et va rendre la SFIO", avait-il déclaré.
21:52 Publié dans Lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 12 mars 2008
Elections cantonales Portes les Valence
Résultats du 1er tour des cantonales , mobilisez-vous pour le 2ème tour
Le canton doit rester à Gauche ! Marie Jo Bayoud-Torres, PCF et Marc Robert, les Verts soutiennent Marie JO Faure.
Le Mouvement Républicain et citoyen avec Gérard Laurent Bourge également !
| COMMUNES | Inscrits | Votants | Exprimés | Marie-Jo BAYOUD- TORRES | GIRARD | NICOLAS | Marc ROBERT | Marie Josée FAURE |
| 1926 | 1259 | 1220 | 67 | 391 | 88 | 162 | 512 | |
| 1255 | 852 | 842 | 43 | 236 | 42 | 51 | 470 | |
| 3474 | 2400 | 2313 | 180 | 836 | 207 | 181 | 909 | |
| 1204 | 811 | 779 | 33 | 383 | 41 | 79 | 243 | |
| 6767 | 4660 | 4564 | 1144 | 1671 | 234 | 270 | 1245 | |
| Total | 14626 | 9982 | 9718 | 1467 | 3517 | 612 | 743 | 3379 |
| % |
| 68,25% | 97,36% | 15,1% | 36,19% | 6,3% | 7,65% | 34,77% |
22:48 Publié dans Vie du Canton | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 13 février 2008
Intervention musclée de la police dans un foyer de travailleurs
Des méthodes inqualifiables et qui ont des relents d'une époque noire de notre histoire....... :
Libé de ce jour :
Plus de cent personnes interpellées, et vingt-neuf portes défoncées. L’opération menée hier par la police dans un foyer de travailleurs du XIIIe arrondissement de Paris a été plutôt musclée. Dès 4 heures du matin, raconte Françoise Haas, habitante du quartier et militante du Réseau éducation sans frontières (RESF), un large périmètre autour du foyer est bouclé : «Il y avait rue Albert trois autobus aux vitres givrées, plus des estafettes.»A 6 h 45, l’assaut est donné. «Nous avons vu sortir des policiers qui escortaient deux personnes avec les menottes "en laisse". D’autres policiers repartaient du foyer avec des béliers qui avaient servi à ouvrir (ou plutôt à défoncer) les portes, ainsi que des échelles.»
Prétexte. Selon le parquet, cette opération de police fait suite à une enquête des Renseignements généraux. Dans un communiqué, la préfecture de police parle d’une «intervention dans un foyer hébergeant des travailleurs dans des conditions contraires à la dignité humaine». «L’intervention dans ce foyer s’inscrit plus largement dans les missions et le plan d’action de la préfecture de police en matière d’habitat indigne, dangereux et insalubre», poursuit-elle.
En début d’après-midi, les défenseurs des sans-papiers ont organisé une manifestation de protestation. Pour Catherine Gégout, conseillère communiste de Paris, les motifs invoqués par le parquet pour justifier l’intervention ne sont qu’un prétexte. La mairie du XIIIe affirme d’ailleurs que le foyer est certes vétuste, et mériterait un coup de peinture, mais qu’il n’est en aucun cas insalubre. «Il s’agit plutôt d’une manière de plus de pratiquer la chasse aux sans-papiers, cette fois en allant les rafler dans leur lit», accuse l’élue communiste.
Cette opération a pris tout le monde par surprise. Les résidents du foyer, évidemment, mais également la mairie du XIIIe arrondissement et l’association gestionnaire du lieu. «On a été prévenus vers 9 heures quand notre responsable d’hébergement est arrivé au foyer et qu’il nous a appelés», affirme Hassan Abrach, directeur opérationnel Ile-de-France de l’Aftam (Association d’aide et d’accompagnement pour l’hébergement, l’insertion sociale et l’accueil médico-social des travailleurs migrants), qui gère plusieurs établissements de ce type. Pour lui, les lieux ne sont ni «indignes», ni «insalubres». De ce qui se passe à l’intérieur de l’établissement, en revanche, il dit ne pas être informé. «Nous, on loue des chambres à des personnes en situation régulière», affirme-t-il. Ces dernières les sous-louent-elles à d’autres personnes ? «Lorsque nous avons repris cet établissement en janvier 2007, il y avait 157 occupants réguliers et 165 autres», précise-t-il. Les résidents viennent essentiellement du Mali, quelques-uns du Sénégal. Et depuis ? «On sait qu’il y a 20 000 suroccupants sur l’ensemble de la région Ile-de-France», répond indirectement Hassan Abrach.
23:03 Publié dans Lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 03 février 2008
lien du blog de la candidate PS aux cantonales
N’hésitez pas à aller sur le blog de Marie-Josée Faure
candidate PS pour le canton de Portes lès Valence
22:15 Publié dans Vie du Canton | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Sarkozy, chute de sa cote de confiance
Le Monde du 3 février 2008-
Nicolas Sarkozy subit une chute de 13 points de sa cote de confiance avec, pour la première fois, une majorité de 55 % d'opinions négatives, selon un sondage LH2-Libération réalisé avant et après l'annonce de son mariage avec Carla Bruni. Dans ce sondage à paraître lundi 4 février, seulement 41 % des personnes interrogées ont une opinion positive du chef de l'Etat.
Début janvier, la cote de confiance du président était positive pour 54 % des Français. L'érosion progressive de cette cote de confiance de M. Sarkozy depuis son arrivée à l'Elysée, de 67 % en juillet 2007 à 54 % en janvier, s'est subitement accélérée entre janvier et février. En baisse de trois points avec 47 % d'opinions positives, le premier ministre François Fillon, devance le chef de l'Etat de 6 points.
UN "EFFONDREMENT D'UNE RARE AMPLEUR"
C'est un "effondrement d'une rare ampleur", juge François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2 pour lequel "il existe peu d'exemples de défections aussi massives, si ce n'est le cas de Jacques Chirac en 1995". Selon l'institut de sondage, "le discrédit émane de la plupart des catégories sociales et politiques".
Premier facteur explicatif de cette forte baisse de la popularité, selon l'institut, le"discrédit qui le touche en matière économique" : 84 % des Français ne sont pas satisfaits de la politique concernant le pouvoir d'achat, 75 % sont insatisfaits de "la croissance économique", 68 % du problème de l'emploi. Deuxième cause de la chute de popularité du président, la désapprobation de son style personnel. "L'affichage de la vie privée" est désapprouvé par 76 % des interviewés.
Le JDD sur internet le 31 janvier 2008
Sarkozy, l'état de disgrâce
L'état de grâce est définitivement terminé pour Nicolas Sarkozy. Un nouveau sondage TNS-Sofres pour Le Figaro magazine à paraître samedi révèle que 55% des Français ne font plus confiance au chef de l'Etat pour résoudre les problèmes du pays. A cinq semaines des municipales, la majorité s'inquiète de ce trou d'air durable dans la relation de confiance entre son champion et les Français.
La chute est rude, de huits points. Dans le sondage TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine, la côte de popularité de Nicolas Sarkozy s'établit à 41% des sondés, soit son taux le plus bas depuis le début de son mandat. Plus rude encore, les Français sont moins sévères à l'égard de François Fillon, qui recueille l'assentiment de 43% des sondés. Selon cette étude, 55% des sondés ne font pas confiance au chef de l'Etat pour résoudre les problèmes du pays, 68% estiment que les "choses ont tendance à aller plus mal", 66% prévoient qu'il y aura "beaucoup de conflits sociaux" dans les mois à venir. Ce pessimisme exprimé par les Français va de paire avec le baromètre de l'Insee, qui révèle que le moral des ménages est au plus bas depuis 1987.
Les Français sont sévères avec l'action du gouvernement sur le pouvoir d'achat, 85% d'entre eux estiment que celle-ci n'est "pas efficace". De fait, la nouvelle "séquence de communication" engagée par l'Elysée depuis deux semaines n'a pas porté ses fruits. Le Sarkozy "en vacances" s'est mué en Sarkozy de terrain, draguant les pêcheurs du port de Boulogne-sur-mer, écumant les commissariats de Sartrouville, de Bordeaux, de Pau. Mais ces images-là n'ont pas remplacées celle du président people, pendu au bras de sa compagne, Carla Bruni. Pour Brice Teinturier, de la Sofres, Sarkozy a décroché surtout à cause "du mécontentement extrêmement puissant ressenti par les Français sur le pouvoir d'achat". Cette difficulté " a directement atteint ce qui a structuré son image: l'action et les résultats".
D'où "le sentiment d'avoir été dupés".
Pour les municipales, les élus de terrains ne veulent pas être associés à Sarkozy
La petite phrase lâchée lors de ses voeux à la presse a également marqué les Français. En soulignant que "les caisses sont vides", Nicolas Sarkozy est apparu impuissant. De même, ses sorties récurrentes sur les racines chrétiennes de la France heurtent une partie des Français, attachés à la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, et qui estiment que le chef de l'Etat n'a pas à intervenir sur ce thème.
Ce décrochage très net du chef de l'Etat se propage également à son parti. Selon cette même enquête, l'UMP ne jouit d'une bonne image que pour 32% des personnes interrogées, quand le PS recueille 38% d'opinions favorables, le Modem 37% et les Verts 45%. L'alerte est grande à cinq semaines des élections municipales, qui s'annoncent très difficiles pour la droite. Une enquête Ifop pour Le Journal du Dimanche du 5 janvier, montre que l'UMP et le PS sont au coude à coude dans les intentions de votes, respectivement à 33% et 32%. Autant les élus de l'UMP souhaitaient s'engouffrer dans la dynamique Sarkozy lorsqu'il planait au faîte des sondages, autant ces derniers refusent désormais d'y être trop associés.
Pour la campagne municipale, de plus en plus d'élus utilisent des affiches sans le logo UMP et nombreux sont ceux qui ne souhaitent pas recevoir le soutien de Nicolas Sarkozy. D'autres - impensable il y a peu - se permettent de lancer des critiques, à l'instar de Jean-Pierre Raffarin. "Je souhaite que le gouvernement donne un peu plus de lisibilité à son action", a dit ce matin sur France 2 l'ancien Premier ministre. Huit mois après son élection, Sarkozy est au même niveau de popularité que Jacques Chirac - son antimodèle - en février 1996 après les grandes grèves contre la réforme des régimes spéciaux. "Il ne peut pas y avoir un hiatus aussi grand entre les sacrifices demandés aux Français dans leur vie quotidienne et le train de vie de Nicolas Sarkozy au sommet de l'Etat", a analysé François Hollande. "Je pense qu'il paie cher ses vacances. Certes, elles ne lui ont pas coûté, mais politiquement elles lui coûtent", a-t-il ironisé.
22:10 Publié dans Lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 27 janvier 2008
On se mobilise pour les cantonales !
Présentation des candidats du Parti Socialiste
Aux élections Cantonales
Le lundi 28 janvier 2008 à 18h30
Au théâtre Le RHONE à BOURG LES VALENCE
Et
Lancement de la campagne de Marie-José Faure et de son
suppléant Gérard Laurent-Bourge
Le mardi 29 janvier 2008 à 18 heures 30
à la salle des fêtes d’ETOILE
Marie-Jo Faure notre conseillère générale a son blog que vous pouvez consulter :
22:25 Publié dans Vie du Canton | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 13 janvier 2008
Temps de travail : une triple régression
Les projets gouvernementaux sur le temps de travail manifestent une triple régression.
Régression au regard de l’histoire, puisqu’on nous ressert un remake de 1938, lorsque le gouvernement Daladier, tout en conservant les 40 heures hebdomadaires comme durée légale, autorisa l’utilisation extensive des heures supplémentaires, ouvrant ainsi la possibilité de travailler 50 heures par semaine.
Il faudra attendre près de quarante ans pour voir les 40 heures devenir une réalité tangible pour les salariés. Durant ce laps de temps, la plupart des autres pays européens avaient, via la négociation collective, abaissé la durée conventionnelle à 40 heures, voire moins. Ainsi va le progrès social dans notre pays, où l’Etat, à l’occasion de changements politiques, procède par à-coups progressifs dictés plus par des rancœurs idéologiques que par une analyse sérieuse de la réalité.
Régression économique et sociale, dans la mesure où l’orientation prise par le gouvernement ne peut être que contre-productive au regard du chômage.
On sait que le mal français réside dans son faible taux d’emploi, singulièrement chez les jeunes, les plus de 55 ans et les femmes. Ce n’est pas en augmentant la durée du travail de ceux qui sont déjà en emploi que l’on résoudra le problème du chômage, mais en mettant en œuvre une politique active du marché du travail qui permette de redonner des opportunités d’emploi aux chômeurs, aux RMistes et autres précaires vivant de petits boulots. S’il est des gens pour demander à travailler plus pour gagner plus, ce sont bien ces catégories ainsi que les salariés à temps partiel, qui sont proportionnellement plus nombreux à le demander que les salariés à temps plein.
Plutôt que de caricaturer à l’envi l’approche du partage du travail, nos gouvernants, qui vont chercher au Danemark des recettes de flexibilisation du marché du travail, seraient bien inspirés d’observer la façon dont ce pays est parvenu à faire passer son taux de chômage de plus de 12 % en 1990 à 3,9 % en 2006 contre 9,4 % en France (source OCDE). L’exemple de ce pays montre qu’une politique active de l’emploi se doit d’être solidaire (réduction du temps de travail et introduction de congés longs avec rotation de l’emploi), ciblée (des actions spécifiques ont d’abord visé l’emploi des jeunes puis celui des seniors) et fondée sur des engagements mutuels : l’absence d’obstacles au licenciement y est associée à un engagement implicite vis-à-vis du licencié tant de la part de l’entreprise (40 % des salariés licenciés sont réembauchés par leur entreprise) que de la collectivité (indemnisation élevée du chômage qui, de plus, est plafonnée ; politique active de formation et d’aide à la recherche d’emploi). Une conséquence probable du blanc-seing donné aux entreprises pour «s’exonérer» des 35 heures ou de toute référence légale du temps de travail sera le creusement des inégalités sociales : entre ceux qui sont aux 35 heures et ceux qui ne le sont pas - 40 % des salariés du privé qui n’ont ni RTT ni CET (compte épargne temps) à monétiser -, entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en ont pas, entre les salariés à temps plein visés par les mesures relatives aux heures supplémentaires et les salariés à temps partiel qui en sont exclus, entre ceux qui font des heures supplémentaires et peuvent ainsi «gagner plus» et ceux qui n’en font pas. Car l’on sait bien que les entreprises sont demandeuses d’heures supplémentaires avant tout auprès des travailleurs qualifiés et hautement qualifiés. Ajoutons que l’incitation à faire des heures supplémentaires constituera un obstacle à l’augmentation générale des salaires : en laissant croire que chacun peut décider de «travailler plus pour gagner plus», à quoi bon négocier les salaires dans les branches ou les entreprises ? Par ailleurs, en favorisant une culture des horaires longs, l’actuel gouvernement tourne le dos à sa volonté de repousser l’âge légal de départ à la retraite. L’on sait en effet que ceux qui ont connu les conditions de travail les plus pénibles, notamment en termes d’horaires, souhaitent quitter le marché du travail de façon précoce. Demander aux individus de demeurer plus longtemps sur le marché du travail, ce qui se conçoit dans une société dans laquelle l’espérance de vie en bonne santé s’accroît, suppose que ceux-ci aient bénéficié de conditions de travail «soutenables», d’une politique active de formation et qu’ils ne parviennent pas épuisés au seuil de leurs 60 ans. De plus, les horaires longs sont un obstacle à la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale et vont ainsi à l’encontre de l’égalité entre les genres. En effet, ce sont surtout les hommes qui pratiquent les horaires longs, obérant de ce fait leur participation à l’accomplissement des tâches éducatives et domestiques. La présence d’enfants dans le foyer incite les femmes, et parmi elles les femmes les moins qualifiées, à se retirer du marché du travail. Inégalités de genre et inégalités sociales viendront alors se cumuler.
Régression culturelle enfin, car ces projets sont focalisés sur la seule durée hebdomadaire du temps de travail, manifestant ainsi un retour à une conception fordiste, quantitative et monétisée du temps de travail (le temps comme mesure du travail). Cette démarche ignore tout des mutations intervenues dans les rapports que les individus entretiennent avec le travail. La valeur travail ne s’est pas diluée dans les 35 heures, mais l’identité de l’individu ne se constitue plus aujourd’hui par la seule activité de travail, mais au croisement de celle-ci avec les autres activités, familiales, domestiques, de loisir, sociales, citoyennes et personnelles. C’est en s’appuyant sur les opportunités ouvertes par la formation continue, le CET ou le congé parental que l’on donnera aux citoyens la possibilité d’assurer les transitions entre ces différentes activités dont l’intensité varie tout au long de la vie. Une telle approche amène à repenser le contrat social qui lie l’individu à la société à partir d’une durée du travail envisagée sur l’ensemble de la vie et non plus sur la seule base hebdomadaire qui renvoie à une conception archaïque et non solidaire de la régulation du temps de travail, qui va à rebours d’une «politique de civilisation».
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jeudi, 10 janvier 2008
Voeux de François Hollande à la presse

Je veux vous présenter, au nom de l’ensemble du Parti socialiste, nos meilleurs vœux pour l’année 2008.
En ce début d’année 2008, en entendant les uns ou les autres ou, plus exactement, toujours le même, je me disais que ce qui nous menaçait c’était en définitive la confusion des enjeux, le tourbillon des images, la perte de sens des mots qui sont utilisés ou proférés, l’instrumentalisation des peurs et, pour tout dire, la résultante de tout cela qui peut être le fatalisme ou la résignation.
Face à ces menaces, je veux former le souhait qu’en 2008 nous marquions deux volontés : la lucidité et l’engagement. La lucidité est indispensable, elle est au cœur de tout. Elle ne vaut pas simplement pour un parti, pour des hommes et des femmes eux-mêmes engagés. Elle vaut pour une société, elle vaut pour des citoyens.
Lucidité de l’état du monde qui est grave, préoccupant
Les tensions internationales sont encore lourdes. Ce qui se passe en Irak tous les jours, en Afghanistan, ce qui s’est produit au Pakistan avec les conséquences que l’on ne sait pas encore, ce qui est à l’œuvre en Iran, le conflit en Palestine –même s’il nous est dit aujourd’hui par Bush qu’il voudrait un traité de paix d’ici la fin de son mandat (il reste très peu de temps).
Il y a là toutes les causes d’un embrasement toujours possible. Et il n’en reste pas moins, même s’il peut y avoir ici ou là une espérance aujourd’hui peut-être de libération des otages en Colombie et demain le retour d’Ingrid Betancourt, que s’il n’y a pas un travail sur les causes mêmes des phénomènes qui sont là au cœur de toutes ces tensions, il y a toujours la crainte du pire.
Il faut aussi juger l’état du monde à travers les déséquilibres économiques mondiaux considérables : le prix du pétrole qui dépasse 100 dollars le baril, une montée de l’inflation et donc sans doute une remontée des taux d’intérêts, la récession possible aux USA, l’instabilité des monnaies ($ - Euro), et les délocalisations toujours présentes.
Il faut avoir cette lucidité, sinon nous sommes dans la peur ou la béatitude.
Lucidité de l’état de la France
L’état de notre économie est tout à fait inquiétant. Aucune des prévisions associées à la loi de finances qui a été votée à l’automne dernier n’est aujourd’hui réaliste.
La croissance de l’économie française pour 2008 sera sans doute plus proche des 1,5 % que des 2,25 % espérés. Elle sera l’une des plus faibles de la zone euro et est essentiellement due à l’atonie de l’investissement.
L’endettement public dépasse 65 % de la richesse nationale et le déficit de l’ensemble des administrations excédera les fameux critères européens et obligera à un plan de rigueur au lendemain des élections municipales.
Le troisième indicateur, et il est en définitive le plus révélateur de la faiblesse de notre économie depuis maintenant près de 6 ans, est le déficit du commerce extérieur. Nous venons d’apprendre qu’il atteindra sans doute 40 milliards d’euros en 2007. Pour la première fois depuis 1991, le déficit sur un mois de notre balance commerciale sera constaté hors énergie, c’est-à-dire hors du phénomène que nous connaissons aujourd’hui de montée du prix du pétrole. Cela en dit long sur l’ampleur de la dégradation de la compétitivité de l’économie française.
Il nous faut en pointer la responsabilité. Ce n’est pas un phénomène qui vient de l’extérieur. Ce n’est pas le défaut de travail des salariés. C’est l’incapacité qu’ont eue les gouvernants depuis 2002 de soutenir l’investissement privé, de faire un effort pour la Recherche, pour la qualification, pour la formation ; c’est l’absence de toute politique industrielle. Nous en voyons maintenant le prix.
Il faut le dire aux Français : on ne peut pas vivre avec une économie qui importe plus qu’elle n’exporte. Et ce n’est pas un phénomène européen. Au moment où nous allons avoir 40 milliards de déficits de notre commerce extérieur –record historique- l’Allemagne va dégager 200 milliards d’euros d’excédents. Là se trouve l’insuffisance de la croissance. Là se trouvent aussi les problèmes de pouvoir d’achat que rencontrent aujourd’hui nos concitoyens.
Voilà l’état de notre économie. Mais quel est aussi l’état social après 6 ans de droite au pouvoir et 8 mois de présidence Sarkozy ?
Le pouvoir d’achat et il faut que nous en parlions puisque d’autres ont omis de le faire dans une conférence de presse. Le pouvoir d’achat qui avait été le thème majeur de l’élection présidentielle est annoncé par les statistiques officielles comme devant être inférieur pour 2008 à ce qu’il a été –faible au demeurant- en 2007. Les Français n’ont rien à attendre des dispositions qui viennent d’être votées puisque, de l’aveu même de ceux qui les ont présentées, il n’y aura pas d’impact sur le pouvoir d’achat quand, dans le même temps, se creusent les inégalités entre les revenus du travail et les revenus du capital.
L’état de la France, c’est aussi ce que certains ont appelé une société de défiance : défiance à l’égard des pouvoirs publics, défiance à l’égard des entreprises, défiance même à l’égard des autres, de nous-mêmes, tellement nous doutons de notre capacité collective à agir, à produire et à vivre ensemble.
Ce n’est donc pas un problème de civilisation, mais tout simplement un problème de société dont les causes tiennent à l’état de notre démocratie et à la forme du pouvoir. Un exemple : il a fallu attendre le travail d’une rédaction pour que l’on apprenne le vrai chiffre des voitures brûlées la nuit de la Saint Sylvestre. S’il n’y avait pas eu ce travail, la Ministre de l’Intérieur serait encore en train de nous dire que cela a été une amélioration quand le travail journalistique permet de démontrer le contraire. Comment peut-on espérer du côté des citoyens une confiance dans les pouvoirs publics, dans l’information si, précisément, elle est sapée par ceux qui en ont la responsabilité.
Lucidité sur l’état de notre démocratie
Le problème n’est pas nouveau. La concentration des pouvoirs ne date pas d’il y a 8 mois ; l’opacité dans la décentralisation est aussi vieille que la décentralisation elle-même. Je reconnais bien volontiers que les partis politiques comme les syndicats existent avec des légitimités trop étroites. Je sais ce qu’il en est depuis trop longtemps du dialogue social dans notre pays, de la fragilité de la presse écrite, du considérable poids des médias audiovisuels détenus par quelques-uns. Mais, convenons quand même que, même dans ce contexte déjà préoccupant, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, les défauts du système sont devenus le système lui-même.
Nous sommes devant un pouvoir personnel. Et, paradoxalement, celui qui veut tout le pouvoir, exerce tout le pouvoir fait aveu d’impuissance. Le pouvoir est personnel parce que nous sommes tombés dans l’omniprésidence. Le Président décide de tout, mais aussi sur tout ; au-delà même de l’Etat, il est Chef de l’Etat, Chef de gouvernement, Chef de la majorité, Chef de l’UMP, Chef de campagne –il présentera bientôt les éléments de campagne pour les élections municipales devant l’UMP.
Nous sommes dans une confusion des genres. Cette position institutionnelle est aussi une posture personnelle : c’est le « Président moi-je ».
L’Etat, c’est « moi-je ». C’est « moi-je » par rapport aux institutions : dérive ultime de la Vè République. Il convoque hier le Parlement, comme s’il en avait le droit. Il voudrait même changer la Constitution pour s’inviter en permanence à l’Assemblée nationale et au Sénat. Ce serait plus commode. Méfiez-vous, il va s’inviter chez vous aussi, dans vos rédactions et peut-être à votre domicile ! Un de ses lointains prédécesseurs s’y était essayé, il venait déjeuner, dîner… Espérons qu’il n’en demandera pas davantage !
Président « moi-je » par rapport aux médias : il est votre invité d’honneur. Vous n’y pouvez plus rien ! Le pire, même ! C’est que le temps de parole qui est le sien n’est pas compté dans le temps gouvernemental et dans le temps majoritaire. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel que nous avons saisi se prétend lié par une décision du Conseil d’Etat ; les chaînes de télévision liées par le CSA. Et Nicolas Sarkozy n’est lié par rien, sauf à ses relations avec les propriétaires des grands médias. De la même manière, la fin de la publicité à la télévision publique n’est pas une mesure –comme on l’a dit- pour conforter le Service public. Il y faudrait là bien plus que des recettes exceptionnelles sur la publicité, mais l’augmentation de la redevance qui en termes de pouvoir d’achat n’aurait pas que des effets heureux. Cette annonce-là dont je ne sais ce qu’elle sera, n’est qu’un pourboire, une récompense, une compensation à je ne sais quel système de transport !
Et il y a le rapport à lui-même. Le sarkozysme n’est pas une doctrine, c’est un narcissisme. Un narcissisme compassionnel parce que le pire, c’est qu’il se plaint. Il nous parle de lui à satiété et ce que je demande aujourd’hui, c’est le droit de ne pas savoir. Mais, même quand on parle de lui, et qu’il a fait tout pour cela, il finit par s’en plaindre. Ce Président « m’as-tu vu » nous installe tous, citoyens, responsables publics, journalistes, en voyeurs. Nous ne voulons pas voir, nous connaître les résultats.
Un pouvoir impuissant
Le Président parle avec ses mots, avec ceux des autres –mais les mots appartiennent à tous et c’est d’ailleurs leur valeur. Nous sommes-là dans un régime du verbe. Nicolas Sarkozy capte, capture, picore ses références, concepts. L’essentiel pour lui est d’être dans le coup d’éclat permanent. Il multiplie les commissions –on en a recensé près de 100 ! commande des rapports, annonce des grenelle, convoque des prix Nobel. C’est l’illusion du mouvement, c’est l’art de la diversion, le sens du contre-pied qui peut aussi le faire trébucher ; on l’a vu sur les 35 heures.
Cette profusion révèle une impuissance. On lui parle aujourd’hui de relance de la consommation et il nous fait l’aveu : les caisses sont vides. Mais qui a donc vidé les caisses depuis 8 mois et peut-être davantage, si ce n’est une majorité qui a voté 15 milliards de cadeaux fiscaux et d’exonération de cotisations sociale ?
On lui parle de pouvoir d’achat et il s’en offusque. Comment ! Le débat politique se réduirait à la subalterne question, dérisoire affaire, médiocre revendication du pouvoir d’achat ! Il faut avoir une vision plus haute ! La civilisation ! Mais, la civilisation, cela rapporte combien au 1er janvier 2008 ? Et, quand on s’est proclamé le « candidat du pouvoir d’achat », le « Président du pouvoir d’achat », on doit rendre des comptes.
On lui parle de croissance et il répond comme d’autres à d’autres époques qu’elle ne dépend pas de lui, que l’environnement international décide de tout. Mais, n’était-ce pas le même Nicolas Sarkozy qui disait –formule audacieuse- qu’il irait « la chercher avec les dents » ? Je ne sais plus combien il lui en reste vu le résultat !
On lui parle de rupture et il précise qu’elle ne peut être faite en 8 mois. Nous en convenons. Mais, en même temps, nous rappelons que Nicolas Sarkozy avait été ministre pendant plus de 4 ans et demi avec la même majorité.
Je ne lui reproche pas d’agir, mais d’agir mal.
Un pouvoir inquiétant
Inquiétant d’abord sur le Droit du travail.
Sur la durée légale du travail : Nicolas Sarkozy vient de se contredire. Avant-hier, il en avait sonné la fin avec une formule gourmande, rapide, l’espoir de la fin des 35 heures à la fin de l’année 2008. Hier, il les a rétablies. Sa majesté a bien voulu concéder qu’il y aurait toujours les 35 heures, en précisant qu’il n’avait rien dit de différent.
Mais, l’intention demeure, car la lettre de François Fillon, Premier ministre, aux partenaires sociaux ouvre bien la possibilité d’accords dérogatoires non pour des assouplissements des 35 heures, mais pour le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Ce qui veut dire que dans les entreprises, si la formule du Premier ministre l’emporte et il faudra une loi, qui aurait un accord majoritaire, il serait possible de fixer une durée du travail supérieure aux 35 heures pour déclencher le paiement des heures supplémentaires.
Et il ne s’agit pas d’assouplissements qui ont déjà eu lieu à trois reprises : en 2003, le premier assouplissement avait porté le nombre d’heures supplémentaires de 130 à 180 h/an ; en 2004, le contingent d’heures supplémentaires avait été porté de 180 à 220 h. Et il est même possible, toujours selon un texte pris postérieurement de déroger par accord d’entreprise à ce contingent d’heures supplémentaires. On peut donc aller au-delà des 220 heures. Il y a néanmoins une limite ; la limite étant le droit européen : impossible de travailler sur une semaine plus de 48 h ; et le droit français : impossible de travailler plus de 44 heures par semaine sur 12 semaines consécutives.
S’il doit donc y avoir des accords d’entreprise après la lettre de François Fillon, ce ne sera pas sur les assouplissements, mais sur la dérogation à la durée légale de travail.
L’intention de Nicolas Sarkozy et du gouvernement n’est pas l’assouplissement, mais la fin de la durée légale du travail qui, certes, existera toujours dans le Code du travail, mais à laquelle il sera possible de déroger par des accords d’entreprise.
Sur le Contrat de travail : je souhaite que les partenaires sociaux trouvent un accord. Mais, s’il n’y avait pas d’accord, on connaît déjà ce qu’est la volonté gouvernementale. C’est la période d’essai qui, pour les cadres, pourrait aller jusqu’à un an –pas loin du CNE- et pour les autres salariés, une période d’essai de trois mois renouvelable. S’ajoute à cela le retour du contrat de mission. C’est-à-dire, dans une certaine mesure, la fin aussi du contrat à durée indéterminée.
Inquiétant, ensuite, sur le pouvoir d’achat
Les franchises médicales s’appliquent depuis le 1er janvier et ne sont qu’une première étape, compte tenu de l’ampleur des déficits.
Le plan de rigueur : il y aura une augmentation –elle est mécanique- de la Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) et le retour de la TVA qui n’est même plus habillée de social. Nous savons bien que, compte tenu de l’ampleur des déficits, compte tenu de la faible croissance, compte tenu des cadeaux fiscaux qui ont été accordés, compte tenu du fait que les caisses sont vides, c’est bien d’une augmentation de la TVA dont il s’agit. On l’appellera autrement peut-être : charge sur la consommation plutôt que sur la production. L’effet sera direct sur les Français.
Inquiétant aussi sur les principes
En matière de Droit pénal : un texte vient d’être voté à l’Assemblée nationale et il permettra, sans décision de justice, de prolonger un enfermement. Même s’il faut traiter cette question insupportable pour les victimes et leur famille des criminels récidivistes, la réponse ne peut pas être simplement des mesures d’enfermement au-delà de la peine ; faut-il aussi qu’il y ait traitement médical. On ne peut pas remettre en cause des principes du droit pénal, alors que ne sont pas aujourd’hui fournis les instruments du traitement médical dans les prisons françaises.
En matière de Laïcité : Dans le discours que Nicolas Sarkozy a prononcé le 20 décembre 2007, il y a eu là des conceptions qui ne sont pas celles qui ne sont pas seulement les nôtres car nous ne sommes pas propriétaires de la laïcité, mais qui sont les principes de toute la République, et notamment de tous ceux qui se sont succédés aux responsabilités du pays –hormis la période de Vichy- après le vote de la loi de 1905. Il y tient des propos sur la reconnaissance de la religion qui ne sont pas pour nous ceux d’une laïcité républicaine.
Quand Nicolas Sarkozy dit qu’’ un homme qui croit est un homme qui espère et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent », c’est laisser penser que, pour être de bons citoyens, il faut être d’abord des croyants. Je ne dénie pas aux croyants le fait d’être de bons citoyens, mais il a y aussi ceux qui ne croient pas ! Et qui espèrent pourtant, qui espèrent pour la vie d’aujourd’hui et pas forcément pour la vie au-delà de la vie.
Il ajoute :« La morale laïque risque toujours de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’inspiration à l’infini ». Cela voudrait-il dire que lorsque l’on n’a pas une aspiration à l’infini, on aurait une morale laïque qui pourrait tourner au fanatisme ? Mais, n’y a-t-il pas de la part de ceux –pas tous, une toute petite minorité- qui ont justement cette aspiration à l’infini le risque de tomber dans le fanatisme, parce que la vie ici-bas n’aurait pas de sens ?
Il poursuit : « Dans la transmission des valeurs, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ». Je remarque que, dans cette formule, l’imam et le rabbin ont été oubliés. Parce que, ajoute Nicolas Sarkozy « Il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».
Il faudrait donc, pour transmettre une morale, pour transmettre des valeurs, avoir le souci du sacrifice de sa vie ? Je ne dénie à aucun représentant religieux la capacité de fournir cette morale ; mais je ne lui reconnais pas cette capacité au nom de cette aspiration à l’infini, mais au nom de sa croyance, de sa valeur propre.
La laïcité n’a jamais été pour nous la négation des religions, au contraire, mais leur séparation dans l’espace public. Pour nous, la construction de la citoyenneté obéit d’abord à des principes fondés sur la laïcité.
C’est pourquoi, jamais la loi de 1905 n’a été aussi actuelle et précieuse. Et, je demande au Président de la République de clore définitivement le débat sur la remise en cause de cette grande loi républicaine.
Tel est le pouvoir aujourd’hui : pouvoir personnel, pouvoir impuissant, pouvoir inquiétant.
Face au « tout pouvoir », je veux faire du Parti socialiste en 2008 un contre-pouvoir. Pas simplement être contre le pouvoir, mais un autre pouvoir au service des Français.
Je fixe deux objectifs pour l’année prochaine :
Le PS doit être le premier parti de France à l’occasion des élections municipales et cantonales en termes de suffrage comme de collectivités dont nous aurions, si les électeurs nous donnent leur confiance, la responsabilité. Si nous voulons être un contre-pouvoir, il faut être le premier parti en France. C’est possible.
Le second objectif est que le PS doit devenir le parti de toute la France, en termes de génération, de diversité, de territoire, de catégories sociales. Ce sera l’enjeu de son Congrès au lendemain des élections municipales.
Etre un contre-pouvoir, c’est être une force à quatre dimensions :
- Une force d’opposition : à un système économique déséquilibré et à un ordre politique injuste.
Une telle opposition exige bien plus qu’une critique ou une dénonciation, mais une déconstruction des mécanismes économiques et politiques et une réflexion sur la mondialisation, la Nation, l’individu, et une imagination sur les outils des politiques publiques. Il faut faire le choix de la raison sur l’émotion, de l’intelligence collective sur les intuitions d’un seul, de la démocratie sur la dictature des circonstances et de l’urgence.
- Une force de proposition :
- D’abord sur l’Economie : compte tenu de ce nous décrivons de l’état de l’économie française, la première priorité est une politique qui renforce l’offre productive dans notre pays avec un investissement massif dans la Recherche, dans l’innovation, dans la qualification, dans la formation. Dans cette politique-là, il faudra aussi faire des choix industriels et avoir les outils correspondants. Il y a un débat sur la caisse des dépôts dont certains signes peuvent annoncer sa privatisation. Ou l’on en fait un fonds public à capacité d’investissement et pas simplement de protection –c’est parfois nécessaire face aux fonds souverains car il n’y a pas de raison que la France n’en dispose pas. Mais aussi avec une capacité d’anticipation, d’innovation. Voilà ce que doit être un instrument public et la Caisse de dépôts doit être cet instrument-là.
La deuxième priorité, c’est le désendettement public. Les allègements d’impôts, quand un pays connaît un déficit public proche de 3 %, un endettement public de 65 % de la richesse nationale, sont une augmentation d’emprunts. Tout allègement d’impôts qui a été consenti sera payé par les générations futures. Donc, le premier devoir –même s’il n’est pas plaisant à entendre- c’est d’éviter qu’il y ait des allègements fiscaux tels qu’ils ont été pratiqués depuis 6 ans et encore davantage depuis 8 mois.
La troisième priorité en matière d’économie, c’est la maîtrise des prix. Nous avons fait plusieurs propositions : la mise en place du chèque transport, la diminution de la TVA sur les produits de première nécessité et le respect de la loi sur le logement social. Et il faudra bien sûr une politique de revenus à travers la prime pour l’emploi et les conditionnalités des exonérations de cotisations sociales, non pas la négociation, mais la conclusion d’accords salariés.
- Sur la réforme des institutions : nous proposons une réforme des institutions fondée sur quatre principes :
o Des droits du Parlement (maîtrise de l’ordre du jour, capacité à voter la loi sans entrave…)
o Décentralisation : clarification des compétences, des responsabilités, des financements
o Démocratie sociale : reconnaissance des accords majoritaires fondés sur la représentativité réelle des organisations syndicales
o Droits des citoyens : capacité pour les citoyens de saisir le Conseil constitutionnel pour les exceptions d’inconstitutionnalité, mais aussi le vote des étrangers aux élections locales. On parle du changement du préambule de la Constitution, de la lutte pour la discrimination positive, mais avant de faire ces changements dont on parle et l’on verra lesquels, faisons au moins que ceux qui vivent sur notre territoire depuis longtemps, qui y travaillent, qui payent des impôts puissent voter.
- Sur la Diplomatie : Nicolas Sarkozy a évoqué une diplomatie de la réconciliation. Cela ne peut pas fonder une action politique extérieure. Se réconcilier avec qui, sur quoi, pour quoi, au nom de quoi ? La politique extérieure doit être, pour nous, fondée sur trois principes :
o Le premier : la paix, la recherche de la paix, et nous avons là suffisamment de sollicitation pour ne pas perdre notre temps.
o Le deuxième : ce sont les droits de l’Homme et les valeurs universelles. Cela n’appartient pas à un continent, à quelques pays privilégiés ! C’est le droit de tous.
o Le troisième : c’est le multilatéralisme et l’ONU. Il n’y a pas besoin de créer je ne sais quelle institution parallèle à l’ONU. Il faut revenir au cœur même des décisions qui se prennent au niveau du Conseil de sécurité et de l’assemblée de l’ONU.
- Une force d’action :
Nous revendiquons un pouvoir ; celui qui est à notre portée, celui des territoires de France, non pour faire des villes, des départements, des régions, des lieux de résistance ou de revanche par rapport à l’élection présidentielle, mais pour être utiles à nos concitoyens. Et les élections municipales et cantonales porteront aussi sur la question du pouvoir d’achat : transports publics, l’accès au logement, les gardes des enfants, l’accompagnement des personnes dépendantes, l’accompagnement scolaire, la fiscalité locale. Nous allons faire de la question du pouvoir d’achat, question secondaire maintenant pour Nicolas Sarkozy et principale pour nous, et du développement durable –double exigences de satisfaction de besoins immédiats et de préparation de l’avenir- le fondement de l’action publique.
Au lendemain des scrutins de mars, si la gauche qui s’est largement rassemblée à l’occasion de ces élections municipales peut être en capacité de gérer en plus des 20 régions métropolitaines (et des 4 de l’outre-mer), une majorité des départements et de nombreuses villes, rien qu’en termes d’investissements publics, elle sera en mesure de mobiliser plus de financement, plus d’actions structurelles que l’Etat lui-même en termes d’équipement civil. Cela veut dire que le pouvoir n’est pas seulement le pouvoir d’un seul, le pouvoir d’une famille politique, il n’est pas le pouvoir d’un camp qui a gagné l’élection présidentielle. Il est à prendre aussi, à revendiquer, à exercer à l’occasion des élections municipales. Il faut le dire aux Français pour qu’ils ne se découragent pas, qu’ils ne se désespèrent pas. La gauche peut exercer non pas simplement une parcelle du pouvoir, mais une part de la responsabilité publique et de l’utilisation des fonds d’intérêt général.
- Une force de rénovation : ce sera l’objet de notre Congrès qui portera sur tous les aspects de la vie du PS : Déclaration de principes, statuts, orientations, stratégies et leadership. Ce sera au lendemain des élections municipales que nous ouvrirons ce processus. Pas avant. Nous devons là être tournés vers les Français plutôt que vers nous-mêmes. D’ici là, le 20 janvier, aura lieu le rassemblement annuel de nos secrétaires de sections qui coïncidera avec le troisième forum de la rénovation sur l’individu et la solidarité et qui marquera le lancement de notre campagne pour les élections municipales et cantonales.
Une réunion du comité de liaison de la gauche –la troisième en trois mois- se tiendra le 22 janvier et une rencontre avec l’ensemble des organisations syndicales se tiendra fin janvier, début février.
CONCLUSION
L’année 2008 sera difficile pour les Français. Ils ne seront pas seuls face aux épreuves, réduits au silence de leur déception ou à l’expression de leur colère. Là est le rôle d’une force politique : offrir une traduction concrète d’une attente et d’une espérance. Permettre le changement partout où la possibilité d’action nous est offerte. Fournir une explication du monde et des choses.
Si j’ai un vœu personnel à formuler, c’est celui que les valeurs comme la raison, le respect, l’intérêt général l’emportent sur l’émotion, la facilité, l’argent et l’esbroufe.
Si la lucidité et la volonté l’emportent, j’ai confiance dans l’issue de cette confrontation. Elle est autant morale que sociale. Et peut-être jamais en ce début d’année nous n’avons eu autant besoin de rigueur morale et de justice sociale.
VŒUX DE FRANCOIS HOLLANDE
PREMIER SECRETAIRE DU PARTI SOCIALISTE
A LA PRESSE
JEUDI 10 JANVIER 2008
18:40 Publié dans Actualité Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 28 décembre 2007
Fillon envisage la suppression de la durée légale du travail

La durée légale du travail en France vit-elle ses derniers instants ? A peine plus d’un mois après les déclarations de Laurence Parisot, présidente du Medef, qui se demandait, le 21 novembre, s’il ne fallait pas «poser sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail», le Premier ministre semble en proie aux mêmes interrogations. Dans un courrier adressé, mercredi, aux organisations syndicales et patronales, François Fillon se demande «à quelles conditions de validité devrait être soumis un accord d’entreprise pour qu’il puisse librement déterminer les règles applicables en matière de durée du travail […]: seuil de déclenchement des heures supplémentaires, taux de majoration applicables […]». Autrement dit : comment supprimer la durée légale du travail, seuil à partir duquel sont comptabilisées les heures supplémentaires - et leur majoration à 25 % - en renvoyant sa détermination non plus à la loi, mais à la négociation d’entreprise.
Cette remise en cause de moins en moins masquée a fait réagir les organisations syndicales. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui voit dans cette proposition «la reprise quasi in extenso de la revendication du Medef», considère cette éventualité comme le début d’«une révolution du droit social en France». Aucune raison, explique-t-il à Libération, de ne pas déroger ensuite, par accord d’entreprise, au Smic ou à d’autres règles applicables à tous du droit du travail, pour aboutir à «un dumping social généralisé, à une concurrence entre entreprises sur des critères sociaux».
D’autres centrales syndicales font aussi remarquer que la fixation de la durée légale du travail à un niveau plus élevé que 35 heures serait également un bon moyen pour le gouvernement de faire des économies… en rognant sur une de ses propres lois votée en août et en grande pompe. En effet, les heures travaillées au-delà de la trente-cinquième heure ne seraient plus considérées comme des heures supplémentaires, elles ne bénéficieraient donc plus du régime de la loi Tepa et des avantages qui y sont attachés : exonérations de cotisations sociales et défiscalisation.
17:40 Publié dans Lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Derniers jours pour s’inscrire sur les listes électorales
Avis aux citoyens retardataires, les inscriptions sur les listes, en vue des municipales et des cantonales des 9 et 16 mars 2008, s’achèvent le 31 décembre. Les jeunes majeurs font l’objet d’une inscription d’office. Pour les autres, notamment ceux qui ont déménagé et n’ont pas encore déposé leur demande, pas de trêve des confiseurs qui tienne. Parcours fléché des démarches à suivre.
Où s’inscrire ?
Vous pouvez vous adresser au service des élections de la mairie, dans la commune où vous êtes domicilié ou dans laquelle vous résidez de façon continue depuis au moins six mois. Il est aussi possible de vous inscrire soit dans la commune où vous êtes assujetti à résidence en qualité de fonctionnaire, soit dans celle où vous payez des impôts locaux depuis au moins cinq ans (taxe d’habitation, taxe foncière, taxe professionnelle). Les jeunes électeurs, qui ont eu 18 ans en 2007 ou les auront avant le 9 mars, date du premier tour des deux scrutins, sont, en principe, inscrits automatiquement, même s’il leur est conseillé de vérifier la prise en compte de cette inscription auprès de leur mairie.
Quels documents présenter ?
Il faut remplir un formulaire d’inscription sur les listes électorales - délivré en mairie ou disponible sur le site www.service-public.fr -, présenter l’original de votre carte nationale d’identité ou de votre passeport en cours de validité et fournir une photocopie de ce document ainsi que d’un justificatif de domicile (facture EDF, avis d’imposition, quittance de loyer, etc.) ou d’un justificatif d’inscription aux impôts locaux depuis plus de cinq ans. En cas de domiciliation chez un proche, cette personne doit fournir une attestation certifiant que vous habitez bien chez elle et un justificatif de domicile.
Quelle procédure pour les ressortissants de l’Union européenne résidant en France ?
Autorisés à voter en France pour les élections municipales et européennes, ceux-ci peuvent s’inscrire sur des listes dites «complémentaires». Mais il s’agit de deux listes distinctes : les ressortissants de l’UE, qui se seraient inscrits uniquement pour les européennes, doivent donc renouveler leur demande pour le scrutin de mars. Enfin, pour les personnes qui viennent d’acquérir la nationalité française et qui n’ont pas encore obtenu une carte d’identité ou un passeport français, il est possible, pour s’inscrire, de présenter le certificat de nationalité ou le décret de naturalisation.
Pour plus de renseignements : http://democratie.cidem.org
17:35 Publié dans Actualité Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 12 novembre 2007
A LIRE Guy Mocquet au Fouquet's
GUY MOQUET AU FOUQUET'S (pamphlet-5 euros)
de Pierre-Louis Basse (auteur de Guy Moquet, une enfance fusillée)
Du Fouquet's à Malte, de la Rolex aux vacances somptuaires...lettre ouverte à Sarkozy..... "le faux dès lors qu'il pénètre durablement la société, devient le vrai d'aujourd'hui et demain. C'est la raison pour laquelle il vous fallait impérieursement en venir aux mains avec l'histoire.."
17:40 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 novembre 2007
Didier guillaume évoque la politique départementale
Pour évoquer la politique départementale, Didier GUILLAUME, Président du Conseil Général, sera demain matin,l’invité de RADIO F RANC E BLEU DRÔME ARDECHE
à 8 heures 10 et répondra aux questions des auditeurs et sur la libre antenne jusqu’à 9 heures.
Vous avez donc la possibilité éventuelle d’intervenir lors de la libre antenne si vous le souhaitez.
15:21 Publié dans Vie de la Section | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 17 octobre 2007
la pauvreté
La pauvreté progresse dans notre pays, pourtant cinquième puissance économique mondiale.
Aujourd’hui, 4 millions d’hommes et de femmes se situent sous le seuil de pauvreté. Parmi eux, plus d’un million d’enfants, et un million de personnes âgées subissant directement la baisse du taux de remplacement des pensions.
Les travailleurs pauvres sont également de plus en plus nombreux, ceux-là même qui essaient de travailler plus mais gagnent toujours moins. Ils sont confrontés à la crise du logement et à celle du surendettement ; ils sont le plus souvent rémunérés nettement en dessous du Smic puisque contraints au temps partiel subi ou à l’intermittence. Il est vrai que le taux de chômage est l’un des plus élevés de l’Union européenne.
La pauvreté se manifeste également à travers l’augmentation des renoncements aux soins (13 % de la population), faute de moyens financiers. On constate aujourd’hui dans certains quartiers mais également dans certaines zones semi-rurales, le retour de pandémies, en particulier chez les jeunes.
La précarité explique largement ce phénomène. En 2007, près de 80 % des embauches auront été en effet effectuées à titre précaire (CDD, intérim, CNE, saisonniers, temps partiel subi).
C’est le résultat de la politique de la droite depuis 6 ans. L’injustice représentée par les 15 milliards de cadeaux fiscaux accordés aux plus fortunés, l’été dernier, en est l’illustration la plus criante.
Cette situation inacceptable dans un pays où les inégalités de revenus se doublent d’une inégalité de patrimoines. Pour vaincre la pauvreté, il nous faut changer de politique.
Ainsi, il faut :
- privilégier l’emploi durable et mieux rémunéré et non la prime accordée aux entreprises qui multiplient les heures supplémentaires pour éviter d’embaucher.
- accorder une priorité aux logements sociaux et non des avantages fiscaux aux seuls propriétaires imposables.
- développer une politique de santé publique et non infliger des franchises médicales qui brident l’accès aux soins.
- proposer une réforme fiscale, respectant le travail, sanctionnant la rente par le renforcement de la fiscalité directe et progressive et la réduction de la fiscalité indirecte.
communiqué du bureau national du PS
14:17 Publié dans Actualité Sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 15 octobre 2007
réunion de section
La prochaine réunion de notre section aura lieu
à Beauvallon, salle robert Freyss à 18 heures 30
06:31 Publié dans Vie de la Section | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Contre les test ADN
Dans libé de samedi :
Ils ont signé la pétition initiée par SOS-Racisme, Charlie-Hebdo et Libération. Ils seront dimanche à 18 heures au Zénith pour «exiger le retrait de l’amendement Mariani» sur les tests ADN de la loi Hortefeux. Elles sont trois personnalités, de la culture, scientifique et politique. Trois parmi des milliers de pétitionnaires de droite comme de gauche, connues ou anonymes.
Michel Piccoli Comédien «Vrais pères, fausses mères, mais qu’est-ce qu’on s’en fout ?» «Je n’en peux plus depuis longtemps de ce monsieur qui a été notre ministre de l’Economie, de l’Intérieur et qui est aujourd’hui notre Président. Des pétitions, j’en signe depuis cinquante ans, j’ai commencé par me prononcer au moment de la guerre du Vietnam. Déjà, à l’époque, on disait que c’était une honte qu’un comédien s’occupe de ce qui ne le regarde pas, que j’allais ruiner ma carrière. C’était déjà très comique à l’époque mais M. Sarkozy doit savoir qu’en France, il n’y a pas que les chanteurs de la Concorde. Je ne supporte pas qu’on nous ait imposé ce ministère de l’Immigration. Qu’est-ce que c’est que ce flicage ?Mais là, ces tests ADN impliquent que l’on se mêle de l’amour entre un père, une mère et leurs enfants, qu’ils soient les leurs biologiquement ou qu’ils soient adoptés, c’est leur problème, on n’a pas à bouleverser leur histoire. De vrais pères, de fausses mères, mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? Nicolas Sarkozy ferait mieux d’assouplir les conditions de l’adoption. Au lieu d’empêcher des enfants d’entrer, il devrait aider les parents qui veulent adopter à l’étranger. Quant aux déclarations de François Fillon sur le «détail», c’est pour moi l’apolitisme le plus honteux. Dire des choses importantes qu’elles sont un détail, c’est un procédé qu’on a déjà connu avec les camps de concentration. Fadela Amara, a, elle, eu une réaction de femme ni pute ni soumise. C’est bien qu’on sorte de ce discours diplomatico-hypocrite.»
Axel Kahn Généticien «Un message d’égoïsme»
«Je dis aux parlementaires : ne faites pas de caprice
s, retirez cet amendement. Il est inutile, il demeure néfaste. Thierry Mariani l’a dit lui-même, ce dispositif est devenu «une usine à gaz», les tests ne concerneront qu’un nombre infime de personnes, une centaine peut-être par an. Il est néanmoins dévastateur au regard de notre définition, sociale, de la famille, car il indique la possibilité de réduire la filiation à une définition biologique.Mais il y a plus, cette loi est inhumaine. Dans l’Afrique malheureuse, il y a des femmes généreuses qui adoptent des orphelins, survivants de massacres, de famines, d’épidémies. Ces tests ADN apprendraient à ces enfants qu’ils n’appartiennent pas au lignage de la mère qui les a adoptés, aimés, et qu’ils aiment. Ainsi, la République française, dont la générosité a inspiré la Déclaration universelle des droits de l’homme, enverrait à ces femmes un message d’égoïsme : si vous voulez un jour rejoindre votre mari émigré en France, soyez prudentes, n’adoptez pas d’enfants. Cet amendement déshonore la France.»
François Goulard Député UMP du Morbihan «Le combat est aujourd’hui largement symbolique»
«Je suis contre cet amendement ADN. Je l’ai dit, je le répète. Mon engagement est public. Je trouve donc logique de participer à une manifestation qui réclame son retrait. Dimanche soir, il y aura sans doute plus de personnalités de gauche que de droite. Peu m’importe. La question dépasse largement les clivages partisans. Je pense qu’il est bon de montrer qu’il y a aussi à droite, des hommes et des femmes attachés au respect des droits de l’homme. Je suis convaincu que beaucoup de parlementaires UMP n’ont pas osé exprimer une opinion défavorable mais que, dans leur for intérieur, ils sont d’accord avec moi. Ancien ministre de la Recherche, je ne peux, pour ma part, qu’être sensible à la présence de nombreux scientifiques également hostiles à cette disposition. Le combat est aujourd’hui largement symbolique. L’amendement, sous-amendé deux fois, par l’Assemblée nationale puis par le Sénat, est inapplicable et vide de sens. Mais je fais de son retrait une affaire de principe et de morale politique.»06:20 Publié dans Lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
5ème risque dépendance
Communiqué de
Pascal TERRASSE, Secrétaire national à la Santé
Elisabeth AUERBACHER, Secrétaire nationale adjointe au Handicap
et Luc BROUSSY, Délégué national aux personnes âgées
Nicolas Sarkozy détourne le projet de « 5ème risque »
aux bénéfices des assurances privées
Lors de son discours de politique sociale, Nicolas Sarkozy a abordé la question de la création d’un 5ème risque dépendance en faveur des personnes âgées et handicapées. Présenté comme un grand chantier présidentiel, la création d’un 5ème risque apparaît depuis hier comme un immense chantier de démolition !
En 2001, la création de l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie (A.P.A.) par le gouvernement de Lionel Jospin avait constitué un immense progrès dans la prise en charge des personnes âgées puisque aujourd’hui plus d’un million de personnes en bénéficient. Le succès de cette allocation tenait notamment dans la suppression de toute récupération sur succession.
Mais, alors que le 5ème risque était présenté jusqu’ici comme une étape marquant un progrès supplémentaire par rapport à l’APA, l’esquisse qu’en a dressé hier Nicolas Sarkozy s’apparente en réalité à un recul dramatique.
Pas la moindre trace d’un euro supplémentaire dédiée à la prise en charge de la dépendance dans le discours du Président de la République. En revanche, deux annonces fortes ont émaillé son discours : la « prise en compte plus juste des capacités contributives des personnes ainsi que de leur patrimoine » et le « développement de l’assurance individuelle contre le risque de dépendance »
En clair, les Français n’auront d’autre recours face à la dépendance que leurs propres moyens : soit en utilisant leur patrimoine, soit en contractant des assurances privées. Nicolas Sarkozy sonne ici le glas de toute perspective de prise en charge solidaire de la dépendance dans notre pays.
06:16 Publié dans Actualité Sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 03 octobre 2007
Inhumaines reconduites
ÉTRANGERS EN FRANCE, TÉMOIGNAGES ET ANALYSES
Par Tassadit IMACHE, écrivaine, assistante sociale, ancienne membre de la Commission nationale de déontologie de la sécurité.QUOTIDIEN LIBERATION : mercredi 3 octobre 2007
Ici, une assistante sociale est menacée de poursuites en justice parce qu’elle a refusé d’indiquer aux policiers l’adresse des personnes dont elle s’occupait. Là, on entend un fonctionnaire du ministère du Travail décliner publiquement le rôle qu’on lui prévoit dans le grand jeu de traque collective. Non ! Il n’a pas le profil, c’est une erreur de casting ! «Ce n’est pas mon job !» disent, l’un après l’autre, ces fonctionnaires : comme l’avaient dit, à leur manière, les parents des camarades des enfants de sans-papiers, ce n’est pas leur job de parents de laisser faire ça, et les enseignants non plus, ce n’était pas leur job de regarder ailleurs, de se boucher les oreilles, de laisser emporter sous leur nez ou dans leur dos leurs élèves. Et voilà qu’aujourd’hui le ministre de l’Identité nationale se fâche très fort contre «l’élite administrative» (quelle promotion !) qui prétendrait par ses atermoiements contrarier la volonté de l’entité nouvelle, vague, absolue : le peuple. Mais y en a-t-il encore dans ce pays dont le job est d’être de bons républicains ? se demande-t-il sûrement… Oui, Monsieur le Ministre, j’en ai connu un, moi, et qui disait aussi, d’une voix grave où perçaient la colère et le découragement : «Peut-être va-t-il falloir dire qu’il n’y a pas de manière humaine de reconduire de force une personne à la frontière…» (1). Non, Monsieur le Ministre, ce ne sont pas les propos de l’un de ces opposants que vous appelez l’engeance bien-pensante de salon, auxquels vous reprochez de ne pas comprendre que tous ces gens-là doivent être chassés et mis dehors avec célérité et sérénité ! C’est un homme du terrain. Oui, un fonctionnaire de police, qui avait dû faire beaucoup de reconduites forcées à la frontière. Mais plus que sa fonction, c’est sa qualité d’humain qui le faisait penser et parler ainsi ; de travers en somme, selon vous Monsieur le Ministre ?
Et voilà qu’aujourd’hui d’autres fonctionnaires murmurent aussi un peu fort. Eux qui ne vivent et ne savent même pas ce que vivent les reconduits et ce que savent les escorteurs… Ces gestes d’abord qu’on leur enseigne - professionnels et techniques bien sûr -, mais tous bons techniciens qu’ils deviennent sur le terrain, des spécialistes en «passagers raccompagnés», il y a quelque chose d’imprévu, qui les fatigue terriblement, leur mine le moral peu à peu, une sorte de langueur non professionnelle, qui corromprait à force n’importe quel cœur vaillant de fonctionnaire ! Mais non, je vous assure, Monsieur le Ministre, celui qui a dit cette phrase n’était pas une recrue sortie de l’école, au cuir trop tendre. Il en avait fait beaucoup des escortes d’étrangers sans papiers ! Et même il pouvait dire que ça ne se passait pas mieux hier qu’aujourd’hui. On fermait les bouches au gros scotch, on ficelait comme on pouvait, on poussait dans l’avion, à coups de claque et coups de pied au cul, les récalcitrants. Mais il n’y en avait pas tant ! C’est autre chose et autrement, aujourd’hui. Il y a des tableaux et des grilles. Jour et nuit, les fax crépitent dans les cabinets des préfectures. C’est la grande chaîne administrative de la reconduite à la frontière qui les prend, les suit, ne les lâche plus, leur grésille à l’oreille ou leur aboie dessus, sur le Motorola, jusqu’au pied de l’avion ! «Démerde-toi ! Il monte dans l’avion, et il ne redescend pas !» Coûte que coûte il faut remplir la mission. L’action, le stress ne déplaisent pas aux fonctionnaires de police.
Après tout, leur job, leur vocation, c’est de planquer, de courser, d’attraper les méchants… pour protéger les plus faibles. Mais justement ceux-là qu’on menotte, qu’on pousse ou qu’on traîne, ce sont les plus faibles, et à la fin, sur le tarmac, ce sont eux, les policiers, les méchants.
Et le plus dur, c’est d’apprendre à tricher, à mentir à tous ceux qui pourraient la faire annuler, échouer- la reconduite : les juges, les associations caritatives, les médecins, les infirmières. Et faire peur aux assistantes sociales et aux hôtesses de l’air, menacer dans son propre avion un commandant de bord ! Tous ces nouveaux ennemis qu’on leur fabrique ! Alors, il y a des primes, on leur promet plus de jours de repos. Et pour le moral, on leur conseille de se concentrer sur la technique. C’est le protocole rationnel, un «truc» contre le stress qui dédramatise la souffrance de l’autre. On garde les yeux bien fixés sur la procédure et ses mains dans les gants épais, prévus contre les morsures.
Il y a tout un cérémonial. Il faut juste travailler un peu sa voix et savoir son texte. Avec les désespérés, le ton est essentiel : «Ca va aller, tout va bien se passer !» On répète ça pendant qu’on les saucissonne au scotch, des pieds à la tête. Qu’ils comprennent tout de suite qu’il ne faut pas résister. Dire aussi, sans élever la voix, que c’est la loi qui a voulu ça, le préfet, le juge, le président de la République, le peuple français, le répéter, sans se fâcher, naturellement. Et puis y aller de la menterie, apprise par cœur, qu’on sert en boucle dans le fourgon et jusqu’au bas de l’avion : «Faut pas résister, sinon tout est fini, ce sera écrit sur les tablettes de la République, et plus jamais vous ne foulerez le sol de France ! Mais si vous vous tenez tranquille, vous pourrez revenir, en toute légalité ! Faut pas résister, sinon ça se passe mal et ça fera mal, c’est idiot !» Enfin les monter à l’horizontale comme des choses. Une fois assis, bien menottés, sur le siège, on leur récite encore le conte de fée, qu’ils se tiennent tranquilles jusqu’au décollage. De la psychologie diplomatique de dissuasion.
Alors ce fonctionnaire-là a son credo, qu’il récite à l’intérieur : «Faites qu’il ne bouge pas ! Qu’il ne me morde pas, qu’il ne me crache pas au visage, qu’il ne se chie pas dessus, qu’il ne pleure pas ! Surtout qu’il ne crie pas !» Car une fois fermement maintenus sur le siège, certains se tiennent droit, des spectres silencieux, résignés, d’autres se cabrent encore sous les gants des escorteurs. Et puis les vrais voyageurs montent. On prie pour qu’ils s’assoient vite. Qu’ils vous tournent le dos. Avec leurs yeux, leurs oreilles, eux, leurs regards, leurs questions de citoyens. Au pire, faire aussitôt corps avec le reconduit, l’incliner, le plier, qu’on ne le voit plus, qu’on ne l’entende pas, surtout qu’ils ne soient pas vus ainsi, lui et leur honte. Mais parfois la procédure rate, le désespéré s’est déplié, se redresse et crie ! C’est incroyable ce qu’une bouche est capable de faire pour dire qu’on existe encore - cette bouche qu’il faut essayer de fermer ! C’est le problème des nuisances phoniques. Alors il y a ce geste technique et professionnel qui a un joli nom : la «modulation phonique». On coupe le souffle et la circulation d’un coup, le pouce appuyé sur la carotide. Le cerveau du reconduit n’est plus irrigué. Et on attend. A un moment, on ne l’entend plus, enfin ! Cette voix humaine…
(1) Propos tenus après les décès d’un Argentin, Ricardo Barrientos, et d’un Ethiopien, Mariam Getu Hagos, après une reconduite forcée en décembre 2002 et en janvier 2003.
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mardi, 02 octobre 2007
Nicolas Sarkozy détourne le projet de « 5ème risque »
Communiqué de Pascal TERRASSE, Secrétaire national à la Santé
Elisabeth AUERBACHER, Secrétaire nationale adjointe au Handicap
et Luc BROUSSY, Délégué national aux personnes âgées
5ème risque dépendance :
Nicolas Sarkozy détourne le projet de « 5ème risque » aux bénéfices des assurances privées
Lors de son discours de politique sociale, Nicolas Sarkozy a abordé la question de la création d’un 5ème risque dépendance en faveur des personnes âgées et handicapées. Présenté comme un grand chantier présidentiel, la création d’un 5ème risque apparaît depuis hier comme un immense chantier de démolition !
En 2001, la création de l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie (A.P.A.) par le gouvernement de Lionel Jospin avait constitué un immense progrès dans la prise en charge des personnes âgées puisque aujourd’hui plus d’un million de personnes en bénéficient. Le succès de cette allocation tenait notamment dans la suppression de toute récupération sur succession.
Mais, alors que le 5ème risque était présenté jusqu’ici comme une étape marquant un progrès supplémentaire par rapport à l’APA, l’esquisse qu’en a dressé hier Nicolas Sarkozy s’apparente en réalité à un recul dramatique.
Pas la moindre trace d’un euro supplémentaire dédiée à la prise en charge de la dépendance dans le discours du Président de la République. En revanche, deux annonces fortes ont émaillé son discours : la « prise en compte plus juste des capacités contributives des personnes ainsi que de leur patrimoine » et le « développement de l’assurance individuelle contre le risque de dépendance »
En clair, les Français n’auront d’autre recours face à la dépendance que leurs propres moyens : soit en utilisant leur patrimoine, soit en contractant des assurances privées. Nicolas Sarkozy sonne ici le glas de toute perspective de prise en charge solidaire de la dépendance dans notre pays.
20:40 Publié dans Actualité Sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 29 septembre 2007
La vente de logements HLM une question complexe
Le conseil municipal de rentrée de Grenoble, lundi dernier, s'est tenu au lendemain d'un événement important, le Congrès de l'Union Sociale pour l'Habitat qui s'est déroulé la semaine passée à Lyon. J'ai donc souhaité évoquer la question du logement en ouverture de cette séance du Conseil municipal et faire part de mon sentiment quant à l'enjeu des discussions engagées entre le gouvernement et l'Union sociale pour l'Habitat, dont l'issue est essentielle pour Grenoble.
J'ai retenu principalement deux éléments positifs du discours de la Ministre du logement
- la nécessité absolue de construire davantage de logements avec l'annonce d' un objectif ambitieux : 500 000 logements par an, dont 120 000 sociaux.
- la volonté de développer l'accession sociale à la propriété. C'est ce que nous avons déjà initié, ici, à Grenoble dans le quartier Teisseire avec 8 maisons réalisées par Grenoble Habitat et que nous poursuivons dans le cadre de l'aménagement de la Caserne de Bonne et des ZAC Teisseire-JO et Mistral.
Toutefois, je ne peux cacher mon inquiétude au sujet de la volonté gouvernementale de favoriser la vente de logements HLM, avec un objectif très ambitieux de 40 000 ventes annuelles.
A priori, nul ne peut y trouver à redire : quoi de mieux en effet que de proposer à des locataires sociaux de devenir propriétaires de leur propre logement ? J'y suis donc évidemment favorable sur le principe mais je reste prudent quant aux modalités de mise en œuvre. Le risque est grand, en effet, que les effets d'annonces génèrent des attentes et des illusions qui ne pourront être satisfaites. C'est pourquoi certaines règles simples doivent être respectées permettant principalement que les ventes de logement aux locataires soient totalement sécurisées et ne conduise pas les nouveaux propriétaires dans des situations dramatiques où ils ne pourraient pas faire face aux charges d'entretien ou de rénovation
Par ailleurs, comment ne pas craindre que le Gouvernement prenne le prétexte de ces futures ventes pour réduire les financements qu'il apporte au logement social alors même qu'ils sont déjà très insuffisants ? Il est certain en effet que ce n'est pas le produit de ces ventes qui permettra de financer les logements sociaux nécessaires dans notre pays.
Il est à cet égard indispensable que les modalités de la vente soit définies en partenariat étroit avec les collectivités locales qui financent depuis longtemps la construction.
Loin des slogans, si nous voulons que la belle question de la vente HLM ne se transforme pas en grave désillusion pour nombre de nos concitoyens, il est donc indispensable et urgent que le Gouvernement engage une concertation avec tous les acteurs concernés – notamment les villes – et annonce qu'il renonce à la menace d'un passage en force au Parlement.
Pour résumer, je suis prêt à m'engager, et à engager la Ville de Grenoble et les offices HLM, dans cette démarche de vente de logements aux locataires à condition de le faire sans démagogie. C'est d'ailleurs ce que nous avons déjà mis en œuvre avec Actis à Teisseire ou la SDH au 130 galerie de l'Arlequin pour favoriser une plus grande mixité.
Blog Michel DESTOT député Maire de GRENOBLE
11:28 Publié dans Vu sur internet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









