mardi, 24 avril 2007

10 bonnes raisons de refuser Nicolas Sarkozy


1. Nicolas Sarkozy, c’est la précarité de l’emploi généralisée.
Le candidat de l’UMP veut "fluidifier" le marché de travail en instaurant un contrat unique calqué sur le CNE /CPE. Avec lui, c’est la fin des CDI, la fragilisation des droits des salariés et la précarisation généralisée de l’emploi. Il l’a d’ailleurs reconnu : "Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher " (, 24 janvier 2007)

2. Nicolas Sarkozy, c’est la remise en cause des acquis sociaux.
Dans son programme, le candidat de l’UMP défend l’idée que les chômeur s devront dorénavant exercer une activité pour pouvoir bénéficier d’allocations chômage ou le RMI. Voilà le retour des travaux forcés !

3. Nicolas Sarkozy, c’est l’instauration de la sélection à l’entrée de l’université.
Cherchant à mettre en concurrence les universités publiques et privées, Nicolas Sarkozy veut restreindre l’accès à l’université des bacheliers par la sélection.

4. Nicolas Sarkozy, c’est le développement de l’école privée au détriment du public.
Nicolas Sarkozy, en tant que président du Conseil général des Hauts-de-Seine, continue à financer largement la "fac PASQUA&quo t; avec des fonds publics. Dans la même logique, il souhaite promouvoir les écoles privées et supprimer les Zones d’Education Prioritaires qui permettent pourtant de donner plus de moyens aux établissements des quartiers les plus défavorisés.

5. Nicolas Sarkozy, c’est la société des héritiers.
"Tout devient possible"… pour les plus riches ! En se prononçant pour la suppression des droits de succession, Nicolas Sarkozy construit un système qui va reproduire, génération après génération, les inégalités plutôt que de les réduire. C’est la concentration des richesses dans les mains des héritiers.

6. Nicolas Sarkozy, c’est la fin de la sécurité sociale.
En instaurant une franchise pour les remboursements de soins et en favorisant le développement du secteur privé, Nicolas Sarkozy met profondément à mal la sécurité sociale et ouvre la voie à la privatisation totale du secteur de la santé en France.

7. Nicolas Sarkozy, c’est une France atlantiste.
A plusieurs reprises, le candidat de l’UMP s’est prononcé pour un rapprochement entre la France et les Etats-Unis dont il est fasciné. Fustigeant "l’arrogance française", Nicolas Sarkozy privilégie l’axe franco-américain à la construction européenne.

8. Nicolas Sarkozy, c’est le "tout répressif".
Alors que politique de lutte contre l’i nsécurité qu’il a mené depuis plusieurs années, a eu des résultats désastreux, Nicolas Sarkozy compte poursuivre le "tout répressif" en abaissant la majorité pénale de 18 à 16 ans et en multipliant les mesures sécuritaires et inhumaines.

9. Nicolas Sarkozy, c’est la remise en cause des libertés publiques.
Au nom de la lutte contre l’insécurité, le Ministre de l’Intérieur a déjà rogné de nombreux droits fondamentaux et fragilisé le principe de séparation des pouvoirs en stigmatisant les magistrats et les décisions de justice. Dans la même logique, Nicolas Sarkozy remet, par exemple, en cause le droit de grève.

10. Nicolas Sarkozy, c’est la stigmatisation des plus précaires.
Profondément populiste, le candidat de l’UMP cherche en permanence des bouc-émissaires pour expliquer ses échecs. Dans son projet, il s’attaque de nouveau aux plus démunis et aux immigrés. En limitant l’immigration aux seuls besoins du marché, Nicolas Sarkozy réduit les étrangers à une seule force de travail sans considération pour leur équilibre social et familial.

Ségolène Royal tend la main vers François Bayrou, et dénonce le Soutien de Berlusconi à Sarkozy

VALENCE, Drôme (d'après AP et Reuters) -

Ségolène Royal a mis François Bayrou au pied du mur, lundi, en lui proposant un débatmedium_3325634083.jpg "public et transparent" sur la base du pacte présidentiel socialiste pour rechercher des "convergences" et "construire ensemble l'avenir du pays" après la présidentielle.

"La France a tout à gagner à l'ouverture des idées pour sortir des blocages d'un système dépassé. C'est pourquoi je propose un dialogue public sur la base du pacte présidentiel", a déclaré la candidate socialiste à la presse avant son premier meeting d'entre deux tours à Valence devant 5 à 6000 spectateurs enthousiastes.

Ségolène Royal a également dénoncé lundi soir le soutien du leader conservateur et ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi à son rival de l'UMP Nicolas Sarkozy, affichant son refus de "cette Europe à la Berlusconi".

"J'apprends que Berlusconi soutient Nicolas Sarkozy. Je ne veux pas de cette Europe à la Berlusconi", s'est-elle exclamée.

A la mi-journée, l'ancien président du Conseil italien avait apporté son soutien au candidat UMP. Le second tour de la présidentielle en France "verra s'affronter deux conceptions de la politique et de l'économie, et naturellement nous sommes des supporters de Sarkozy", a-t-il déclaré.

En vue du second tour du 6 mai, la candidate de gauche a appelé ses partisans à la mobilisation. "C'est dans chaque rue et dans chaque quartier, dans chaque maison qu'il vous appartient de porter ce mouvement d'espérance, ce souffle d'avenir, cet espoir de réconciliation, cette France rassemblée", a-t-elle convié, alors que retentissait une alarme incendie. La mairie UMP de Valence avait interdit à la candidate socialiste de tenir meeting en plein air comme elle l'envisageait.

"C'est une dynamique, c'est un souffle que nous devons porter. J'en ai le courage, j'en ai la volonté, j'en ai l'exigence", a-t-elle conclu.

LA MAIN TENDUE A FRANçOIS BAYROU

L' offre de "main tendue" au président de l'UDF survient 24 heures après l'annonce des résultats du premier tour, qui ont consacré le candidat centriste en "troisième homme" incontournable, avec 18,55% des voix.

Elle est formulée en outre à l'heure où le Parti socialiste doit composer avec l'un des scores les plus bas de tous les candidats de gauche réunis - moins de 40% des suffrages.

Dans la matinée, François Hollande, premier secrétaire du PS, avait implicitement appelé François Bayrou - auteur d'une virulente campagne contre Nicolas Sarkozy avant le premier tour - à faire un pas supplémentaire vers la gauche tout en rejetant les "tractations d'appareil" avec l'UDF.

Dans les jours qui viennent, la première femme à avoir une chance réelle d'accéder à l'Elysée s'apprête à donner d'autres gages au centre - une ouverture inédite pour le PS depuis la "parenthèse" du gouvernement Rocard, qui compta jusqu'à dix ministres de droite entre 1988 et 1991.

BAYROU, DELORS, COHN-BENDIT, PRODI...

L'ancien Premier ministre avait d'ailleurs appelé à une alliance PS-UDF dès avant le premier tour pour contrer la "coalition Sarkozy-Le Pen".

Promettant de rester à l'écart de toute "combinaison" faite "dans le dos des électeurs", la candidate avait alors rejeté la proposition, mais des voix s'étaient élevées au PS pour saisir la balle au bond, s'agaçant tout au plus du "mauvais timing" de l'offre rocardienne, formulée trop tôt à leurs yeux.

Ségolène Royal tiendra mardi matin à Paris une réunion de travail avec l'ancien ministre social-démocrate de l'Economie Jacques Delors, qui devrait intervenir lors d'un des meetings de la candidate, la semaine prochaine.

Mardi soir, lors de son meeting de Montpellier, Ségolène Royal aura à ses côtés Daniel Cohn-Bendit, député européen écologiste et partisan d'une grande alliance entre les socialistes, le centre et les Verts.

Caution européenne de cette stratégie de "main tendue", Romano Prodi, président du Conseil italien, doit également faire une apparition lors d'un des meetings d'entre deux tours.

L'ancien président de la Commission européenne a porté la semaine dernière sur les fonts baptismaux son Parti démocratique, une grande alliance de centre-gauche allant des ex-communistes à La marguerite, l'aile gauche de la démocratie-chrétienne.

A Valence, une étape de campagne montée à la dernière minute pour ne pas laisser le champ médiatique libre à Nicolas Sarkozy, la candidate socialiste a appelé chacun à ses "responsabilités".

Elle a remercié les six autres candidats de gauche d'avoir annoncé dès dimanche qu'ils se rangeaient derrière elle pour le deuxième tour mais, a-t-elle ajouté, "pour faire gagner la France, il faut demander une autre dimension à notre rassemblement".

Cet appel s'adresse donc au président de l'UDF "si François Bayrou souhaite cette main tendue et ce dialogue autour du pacte présidentiel".

"IL VA DIRE NON"

La candidate du PS, du PRG et du MRC, qui a lu une déclaration de sept minutes imprimée sur une petite feuille blanche, a précisé avoir laissé un message téléphonique à François Bayrou pour le prévenir "par simple politesse" du contenu et de l'imminence de sa déclaration. "J'attends une réponse", a-t-elle déclaré en regardant les caméras.

Ségolène Royal a fixé cinq points de discussion sur lesquels des "convergences" pourraient être trouvées au terme d'un débat "sans arrière-pensées, sans a priori": la rénovation de la vie politique, un Etat impartial et les libertés publiques, le "refus des tensions dans les villes et les quartiers", "la relance de l'Europe" et "les priorités éducatives et écologistes".

Il ne s'agit ni d'un "ultimatum" ni d'une "pression" exercée sur le candidat centriste, qui doit tenir une conférence de presse mercredi pour préciser sa stratégie, a-t-elle assuré. Et si ce dernier accepte et qu'un accord est trouvé, elle en tirera "toutes les conséquences".

"Il va dire non. Il va rester dans le ni droite ni gauche", pronostique un proche de Ségolène Royal. L'offre de la présidente de Poitou-Charentes a le mérite de mettre le candidat de l'UDF devant ses contradictions, ajoute-t-il.

"François Bayrou doit sortir du bois, de la forêt. Il ne peut pas toujours être au milieu", a estimé Pascal Terrasse, président du Conseil général de l'Ardèche. "Il y a une forme de responsabilité de François Bayrou qui est forte", a-t-il ajouté. Si Nicolas Sarkozy est élu président le 6 mai, il sera "responsable et coupable".

 

lundi, 23 avril 2007

Ségolène à Valence

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  2ème tour de l’élection présidentielle

 

 

Ségolène ROYAL

à VALENCE 

LUNDI 23 AVRIL

18h30- Place du Champ de Mars

vendredi, 20 avril 2007

Le changement c'est Royal !

Le blog n'aura pas de nouvelles notes jusqu'à dimanche soir;

 pour respecter ce principe : nous fermons momentanément  la possibilité de faire des commentaires. Nous comptons sur votre compréhension,  


Dimanche ne revivons pas un 21 avril et  surtout ne passons pas à côté de cette page d'histoire qui sera grande et riche avec  Ségolène Royal , présidente : votons Ségolène Royal, qui est la seule candidate de  gauche  à pouvoir remporter  une victoire.et surtout autour de nous appelons à voter : chaque voix compte
 

Les mots D'Ariane Mnouchkine seront la conclusion de cette note et de cet appel en faveur de Ségolène Royal

"...............O nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. O ce jour-là nos visages... les avons-nous déjà oubliés ? La honte de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée ? Voulez-vous les revoir, ces visages ? Moi, non.

............
Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.
 
Dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang ! Vite ! Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante. Je parle des couleurs de l'Europe, à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte.

 

 

Pourquoi nous voterons Ségolène par Jean DANIEL


 

NOUVELOBS.COM |


"SI NICOLASSarkozy est élu (…) nous n’aurons aucune excuse. (…) J’appelle donc François Bayrou et Ségolène Royal, avant le premier tour, à s’engager dans la voie d’une alliance." Ségolène Royal a repoussé cette proposition en la déplorant. François Bayrou a fait la même chose mais en s’en félicitant. En tout cas, l’appel de Michel Rocard – relayé par Bernard Kouchner et Claude Allègre - n’a pas atteint son objectif déclaré. Ce sont donc les deux candidats, autant l’un que l’autre, auxquels il s’est adressé qui, selon son expression, n’auront pas d’"excuse" devant l’Histoire.

Incident de parcours ? Non. Les répercussions de cette affaire n’ont pas disparu pour autant. Elles se sont aggravées dans la mesure où la mise sur le même plan de Ségolène Royal et de François Bayrou risque de démotiver un certain nombre d’électeurs de gauche qui se laissent au surplus persuader qu’au second tour, seul François Bayrou pourrait vaincre Sarkozy. Ainsi la conjonction de l’appel et des refus auront achevé de brouiller les cartes. Au point de ne pas exclure qu’un Le Pen – oui, Le Pen - puisse en profiter.

     Que l’initiative de cette affaire vienne de Michel Rocard évoque chez nous plus de souvenirs que de surprise. Nous l’avons souvent aidé à lancer un pavé dans la mare, notamment en 1978, après la défaite de la gauche aux élections législatives. Il avait alors fait à la télévision une déclaration incendiaire et nous en avions tout simplement fait notre Une, ce que François Mitterrand devait mettre longtemps à nous pardonner. Autrement dit, nous avions déjà pour cet homme, Michel Rocard, dont le discours parfois trop intellectuel nous en imposait, un respect complice et nous admirions qu’il n’exclue pas le scandale pour défendre ses vérités.

Reste qu’aujourd’hui, quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, il nous faut répondre à deux questions. Si Rocard se doutait de la réaction des deux destinataires de son appel, pourquoi l’a-t-il lancé ? C’est un fait qu’il n’a jamais cessé de se rebeller contre sa famille et d’en être la victime. Il se trouve que lorsqu’il a hurlé ses certitudes, ce fut chaque fois après avoir été marginalisé par ses camarades socialistes. Or on ne peut pas dire aujourd’hui que Ségolène Royal ait accordé au plus brillant pourvoyeur d’idées de la gauche la considération à laquelle il peut prétendre. On ne peut pas dire non plus que le Parti socialiste se soit, dans un passé récent, soucié de le promouvoir. On l’a même récemment écarté de la candidature à la présidence du Parlement européen, faute aussi absurde et inexcusable que de n’avoir pas confié à Jacques Delors, en 2001, la présidence de la Commission constituante européenne, finalement attribuée à Valéry Giscard d’Estaing. En tout cas, aucun patriotisme de parti n’a conduit Rocard à imiter ceux qui, après avoir considéré les succès de la candidate comme une disgrâce, ont observé la dure discipline du ralliement. Lionel Jospin ne manque pas d’autorité lorsqu’il procède à ce rappel à l’ordre.

     La seconde question, plus importante, consiste à savoir si, formulées de cette manière, les idées qui nous sont communes peuvent ou non avancer. Quelles idées ? En un mot, il s’agit d’arriver à réaliser en France une vraie social-démocratie dont chaque homme de gauche pourrait être fier. Rappelons quelques jalons de cette histoire. Au moment où François Mitterrand marchandait encore son estime pour les socialistes scandinaves sous le prétexte incroyable qu’ils demeuraient en grande partie dans la dépendance"du capitalisme et des puissances de l’argent", nous avons essayé, avec des hommes comme Mendès France, comme Jacques Delors, comme Michel Rocard, comme Edmond Maire et quelques autres de montrer que la social-démocratie était désormais la seule forme de socialisme adaptée au monde moderne et que toutes les nations européennes, sauf la France, en avaient tenu compte.

Il y a un nom de ville qui est souvent répété lorsque l’on rappelle ces débats, c’est celui de Bad-Godesberg, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. C’est là que les socialistes allemands, en 1959, ont proclamé leur rupture avec toute espèce de collectivisme et leur ralliement à une forme contrôlée de l’économie de marché. Bad-Godesberg n’a cependant cessé de sonner aux oreilles des socialistes français comme l’exemple d’une trahison ou comme le rappel d’une lâcheté. Ce que nous avons ici le plus reproché à François Mitterrand – et j’en ai fait tout un chapitre d’un livre paru de son vivant et auquel, d’ailleurs, il a répondu – c’est de n’avoir pas eu le courage de théoriser ni de faire le choix stratégique d’assumer les heureuses réformes – le retour de la"rigueur" - auxquelles l’avaient conduit en 1983 le plus élémentaire réalisme européen et financier. Sur ce plan, je me souviens que Pierre Mauroy, que l’on aurait pu croire plus traditionaliste, nous avait donné raison.

Imposée par l’hégémonie stalinienne, la peur de paraître s’éloigner d’une"stratégie de rupture avec le capitalisme" a obsédé un nombre insoupçonné de responsables socialistes. La vérité est qu’il y a une tradition anti-social-démocrate dans le Parti socialiste français. Et quand les percées réformistes ont lieu, elles sont opérées dans une sorte de clandestinité. Les blocages sont loin d’avoir disparu et il était important qu’ils fussent dénoncés comme nous y invite une nouvelle génération d’économistes réformateurs. Il est évident d’autre part que, privée d’une majorité parlementaire, la social-démocratie peut très bien gouverner avec la droite républicaine – c’est ce qu’elle fait partout en province.

Il n’y a donc pour nous de désaccord avec Rocard que sur la date qu’il a choisie pour lancer son cri. Il y a trois mois, ce discours n’aurait manqué ni de prestige ni d’ascendant. Aujourd’hui, nous sommes à la veille du premier tour de l’élection présidentielle et la résignation à une élimination de Ségolène au premier tour, même si l’on pense que cela peut faire battre Sarkozy au second, est symboliquement très grave pour la gauche. Ce serait la défaite sinon l’éclatement d’un grand parti.

La réaction simple n’est-elle pas de tout faire pour que pas une voix ne manque à Ségolène Royal ? Ce n’était apparemment pas l’avis de Michel Rocard qui pensait qu’une entente entre Ségolène Royal et François Bayrou leur donnerait à tous les deux plus de chances. François Bayrou vient de montrer qu’il était loin, quant à lui, de partager cet avis. Quant à certaines réactions de la gauche, elles étaient prévisibles. Elles ressuscitent le rassemblement des socialistes qui ont voté non au Traité européen et elle provoquent l’unité de la gauche de la gauche, dont les voix additionnées peuvent frôler les 12%.

Il s’agit alors de bien plus que d’un choix de personne. Ou bien on mobilise l’opinion en faveur de Ségolène avec l’idée qu’elle a donné déjà un certain nombre de gages qui l’éloignent de la tradition anti-social-démocrate, qu’elle est plus prête que d’autres, plus libre pour prendre des initiatives comme celle, par exemple, de demander à Jacques Delors de jouer le rôle qu’elle ne peut plus confier à Michel Rocard. Ou bien, parce qu’on le pense plus en situation de gagner face à Sarkozy, on choisit de promouvoir François Bayrou qui a pourtant été très longtemps le compagnon de ce Sarkozy qu’il combat aujourd’hui.

Pour ma part, c’est en somme parce que je suis resté rocardien que je souhaite la clarté d’une victoire de Ségolène Royal. Elle suscite encore des réticences, en partie explicables par la rémanence d’un machisme à la française. Maisson parcours au milieu des embûches et des obstacles, sa résistance aux attaques et aux pièges, le progrès notable de ses interventions sur les plans européen et économique, la présence à ses côtés de certaines fortes personnalités, comme Dominique Strauss-Kahn, et des parrainages qui feront surprise, comme celui de Jacques Delors, tout nous fait espérer que cette candidate sera une grande dame et une vraie présidente. Et n’insistons pas, surtout, sur ce qu’on lui reproche. Puisque j’ai déjà fait allusion à l’histoire de ce journal, nous nous souvenons trop bien de ce que nous avions écrit contre François Mitterrand avant qu’en bien ou en mal le sort ne lui réserve, dans l’Histoire, la majesté d’une stature de premier plan. J.D.

 

jeudi, 19 avril 2007

Contrairement à Sarkozy, "mon projet, c'est vous!", dit Royal

C'est dans un Parc des expositions de Toulouse archi-comble que Ségolène Royal participe à son ultime meeting électoral avant le premier tour.

Plus de 15.000 personnes ont rejoint les trois halls du Parc pour ce rassemblement, traditionnellement organisé en terre toulousaine depuis que Jean Jaurès luttait, comme député, aux côtés de mineurs du département voisin du Tarn.medium_1601271739.jpg

François Mitterrand avait pour chacune de ses victoires respecté cette tradition et Lionel Jospin, s'il n'avait connu son échec surprise du 21 avril 2002, n'aurait pas non plus dérogé à la règle.

C'est peut être d'ailleurs en raison du "syndrome du 21 avril" que l'entourage de Ségolène Royal avait choisi au dernier moment d'annuler une réservation du Stadium pour l'entre-deux tours, préférant respecter cette tradition, mais en l'avançant de quinze jours.

Sous un soleil printanier, les sympathisants s'étaient massés plus de deux heures avant les premiers discours devant les grilles du hall.

"On n'a jamais vu ça", a déclaré à Reuters un vigile de ce Parc. "Ici, on fait des meetings pour la droite et la gauche, mais tant de bus, tant de gens plus de deux heures avant, franchement, c'est du jamais vu".

Autre signe évident de cet engouement, le carré VIP situé près de l'estrade des orateurs avait été pris d'assaut par les personnalités souvent près d'une heure avant la prise de parole de la candidate socialiste, prévue à 20h00.

Avaient ainsi pris place pèle mêle Jean-Louis Bianco, Henri Emmanuelli, Elisabeth Guigou, Jean-Pierre Chevènement, Jean Glavany, Christine Taubira mais aussi François Hollande, Danielle Mitterrand et son fils Gilbert ou Laurent Fabius.

Invité vedette de ce meeting placé sous le signe de l'Europe, José Luis Zapatero faisait partie des invités, tandis que derrière lui avaient aussi trouvé place Arnaud Montebourg, Michel Sapin, Harlem Désir et François Rebsamen notamment.

"BON AUGURE"

Terre de rugby oblige, trois prestigieux représentants de l'ovalie étaient présents aussi : l'ancien entraîneur du XV de France, Jean-Claude Skrela, mais aussi deux joueurs tricolores, Christian Califano et Jean-Baptiste Elissalde.

"Ma présence ici ce soir est logique et naturelle. En plus, tout cela me rappelle les meetings avec François Mitterrand. Cela fait chaud au coeur et c'est de bon augure", a expliqué Jean Glavany.

"Quoi qu'il arrive désormais, c'est un grand soir pour notre parti mais aussi pour les femmes car c'est déjà un grand évènement que Ségolène soit en position d'être élue. Et en si bonne position", a dit de son côté Elisabeth Guigou.

En expert rugbystique, Jean-Claude Skrela y allait de son briefing d'avant-match : "Si j'étais le patron de cette équipe, à laquelle j'adhère complètement, je dirais aux joueurs, dans les vestiaires comme maintenant, que le mental va beaucoup compter pour le premier match. Pour le second, la finale, je leur dirais que cela va se jouer sur des détails, sur des mots, sur des petites fautes". 
 
Ségolène Royal a dénoncé la volonté de Nicolas Sarkozy de vouloir "prendre le pouvoir" uniquement pour lui-même et a promis en revanche de son côté de rendre le pouvoir aux Français si elle accédait à l'Elysée.

Le projet du candidat de l'UMP "c'est de prendre le pouvoir. Le mien c'est de vous le rendre pour écrire avec vous l'histoire de France", a lancé la candidate socialiste à la présidentielle.

"Son projet, c'est lui. Mon projet, c'est vous!", a-t-elle poursuivi sous les applaudissements et les cris "Ségolène présidente".

"Les conservateurs préfèrent toujours les pays repliés sur eux-mêmes car c'est alors plus facile d'engager les divisions. Oui le pays est en déclin mais le peuple ne l'est pas!", a-t-elle affirmé.

"Moi je vois au contraire un peuple français en mouvement. Les Français sont repartis de l'avant! Il y a une force, un enthousiasme qui ne demandaient qu'à être réveillés", a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes devant un grand panneau "La France juste et forte".

"Un souffle se lève! Vent debout, cet appétit d'ordre juste, ce désir d'un changement profond s'appelle la France présidente", a-t-elle déclaré, citant son slogan de campagne présidentielle.

lettre ouverte de J M Jeanneney (ancien ministre du Génèral de Gaulle) pour apporter son soutien à Ségolène Royal

voici la "Lettre ouverte à Ségolène Royal" qu' a adressée Jean-Marcel Jeanneney, le dernier ministre survivant, avec Pierre Messmer, du général de Gaulle au Nouvel Observateur


"MADAME, je ne vous ai entendue et vue qu’à la télévision. Mais vos propos, votre manière d’être, ont fait que, depuis plusieurs mois déjà, j’étais enclin à voter pour vous le 22 avril. Ayant lu attentivement votre livre, "Maintenant", je ne doute plus de le faire.

Je suis un très vieux monsieur. Ministre du Général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l’honneur d’être reçu par lui à Colombey, après qu’il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu’il avait décidé.

Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n’a guère eu de chef d’Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu’allait être l’évolution du monde et percevant ce qu’étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n’ai jamais cru à la possibilité d’un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers.

Cela dit – et sans vouloir vous écraser sous une telle référence en vous assimilant à cette très haute figure – j’ai le goût de vous dire que je constate d’assez nombreuses analogies entre ses idées et les vôtres, telles qu’elles apparaissent au long de vos trois centaines de pages. D’abord le volontarisme politique, puis l’attachement à la nation, à son passé et à son avenir, comme fondement nécessaire aux solidarités entre les individus vivant sur son sol ; la prise en compte des aspirations populaires mais sans soumission systématique à l’opinion ; l’idée, que de Gaulle énonça dès mars 1968 dans un discours à Lyon, que les activités régionales sont les ressorts de la puissance économique de demain ; encore, le fait que la France, dans un mode menaçant, ne doit pas renoncer à une puissance militaire forte.

Entre vous et lui, il est encore un trait commun : quand on lui exposait un problème de façon abstraite, il vous interrompait : "Alors ! Pratiquement, que proposez-vous ?" Or toujours vous proposez ou esquissez une solution concrète.

J’ajoute que vous rejoignez le général de Gaulle sur trois points, de grande importance. Le premier est la sobriété que vous voulez dans le comportement quotidien de la présidence de la République et du gouvernement. Le deuxième est le recours à l’article 11 de la Constitution, que vous devrez inévitablement utiliser pour modifier celle-ci, en particulier concernant le Sénat. Le troisième est que, comme lui, vous vous appuyez sur un parti, ce qui est indispensable, mais que, comme lui, vous êtes d’un tempérament assez fort pour pouvoir, quand besoin est, vous en affranchir.

Madame la candidate, je vous souhaite de tout cœur bonne chance et vous assure de la grande considération que j’ai pour votre culture gouvernementale, pour votre intelligence, votre sensibilité et votre caractère."

 

Coïncidence. Au moment où Jean-Marcel Jeanneney nous adressait cette lettre, dont il n’est pas nécessaire de souligner l’importance et l’originalité, Jean-Noël Jeanneney, son fils, quittait la présidence de la Bibliothèque Nationale de France. "Atteint par la limite d’âge", comme on dit. Mais derrière ce crétinisme administratif, il y a le sectarisme partisan : avant de quitter le pouvoir, Jacques Chirac sature la haute administration de ses créatures, dont évidemment l’ancien ministre de François Mitterrand n’était pas. Jean-Noël Jeanneney aurait très bien pu bénéficier des dispositions qui ont permis aux présidents de l’Opéra de Paris ou du Musée Guimet d’achever leur mandat au-delà de cette limite... Ségolène Royal a promis de mettre fin à ces mœurs claniques. En attendant, saluons celui qui est devenu en cinq années seulement un grand président de la BNF. Il lui a redonné la sérénité, l’initiative, la fierté de sa mission. Grâce à lui, la BNF a quitté la rubrique des faits divers et des conflits sociaux pour celle de la recherche et de la culture. Un grand serviteur de l’Etat ! Jacques .Julliard (nouvel obs.).

Ségolène Royal appelle à un vote d'audace

Ségolène Royal, qui juge être "une promesse d'audace sécurisée", appelle pour la première fois à "un vote utile", dans une interview à Métro.

 

Ségolène Royal, lors d'un meeting, le 16 avril 2007 à Nantes

Ségolène Royal, lors d'un meeting, le 16 avril 2007 à Nantes

(AFP)
La candidate socialiste Ségolène Royal se déclare "confiante", appelant les Français à "un vote d'audace" et "un vote utile, positif" dimanche au premier tour de l'élection présidentielle.
"Je suis confiante. J'appelle à un vote utile, positif. Pour que les Français disent : 'c'est bien, on est content, on a une super présidente de la République qui va redonner de la fierté à la France, qui va régler les problèmes'", déclare Ségolène Royal dans un entretien dans le journal gratuit Métro de mercredi 18 avril.
C'est la première fois que la candidate socialiste emploie l'expression "vote utile", une référence à l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle de 2002 au profit de Jean-Marie Le Pen.

"Moi, je suis une promesse d'audace sécurisée"
 
La candidate PS "demande aux Français un vote d'audace", ajoutant: "Moi, je suis une promesse d'audace sécurisée".
"Il y a encore 17 millions d'électeurs indécis. Ils sont en train de réfléchir. J'y vois la marque d'une exigence. Ce que je propose, c'est de réformer la France sans brutaliser, de réconcilier solidarités, responsabilité individuelle et efficacité économique", poursuit la candidate.
S'agissant de sa proposition de Contrat Première Chance, Mme Royal estime "qu'elle a été comprise" par les Français. "Je veux à la fois sécuriser le salarié et l'entreprise (...) On n'est pas du tout dans la logique du CPE qui permettait aux entreprises de licencier les jeunes sans justification".
 
Déjà une "idée" de son futur Premier ministre
 
A la question de savoir si elle a déjà "une idée" pour son futur Premier ministre, elle répond: "Oui bien sûr. Je veux que les Français sachent que je suis prête, que j'ai la meilleure équipe, et qu'elle gouvernera tout de suite".
"Mes premières mesures porteront sur la hausse des bas salaires et des petites retraites, le soutien scolaire gratuit dès la rentrée de septembre, le plan de lutte contre le chômage des jeunes, le plan contre le surendettement et les abus bancaires, la mise en place de la police de quartier", ajoute-t-elle.
Enfin, Ségolène Royal n'exclut pas d'habiter à l'Elysée. "Le seul critère, c'est l'intérêt de l'Etat. Lorsque ça sera nécessaire, j'y serai. Ce sont les contraintes de la fonction". (avec AP)

mercredi, 18 avril 2007

discours d'Anne-Marie Rème-pic , candidate aux législatives lors de la réunion du changement


 

Chers amis, chers camarades

 

 

Merci d’être venus si nombreux ce soir pour accueillir Benoit HAMON, député européen,

Merci d’être venus pour ce meeting de soutien à notre candidate aux élections présidentielles Ségolène ROYAL, à Etoile .

Merci à Marie-José Faure, conseillère générale de Portes les Valence et maire de Beauvallon.

 

4 jours avant le 1° tour des élections présidentielles, c’est la fin d’une rude campagne. Qui nous aurait dit que si près du 1° tour, il y aurait encore tant d’incertitudes , tant d’hésitants ? 30%.

Peut-être y a-t-il des indécis dans cette salle ? nous allons être efficace pour les convaincre ensemble.

Dans la Drôme, nous avons tout fait pour éclairer le vote des électeurs , avec Didier Guillaume, Michel Grégoire, et tant d’autres militants et élus, nous avons organisé et tenu des réunions du Changement dans toute la Drôme, dans tous les cantons, une espèce de Tour de Drôme du Changement Comme, Cher Benoit, tu fais toi un Tour de France du Changement pour soutenir Ségolène Royal.

Ce que vous vivez ce soir, ce n’est pas la campagne devant la télé ou la lecture d’articles de journaux : c’est du Live , du direct, c’est la proximité à laquelle nous croyons pour notre démocratie.

 

Après le temps de la présidentielle viendra très très vite le temps des élections législatives, en juin.

Nous y sommes prêts dans la Drôme, avec 4 candidats. Michel Grégoire, 1° vice-président du Conseil génèral dans la circonscription de l’arrière-pays, Zabida Nakib-Colomb dans celle de Valence , Catherine Coutard dans celle de Romans et moi-même dans celle de Montélimar.

 

Vous attendiez dans cette circonscription un député sortant qui se représente,

vous avez une nouvelle personne,

vous attendiez un homme,

vous avez devant vous une femme,

vous attendiez un spécialiste de l’économie

et vous avez une scientifique,

ce n’est pas une erreur de casting, mais la suite d’un tsunami politique qui est passé sur notre circonscription en février dernier. C’est du passé, l’avenir est devant nous. Merci aux militants de la 2° circonscription qui travaillent à mes côtés , merci à Didier Courbière qui a bien voulu accepter d’être mon responsable de campagne et à Roger Couderc d’être mon mandataire financier ?

Je suis devant vous ce soir désignée par les militants socialistes et en campagne pour apporter mon soutien à la candidate de la gauche qui avait su me convaincre dès les primaires socialistes ….qui ont fait honneur au Parti Socialiste et ringardisé ce qui se passait ailleurs. C’est très tôt que j’avais choisi de lui apporter publiquement mon soutien. Ensuite elle a su convaincre le MRC, (JP Chevénement était hier soir à Romans),

Le PRG ( Jean-Michel Baylet le Président était il y a 3 semaines au Teil en meeting avec F Hollande…)…quand la gauche se rassemble, elle est imbattable, croyez-moi.

 

Je me sens proche de la manière de Ségolène Royal de faire de la politique, par exemple des débats citoyens participatifs qu’elle a voulu, plus de 5 000 tenus dans toute la France.

Dans la Drôme, j’ai conduit en tant que vice-présidente chargée du Logement Les Assises du Logement en 2006 qui ont été une belle réussite de travail participatif avec tous les acteurs du logement. architectes, promoteurs, associations de locataires, associations d’insertion, urbanistes…

Ce travail a guidé le Département vers des décisions politiques. Nous étions forts de pouvoir nous appuyer sur cette mobilisation citoyenne, pour faire voter à l’unanimité des élus et pour porter ainsi l’espoir pour les milliers de drômois en attente d’un logement correct et abordable.

 

Dans la Drôme, nous savons que la crise du logement y est grave et touche les personnes au RMI comme ceux qui travaillent tellement les prix ont grimpé depuis 5/ 10 ans

J’applaudi les engagements de la candidate Ségolène Royal : le construction de 120 000 logements à loyer modéré par an, le service public de la caution, le « bouclier » logement qui garantit qu’un ménage aux ressources modestes ne dépensera pas plus de 25% de ses ressources pour se loger. Voilà qui est de la justice sociale.

 

Ségolène parle haut et clair : dans notre Drôme, vieille terre radicale, la laïcité qu’elle aborde fièrement ça a un sens.

Oui, c’est une règle de vie en société démocratique qu’il ne faut jamais se lasser de répéter, particulièrement en cette fin de campagne électorale.

Le refus du racisme et de la ségrégationsous toutes ses formes est à réaffirmer chaque jour dans notre pacte républicain, ne croyons pas que ça soit fait une fois pour toutes…

Alors ici, prés du Vercors et du souvenir de ses maquis, prés du mémorial de Mirmande, du souvenir de la bataille de Montélimar à la Libération, à la mémoire de Lucie Aubrac cette grande figure de la résistance de notre Région, dénonçons sans relâche les thèses de Jean-Marie LE PEN. Parce qu’elles sont scandaleuses, et qu’elles abusent des électeurs tombés dans le désespoir ou le désenchantement . Rien de bon ne peut sortir d’un bulletin de vote LE PEN. Et si ce personnage est présent au 2° tour, c’est l’absence de choix pour les français entre un projet de gauche et un projet de droite

Il avait manqué 200 000 voix à Jospin pour être présent au 2° tour, c’est presque rien c’est 2 bulletins de plus pour Ségolène Royal dans chaque bureau de vote de notre pays !!! Ségolène doit être présente au second tour, elle le sera grâce à notre mobilisation dans les 5 jours qui nous restent pour convaincre.

La société française comme nous la voulons, à gauche en tout cas, ne peut pas être la juxtaposition de communautés qui au mieux s’ignorent, au pire se battent. Aucune société de paix et de progrès ne peut se construire sur la séparation de groupe religieux, sexistes ou culturels.

Le candidat qui défend le communautarisme dans cette élection, c’est N Sarkozy, et c’est pour cela qu’il est dangereux pour la République.

C’est le candidat du libéralisme le plus sauvage, celui qui lâche le renard libre dans la basse-cours libre comme disait mon père.

N Sarkozy, c’est le candidat du CAC 40, de la toute-puissance des affaires, des grands groupes financiers. C’est Bouygues le parrain de son fils, C’est Lagardère qui le considère comme son frère. Le libéralisme veut toujours plus pour l’actionnaire dans une mondialisation croissante et toujours moins pour le salarié. Et accepter ce libéralisme sans un pouvoir fort de régulation de l’Etat, c’est laisser dépecer notre tissu industriel. Et péricliter notre modèle social auquel tous les français sont attachés depuis la Libération.

 

 

C’est le candidat du pouvoir excessif sur les médias, celui qui veut les journalistes à sa botte.

Mefions nous.

Sarkozy veut être président de la République depuis qu’il est tout petit, paraît-il, mais il veut plus, beaucoup plus que ça. Il veut tout, tout dans ses mains, tout pour lui, tout à lui. Il veut rester ministre de l’intérieur, on le voit bien, c’est là où il vibre le plus. Il veut devenir ministre de la justice, et enfin décider qui a tort ou raison partout, il veut tenir les affaires étrangères pour se placer plus encore sous la bannière étoilée de Busch à qui il est allé faire allégeance …vous vous en rappelez.

Danger, grand danger que cette soif de pouvoir absolu .

Ce candidat UMP a un culot monstre. L’avez-vous entendu parler de son bilan, lui qui a été ministre de l’économie et des finances, et ministre de l’intérieur de l’Etat UMP depuis 2002 ?

La montée de la précarité, les 25% de plus de personnes au RMI, l’explosion du travail à temps si partiel qu’il ne permet pas de vivre , il n’y serait pour rien ?

Les émeutes urbaines qui ont duré 3 semaines dans les banlieux, Il n’y serait pour rien ?

L’augmentation des violences aux personnes de 17%, l’augmentation des violences contre les policiers qui sont passées de 5 000 agressions par an Jospin/Chevénement à 11 000 sous Villepin/Sarkozy, il n’est pas concerné le ministre de l’intérieur ?

L’émeute de la gare du Nord il y a quelques jours, c’est le pompom. C’est pas sa faute le fossé qui s’est creusé entre la population et la police (alors qu’il est plus ministre de l’intérieur depuis 24h), ce n’est pas la faute de la droite…et bien, je vous le donne en mille, heureusement que vous êtes assis, c’est la faute de la gauche, et tenez, c’est particulièrement la faute de Ségolène Royal. Elle donnerai l’absolution à celui qui voyage sans billet !

Alors que Ségolène Royal, vous la connaissez, elle n'est pas cool sur ces choses là, c’est le moins qu’on puisse dire.

 

Vous remarquerez que je n’ai pas encore parlé du 4° de la partie de carte : François BAYROU. La droite était déjà représenté par deux individus LE PEN et SARKOZY, et voilà qu’elle prend une forme un peu déguisée sous un capuchon, une forme onctueuse et pateline ; c’est François Bayrou. Il dit qu’il n’est ni de gauche ni de droite, ne nous laissons pas attraper par ce sermon du dimanche. Il est de droite il a été de plusieurs gouvernements de droite, il est élu lui et sa vingtaine de députés avec des voix de l’UMP. Il promet que s’il est élu Président, il gouvernera avec les meilleurs de Droite et les meilleurs de gauche . Mais ne gobons pas cette promesse, regardons ses actes, et par exemple, s’il a mis en œuvre ce rapprochement dans le département du Sud-Ouest où il est Président du CGl. Et bien non, chers amis, chers camarades. Ce qu’il veut faire pour la France, il n’a même pas essayé de le faire dans le conseil général qu’il préside. Je crois que ça rend inutile de parler plus longtemps de ce 3° candidat de droite.

 

En France, on dit souvent qu’il faut que s’établisse un lien direct entre un candidat et le peuple français pour faire de ce candidat un Président de la République. Une Alchimie particulière qui dépasse quelquefois les idées,

Interrogez-vos proches : est-il possible que la France soit incarnée pendant 5 ans par un Nicolas Sarkozy avec le caractère qu’il a ?

Cette soif de pouvoir absolu, ce plaisir qu’il trouve dans l’affrontement au lieu de rechercher le dialogue républicain, cette agressivité qui transpire de toutes ses postures, ses écarts de langage qui n’en sont pas parce qu’ils révèlent sa pensée profonde , sur l’inné et l’acquis, sur la prédisposition aux actes de pédophilie, ou au suicide , propos qui ont profondément choqué dans le pays.

Qui croit sérieusement qu’il a changé ?

Qui croit qu’il changera si par malheur il était élu Président ?

 

Celle qui incarne le mieux la France, c’est Ségolène Royal.

Un changement de génération, une femme solide, ( quelle campagne ! et c’est pas fini ) , une femme qui défend des valeurs de gauche et qui veut les voir mises à exécution dans notre pays (Oui, elle veut gouverner, elle à la différence d’autres candidats de gauche…).

En discutant avec nos amis et nos voisins, mobilisons faisons se cristalliser le vote des 30% d’indécis encore

Il faut que nous fassions tout pour que Ségolène ROYAL soit qualifiée au 1° tour et qu’elle arrive en tête . Elle le mérite , la France la mérite.

 

Quelques phrases d’une grande figure du théatre Ariane Mnouchkine au sujet de Ségolène, avec ses mots d’artiste qui sauront trouver le chemin de votre cœur .
 

Anne-Marie REME-PIC


Réunion du changement en photos


 

Avant la réunion, on ne perd pas de temps on prépare la distribution des tracts pour les législatives : il faudra une majorité à Ségolène Royal pour mettre en œuvre son pacte présidentiel.


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Ce n’est pas l’enthousiasme qui nous manque.


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Claude rappelle les nombreuses réunions du changement qui se sont étalées sur mars et avril, pour évoquer le pacte présidentiel et soutenir Ségolène Royal. Auparavant il y avait eu les débats participatifs avec les citoyens .


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Marie-Jo Faure a rappelé qu’être suppléante ce n’était pas une simple formalité c’était la continuité d’un engagement aux côtés d’Anne-Marie Rème-Pic pour porter les valeurs que l’on retrouve dans le pacte présidentiel.

 

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Anne-Marie est partie de la tradition radicale, laïque humaniste de la Drôme pour évoquer les enjeux d’un changement nécessaire à notre pays (le discours sera disponible sur le blog prochainement). Elle a terminé son intervention par des extraits du texte fort de la réalisatrice Ariane Mnouchkine ; «  Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection présidentielle, et pour celle-ci plus que pour toute autre, il s'agit aussi de sentiments…………….Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.


Dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang ! Vite ! Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante. Je parle des couleurs de l'Europe, à qui nous « manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte. »

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Pierre Jouvet, Responsable des MJS dans la Drôme a dénoncé la politique du candidat sortant Sarkozy, ces effets néfastes et a rappelé que Bayrou n’était en aucun cas une solution puisqu’il a soutenu dans tous ses votes la politique Sarkozy-Villepin-Rafarin (il ya seulement eu une motion de censure votée par 1/3 de l’UDF). La seule voie du changement c’est bien sûr la candidate Ségolène Royal qui a un pacte présidentiel et il ne faut pas passer à côté de cela, les français, la France et l’Europe en souffrirait. (l’intervention de Pierre sera bientôt disponible sur le blog).


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Linda de la ségosphère est venue dire ce que le pacte présidentiel apportait à la jeunesse. Les mesures du pacte sont autant de chances données aux jeunes par opposition à ce que la jeunesse a subi de la politique du gouvernement SARKOZY VILLEPIN.

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Bernard Piras s’est insurgé envers le discours et la pensée Sarkozyste se dévoilant et pouvant nous faire craindre le pire avec ses affirmations sur la génétique, l’eugénisme …c’est inaccepatable. Quant à Bayrou, au sénat comme à l’assemblée, les élus UDF soutiennent le gouvernement Sarkozy Villepin .Bernard étant sénateur peut nous dire que certains sénateurs UDF sont même plus durs que certains sénateurs de l’UMP….C’est dire que ce n’est pas Bayrou qui changera la politique actuelle : le seul changement est celui que propose Ségolène Royal.

 

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Benoit Hamon, député Européen a évoqué le changement que Ségolène Royal proposait non seulement en France mais aussi en Europe. Des propositions  de réforme seront faites  aux partenaires Européens : Banque Centrale Européenne, nouveau traité qui devra en France être approuvé par référendum, augmentation du budget de l’Europe pour aider les nouveaux entrants à rattraper leur retard. cela pour éviter la concurrence sociale et arriver à des systèmes sociaux plus uniformes pour lutter contre le dumping social.


Benoit Hamon a rappelé que Ségolène Royal, présidente, aura en 2008 la présidence de l’union Européenne. La France évoluera avec l’Europe.

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Tous ensemble,  nous attendons avec convictions le changement , la France Présidente !

 

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  et les photos du moment convivial qui a suivi :

 

Laurent lève son verre à la victoire de Ségolène,  et oui il faut tout faire pour arriver à ce moment.

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mardi, 17 avril 2007

Avec elle, nous devons contribuer à mettre au monde un meilleur monde.

Pour Ségolène Royal
Par Ariane MNOUCHKINE
 
QUOTIDIEN LIBERATION: mercredi 11 avril 2007
Ariane Mnouchkine metteur en scène

 

Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection présidentielle, et pour celle-ci plus que pour toute autre, il s'agit aussi de sentiments. Il s'agit d'étonnement d'abord, d'espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s'agit surtout, je crois, d'un sentiment de genèse. Je n'ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même qu'une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l'époque, aucun adulte autour de moi ne s'est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.medium_2067338706.jpg

Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d'autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d'un meilleur monde. D'un meilleur pays, d'une meilleure ville, d'un meilleur quartier, d'une meilleure rue, d'un meilleur immeuble. D'un meilleur théâtre. Mieux que d'autres, par leur détermination, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat juste, urgent, possible.

Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun mépris de l'adversaire. Aucune enflure pathologique de l'amour du moi. Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage. Aucune mauvaise foi. Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis d'une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu'ils ambitionnent de porter, devant l'attente du peuple dont ils quémandent le suffrage. Oui, il faut qu'ils tremblent de la terreur de nous décevoir. Or, pour cela, il leur faut de l'orgueil. Car sans orgueil, pas de honte. Pas de vergogne.
 
Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée : «Oh ! Il est vraiment sans vergogne, celui-là.» Eh bien, moi, j'espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu'elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu'à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie qu'est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s'acharnent à déchirer.
 
Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation, et donc pour la culture, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en oeuvre. Et moi, je vote pour ce chantier.
 
Son adversaire surexcité veut nous vendre un hypermarché ­ très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu'il était ministre ­ tandis qu'un troisième... celui-là, à part être président, j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut pour nous. Une hibernation tranquille, peut-être ? Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s'obstinent à classer quatrième alors qu'il y a cinq ans... vous vous souvenez ?
 

O nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. O ce jour-là nos visages... les avons-nous déjà oubliés ? La honte de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée ? Voulez-vous les revoir, ces visages ? Moi, non.

Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d'une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l'opposition radicale, jusqu'à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.
 
Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.
 
Dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang ! Vite ! Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante. Je parle des couleurs de l'Europe, à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte.

dimanche, 15 avril 2007

Réunion du changement à ETOILE sur Rhône

Pour soutenir Ségolène ROYAL

Réunion publique du changement à Etoile-sur Rhône

Mardi 17 Avril à 18H30


avec

Benoit  Hamon
Député Européen, Ancien dirigeant des MJS
 

Bernard Piras,

sénateur–maire de Bourg lès Valence

Didier Guillaume,

Président du Conseil Général   

Anne-Marie Rème-Pic,

candidate aux législatives 

Pierre Jouvet,

Responsable du MJS Drôme

Le vrai sarkozy : lisez Marianne de cette semaine

Ce samedi, un numéro vérité de Marianne !

Au moins, désormais, est-ce clair. Quelque chose a basculé, dans la dernière ligne droite de cette campagne électorale.medium_608140-742642.jpg Pour la première fois depuis quarante ans, un candidat - pas celui que l'on croit et dont on fait, un peu artificiellement, un absolu épouvantail – a employé un ton et des arguments qui rappellent furieusement (le mot est le bon) la façon dont l'extrême droite d'avant-guerre et les staliniens d'après-guerre poussaient le terrorisme intellectuel et verbal jusqu'à nier la légitimité, l'humanité même de leurs concurrents ainsi diabolisés. Comme si le lapin était déjà fasciné par le boa, les médias, y compris ceux qui font profession d'extrême vigilance en la matière, tel notre confrère Le Monde, n'ont quasiment pas moufté.

Au-delà d'une saine compétition entre personnalités différentes et talentueuses, au-delà d'opinions divergentes mais légitimes, c'est donc bien, en réalité, notre conception de la République et le devenir de notre démocratie qui sont en jeu. C'est grave ! Il est donc temps, grand temps, de dévoiler ce qu'on semble avoir décrété indicible, de faire tomber les masques, de mettre toutes les cartes entre les mains des électeurs qui n'entendent pas favoriser une nouvelle fois l'avènement du césarisme.
Il ne faut pas qu'on puisse dire, demain, qu'on ne savait pas, qu'on n'était pas prévenu, qu'on n'avait pas été informé.

Donc, ce samedi, Marianne brisera l'omerta que favorise le verrouillage médiatique, dira ce qu'on n'ose pas vous dire, se libérera de la conspiration du silence pour jeter, dans le débat, cette lourde vérité dont on voudrait vous interdire l'accès !
Dès aujourd'hui, retenez ce numéro essentiel. Au nom de tout ce qui nous rassemble, aidez-nous à lui assurer la plus large diffusion. Offrez-en un ou plusieurs numéros autour de vous, à vos amis ou connaissances. Dans trois semaines, il sera trop tard.

Mercredi 11 Avril 2007
Jean-François Kahn

vendredi, 13 avril 2007

réfuter la Bayrou attitude

 

Vous êtes devenus centristes ? Votez centre. Mais si vous êtes de droite ou de gauche, votez pour votre famille politique.
Réfuter la «Bayrou-attitude»
Par Laurent JOFFRIN
QUOTIDIEN : lundi 26 mars 2007
LAURENT JOFFRIN directeur de Libération.

Oui ! On a le droit d'aimer François (B.) plutôt que Ségolène (R.). Non ! On ne sera pas méprisé, ostracisé, ridiculisé, bref, comme pendant le référendum, «nonisé» par les importants et les sachants. Bayrou est un homme courageux. Ceux qui voteront pour lui n'auront pas à en rougir. Mais ils doivent aussi, un instant, s'arrêter sur les présupposés de ce choix. Parlons donc Bayrou, cartes sur table.
Si l'on est centriste farouche, démocrate- chrétien féroce, UDF fanatisé, pas de problème : on vote selon son coeur. Rien à dire.
Si l'on est UMP, mais qu'on trouve Sarkozy trop libéral, trop répressif, trop droitier, trop autoritaire, pas de problème : on vote selon sa raison. Rien à dire.
Et si l'on est de gauche, mais qu'on trouve Royal trop socialiste, pas assez sociale-libérale, trop liée au passif du PS, pas de problème : on vote selon son désamour. Rien à dire.
Mais deux arguments qui fondent, in fine, la «Bayrou attitude», doivent être réfutés.
1. Bayrou changera tout. Il renversera la table, fera souffler en tempête le vent du renouveau. Funeste illusion. Non pas en raison de son passé : il peut avoir changé. Mais Bayrou a un programme. Qu'y trouve-t-on ? Beaucoup d'imprécisions, quelques bonnes idées. Mais surtout un projet mi-libéral, mi social, audacieux parfois, gestionnaire toujours. Bref, un projet... centriste. Moins libéral que Sarko, moins social que Ségo.
Sur les institutions ? Il veut une nouvelle donne. Mais Ségolène Royal aussi. Sur l'économie ? Il veut une remise en ordre, mais Nicolas Sarkozy tout autant. Sur le social ? Il veut de la générosité, comme Ségolène, et de la rigueur, comme Nicolas. Sur la sécurité ? Il veut de l'ordre et de la justice. Cela ne vous dit rien ? Bref, Bayrou ne fait pas la révolution, il fait la synthèse. Bayrou, répétons-le, est centriste. Il prend un peu à droite et un peu à gauche. Ainsi, ceux qui veulent échapper au face-à-face droite-gauche se retrouveront, malgré qu'ils en aient, devant ce paradoxe : ils ne veulent ni de Ségolène ni de Nicolas. Ils auront les deux.
Réfléchissons à l'après-victoire de Bayrou. Le monde ne s'écroulera pas, et la France trouvera de toute manière un gouvernement. Mais soyons honnêtes : l'hypothèse d'un parti dévoué au nouveau Président (une UDF élargie...) remportant la majorité absolue à l'Assemblée est tout de même peu probable. Même en position de force, il faudra faire des alliances. C'est-à-dire un mélange, un alliage, une mixture. Du Sarkozy atténué ou du Royal édulcoré. Mais de révolution, nada !
2. D'accord, dira-t-on, Bayrou n'est pas le Guevara du centrisme transfiguré. Mais, au deuxième tour, regardez les sondages, il bat Sarkozy à plate couture. Faire barrage au Sarko-diable, n'est-ce pas l'essentiel ?
L'ennui, dans ce raisonnement, c'est qu'il repose sur une seule chose : les sondages. Ainsi, ceux qui se méfient de la politique à l'ancienne fondent leur choix sur le pire des archaïsmes politiques : une extrapolation à un mois et demi de l'échéance de sondages réalisés aujourd'hui. Faut-il rappeler que les sondeurs travaillent sur des téléphones fixes ? La population ne possédant qu'un portable leur échappe. Faut-il rappeler qu'ils prennent la température du moment et non celle de l'avenir ? Ils indiquent le temps qu'il fait. Pas celui qu'il fera. Et surtout, qu'un sondage sur le second tour ne vaut rien s'il est effectué avant le premier ? On interroge les Français sur une situation que, par définition, ils ne connaissent pas. Le premier tour sélectionne deux champions. Mais dans quelles conditions, selon quelle balance des voix, dans quel contexte ? On dit que Bayrou battra Sarko. Peut-être. Mais si le centre et la gauche ne s'accordaient pas, la gauche préférant une franche opposition à un gouvernement en demi-teinte ? Et si une droite triomphante au premier tour enfonçait finalement un centrisme incertain ?
Et si la gauche de la gauche s'abstenait ? Dans ce cas, nous reproduirions le schéma Pompidou- Poher. Pompidou, rappelons-le, avait gagné haut la main.
Alors simplifions nos choix. Foin des raisonnements entortillés, des calculs byzantins. Vous êtes devenus centristes ? Votez Bayrou. Mais si vous êtes de droite ou de gauche, votez selon vos convictions, pour votre famille politique. Au moins le scrutin sera-t-il sincère et les élus sûrs du mandat qui leur sera confié. Toutes les grandes démocraties ont choisi cette configuration politique. La France en est une.
 

 

mieux vaut le savoir avant de voter !

Editorial de Laurent Joffrin dans Libé du 12 avril 2007

 
Une rupture historique. Voilà ce qui attend la France si Nicolas Sarkozy accède au pouvoir suprême. Comme souvent, la lumière vient d'une digression d'apparence mineure. Le candidat de l'UMP pense que la génétique, en plusieurs domaines disparates ­ la pédophilie, la dépression ou le crime en série ­, joue un rôle plus important qu'on ne le croit généralement. Il serait ridicule de lui faire un procès en eugénisme. Après tout, cette interrogation est aussi celle de savants aux opinions diverses.

Mais l'idée qu'un déterminisme naturel gouverne le social officialise sans en avoir l'air une conception jusqu'ici très minoritaire en France. Avant cela, une sorte d'hégémonie progressiste assurait dans ce domaine un avantage à la gauche, pour qui la société peut et doit réformer l'individu. Même chose en matière d'impôt sur les successions, marqueur tout aussi net. Nicolas Sarkozy souhaite que l'Etat se retire le plus possible de la transmission des propriétés. La gauche, au contraire, voit dans l'égalisation des patrimoines de départ une condition de l'égalité des chances. Tout est à l'avenant dans le projet libéral conservateur de l'ancien ministre de l'Intérieur. Son élection marquerait la fin d'un cycle, celui où la droite s'employait, dans le discours et souvent dans les actes, à réduire la distance qui la séparait de la gauche. La bourgeoisie française le déplorait souvent : nous avions affaire à une «droite soft», sinon honteuse. Le long travail mené par Sarkozy l'a décomplexée. L'acceptation franche de l'inégalité, idée force du xixe siècle, refait son entrée dans la France du xxie. La droite française retrouve ses racines, faisant pièce à une gauche intellectuellement dominante depuis la Libération. Deux conceptions du monde, mine de rien, vont s'affronter lors de cette élection. Mieux vaut le savoir avant de voter.

mercredi, 11 avril 2007

Les 7 piliers du Pacte présidentiel en vidéo









Ces vidéos et les 100 petits films réalisés sur les 100 propositions du Pacte présidentielle sont à retrouver sur Dailymotion, sur le site national des comités Désirs d'avenir et sur celui des vidéos de Ségolène Royal.

samedi, 07 avril 2007

Yannick Noah soutient Ségolène Royal

Yannick Noah soutient Ségolène Royal Reuters

Reuters

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Yannick Noah a déclaré qu'il soutenait la candidature de Ségolène Royal à l'élection présidentielle et serait déçu d'une victoire de Nicolas Sarkozy.

"A gauche, à gauche, à gauche, toujours à gauche", a dit l'ancien vainqueur du tournoi de tennis de Roland-Garros, aujourd'hui chanteur à succès, à propos de ses choix politiques.

Interrogé au micro de RTL sur son éventuel soutien à la candidate socialiste, il a répondu : "Evidemment".

En cas de victoire du candidat de l'UMP, "je serai profondément déçu. Pour moi, pour tous les travailleurs immigrés, pour tous les gens qui sont obligés au quotidien de prouver qu'ils sont Français", a ajouté Yannick Noah dont le père est camerounais.

Interrogé son éventuel départ de France en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, objet d'une polémique fin 2005, il a répondu : "Non je ne pars pas, il faut résister".

jeudi, 29 mars 2007

Evenements gare du Nord : Ségolène Royal dénonce la société de confrontation que veut préparer Sarkozy

TOURS, Indre-et-Loire (AP) - "Je ne veux pas de cette France-là!" Alors qu'elle avait assuré quelques heures plus tôt qu'elle n'entendait pas entrer dans une "polémique politicienne" après les incidents survenus gare du Nord à Paris, Ségolène Royal a nettement haussé le ton mercredi soir à Tours sur le thème de la sécurité et s'en est vertement prise à son rival UMP Nicolas Sarkozy en l'accusant de préparer une société de la "confrontation" et de "l'affrontement du tous contre tous".

A Lille, le candidat de l'UMP l'a accusée d'avoir "pris le parti des émeutiers et des fraudeurs" après les affrontements de la veille. Ce à quoi la candidate du PS a aussitôt répliqué en se défendant de tout "laxisme", soucieuse d'éviter l'effet dévastateur d'un Lionel Jospin qui, en 2002, avait été contraint d'avouer sa naïveté sur les questions de sécurité. Et ce, au risque d'installer la sécurité au coeur de la campagne, comme en 2002, où le PS avait été éliminé du premier tour par le FN.

"Quand on prend un transport, on paye son billet" et "les contrôleurs doivent pouvoir contrôler les passagers pour savoir s'ils ont bien payé leur billet. Voilà, ça c'est la règle du transport public!", lui a-t-elle répondu devant 3 à 4.000 sympathisants. "C'est vrai qu'il y a une montée des désordres, c'est vrai qu'il y a une montée des agressions contre les contrôleurs dans les trains et ça, ce n'est pas acceptable parce que les agents publics doivent être respectés", a-t-elle tonné.

Partisane de "l'ordre juste", Ségolène Royal entend ce faisant démontrer qu'elle n'a rien à prouver en matière de sécurité, thème dont elle s'était emparée dès mai 2006 en préconisant un "encadrement militaire" pour les jeunes délinquants. Son "pacte présidentiel" prévoit également une "police des quartiers" et des sanctions "fermes et rapides" pour les mineurs.

A moins de quatre semaines du premier tour, elle a globalement montré du doigt "les logiques de confrontation", "les affrontements du tous contre tous" et la façon de "dresser des murs" de son rival de l'UMP, se présentant en regard comme la candidate de "la République du respect et de la confiance retrouvée". "C'est un débat de fond, c'est un enjeu de valeurs qui est proposé à l'élection présidentielle. Ce n'est pas la même société dont nous rêvons et que nous voulons construire."

"Quand le candidat de la droite propose de faire travailler jusqu'à 70 ans ou dit aux Français qu'ils sont paresseux, ou propose de détaxer les heures supplémentaires sans distinction", c'est une "belle solidarité à laquelle on se prépare, c'est-à-dire une fois de plus à l'opposition entre générations, entre les salariés qui ont des heures supplémentaires et ceux qui n'en ont pas", "entre les grévistes et non-grévistes", a-t-elle accusé, "moi je ne veux pas de cette France-là!". Et de pointer le "populisme" de son rival, qui propose de réduire les effectifs de la fonction publique. "La Nation a besoin d'être rassemblée. La République a besoin d'être rassurée et apaisée. Nous avons l'immense responsabilité de construire ensemble", a-t-elle plaidé.

L'occasion de s'en prendre également à ceux qui "en haut" donnent le "mauvais exemple". Elle a ainsi pointé "la façon dont le pouvoir qui se termine place ses amis dans tous les postes de responsabilité". "Cette image de l'Etat qui n'est plus impartial, ce n'est pas la République, et là aussi c'est un mauvais exemple. Et quand l'exemple vient d'en haut, alors qu'on ne s'étonne pas qu'à la base on ait du mal à s'y retrouver", a-t-elle pesté. "L'ordre juste, ce sera d'abord l'exemple venu d'en haut, un exemple irréprochable, et vous pouvez compter sur moi pour cela", a-t-elle promis. "On ne verra plus des ministres avec toute la famille, logés, nourris, blanchis aux frais de la République", a-t-elle tempêté en référence à l'affaire Hervé Gaymard.

Faut-il y voir un lien de cause à effet? Ségolène Royal tenait meeting au centre d'un ring, micro à la main et sans notes. "Nous sommes, je crois, dans une salle de boxe. C'est une salle magnifique. Je ne sais pas ce que cela veut dire, si vous pensez que nous sommes en train de jouer les derniers rounds de cette campagne, de cette dernière ligne droite encore longue..."

mercredi, 28 mars 2007

Discours sur l'Europe

A l'occasion de la présentation, à Paris, d'un rapport sur l'Europe sociale de Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, et Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, Ségolène Royal s'est exprimée sur l'organisation d'un nouveau référendum sur les institutions européennes.
 
C'est une "obligation démocratique", après le rejet du traité constitutionnel par les Français en mai 2005. Ségolène Royal s'est dite "prête à prendre ce risque politique".
 
Elle a précisé que "ce référendum interviendra en même temps que les élections au Parlement européen, le 14 juin 2009.
 
C'est très court, il faudra entre-temps faire la preuve que l'Europe avance", citant comme "preuves", la création d'un salaire minimum européen, la lutte contre le chômage et les délocalisations, l'investissement dans la recherche et "la préparation de l'après pétrole".
 
"Il faudra mettre en place un gouvernement économique (de la zone euro ndlr) et le faire correctement fonctionner. L'objectif de ce gouvernement économique, ce ne sera pas seulement la lutte contre l'inflation comme c'est le cas aujourd'hui mais également la croissance et l'emploi.
 
Pour cela, je souhaite que les compétences de la banque centrale soient élargies. C'est une idée qui n'est aujourd'hui en Europe pas consensuelle.
 
Si l'Europe se relève et devient efficace, les Français accepteront de lui donner des institutions pour fonctionner mais pas l'inverse".
 
Ségolène Royal a ensuite déclaré que "si la France est bien notre patrie, l'Europe est aussi notre nouvelle frontière".

Défendre en même temps la nation et l'Europe, "non seulement ce n'est pas incompatible mais les deux sont étroitement liées".

Défendre en même temps la nation et l'Europe, "non seulement ce n'est pas incompatible mais les deux sont étroitement liées".

Défendre en même temps la nation et l'Europe, "non seulement ce n'est pas incompatible mais les deux sont étroitement liées".

 

 

lundi, 26 mars 2007

Marianne Royal: Les symboles et les valeurs de la République

La candidate socialiste, en déplacement dans le sud de la France, a pris à son compte les symboles et les valeurs de la République.

Par David REVAULT D'ALLONNES
QUOTIDIEN LBERATION: samedi 24 mars 2007
Aix-en-Provence, Correns, Nice envoyé spécial 
 
Le combat politique se mène aussi sur le terrain des symboles. Ségolène Royal, ces jours-ci, s'est attachée à l'investir massivement, et ne semble guère disposée à s'en laisser déloger. Alors que Nicolas Sarkozy veut faire de l' «identité nationale» et de l' «immigration» des thèmes majeurs de sa campagne, la socialiste, elle, entreprend de «reconquérir les symboles de la nation». Faisant entonner vendredi, pour la troisième fois en six jours, une Marseillaise en conclusion d'une réunion publique. Et, plus «décoiffant» selon Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne, hissant haut le bleu-blanc-rouge, à ses yeux pas assez estimé : «Tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore, comme dans d'autres pays où les drapeaux sont sortis aux fenêtres les jours de fête nationale.»
 
C'est donc au cours d'un périple entre Marseille et Nice, sur des terres sensibles à l'appel du FN, que Royal a âprement disputé aux droites le «monopole de la nation». Comme elle l'avait fait à Vitrolles, ex-cité frontiste, lors de sa déclaration de candidature à l'investiture socialiste. La géographie politique, néanmoins, n'explique pas tout. «L'histoire de France, avec ses forces et ses faiblesses, dans cette dernière ligne droite», peut constituer une ressource, explique la candidate, qui entend «absolument prendre le temps d'être sur les lieux identitaires qui constituent une force symbolique, émotionnelle». 
 
Camp. Vendredi matin, elle a arpenté la rue Thubaneau, à Marseille, où fut pour la première fois entonnée dans la cité phocéenne l'hymne national, au club des Jacobins. Avant de visiter le camp des Milles, où transitèrent pendant la guerre 10 000 personnes, dont 2 500 furent déportées, via Drancy, à Auschwitz. «Il est temps que la France regarde son histoire en face, ses lumières et ses ombres, explique-t-elle. L'identité nationale est aussi faite de cette histoire.» 
 
C'est en jouant de cette petite musique politique qu'elle entend «ne pas se laisser enfermer dans un dévoiement de l'identité nationale». Laquelle musique, qui résonnera agréablement aux oreilles de son allié Jean-Pierre Chevènement, se confond ces jours-ci avec la Marseillaise. «Elle y réfléchissait depuis plusieurs semaines», dit une conseillère, ravie de voir l'Internationale oubliée. Elle se libère des carcans idéologiques.» Après que la candidate l'a décidé, en fin de semaine dernière, l'hymne de Rouget de Lisle a ainsi résonné dimanche, après le rassemblement des élus socialistes. Jeudi, à la fin du meeting de Marseille, à deux reprises. Et, vendredi, sur la place du village provençal de Correns (Var).
 
Précisions. Quelques instants plus tard, dans une salle de la mairie, entre buste de Marianne et bouquet de roses rouges, et sous le regard de Jacques Chirac, la candidate jugeait «très important pour la gauche d'avoir reconquis le droit de chanter la Marseillaise. C'est une étape historique de l'histoire de la gauche, qui avait cru devoir abandonner l'hymne national à l'extrême droite». 
 
Et peu importe si la candidate oublie que ce dernier fut déjà utilisé lors de précédentes campagnes présidentielles socialistes. L'essentiel est ailleurs : dans ce chant révolutionnaire, justement, qui façonne un air présidentiel : «C'est de la responsabilité d'un chef d'Etat d'assumer l'hymne national», explique Ségolène Royal. Qui n'entend pourtant pas, en personne, donner de la voix : «Je ne suis pas chef de choeur. Je suis candidate à l'élection présidentielle.» 
 
Et, si Ségolène Royal déplore que «les sportifs français sont ceux qui connaissent le moins les paroles de la Marseillaise », difficile d'y voir une réplique du mot de Le Pen, en 1998, à l'égard de Bleus pas assez blancs à son goût. Elle l'a précisé, vendredi soir en meeting à Nice, assurant que le «mandat unique» des élus dans sa VIe République «permettra de renouveler les responsables politiques, de laisser un peu plus de place aux femmes, aux Français de toutes origines. Il est temps que la France ressemble à ce qu'elle est».  «C'est parce que nous sommes fiers de notre identité nationale que nous pouvons être accueillants à tous les autres, que nous pouvons exiger le respect pour tous les travailleurs étrangers», assure Ségolène Royal, qui affirme son «refus des amalgames, des racismes, des discriminations». A chacun son drapeau.

dimanche, 25 mars 2007

Interpellation d'une directrice d'école par la police !

Sans-papiers: la directrice d'école interpellée à Paris a été libérée

Une manifestation en faveur des sans-papiers devant le siège de campagne de Nicolas Sarkozy. (Reuters)
La directrice d'une école maternelle du XIXe à Paris, interpellée ce matin pour «outrage et dégradation de biens publics en réunion», a été remise en liberté dans l'après-midi • Des incidents violents entre parents d’élèves et policiers s'étaient produits devant l'école Rampal mardi lors de l’arrestation d’un parent sans papiers d’enfants scolarisés •
Par J.L. et agenes
LIBERATION.FR : samedi 24 mars 2007

La directrice d’une école maternelle, proche du lieu où s’étaient produits mardi des incidents violents entre parents d’élèves et policiers lors de l’arrestation d’un parent sans papiers d’enfants scolarisés, a été interpellée vendredi matin et placée en garde à vue, a-t-on appris auprès de la préfecture de police. Elle a été remise en liberté dans l'après-midi.

La directrice de l’école maternelle Rampal à Paris (XIXe) a été interpellée pour «outrage et dégradation de biens public en réunion», a-t-on précisé de même source. Elle a été placée en garde à vue au commissariat Erik-Satie du XIXe arrondissement. Vendredi après midi, une soixantaine de personnes s'étaient regroupées devant le commissariat en signe de prtestaiton.

Selon Brigitte Wieser, porte parole de RESF (Réseau Education sans frontières), des policiers avaient interpellé mardi vers 18H00 dans un café appelé «le petit Rampal», le grand-père chinois et sans papiers d’enfants scolarisés dans le groupe scolaire de la rue Rampal, tout proche. Les policiers  n'auraient pas hésité à utiliser la violence physique et à asperger la rue de gaz lacrymogène pour disperser les parents qui s’opposaient à cette interpellation.

Le grand-père chinois, emmené mardi en fin d’après-midi au commissariat du IIè arrondissement, a été remis en liberté mercredi, a précisé RESF.

Selon un parent d’élève témoin des incidents de mardi, Gilles Dansart,«de nombreux parents de quatre écoles du quartier Belleville, situées rue Rampal et rue du Général-Lassalle, ont été alertés de l’arrivée de policiers vers 17h30». «Lundi soir, a-t-il ajouté, il y avait déjà eu une tentative d’arrestation devant l’école maternelle Rampal d’une dame venue chercher sa petite fille et les parents du quartier en avaient été choqués».


Selon des informations recueillies par «Libération» sur place, la directrice d'école avait reçu une convocation jeudi de la part de la police "pour une affaire vous concernant», sans aucune mention d'une éventuelle garde à vue. Elle s'était présentée à 9 heures ce matin au commissariat.

 

Plusieurs parents dont les enfants ont eu à subir les jets de gaz lacrymogène mardi ont par ailleurs voulu déposer plainte vendredi matin au commissariat du XIXe qui les a renvoyés sur l’IGS (Inspection générale des services, la police des polices. En conséquence, ces parents ont appelé à un rassemblement lundi matin devant l’IGS dans le XIIe arrondissement.

vendredi, 23 mars 2007

A nous la Marseillaise !

 

Discours de Marseille




 

Bonsoir. Bonsoir Marseille. Bonsoir le beau département de Jean-Noël.

Merci à vous tous d¹être venus ce soir aussi nombreux, aussi chaleureux, aussi colorés !

Ce soir, je me sens marseillaise, plus que jamais. D¹abord parce que ce n¹est pas loin d¹ici, à Vitrolles, vous vous
souvenez peut-être, que j¹ai fait ma déclaration de candidature. Si je suis aujourd¹hui, ce soir, à Marseille parmi mesmedium_2859272828.2.jpg amis, Jean-Noël Guérini, Patrick Menucci, et tous les autres, Eugène Caselli, Edmonde Charles Roux, qui a parlé tout à l¹heure, Michel Vauzelle, et je remercie Stéphane Pocrain aussi d¹être venu et de nous rejoindre.

Je salue aussi Jean-Daniel qui est là parmi nous, et je vois aussi tous les premiers fédéraux des départements de toute la région, merci d¹être là, tous ces élus aussi que je reconnais, Jean-Louis Bianco, qui est mon directeur de campagne, bien sûr, qui m¹a accompagnée. Et vous tous, et vous toutes.

Oui, j¹ai envie ce soir de vous parler de Marseille, parce que, d¹une certaine façon, dans le débat national qui est aujourd¹hui dans la dernière ligne droite, c¹est un moment historique important, ce soir, fortement symbolique, puisque jour pour jour, du 22 mars au 22 avril, la France va choisir son destin.

Je voudrais d¹abord vous dire que je ne veux pas que le 22 avril ressemble au 21 avril. Et pourtant, j¹ai senti, pendant ces longues semaines, ces longs mois, de débats participatifs, j¹ai senti gronder la colère des Français, j¹ai senti que le doute à l¹égard de la politique ne s¹était pas apaisé. J¹ai senti qu¹il y avait encore des millions de citoyens qui pensaient ne compter pour rien, qui ne savent pas de quoi demain sera fait, qui s¹imaginent encore que la politique n¹est qu¹une suite de promesses non tenues.

Et c¹est pourquoi cette dernière étape est si importante. Et c¹est pourquoi ce soir, je veux vous parler avec gravité, parce que vous avez une responsabilité éminente : c¹est vous, dans cette salle, vous qui êtes convaincus que la France ne doit pas se tromper dans quelques semaines, c¹est vous qui avez la responsabilité d¹aller convaincre toutes celles et tous ceux qui attendent désespérément quelque chose qui ne vient pas, toutes celles et tous ceux qui ont désespérément aussi envie de croire à nouveau dans l¹efficacité de la politique.

C¹est pourquoi, dans cette dernière ligne droite, ce qui est important maintenant, c¹est que les choix soient clairs.

Le premier enjeu dont j¹ai envie de vous parler ici, à Marseille, dans cette ville qui, finalement, ressemble tant à la France de demain, à la France rayonnante, à celle qui ne voudra plus baisser les bras. Oh, je sais qu¹à Marseille, il y a encore beaucoup de pauvreté et de précarité, je sais bien qu¹à Marseille, il y a une extrême droite encore forte parce qu¹on on le sait, il y a des interrogations profondes sur la mondialisation. Mais ce que je voudrais vous dire, c¹est que justement, comme Marseille, la France doit avoir maintenant la force de regarder le reste du monde, et Marseille est à l¹avant-garde de cette nouvelle façon de voir les choses. C¹est ce courage-là que je veux donner à la France.

Le choix, aujourd¹hui, il est clair. Il est entre la situation actuelle, celle que nous laisse la droite d¹une France frileuse, repliée sur elle-même, qui a peur de regarder le reste du monde, et la France que nous devons voir se lever, celle qui considère bien sûr sans naïveté que la mondialisation peut être la pire des choses, mais qu¹elle peut aussi être la meilleure des choses si nous savons mettre en place un certain nombre de nouvelles règles du jeu.

 

Le pacte présidentiel que j¹ai construit avec vous, et que je propose aujourd¹hui aux Français, avec lesquels je suis maintenant en dialogue direct, c¹est justement le changement des règles du jeu.

 


Je crois que nous réussirons à tirer le meilleur parti de la mondialisation, d'abord si nous savons revenir à la table de l'Europe, mais d¹une Europe qui se protège contre les délocalisations, et pas comme aujourd¹hui, une Europe du tout-libéral, qui fait simplement de la monnaie ou de la recherche du profit maximal son objectif principal.

Cette Europe-là, nous devons la construire, cette Europe-là, nous devons la construire aussi avec un nouveau dialogue avec la Méditerranée. Cette Europe-là, nous pouvons en tirer le meilleur parti si nous savons nous redresser, si nous savons définir des nouvelles politiques industrielles, si nous savons mettre en place de nouvelles règles sociales qui tireront vers le haut l¹ensemble des pays à bas salaire.

Moi, j¹ai confiance, c¹est cette force que je vous propose de mettre en marche avec moi.

Vous voyez qu¹il y a une bataille projets contre projets, et nous réussirons aussi à nous redresser dans le cadre des nouvelles règles du jeu, si nous mettons en place, à la place de la culture que la droite défend, la culture de l¹opposition de tous contre tous, la culture de la précarisation, les références de la précarisation devrais-je dire pour ne pas dévoyer le mot culture. En face, ce que je vous propose, après vous avoir longuement, patiemment écoutés, parce que je sais que c¹est possible, nous devons investir massivement, puissamment, dans la matière grise, dans l¹éducation, dans la formation. C¹est pourquoi l¹éducation, encore l¹éducation, toujours l¹éducation est au c¦ur du pacte présidentiel. C¹est là notre chance.



- « Ségolène, Présidente ! »




- C¹est là notre chance, c¹est là que je vois deux façons de faire de la politique. D¹un côté, celle que nous laisse la droite, et comment le candidat de la droite, ou les candidats de la droite pourraient-ilsŠ ? Non, pas de « ouh » dans nos réunions publiques, parce que les Français attendent un débat sur le fond.

Et moi, je veux que nous en donnions l¹exemple, parce que les enjeux sont trop forts, parce que la crise démocratique, la crise sociale, la crise économique, la crise éducative, la crise écologique sont trop profondes pour que, aujourd¹hui, on accepte de dévoyer le débat politique. L¹heure de la vérité va bientôt sonner.

La première de ces vérités, c¹est que ceux qui ont laissé la France dans l¹état où elle se trouve, avec cet endettement insupportable, avec le déficit des comptes publics, avec toutes les formes de précarité, de brutalité, de violence et d¹inégalités, ceux-là ne peuvent pas incarner la France neuve, ceux-là ne peuvent pas prétendre qu¹ils feront la rupture, ceux-là doivent assumer leurs responsabilités.

Je crois à la morale politique.

La première règle de la morale politique, c¹est d¹assumer ses actes. C¹est d¹abord cela l¹heure du rendez-vous de l¹élection présidentielle.

Le choix est simple, entre la possibilité de continuer comme avant la politique telle qu¹elle se fait depuis toujours.

J¹ai entendu les candidats de la droite se moquer des forums participatifs, des jurys citoyens ; je leur dis : la politique, nous allons la réinventer ensemble.

C¹est pourquoi je ferai une réforme profonde des institutions. C¹est pourquoi je vous appelle, et c¹est pourquoi nous ferons la VIe République.

Nous la ferons, cette VIe République, non pas pour avoir le plaisir de mettre un numéro sur la République, mais c'est quelque chose de bien plus profond que cela, c¹est un enjeu considérable, c¹est tout simplement refonder le lien entre le peuple français et ceux qui les gouvernent. C¹est tout simplement redéfinir au nom de quoi la République se remet debout, c¹est tout simplement savoir pourquoi nous tenons tant à notre identité nationale, qui n¹est pas le monopole de je ne sais quel courant de l¹extrême droite. L¹identité nationale, c¹est nous, c¹est tout le peuple français. Et l¹identité nationale, c¹est d¹abord la certitude, et c¹est les nouvelles règles du jeu que je vous propose pour la République, c¹est d¹abord la certitude que les règles sont les mêmes pour tous, quels que soient son origine, son quartier, sa naissance, sa famille, cette garantie de l¹égalité réelle. C¹est là d¹abord le premier fondement de notre identité nationale.


Puis, l¹identité nationale aussi, ce n¹est pas de savoir d¹où l¹on vient, et à Marseille qui s¹est forgée de tant d¹aventures, de tant de mouvements, de tant de peuplements, riches et diversifiés, c¹est ici que je peux le dire encore davantage qu¹ailleurs, l¹identité nationale, ce n¹est pas de demander des comptes sur d¹où l¹on vient, mais c¹est de savoir vers où l¹on veut aller ensemble. Et c¹est cela que je vous propose.

Oui, nous allons aller ensembleŠ

- Ségolène, Présidente !

- Oui, nous allons aller ensemble vers une France qui va reprendre confiance en elle, parce que, aujourd¹hui, ce qui ne va pas, c¹est que les Français se sentent tirés vers le bas. Ils n¹ont plus le désir d¹avenir. Et plus ils sont situés en bas de l¹échelle sociale, moins ils ont ce désir d¹avenir. Alors l¹enjeu est bien sûr considérable, c¹est cet enjeu que nous devons réussir, ce sont ces valeurs que nous devons réaffirmer et au premier rang desquelles la défense de toutes les formes de solidarité, la défense de toutes les formes de service public partout, sur le territoire national, l¹invention de toutes les nouvelles formes de sécurité qui nous permettront de conquérir le goût du risque et l¹esprit d¹entreprendre. Et c¹est nous qui réussirons. Et j¹en fais ici le serment, nous réussirons à relancer la machine économique, parce que la principale inquiétude des Français, elle est là : comment, avec de tels déficits, nous allons, demain, pouvoir tenir nos engagements ? Comment, avec de tels déficits et un tel endettement, nous allons pouvoir redresser la France ?

Je vous dis que c'est possible, mais je vous dis aussi que nous réussirons vite, qu¹il faudra renouer la confiance, qu¹il faudra s¹appuyer sur les petites et moyennes entreprises, celles qui attendent des pouvoirs publics parfois si longtemps les aides dont elles ont besoin. Et on le voit ici dans la Région. Nous nous appuierons sur les régions, sur les élus de proximité, et c¹est pourquoi, dans la VIe République, il y aura aussi une réforme profonde de l'État, pour qu¹il soit plus efficace, plus rapide, c¹est ce que les Français attendent, qui lutte contre toutes les formes de gaspillage pour qu¹un euro dépensé soit un euro utile, pour que tous ceux qui sont proches du pouvoir, si proches, et qui bénéficient systématiquement des aides publiques alors qu¹ils n¹en ont pas besoin, que tout ce système de clientélisme soit remis en cause, afin que l¹argent public aille bien aux entreprises qui en ont le plus besoin.

Alors, nous les aiderons à investir dans l¹innovation, dans la recherche, dans la matière grise. Puis nous leur demanderons, une fois que j¹aurai réconcilié la France avec ces entreprises, ces dizaines de milliers de petites et moyennes entreprises qui ne demandent qu¹à se redresser, qu¹à aller de l¹avant, qu¹à créer des emplois, et je fais la différence entre les grandes entreprises, celles qui accumulent les profits, celles du CAC 40 et qui pressurisent les entreprises sous-traitantes. On le voit tous les jours, ces entreprises qui délocalisent alors qu¹elles font des bénéfices.

Là aussi, il y aura de nouvelles règles du jeu. Et toutes les entreprises qui délocalisent alors qu¹elles font des bénéfices, toutes les entreprises qui licencient alors qu¹elles font des bénéfices doivent savoir que, désormais, elles rembourseront toutes les aides publiques et toutes les exonérations de charges. Voilà la nouvelle règle du jeu.

Mais en échange, ce que je propose, c¹est du donnant/donnant, du gagnant/gagnant, et cela dans tous les domaines de l¹intervention publique. Oui, j¹aiderai les petites et moyennes entreprises à recruter des jeunes, et notamment les jeunes qualifiés, et les jeunes diplômés, et il y en a sans doute dans cette salle, tous ces jeunes, et cet immense gaspillage, insupportable, c¹est cela d¹abord qui bloque désespérément la France, ce sont tous ces jeunes au chômage, 25 % de jeunes au chômage, le taux le plus élevé d¹Europe, la durée d¹attente la plus longue pour accéder au premier emploi, même l¹on a fait l¹effort d¹avoir une qualification ou un diplôme, parce que d¹un côté, les entreprises demandent aux jeunes d¹avoir de l¹expérience professionnelle, mais de l¹autre côté, elles refusent de leur donner leur chance.


Alors, ce système-là, il doit changer avec de nouvelles règles du jeu : du donnant/donnant, du gagnant/gagnant, c¹est comme cela, vous verrez, que nous allons déployer toutes les énergies aujourd¹hui bridées sur l¹ensemble du territoire national.


C¹est le sens des emplois-tremplins, c¹est le sens de l¹allégement du coût de l¹emploi pour les petites et moyennes entreprises. Les jeunes pourront être rémunérés pendant six mois par les régions, ce sont elles qui feront ce travail, l¹Etat leur en donnera les moyens, et d¹ailleurs, nous avons déjà commencé. Leur rémunération sera prise en charge, les entreprises pourront les recruter, pour leur donner leur chance, pour leur tendre la main, car je sais que, dans bien des cas, au bout de six mois, les jeunes ferons leurs preuves, les entreprises les garderont, et si les entreprises ne les gardent pas, alors nous récupèrerons ces jeunes et nous continuerons à leur donner une formation professionnelle complémentaire. Mais d¹une façon ou d¹une autre, avec toutes les formes de solution, emplois-tremplins, aides idées pour les entreprises, formation professionnelle complémentaire, je le dis ici, pour tous les jeunes déjà qualifiés et déjà diplômés, ils ne resteront pas au chômage pendant plus de six mois.

Cette bataille sera ma bataille centrale, c¹est une bataille essentielle, c¹est une bataille que nous devons gagner.

C¹est comme cela, si je reprends le fil de mon histoire, c¹est comme cela que nous construisons l¹identité nationale. Un pays se délite lorsque la jeunesse doute de son avenir.

Sans doute, pour la première fois de l¹histoire de notre pays, la nouvelle génération s¹interroge sur sa retraite, se demande de quoi l¹avenir sera fait.

Vous vous rendez compte ce que cela signifie en termes d¹intériorisation de l¹angoisse ? Cela veut dire que les jeunes ont parfaitement compris que, si le système continuait à être dévoyé tel qu¹il est aujourd¹hui, alors allait s¹écrouler ce qui fait l¹essentiel de la cohésion nationale, je veux dire la solidarité entre les générations.

Moi, je veux sauver la solidarité entre les générations, et je ne veux pas que les jeunes soient à leur âge préoccupés de leur retraite, je veux qu¹ils soient fiers de leur emploi, qu¹ils y soient heureux. Et je veux leur dire, à tous les jeunes que, pour moi, contrairement à ce que j¹entends dans les discours des candidats de droite, et en particulier dans celui de Nicolas SarkozyŠ

Pas de « ouh », même si vous en avez envie, parce que je m¹abstiens de toute attaque personnelle, je leur laisse cela. D¹ailleurs, ils s¹y emploient pas mal l¹un contre l¹autre.

Non, je vous parle des idées et de la conception de la France. Je vous disais donc que, pour moi, les jeunes, ce n¹est pas un problème, pour moi, les jeunes, c¹est une partie, et même une grande partie de la solution. Mais bien sûr, c¹est une grande partie de la solution.

On le sait bien, plus d¹un an après les émeutes dans les quartiers, rien n¹est réglé, au contraire, les choses n¹ont cessé d¹empirer. Les services publics ont encore reculé, tout a disparu.

Je voudrais dire ici, à Marseille, où il y a une situation un peu particulière, car il n¹y a pas eu, comme ailleurs, dans les autres villes, dans bien d¹autres villes, d¹émeutes aussi violentes, je voudrais dire que c¹est parce qu¹il y a eu le travail des élus de proximité, et en particulier celui du Conseil général et de Jean-Noël Gassin*, plus de 560 jeunes qui sont dans les quartiers, c¹est-à-dire que, là, les collectivités locales se sont substituées au désengagement de l'État. Je veux dire ici à Marseille, que, demain, j¹incarnerai un État fort, conscient de ses responsabilités, assumant l¹égalité entre les territoires, remettant du service public partout où il a reculé, et en particulier, je veux que, pour tous les enfants qui ont du mal à réussir à l¹école, tout simplement parce que leurs parents ont du mal à leur faire faire leurs devoirs et leurs leçons, et que c¹est à la base que tout se joue, est à la base, c¹est à l¹école, et dans l¹articulation entre les familles et l¹école que tout se décide pour la suite.

Alors, comme il est bien plus intéressant d¹investir dans le fonctionnement de la famille en apportant le soutien au bon moment pour mettre les parents devant leurs responsabilités et que c¹est bien plus utile d¹investir dans l¹école pour faire en sorte que les enfants soient raccrochés à la réussite scolaire au moment où ils trébuchent et pas quand c¹est trop tard, parce que je crois que les jeunes ont le droit à une juste autorité, c¹est-à-dire à des adultes qui sont cohérents entre eux, qui s¹occupent d¹eux, qui soient capables de les relever quand ils font des erreurs, c¹est comme cela que l¹on réduira tout ce qui se passe ensuite. Et moi, je préfère investir dans l¹école que dans la prison, je vous le dis. Mon choix, il est clair.

Puis sur l¹identité nationale, comment ne pas dénoncer cet amalgame insupportable entre l¹immigration et la menace de l¹identité nationale ? Comment accepter ce mélange entre l¹immigration régulière, qui se trouve ainsi désignée à la vindicte publique ? Je disais tout à l¹heure, mais si tout d¹un coup, tous les travailleurs étrangers s¹arrêtaient de travailler, on en verrait de drôles de choses dans des secteurs entiers de l¹économie !

Combien de chantiers dans le bâtiment s¹arrêteraient brutalement ?

Combien d¹entreprises dans le secteur du bâtiment feraient faillite ?

Comment cela se passerait-il dans tous les services du nettoyage ?

Que se passerait-il dans nos services hospitaliers, où de plus en plus, on va chercher la matière grise dans les pays de l¹autre côté de la Méditerranée, alors qu¹ils en auraient tant besoin pour se développer ?

Alors je vous le dis, ma conception de l¹identité nationale, c¹est bien sûr de lutter contre l¹immigration clandestine, mais de quelle façon ? On mettra fin aux migrations de la misère si l¹on a la force, la capacité, la volonté politique de mettre en place des politiques de co-développement, de changer en profondeur la politique africaine de la France, d¹en sortir de cet immobilisme.

On la voit encore, cette inertie, par rapport à ce qui se passe au Darfour. En voilà assez de cette indifférence, de cette mollesse diplomatique, de ces égoïsmes ! En voilà assez de ces politiques hypocrites qui sont à l¹origine même des dérèglements qu¹elles provoquent ! Oui, il faudra remettre de l¹ordre international juste, et cela aussi, c¹est du projet contre projet. Là aussi, il y a deux façons de voir le monde, là aussi, il y a deux visions du respect de la personne humaine. Là aussi, il y a deux formes d¹exigence, l¹une qui conduit à l¹efficacité des politiques mises en place, parce que nous savons bien, et ici à Marseille plus que partout ailleurs, nous savons bien que nous ne nous sauverons pas tout seuls, et que c¹est en diminuant les écarts entre les continents riches et les continents pauvres que nous nous tirerons tous collectivement vers le haut.

Et la question écologique est étroitement liée à la question de la sortie du sous-développement.

Je voudrais ici l¹aborder, là aussi, avec gravité. C¹est aujourd¹hui la journée mondiale de l¹eau.

Il y a à l¹échelle de la planète un milliard d¹être humains qui n¹ont pas accès à l¹eau potable. Il y a tous les jours 50 000 personnes qui meurent parce qu'elles n'ont pas accès à l¹eau potable. Voilà l¹état de la planète aujourd¹hui.

Alors l¹enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique, qui a fait l¹objet de tant de discours et de si peu d¹action au cours de ces dernières années, oui, la bataille contre le réchauffement climatique est un enjeu considérable, et c¹est à vous, à chacun de vous qu¹il reviendra de conduire cette lutte.

Il faudra là aussi des décisions courageuses. Il faudra là aussi lutter contre toutes les formes de lobbies, les intérêts financiers, les groupes pétroliers qui encaissent des profits insolents, tout en refusant d¹indemniser les communes souillées par exemple par la catastrophe de l¹Erika. Les profits des compagnies pétrolières seront taxés, et ces bénéfices seront réinvestis dans les énergies renouvelables. Les énergies renouvelables feront l¹objet de politiques volontaristes, déterminées, en en particulier, il appartiendra à la France d¹être un pays leader au niveau européen, pour entraîner l'Europe dans ces énergies renouvelables, et non pas comme aujourd¹hui, de freiner l'Europe sous prétexte que nous avons l¹énergie nucléaire. Cette hypocrisie est devenue inacceptable parce qu¹elle nous freine, elle nous empêche, elle nous fait prendre du retard.

Moi, je l¹ai vécu personnellement, ce retard, cette lenteur de l'État, ces résistances qu¹il faudra lever sur tout le territoire national. Lorsque j¹ai voulu, dans ma région, construire une usine de biocarburants, il a fallu que j¹attende trois années l¹autorisation de l'État central. En Espagne, une décision comme celle-ci se prend en trois mois. C¹est ce que je vous disais tout à l¹heure : la réforme des institutions, que chacun le comprenne bien, la réforme de l'État, que chacun l¹entende bien, ce n¹est pas une affaire de spécialistes ou de juristes, ce n¹est pas quelque chose qui va ralentir les réformes dont la France a besoin. Au contraire, c¹est une exigence impérative pour que les décisions politiques soient rapides, que nous puissions anticiper pour que la France garde un coup d¹avance sur les emplois du futur, tout simplement pour que la France reprenne la main et rattrape son retard dans tous les domaines de l¹économie de l¹intelligence.

Partout, nous avons pris du retard. Partout, les investissements ont reculé dans le domaine de l¹innovation et de la recherche.

Alors, le travail à accomplir est considérable. Les valeurs à remettre debout, nous les connaissons, et au premier rang desquelles, la valeur travail. Je voudrais vous en dire quelques mots.

La valeur travail, c¹est à nous, à gauche, de la défendre. La valeur travail, elle a été sapée, elle a été détruite. C¹est le chômage qui tue la valeur travail, c¹est la précarité qui brise la valeur travail, c¹est le CPE qui a contrecarré la valeur travail. C¹est tout cela qui détruit la valeur travail, lorsque les salariés ne se sentent pas respectés, lorsqu¹ils observent que le besoin de flexibilité de l¹économie repose essentiellement sur eux, et seulement sur eux, et jamais sur ceux qui sont protégés.

Alors là aussi, comprenons-nous bien, là aussi, il y a une confrontation de projets. D¹un côté, le projet de la droite, qui propose de généraliser le CPE et le CNE, en pensant ­ c¹est la logique libérale, elle a sa cohérence ­ que c¹est la précarité qui va permettre aux entreprises de se redresser.

Moi, je crois tout le contraire. Je crois que ce sont des salariés sécurisés dans leur emploi, dans leur formation, dans leur travail, dans leur salaire. Je crois, moi, tout le contraire. Je crois que ce sont des salariés qui ont le sentiment et qui ont la preuve que le dialogue social fonctionne bien, et qu¹ils seront associés aux décisions de l¹entreprises. Ce sera la réforme en profondeur du dialogue social et la construction d¹un syndicalisme de masse responsable qui sera capable de faire, avec des entreprises responsables, des compromis sociaux qui permettront de concilier le besoin d¹agilité des entreprises et la sécurisation des travailleurs et des salariés, parce que ce sont des salariés sécurisés qui peuvent être des salariés bien motivés dans leur travail, donc bien productifs, et surtout des salariés qui seront alors en mesure d¹amortir les chocs des mutations d¹une entreprise. C¹est cela le nouveau projet de société que je vous propose, la nouvelle règle du jeu : d¹un côté, le projet de la droite, qui nous dit que c¹est en opposant les uns aux autres que l¹on progresse, ceux qui auront le droit de faire des heures supplémentaires et les autres. On nous propose même, nous dit Nicolas Sarkozy, de faire voter ceux qui vont faire la grève contre les autres.

Moi, je vous propose tout le contraire. Je vous propose une société qui va trouver le sens du dialogue social, du compromis social, de la négociation, de la convergence des intérêts bien compris des uns et des autres. Et ce sont des pouvoirs publics, un État, qui va garantir la qualité de la négociation, l¹honnêteté des discussions en amont, le respect de chacune des parties, le temps qu¹il faudra donner à l¹écoute. Donc ce sont des pouvoirs publics et un État qui va garantir cette modernité de la relation sociale dans l¹entreprise, qui permettra de rendre à la fois des entreprises plus confiantes, plus compétitives, plus agiles, qui pourront dès lors se tourner vers le vaste monde, ne plus avoir peur de la mondialisation, conquérir des marchés, prendre des risques, conquérir l¹esprit d¹entreprendre, qu¹il faudra d¹ailleurs apprendre dès l¹école. C¹est cela la réconciliation entre les forces vives d¹un pays, et non pas la lutte de tous contre tous, l¹opposition des uns contre les autres, ceux qui s¹enrichissent aux dépens du plus grand nombre, ceux que paient de leur précarité les profits des autres. Cette société-là, elle ne marche plus, c¹est fini ! C¹est la société du passé.

Donc les Français vont avoir le choix entre ce qui n¹a pas marché, la politique comme avant, la société du passé, celle des confrontations, celle du manque d¹écoute, et au contraire, ils vont avoir le choix avec les nouvelles règles du jeu que je viens de vous proposer, parce que je crois que c¹est le sens d¹un pays moderne.

Je pense que la France est bridée de bien des limites, de bien des hésitations, de trop de peur, de trop de méfiances réciproques, où l¹on trouve toujours quelqu¹un pour expliquer que c¹est un autre qui est responsable de ce qui ne va pas.

Moi, je veux faire converger les énergies, les talents, les potentiels. Il y en a beaucoup, il y en a énormément dans cette France qui ne demande qu¹à repartir de l¹avant.

Alors tous ces combats, nous les mènerons ensemble.

Mais avant de les mener, il faut les expliquer aux Français.

Ce choix, vous l¹avez compris, il est crucial, il est important, parce que je l¹ai compris, je l¹ai vu, j¹ai entendu ce dont les Français ne voulaient plus. J¹ai entendu aussi leurs espoirs, leurs aspirations, leur confiance, leur envie de se remettre debout tous ensemble, leur besoin, leur désir de comprendre vers quoi nous voulions les guider, les emmener, et c¹est d¹abord cela l¹élection présidentielle, c¹est de tracer un chemin, c¹est de tracer un destin, c¹est de donner à chacun un désir d¹avenir, c¹est de mettre en place les conditions, les vraies conditions, à égalité de droits et de devoirs, les vraies conditions qui donneront à chacun le sentiment qu¹au jour le jour, ceux qui sont à la tête de l'État n¹ont qu¹une seule préoccupation : faire reculer au jour le jour les inégalités, pour que dans une France plus juste, chacun ait dès lors le sentiment que l¹effort est justement récompensé, que chacun ait dès lors le sentiment qu¹il peut assumer des libertés nouvelles et choisir sa vie, que l¹effort, ça vaudra le coup, parce qu¹on saura qu¹il n¹y a pas certains qui sont sacrifiés pour les autres. C¹est donc la garantie de la justice dans la répartition des efforts et dans les nouvelles règles du jeu que je vous donne. C¹est cette garantie là dont nous avons besoin pour nous redresser.

Vous l¹avez eu entre les mains, ce pacte présidentiel.

Pourquoi je dis pacte ? Parce qu¹il a été construit avec vous.

D¹un côté, on l¹a vu, il y a le candidat de la droite, qui donc s¹inscrit dans la continuité de ce qui s¹est fait. Il y a le candidat de l¹UDF ; pour lui, c¹est assez simple : il nous dit que son programme ne coûte rien, forcément, il nous dit aussi qu¹il n¹a pas de programme. Donc c¹est facile, mais l¹heure de vérité va sonner.

Et puis il y a le pacte que je vous propose, mais qui vous engage aussi, parce que la conception que j¹ai de la politique, ce n¹est pas une personne seule qui va, d¹en haut, décider ce que les autres doivent faire.

Un pays se remet en mouvement lorsqu¹il a bien compris au nom de quels principes et on nom de quelles règles on lui demande les efforts à accomplir, et c¹est ce que je fais dans ce pacte.

Un pays se relève et se remet en mouvement lorsqu¹il a bien compris au nom de quelles priorités l'État engage les dépenses publiques, et c¹est ce que je fais dans les sept piliers de ce pacte présidentiel. Un pays se relève lorsqu¹il a le sentiment que les fonds publics ne sont pas gaspillés, et c¹est ce que je fais puisque, dans chaque dépense nouvelle, et en particulier dans tout ce qui sécurise les citoyens et qui investit dans la matière grise. En retour, il y aura de l¹emploi, du développement économique et des efforts, donc en retour, il y aura sur le pays des éléments positifs qui vont revenir, et que ce n¹est pas comme je l¹entends dire, un projet ou un programme dépensier. Non, je crois qu¹au contraire, un pays qui se refuse à agir, un pays qui est dans l¹immobilisme, c¹est un pays qui court de grands risques.

Moi, ce que je vous propose, ce n¹est pas de ne pas bouger sous prétexte de ne pas dépenser. Non, au contraire, c¹est de faire les justes dépenses, je les ai évoquées à l¹instant devant vous, c¹est de faire les justes dépenses pour qu¹en retour nous puissions recueillir les fruits d¹une nouvelle croissance économique, qui nous permettra de créer des activités, des emplois, et de lutter contre toutes les formes de pauvreté et de précarité.

Voilà le pacte que je vous propose.

Voilà sur quoi je vous demande de vous mettre en mouvement.

Voilà pourquoi j¹ai confiance, j¹ai confiance parce que je sais que le moment de vérité va venir.

J¹ai confiance parce que j¹ai confiance dans l¹intelligence des Français.

Je sais qu¹ils cherchent encore, qu¹ils écoutent, qu¹ils veulent comprendre, qu¹ils sont exigeants, et ils ont raison de l¹être. Et je leur dis que la parole qu¹ils auront prise pendant cette campagne, ils la garderont. Plus jamais avec moi la politique ne se fera comme avant. La politique se fera bien avec vous, parce que c¹est comme cela qu¹elle sera efficace.

Quand j¹ai parlé de jurys citoyens, on a beaucoup plaisanté, on a ironisé. Je vous le dis : à tous les échelons de responsabilités, il y aura des jurys citoyens pour participer aux décisions publiques. Partout, les citoyens seront là, parce que rien n¹est pire que la loi du silence, rien n¹est pire que l¹incompréhension des décisions publiques, qui soi disant sont prises au nom du peuple français et qui parfois sont prises contre lui.

C¹est cela aussi la défense de l¹identité de la France, c¹est de mettre chacun et chacune en mouvement.

C¹est ce que je vous demande : mettez-vous en mouvement pour construire une France juste et une France forte.

Mettez-vous en mouvement pour faire gagner la France.


Mettez-vous en mouvement pour la relever.

Je suis sûre que nous y parviendrons, parce que les Français ne demandent que cela, vive la République, vive la France !

Puisque nous avons parlé de l¹identité nationale, et puisque nous sommes à Marseille, je voudrais vous dire un mot de la Marseillaise, parce qu¹il y a parfois des malentendus.

J¹entends dire des jeunes qui ne comprennent pas : « Mais ce sang impur qui abreuve nos sillons ? »

N¹ayons pas de malentendus. La Marseillaise, c¹est le chant de la lutte contre toutes les formes de tyrannie, c¹est le peuple qui s¹est levé contre les forces de l¹Ancien Régime, c¹est le chant qui a été repris dans tous les pays où il a fallu secouer le joug de l¹oppression. C¹est le chant que Louise Michel faisait chanter à ses élèves tous les matins et tous les soirs, et à chaque fois, elle qui avait connu la prison et les privations de liberté, à chaque fois, disait-elle, qu¹elle faisait chanter la Marseillaise à ses élèves, elle ne pouvait pas s¹empêcher de pleurer.

Alors, ne faisons pas de contresens sur ce chant, la Marseillaise. Comprenons vraiment le fond et la force historique de ses paroles. Ce n¹est ni un chant sanguinaire ni un chant xénophobe, non, c¹est le chant de toutes les libertés, de ceux qui risquent leur vie pour défendre les libertés, c¹est le chant de républicains, c¹est le chant que je vous propose, ici, à Marseille, de chanter tous ensemble pour ne jamais oublier que le message universel de la France à travers le monde est plus que jamais d¹actualité : la liberté, l¹égalité et la fraternité.

A nous, la Mar
seillaise !

mardi, 20 mars 2007

Discours de Ségolène Royal au rassemblement des élus socialistes et républicains


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Chers amis, chers collègues, élus, merci tout d'abord à François, notre premier secrétaire, de nous avoir une fois de plus donné autant d'énergie, merci à lui de nous avoir rassemblés.

Je salue les partenaires des autres partis de gauche qui nous soutiennent, Jean-Pierre et Jean-Michel, merci de leur présence.

Tous les élus socialistes, républicains, citoyens, rassemblés à l'initiative de Dominique Strauss-Kahn et de Claudy Lebreton, merci à vous, pour les avoir, au cours des mois et des années qui viennent de s'écouler, animés et encouragés.

Merci à Marylise d'avoir animé cette journée, et à vous tous ici présents.

Oui, je suis heureuse de vous voir aussi nombreux et nombreuses en ce dimanche, vous les piliers de la République et les inventeurs au jour le jour de la Nation.

Notre rassemblement ici, à la Porte de Versailles, n'est pas une réunion publique comme les autres, ni un rendez-vous de plus, il a une valeur et une densité toute particulière, parce que vous êtes venus de tous les territoires qui forgent notre destin commun. Parce que souvent, vous avez fait un long chemin, et même un très long voyage si j'en juge par la présence de tant d'amis des Outre-Mer.

Parce que, à travers vous, je veux parler de la France et m'adresser aux Français, et à travers les 5 000 élus ici présents, c'est aux 500 000 élus sur tout le territoire national auxquels je pense à ce moment.

Merci du fond du c¦ur pour votre parrainage.

Plus de 4 000 signatures sont arrivées au Conseil constitutionnel.

Je sais ce que je vous dois. Je sais ce que je dois à mon parti, je sais ce que je dois aux militants.

Car si je suis ici devant vous, c'est d'abord parce que je suis une des vôtres, conseillère municipale, conseillère générale, parlementaire pendant quatre mandats successifs, présidente de la région Poitou-Charentes, reprise à un ancien Premier ministre.

Oui, je suis des vôtres, et je connais comme vous les grandeurs et les servitudes du mandat d'élu, la noblesse aussi de cet engagement, ce qui fait qu'au jour le jour, nous sommes confrontés aux difficultés, aux souffrances, aux précarités, aux injustices, mais c'est ce qui fait aussi qu'au jour le jour, nous nous battons pour que la France aille mieux.

Je ne suis pas candidate pour reconduire le désordre des choses, mais au contraire, pour bâtir une France juste et forte.

Je ne suis liée à aucun groupe de pression, à aucun pouvoir d'argent.

Le pacte présidentiel, il a pour objectif de faire ce que vous faites tous les jours sur vos territoires, c'est-à-dire de répondre aux urgences d'abord de la vie quotidienne des Français et des Françaises, mais c'est aussi de préparer le pays aux défis du futur. C'est la mission que vous vous donnez, c'est la mission que je me donne, et c'est sur la victoire sur ces bases que nous devons conquérir et gagner ensemble.

Vous qui êtes des élus du suffrage universel, vous qui consacrez votre vie au bien public, vous savez que c'est le désintéressement qui fait les grands desseins, c'est-à-dire à la fois les grands projets et les grands progrès.

Ce dévouement et ce désir de changement que vous mobilisez dans vos communes, dans vos cantons, dans vos régions, dans vos départements, dans vos villes, dans vos circonscriptions, je les veux pour la France. C'est la beauté de l'engagement politique, c'est la noblesse du combat collectif et c'est le sens de notre combat commun. Et je le ressens au fond de moi chaque jour un peu plus, c'est bien ce qu'attendent les citoyens.

Je voudrais même vous dire que la réponse aux tumultes de la mondialisation, qui nous inquiètent tant, c'est le raccrochement aux territoires, ce sont les racines solides, celles qui permettent de se lever et de se tourner sans peur vers les autres et vers le vaste monde. Je veux réconcilier le local et le global, et ce sera tout le sens des réformes institutionnelles efficaces, et c'est tout l'objectif de la République nouvelle que j'appelle de mes v¦ux et qui est portée par le pacte présidentiel, cette République nouvelle dont vous êtes les acteurs à l'avant-garde, cette République nouvelle, nous la réussirons, et lorsque nous l'aurons réussie grâce au vote des Français dans un référendum populaire, institutionnel, refondateur de notre République, ancrée sur ses traditions mais en même temps tournée vers le futur, ancrée sur ses territoires, farouchement accrochée à ses identités et à ses diversités, et en même temps ayant la capacité d'inventer la France qui se relève, alors oui, ce sera notre 6e République, et c'est à celle-là que je vous invite, et c'est celle-ci que nous construirons ensemble.

Cette 6e République, elle est prête. Elle s'appuie sur votre travail.

Ce travail qui a été animé par nos présidents de groupe à l'Assemblée nationale et au Sénat, Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel. Elle s'appuie, vous y avez tous contribué, elle va s'appuyer sur quatre piliers nouveaux.

D'abord une démocratie parlementaire revivifiée qui va mettre fin au cumul des mandats.

Ensuite, une démocratie sociale, qui va faire faire à la France un bond dans le futur, en modernisant le dialogue social, en faisant en sorte que les organisations de salariés soient enfin respectées dans notre pays et contribuent au nouveau pacte que je veux nouer avec les entreprises pour prouver que l'on peut concilier la solidarité, les sécurités au travail, la valeur du travail, mais aussi l'efficacité économique et la conquête de ce qu'il y a de mieux dans la mondialisation.

Le troisième pilier, c'est la démocratie participative, celle que vous pratiquez tous les jours. Et c'est bien parce que depuis des années, je suis une élue locale que j'ai compris comme vous que la France a changé, que le monde a bougé, et donc que la politique doit changer en s'appuyant sur l'intelligence des gens, sur leur volonté de participer aux décisions qui les concernent, parce qu'ils sont les meilleurs experts de ce qu'ils vivent, de ce qu'ils sentent, de ce qu'ils attendent, de ce qu'ils espèrent, non seulement pour eux-mêmes mais aussi pour la génération qui se lève, afin qu'à son tour, cette génération qui se lève puisse espérer un meilleur avenir et transmettre à la génération suivante aussi le goût du risque, celui d'entreprendre, mais la ferme conviction que c'est en prenant le goût du risque, qu'en arrivant à conquérir le goût d'entreprise que nous pourrons au mieux le faire si nous assurons les solidarités de base, le maintien des services publics sur tout le territoire, l'accès à la santé.

C'est cela que nous ont dit tous les Français dans les réunions participatives qui m'ont aidée à construire avec vous le pacte présidentiel avec lequel nous nous battons aujourd'hui pour nous acheminer vers la victoire.

Le quatrième pilier de la 6e République, c'est la démocratie territoriale.

Oui, nous allons accomplir une nouvelle étape, reprendre le flambeau de Pierre Mauroy, mais pas dans une décentralisation ratée et confuse, à tel point confuse comme la droite la fait que le mot même de décentralisation a perdu tout son sens et toute sa valeur. C'est pourquoi nous mettrons en place une loi sur les intelligences territoriales au sens large, ce que j'appelle la régionalisation, non pas au sens de régions administratives, mais au sens de régions territoriales, et je le ferai parce que je crois que c'est là que se trouve le véritable c¦ur de la réforme de l'État. Nos concitoyens attendent que nous dépensions avec sagesse les fonds publics. Ils connaissent l'état de déficit dans lequel la droite laisse la France. Ils savent que ce sera difficile. Ils attendent donc de nous des dépenses publiques mieux organisées, un euro dépensé : un euro utile.

Ils attendent une clarification dans la répartition des compétences. Je veux faire confiance aux territoires, aux communes, aux départements, aux régions, aux agglomérations, aux communautés de communes. Chacun aura sa tâche à accomplir.

Nous mettrons fin aux superpositions, aux doublons, à toutes les formes de gaspillage. Il faudra de la discipline et de la rigueur pour cela.

Je connais les difficultés. Je sais comment, dans ces financements croisés, dans cette complexité territoriale, chacun cherche à se mêler de tout, dans une sorte de confusion dans laquelle personne ne se reconnaît. Les citoyens ne veulent plus de cela.

C'est ce qui permet à certains candidats de proposer de supprimer les départements. Non, je ne supprimerai aucun échelon. En revanche, parce que cela conduirait à une forme de pagaille administrative et nous perdrions des mois de temps utile pour faire les réformes efficaces et rapides, non, mais en contrepartie, chaque collectivité territoriale, dans une réforme fiscale, recevra les moyens justes d'exercer ses responsabilités sans être obligée de se livrer à une fuite en avant vers les hausses fiscales. Il y aura de la justice dans la répartition des ressources fiscales et il y aura de la justice dans la péréquation entre les territoires, pour que les citoyens puissent comprendre comment l'on peut concilier les identités et les intelligences territoriales avec la certitude que les conditions de la réussite scolaire, de l'accès à l'emploi, de l'accès à la santé, de l'accès aux services publics soient équitablement garanties sur l'ensemble des territoires, car il n'y a pas d'incompatibilité, au contraire, entre un État fort, assumé et assuré de ses responsabilités, garant du lien social à l'échelon national, et des collectivités territoriales et des élus qui assument toutes leurs initiatives, tous leurs talents, tout leur pouvoir d'action parce qu'ils savent qu'ils pourront s'appuyer sur cet État fort qui leur garantira l'égalité de développement sur le territoire, où qu'ils se trouvent, quelles que soient les conditions initiales, et surtout en donnant davantage aux territoires qui en ont le plus besoin.

C'est donc à une tâche immense à laquelle je vous appelle. C'est vous, si les Français en décident ainsi, qui serez au premier rang de l'application du pacte présidentiel que je vous propose, appuyé sur ses sept piliers, ses sept priorités que sont la valeur travail, la lutte contre la vie chère, la confiance retrouvée, l'excellence environnementale, la lutte contre toutes les formes de violence, le fait que la France revienne à la table de l'Europe et le fait que la France retrouve sa place dans le monde et son message universel tant attendu.

C'est vous qui aurez cette tâche, et il nous faudrait un nouveau pays pour dire les nouveaux Hussards de la République que vous êtes aux côtés des enseignants, oui, c'est vous qui allez être au premier rang, et je compte sur vous, non seulement pour conquérir la victoire, mais après pour la transformer dans ce pacte présidentiel qui permettra à une France neuve de se relever.

Nous écrivons aujourd'hui ensemble une belle page de l'histoire de France. Un nouvel espoir s'est levé à gauche, comme une vague en formation qui ne demande qu'à grandir. La volonté et le courage permettront d'aller chercher toutes celles et tous ceux qui pensent ne compter pour rien et qui ne savent plus de quoi demain sera fait.

Nous sommes en train de tracer ce chemin, de construire ce renouveau, nous accélérons aujourd'hui le mouvement de ce nouvel élan partagé. Je vous demande aujourd'hui encore de vous tourner, à 35 jours du premier tour de l'élection présidentielle, de vous tourner résolument vers les Français, de nouer avec eux un nouveau dialogue pour que chacun se sente pris en considération et revienne vers les urnes, pour redresser la France, la retirer vers le haut, pour mettre fin à cet insupportable vécu du déclin et du pessimisme. Oui, chacun doit être appelé à se remettre en marche. Aucun talent ne doit être gaspillé, aucune chance oubliée, aucune bonne volonté écartée.

Ce que je veux déclencher dans cette dernière ligne droite de la campagne, c'est un sursaut collectif, un élan à la dimension de l'espoir qui se lève, un dépassement de soi et de chacun. Oui, il s'agit de transformer l'espoir en dépassement, en donnant du bonheur, et parfois même de la ferveur, comme on le voit parmi ces milliers de gens qui viennent dans des salles pleines à craquer parce qu'ils veulent incarner ce mouvement vers le haut qui nous conduira vers la victoire.

C'est vous, élus, militants, c'est vous les élus qui avez accéléré ce mouvement en mobilisant autour de vous. C'est vous qui avez été aussi poussés par les citoyens autour de vous, par le peuple qui est déjà en marche. C'est vous qui êtes en train de donner à toutes celles et à tous ceux qui veulent une nouvelle histoire la force d'y croire.

En m'apportant vos parrainages comme vous l'avez fait, cela me donne l'immense responsabilité de ne pas décevoir toutes celles et tous ceux qui espèrent.

L'élection présidentielle va à l'essentiel, la possibilité pour chacun de choisir son destin et de le maîtriser dans les turbulences du monde d'aujourd'hui.

Oui, la France peut reprendre la main. Oui, elle peut croire suffisamment en elle, renouer avec le meilleur de son histoire, se projeter à nouveau dans l'avenir pour construire un destin commun, car les questions que se posent les Français, nous les connaissons : la pauvreté et la précarité sont-elles une fatalité ? Non.

Ces risques inédits, ces inégalités qui se creusent, ces fragilités qui déstabilisent même ceux qui se croyaient à l'abri, est-ce là le visage inéluctable de la modernité ? Assurément pas.

Ces jeunes qui désespèrent de pouvoir vivre un jour de leur travail, ces salariés qu'on pousse vers la sortie bien avant l'âge de la retraite, ces familles qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts, à se loger correctement, ces petits retraités qui ont la hantise de ne plus pouvoir se faire soigner et de ne plus pouvoir transmettre à leurs enfants et à leurs petits-enfants les valeurs auxquelles ils tiennent, ces familles qui s'endettent pour faire face aux dépenses courantes, est-ce cela la condition promise aux millions d'ouvriers, d'employés, de salariés, d'artisans, de commerçants, de petits agriculteurs, de retraités, qui forment l'immense majorité du peuple français ? Je ne le crois pas et je ne le veux plus, et vous non plus, vous ne le voulez plus.

Si les problèmes qui se posent ne sont ni de droite ni de gauche, il y a bien des façons de gauche d'y répondre.

Être à gauche, c'est garder au c¦ur une révolte intacte ; être à gauche, c'est mettre le progrès social au c¦ur de toutes les décisions politiques, le progrès social pour tous et le respect pour chacun ; être à gauche, c'est l'éducation au c¦ur de tout, encore l'éducation, toujours l'éducation. L'éducation qui, avec la formation et les qualifications et la culture, c'est-à-dire l'investissement dans l'humain nous permettra de combattre le chômage et d'affronter le vaste monde.

Je veux non seulement incarner ce changement mais le construire avec vous. La politique doit partir, comme vous le faites tous les jours sur vos territoires, la politique doit partir de la réalité de la vie des gens, être attentive aux leçons que le peuple donne, comprendre que le citoyen est le mieux placé pour faire le diagnostic de ce qu'il vit et pour dire au nom de quelles valeurs nous devons agir.

La France doit donner à chacun les moyens de prendre effectivement son existence en main. Voilà pourquoi les libertés individuelles appellent des solidarités et des garanties collectives à construire. N'ayons pas peur, puisons ces idées neuves, comme nous l'avons fait, dans la vie quotidienne du peuple français, dans ses souffrances, dans ses difficultés, mais aussi dans ses talents et dans ses formidables réussites.

Oui, avec vous, la France doit saisir toutes ses chances et se redresser, et nous savons bien, nous ici, qu'elle mérite beaucoup mieux que ce qu'elle a. Je veux lui donner, à la France, cette fierté sans prétentions inutiles qui l'aidera à rassembler ses forces et à écrire avec tous, tous les siens, une nouvelle page de son histoire.

La France, je la vois comme vous, au contact des territoires, créative, innovante, mais bridée de trop de lourdeurs et de méfiances, fragilisée par un État qui se désengage et qui devra, demain, j'en fais le serment, assumer toutes ses responsabilités dans le cadre d'une autorité juste. Je la sens, cette France, souvent en avance sur ceux qui la gouvernent et qui se plaignent injustement de son immobilisme.

Les Français, je le crois, sont prêts aux réformes, mais ils ne veulent pas consentir aux décisions qu'on leur impose sans les y associer. Ils ne sont pas partants pour des efforts qui pèsent toujours sur les mêmes.

Conduire une politique efficace et juste, c'est apporter la garantie permanente, au jour le jour, du recul des inégalités, des précarités et des insécurités, parce que c'est aussi comme cela que le pays sera plus fort dans la compétition internationale.

On nous répète que le pouvoir échappe à la Nation, que la volonté politique peut de moins en moins, que ce n'est plus l'État providence mais l'État minimal, faiblement protecteur, qui serait dans le sens de l'histoire. Je crois, moi, tout le contraire. Je crois que la politique doit prouver jour après jour son efficacité, et c'est pourquoi je vous propose une autre façon de gouverner, qui repère les vrais problèmes, qui apporte des solutions concrètes, qui dit au nom de quelles valeurs nous agissons et qui transfère vers vous les responsabilités opérationnelles pour répondre au plus vite aux attentes de nos concitoyens.

On nous a raconté aussi que la mondialisation avait disqualifié la Nation, et que l'aspiration croissante à l'autonomie individuelle, à la fuite vers le chacun pour soi se ferait forcément au détriment du collectif. Je crois, moi, tout le contraire. Ce sont les solidarités collectives qui nous rendront plus forts. La Nation n'est pas le monopole de la droite, et encore moins de l'extrême-droite. La Nation, elle tient debout parce que les solidarités sont là, parce que la lutte contre les injustices est là, et parce que nous saurons nouer avec les Français ce pacte social qui nous fera tenir debout ensemble, avec nos différences, avec nos talents, mais aussi avec notre volonté collective d'aller de l'avant dans une nation rassemblée et fière d'elle-même. Oui, ma conviction est là. C'est en restant fidèles aux valeurs de justice, de solidarité et de laïcité que nous pourrons résister le plus efficacement aux vents mauvais d'un libéralisme sans foi ni loi, des communautarismes de toutes sortes, et que nous réussirons à saisir ensemble les opportunités d'une mondialisation qui porte en ses flancs le pire et le meilleur. Le meilleur si elle réussit notamment à réduire les inégalités entre les pays du Nord et les pays du Sud, selon que nous saurons en faire.

Eh bien moi, je veux pour la France que ce soit le meilleur qui l'emporte !

Imaginer la France, c'est la tâche nouvelle que je vous propose. Car ne lui renvoyer que l'image de son déclin et la sommer sans cesse de renoncer à son exception, à son modèle, de lui dire qu'il faut qu'elle se banalise pour s'en sortir, et de s'aligner sur les pays où, paraît-il, le marché sans entraves pourvoirait au bonheur de tous, tout cela, c'est rendre un bien mauvais service à la France, et c'est attiser l'exaspération des Français. C'est à cette façon de faire qu'il faut mettre fin. Je crois qu'il y a beaucoup à corriger dans le fonctionnement de nos systèmes de solidarité, mais pas pour les amoindrir, pour les rendre plus efficaces.

Je crois que nous devons imaginer l'ambition d'une France économiquement dynamique et socialement plus solidaire, car l'un ne va pas sans l'autre.

Oui, imaginer la France, c'est à cela que je vous invite, car elle s'est beaucoup transformée, diversifiée et colorée, sans encore admettre totalement ce qu'elle est devenue. Nous devons en tirer parti et fierté. La France doit enfin reconnaître comme ses enfants légitimes tous ces jeunes dont les familles sont venues d'ailleurs et qui sont aujourd'hui des Français à part entière, quoique toujours exposés aux discriminations.

Et la lutte pour l'identité des territoires ruraux qui font souvent moins de bruit et qui pourtant n'en subissent pas moins de souffrance, cette lutte là fait partie aussi de la reconnaissance de la diversité de la France, et je ratifierai la charte des langues régionales, parce que cela fait partie de nos diversités, et c'est cette France diverse, colorée, multiple, rassemblée dans le potentiel de tous ses talents que nous réussirons à réunir, en refusant d'opposer les uns aux autres et de se sentir menacés par les uns ou par les autres. Non, c'est la diversité qui nous rend forts, c'est la diversité qui fait notre unité, c'est la fidélité à nos valeurs et à nos territoires qui nous permet d'avancer en étant bien au clair sur ce qui nous rassemble et en étant plus forts pour regarder vers les autres, car c'est en relâchant ou en atténuant nos racines que souvent cela nous pousse à nous replier sur les individualismes, celles qui détruisent le collectif ou à avoir peur du vaste monde et de la mondialisation.

Nous devons réunir cela, je l'ai dit tout à l'heure : le local, la fierté de nos liens sur le territoire et sur nos cultures diversifiées, et le global parce que nous regarderons tous ensemble, avec notre force commune, la meilleure façon de réduire les écarts entre les pays riches et les pays pauvres.

Et nous savons bien, nous la France, que si nous réussirons à nouer des liens avec l'autre rive de la Méditerranée, et en particulier vers l'Afrique, nous savons bien que c'est comme cela que nous serons plus forts ensemble, et que le message universel de la France sera à nouveau compris, entendu, respecté et porté.

Chaque maire rural, là où il se trouve, lorsqu'il noue un jumelage avec un autre village d'un pays plus pauvre que le nôtre, il construit un ordre mondial plus juste, et je compte aussi sur vous pour cela, car nous réformerons en profondeur les aides au développement, et je demanderai aux communes, aux départements, aux régions de nouer des partenariats de proximité, des circuits courts, et vous en aurez les moyens, parce que je crois que c'est le moyen le plus efficace de lutter contre toutes les formes de gaspillage, et de détournements de fonds publics, contournant des régimes corrompus qui font que l'argent public ne va pas directement aux populations qui en ont le plus besoin. Je compte sur vous pour réussir cet ordre mondial plus juste, sans lequel nous n'avons pas de destin commun.

Ce n'est jamais quand elle oublie ses valeurs, mais bien quand elle les prend au mot et qu'elle reste fidèle à elle-même, que la France peut aussi, au-delà de ses frontières, parler de l'Europe et à l'Europe, parler du monde et au monde, car la Nation, pour la gauche, est indissociable d'une perspective plus large.

Nous sommes de ce pays, la France, qui vota la liberté du monde, où l'on fit une constitution en pensant à l'univers entier. C'est donc en donnant au peuple l'exemple et le signal de la justice et de l'humanité que la France se ressemble et se rassemble.

Regardons l'histoire : c'est toujours quand le peuple s'empare de son destin que la France avance et bâtit un nouvel avenir.

Aujourd'hui, nous le sentons, je sens que le peuple français s'y est mis, et que ce mouvement va se lever.

Nous sommes portés par un mouvement populaire, généreux, heureux, qui sent que nous sommes portés par une cause plus grande que nous.

A travers vous, je lance aujourd'hui un appel à tous les Français, hommes et femmes de notre pays : rassemblons-nous, mobilisons-nous, aidons-nous les uns les autres à servir la France. Imaginons ensemble une France qui aura le courage d'affronter les mutations sans renoncer à son idéal de liberté, d'égalité et de fraternité.

Pour un ordre juste et contre tous les désordres injustes qui frappent les plus faibles, pour des énergies positives qui rassemblent et des libertés nouvelles à inventer, mettons-nous encore plus fortement en mouvement. Je vais continuer avec vous, comme je l'ai fait maintenant depuis plusieurs mois, et encore quelques semaines, avec la force de nos convictions et pour unir toute la gauche dans sa diversité et pour rassembler une majorité de Français dans un même désir d'avenir et de changement profond. La campagne sera victorieuse si nous le méritons.

Vous connaissez mon attachement à ces valeurs sur lesquelles je viens d'insister. La campagne sera victorieuse si nous y travaillons jusqu'au bout, avec l'exigence d'écoute, des réformes précises et crédibles que vous avez entre les mains et que vous avez bâties avec moi dans ce pacte présidentiel, c'est pourquoi je parle de pacte, et non pas de programme et de projet, parce que ce pacte, il m'engage, je donne ma parole pour le réaliser, mais il vous engage aussi puisque vous y avez participé et vous m'avez aidée à le construire, et il engage tous les Français, parce que la France se relèvera en étant en appui sur leur énergie et sur leur volonté d'aller de l'avant, et sur la conviction de la parole politique sera tenue, et que c'est grâce à eux que la France pourra changer et continuer à aller de l'avant et préparer un meilleur futur à la génération qui se lève.

Alors, c'est sur cela que je compte.

Les réponses que nous apportons aux inquiétudes des catégories populaires, et en particulier la lutte contre toutes les formes d'insécurité et de violences dont souffrent d'abord les plus exposés, et qui attendent de nous que nous accomplissions notre tâche et que l'État fonctionne enfin correctement.

Vous m'avez, au cours de ces déplacements, de ces milliers de réunions sur vos territoires, et qui vont désormais s'accélérer, vous m'avez, par votre présence et parce que vous avez mobilisé dans les salles des milliers et des milliers de citoyens, nombreux sont ceux encore parmi eux qui hésitent, qui doutent, qui attendent, qui espèrent, qui comparent. C'est donc un moment précieux qui va se dérouler, un moment intense, un moment fait de plein d'intelligence, nous devons être à la hauteur de l'intelligence des électeurs qui veulent que cette élection serve à quelque chose, qui veulent comprendre, qui ne veulent pas se faire avoir, qui veulent que leur voix soit méritée.

C'est à nous, c'est à moi de mériter avec vous chaque voix qui va venir dans l'urne et qui va dire : nous voulons une autre France, nous voulons une France neuve, nous voulons une France qui se relève et qui aille de l'avant.

Oui, vous m'avez donné toute cette force, et je vous demande de continuer à me la donner, parce que je veux mettre cette force au service de notre idéal commun pour faire gagner la France.

A nous de mettre la vérité en bataille. Des millions de Français attendent que l'on mette fin à ces politiques de rupture, de fracture, d'insécurité, de précarité.

Alors je vous le demande : tournons-nous vers eux, donnons-leur confiance, méritons-les, oui, mettons la vérité en bataille pour faire gagner la France. Vive la République, vive la France !

dimanche, 18 mars 2007

"Elle nous conduira à la victoire"

Le Journal du Dimanche du 16 mars 2007

 

Propos recueillis par Florence MURACCIOLE

>> Rencontre avec Pierre Mauroy, un "éléphant" fidèle et optimiste. L'ancien maire de Lille et Premier ministre de François Mitterrand aime la "petite musique" de Ségolène Royal et croit en ses chances de victoire. "Elle démontre chaque jour qu'elle est la candidate de la proximité et de l'écoute", se félicite-t-il.

Que pensez-vous de la publication du livre d'Eric Besson?
Elle est condamnable ! Je n'avais pas compris sa décision de quitter le PS. Aujourd'hui, avec ce livre outrancier, je comprends mieux. Nous avions un adversaire en notre sein. Son choix de partir est logique.

Et l'attitude de Claude Allègre?
C'était l'un des ministres dont j'avais apprécié le courage. Il osait les réformes même s'il n'y mettait pas toujours la manière. On peut être en désaccord, mais je suis déçu qu'il prenne des positions aussi caricaturales et définitives.

Comment jugez-vous la candidate Ségolène Royal?
Malgré les épreuves qu'elle traverse, elle conserve un calme olympien. Je la trouve pleine d'assurance, maîtrisant ses dossiers. Elle démontre chaque jour qu'elle est la candidate de la proximité et de l'écoute. Elle s'intéresse aux problèmes des Français. Elle répond à leur attente de changement et à notre volonté de rassemblement le plus large dès le premier tour.

Jeudi, sur France 2, elle a dit qu'elle reprenait sa liberté face aux "éléphants". A-t-elle eu raison?
Comme toujours, elle est ferme et claire dans ses affirmations qui méritent quelques explications. Elle est notre candidate et ne manque jamais de rappeler qu'elle est socialiste. C'est à partir du projet du PS et à la suite des débats participatifs voulus par elle qu'elle a bâti son programme présidentiel. Le maître mot de cette élection, c'est le changement. Si j'ai fait le choix de Ségolène Royal, c'est parce qu'elle s'inscrit dans la continuité de la tradition socialiste mais qu'en même temps, elle fait entendre ce que j'ai appelé sa «petite musique» avec ses idées, son intuition.... Et aussi parce qu'elle est une femme. N'oublions pas qu'il s'agit d'une élection présidentielle. Le (ou la) président(e) n'est pas seulement le (ou la) représentant(e) d'un parti. Il (ou elle) est celui (ou celle) de la France et des Français. Ce qui impose une certaine distance à l'égard des formations politiques. Ce que fait Ségolène Royal.

Le retour des éléphants ne l'a-t-il pas affaiblie?
Elle ne pouvait pas faire campagne en ignorant les responsables socialistes et leur expérience. Pour autant, il n'a jamais été question que les éléphants - dont je fais partie! - participent à la direction opérationnelle de sa campagne.

"Bayrou n'est qu'un supplétif de la droite"

Fabius prône à nouveau un coup de barre à gauche. Qu'en pensez-vous?
Fabius a le mérite de tenir un discours constant. Ségolène Royal doit rester elle-même, d'autant qu'elle se situe toujours à un bon niveau dans les sondages. Rester elle-même tout en étant fidèle à la gauche permettra le rassemblement de ceux du même bord qui ne sont pas encore autour d'elle et, au-delà, des citoyens et citoyennes sensibles à sa "petite musique". Je suis convaincu qu'elle continuera à nous surprendre et qu'elle nous conduira à la victoire.

Que pensez-vous de la montée de Bayrou?
C'est un fait, mais la candidature de François Bayrou est une illusion. C'est un homme de droite; il a voté les lois et les budgets de la droite. Même s'il a pris une certaine distance, les députés de son groupe ont été élus avec les voix de la droite. Certes, c'est un homme de qualité, mais n'est pas de Gaulle qui veut ! Il ajoute à la confusion quand il explique qu'il veut prendre les meilleurs à gauche et à droite, ce qui reviendrait à une forme de cohabitation entre personnalités aux idées contradictoires. On ne va pas revenir à la IVe République au moment où l'on parle de dépasser la Ve!

Une alliance avec Bayrou n'est donc pas envisageable?
Il n'en est pas question. Chacun mène sa campagne. Bayrou est un concurrent qui, pour l'heure, n'est qu'un supplétif de la droite. Le premier tour est une compétition sévère qui commande de ne pas nous disperser.

En 2002, vous aviez sonné l'alerte parce que Jospin ne parlait pas assez des ouvriers. Des catégories sociales sont-elles oubliées en 2007?
On n'est pas dans la même situation. Ségolène Royal prend en compte les couches populaires. Elle s'adresse aussi à la classe moyenne, notamment en proposant une augmentation du Smic à 1.500 euros et une conférence Etat/partenaires sociaux sur l'ensemble des salaires. Je voudrais dire aux enseignants qui seraient tentés par le vote Bayrou de se souvenir de son passage à l'Education nationale. La seule réforme qu'il ait tentée, celle de la loi Falloux, a mis près d'un million de républicains dans la rue! Il a fait des discours sur la laïcité qui n'ont pas été suivis d'actes. On sait qu'il n'est pas opposé à une réduction des effectifs. Comment, dès lors, un enseignant peut-il le soutenir?

Comment jugez-vous la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un ministère
de l'Immigration et de l'Identité nationale?
Cette proposition est inacceptable dans son principe. Je note que Simone Veil a émis de fortes réserves. Il est clair que Sarkozy cherche à se rallier des électeurs du Front national. Sinon, pourquoi lier immigration et identité nationale ? Cela rappelle de très mauvais souvenirs. L'immigration doit être considérée comme une chance et non comme une malédiction, même si l'on ne peut pas régulariser tout le monde.

samedi, 17 mars 2007

DSK et Ségolène en meeting

Extraits ..............

 

Quand "les socialistes ont choisi leur candidate, alors tous les socialistes sont derrière elle, et moi le premier", a clamé DSK, qui veut "contribuer à sa place à la victoire de Ségolène Royal" parce que "c'est l'intérêt de notre pays". "Nous tenons ensemble ce meeting. Ça a fait couler de l'encre", "comme si le fait qu'on ait été, Ségolène et moi, démocratiquement opposés dans une campagne interne faisait qu'on devait être opposés tout le temps, comme si ce n'était pas naturel pour un socialiste de défendre la campagne d'une socialiste", a-t-il déploré, récusant tous "petits calculs".

DSK a donc invité le PS à lui emboîter le pas. Dans une campagne, "on a besoin de soldats. Et dans un combat, les soldats ne doivent pas avoir d'états d'âme, ils doivent avoir des états de service, ils doivent monter au front", a-t-il lancé devant plusieurs centaines de personnes réunies pour ce meeting dans les Ardennes. Les socialistes doivent "se mettre en rang pour partir à la bataille et pour faire gagner la gauche", a-t-il dit.

 

 

jeudi, 15 mars 2007

Pas de tentation du vote Bayrou

Point de vue d'un militant : Jean-Pierre Arethens,

 

Que veut Bayrou? Etre élu président, devenir futur premier ministre?

A-t-il la moindre chance d'arriver à ce but en se présentant uniquement comme chef de son camp, c'est à dire, chef d'un petit parti de centre droit, vampirisé il y a peu par l'UMP? Certes non. Les chances de rassembler sur son nom plus d'électeurs de la droite de gouvernement que Nicolas Sarkozy, candidat naturel de la droite sont nulles. Où alors trouver des voix pour avoir une chance d'accéder à un second tour, ou tout au moins, chèrement négocier un ralliement de second tour avec Nicolas Sarkozy? A gauche évidemment. Et cela marche d'autant mieux que les sondages le présente comme le seul capable de barrer la route à Nicolas Sarkozy

Bayrou base donc largement son discours sur une réthorique de gauche, avec plus de crédibilité qu'un Nicolas Sarkozy. Il joue sur le rejet de Nicolas Sarkozy, le prend à contre pied et le tacle à ravir -dans les media seulement-. Il sait à l'évidence comment caresser dans le sens du poil les électeurs de gauche bobos, ou amers de l'échec de DSK.

Mais, cela fait il de Bayrou un homme de gauche? Qui est capable de citer dans les actes politiques passés de François Bayrou un semblant de comportement de gauche? François Bayrou séduirait les enseignants. Ceux ci n'ont-ils pas un peu vite oublié que François Bayrou, fut entre autres, le ministre qui tenta de remettre en cause les loix Falloux encadrant le subventionnement public de l'enseignement privé. Ceux-ci n'oublient ils pas que sévit actuellement un des ministres de l'éducation les plus rétrogrades et incompétents de ces dernières décennies, Gilles De Robien, seul ministre UDF du gouvernement Villepin, et ami de François Bayrou.

Bayrou a-t-il un programme de gauche? Qui est capable d'indiquer une mesure de gauche originale proposée par Bayrou, et non pillée dans le programme de Ségolène Royal. Sait on que sur nombre de sujets, du "travailler plus pour gagner plus" remettant en cause les 35 Heures aux cadeaux fiscaux pour les plus riches, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier entre le programme de Bayrou et celui de Sarkozy.

La France a longtemps été réputée pour avoir la Droite la plus bête du monde. Ce temps semble révolu, et je ne suis pas loin de penser que depuis la disparition de François Mitterrand, la gauche a repris ce titre peu convoitable. La stratégie de la droite façon Bayrou est parfaitement complémentaire de celle de la droite façon Sarkozy. Quelle meilleure façon pour faire perdre la gauche que de l'éliminer dès le premier tour dans le scénario idéal, ou dans le scénario le plus probable, de l'affaiblir suffisamment au premier tour pour empécher une dynamique qui lui permettrait la victoire au second tour?

Une certaine gauche fait la fine bouche sur la candidate désignée massivement par les socialistes et donne crédit à Bayrou, homme de droite. Cette gauche s'apprête à influer sur le choix cornélien entre Bayrou président et Sarko Ministre, ou Sarko Président et Bayrou Ministre.

Tout est donc en place pour que nous nous réveillions le 7 Mai, voire plus tôt, avec la gueule de bois du 21 Avril 2002, en ayant permis pour la deuxième fois consécutive une victoire facile d'un candidat de droite grace à la dispersion de nos votes. Certains expliqueront que c'était la candidate qui n'était pas assez ci, pas assez cela ...ou pas leur type. Il est malheurement à craindre qu'au cours des cinq prochaines années, ce ne sont pas ceux là qui auront dispersé leurs votes qui souffriront le plus des conséquences de la politique de droite que méneront Sarkozy et Bayrou lorsqu'ils seront arrivés au pouvoir.

vendredi, 09 mars 2007

DSK invite Bayrou à se prononcer contre Sarkozy et lui suggère de rallier le pacte présidentiel

DSK invite Bayrou à se prononcer contre Sarkozy et lui suggère de rallier le pacte présidentiel

Lorsque François Bayrou a fait de vous un premier ministre potentiel de sa majorité, vous avez laissé dire… Pourquoi ?

Cette question ne se posera pas. Je suis un homme de gauche et l'union nationale, telle que la propose Françoismedium_h_9_ill_823736_dsk.jpg Bayrou, ferait avant tout l'affaire des extrêmes. La France a besoin d'une majorité de gauche. Pour autant, je trouve que l'on est à la fois trop indulgent par rapport au flou du projet de François Bayrou et parfois trop excessif par rapport à sa démarche.
 
C'est certes un homme de droite, mais il a donné des signes de rupture par rapport à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Est-ce que ces signes de rupture en font une solution pour la France ? Je ne le crois pas : en mettant sur le même plan le PS et l'UMP, il est injuste sur le passé et inopérant pour l'avenir. Est-ce que cela en fait le meilleur candidat pour battre Nicolas Sarkozy ? Je ne le crois pas davantage. Il ne peut ni ne veut rassembler l'ensemble de la gauche, or c'est nécessaire pour battre Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal, parce qu'elle n'est pas centriste mais occupe une position centrale, est la mieux placée pour rassembler. François Bayrou devra finir par se déterminer. S'il va jusqu'au bout de sa logique – et je l'y encourage ! –, il se prononcera contre l'alliance avec Nicolas Sarkozy au second tour. Cela fera une belle majorité pour battre Sarkozy et pour changer la France.

Vous suggérez au candidat centriste de rallier Mme Royal ?

Ségolène Royal l'a dit : tous ceux qui rejoindront le "pacte présidentiel" auront vocation à rejoindre le gouvernement et la majorité présidentielle.

Le candidat centriste est donc compatible avec la gauche ?

La ligne de François Bayrou n'est pas une solution, c'est une illusion. Sa progression dans les sondages est la manifestation la plus repérable de l'exaspération des Français devant l'absence de vrais débats sur leurs vrais problèmes. Je les comprends. Remettons les solutions – notamment économiques et sociales – au cœur de la campagne présidentielle : nous verrons si François Bayrou partage les nôtres et, j'en suis sûr, nous l'emporterons.

Vous faites une ouverture à l'électorat centriste ?

Il n'y a pas d'ouverture à faire. Il y a à montrer que la gauche que Ségolène Royal veut incarner, et moi aussi, offre un nouveau visage. J'ai plaidé pour une gauche social-démocrate. Je pense toujours que la solution est là.

La progression de M. Bayrou dans les sondages signifie-t-elle que le clivage droite-gauche a du mal à s'installer ?

La succession des alternances et les difficultés de la société française ont érodé les différences manichéennes qui existaient jusqu'en 1981. C'est plutôt une bonne chose. Pour autant, je continue de penser que les différences entre la droite et la gauche structurent notre pays. Qui ne voit aujourd'hui qu'il y a deux manières de faire évoluer la société française dans la mondialisation. La gauche moderne que représente Ségolène Royal, et que je défends, vise à concilier une nouvelle vision de la création de richesse et de la réduction des inégalités.

Cette campagne est beaucoup trop remplie d'anecdotes. Les Français sont dessaisis des débats. Nicolas Sarkozy organise le brouillage, en citant Jaurès et Blum, et se fait le champion du travail, "travailler plus pour gagner plus". Or, il a été rappelé mille fois que ce ne sont pas les salariés qui décident des heures supplémentaires, et que ça n'apporte aucune solution aux salariés en temps partiel subi. C'est une approche très différente, sur le pouvoir d'achat, de celle que propose la gauche avec l'ouverture d'une grande négociation avec les partenaires sociaux qui traite de la hausse du smic et de la revalorisation des petites retraites mais aussi de toute la revalorisation des carrières professionnelles…

Sur la question fiscale, Nicolas Sarkozy dit qu'il faut baisser de 4 % les prélèvements obligatoires alors que chacun sait très bien que le problème central du pays, c'est celui de la dette, sur laquelle Ségolène Royal a mis l'accent, et que cela impose de stabiliser les prélèvements obligatoires. Dire, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on veut faire passer le bouclier fiscal à 50 % revient en fait à supprimer l'ISF. Dans ces conditions, qu'il le dise clairement ! Que le débat commence enfin sur les objectifs, les priorités, les solutions, les modalités… sous le regard des Français.

Quelle relance faut-il pour l'Europe ?

Il faut absolument que l'ensemble de la mécanique reparte. Le cadre principal doit être celui de l'entente étroite entre Français et Allemands. Il faut reprendre l'inspiration du traité de l'Elysée de 1963 et, avec un nouveau pacte, aller loin dans l'intégration franco-allemande, en dégageant une vision commune sur les frontières, l'économie et le social, le militaire et le diplomatique et l'environnement et l'énergie.

Avec la présidence allemande en 2007, la présidence française en 2008 et les élections européennes en 2009, la fenêtre est étroite, mais elle existe. Pour le reste, il faut écarter le "mini-traité" version Sarkozy parce qu'il manque d'ambition et heurte les dix-huit pays qui ont dit oui à la Constitution européenne. Nous n'avons pas besoin d'un traité "moins". Nous avons besoin d'un traité "plus", qui réponde aux attentes sur le social, l'environnement, la gouvernance économique, de ceux qui sont inquiets d'une Europe trop libérale.

Ce nouveau traité doit-il être soumis à un référendum ?

S'il n'est qu'un règlement intérieur de fonctionnement de l'Union, sous la pression des eurosceptiques, des Britanniques, des Polonais, des Tchèques auxquels Nicolas Sarkozy prête la main avec son mini-traité, il peut passer par la voie parlementaire. Si c'est le traité "plus", le parallélisme des formes impose un référendum mais, dans ce cas, il sera, j'en suis sûr, adopté.

La présence de l'Etat dans le capital d'EADS est-elle nécessaire ?

Oui. La spécificité d'EADS, c'est qu'il s'agit de la première entreprise créée de façon binationale – avec des actifs français et allemands – et avec une organisation bicéphale. La participation de l'Etat français a été un élément de discussion au départ, mais ce n'est plus une difficulté aujourd'hui. En revanche, l'organisation bicéphale, qui était indispensable pour créer EADS, n'était pas destinée à durer : il aurait fallu la faire évoluer. Je me souviens que dès 2002, j'avais rencontré le président de Daimler pour voir avec lui les modalités possibles d'évolution. Le décès de Jean-Luc Lagardère – qui appuyait cette démarche – a interrompu le processus. Il aurait fallu depuis bouger sur cette question. En cinq ans, le gouvernement n'a rien fait.

Cette gouvernance bicéphale, il faut y mettre fin ?

Oui. Bien des solutions peuvent être imaginées, comme une présidence à tour de rôle. Mais, pour pouvoir être adoptées, il faut recréer de la confiance.

Mais vous êtes d'accord avec la demande de Ségolène Royal d'une recapitalisation par les Etats et d'une participation des régions ?

Pourquoi pas ! Même si nous ne sommes pas dans le cas d'Alstom, et si la recapitalisation n'est pas le problème principal d'Airbus, elle peut être utile. Airbus connaît d'abord des difficultés d'organisation. Il y aurait beaucoup à gagner à discuter avec les organisations syndicales, sans oublier les sous-traitants, pour remettre à plat le plan Power 8. C'est un grand gâchis d'avoir construit ce plan sans les avoir suffisamment consultées.
 
Entretien publié dans le Monde du 9/03/2007

jeudi, 08 mars 2007

Journé de la Femme Ségolène Royal la plus apte à défendre l'égalité homme/femme, selon un sondage BVA

Au nom de l'égalité, Ségolène Royal a longuement dénoncé, mercredi 7 mars, à Dijon, les "contradictions tenaces et lesmedium_070308161002.6ox5gs420_la-candidate-socialiste---la-presidentielle-segol-b.jpg écarts persistants" qui séparent les hommes et les femmes dans le monde du travail. "Certes, il y a davantage de femmes instruites et de femmes salariées, mais il y a aussi de plus en plus de chômeuses et de travailleuses précaires, a-t-elle souligné. Certes, il y a davantage de lois sur l'égalité professionnelle, mais le plafond de verre est toujours là, comme les disparités de carrière et de salaire. (...) Les femmes sont les toutes premières victimes des mutations contemporaines du monde salarié."
Depuis les années 1960, malgré la crise, les femmes ont massivement investi le marché du travail : aujourd'hui, plus de 80 % de la population féminine âgée de 25 à 49 ans ont une activité professionnelle. "Dans la France des années 2000, le modèle dominant n'est pas celui du choix (travail ou famille), il n'est plus celui de l'alternance (travailler, s'arrêter, retravailler) mais celui du cumul, note la sociologue Margaret Maruani dans Travail et emploi des femmes (La Découverte, 2005). Pour une mère de famille, il est désormais "normal" de travailler alors qu'il y a seulement quarante ans, il était tout aussi "normal" de s'arrêter dès la naissance du premier enfant."
 
Cette petite révolution est loin d'avoir aboli les inégalités entre les hommes et les femmes. Si, pour beaucoup de femmes, le travail est désormais la norme, le temps plein ne l'est toujours pas : en 2002, 87 % des salariés à temps partiel étaient des femmes. "En Europe, la France se distingue dans le caractère subi du temps partiel, précisent Cédric Afsa Essafi et Sophie Buffeteau dans le numéro de mars d'Economie et Statistiques, la revue de l'Insee. En France, un emploi à temps partiel sur trois est déclaré involontaire contre un sur six pour l'ensemble de l'Union européenne."

Bien que les filles aient rattrapé, puis dépassé le niveau d'éducation des garçons - depuis 1971, les bachelières sont plus nombreuses que les bacheliers et, depuis 1975, les étudiantes plus nombreuses que les étudiants -, les écarts de salaires, qui s'étaient réduits jusqu'aux années 1990, stagnent : dans Economie et statistiques, Dominique Meurs et Sophie Ponthieux estiment qu'ils s'établissaient à 25,3 % en 2002, soit à peine un point de moins qu'en 1990.

Enfin, l'investissement professionnel des femmes est freiné, selon le mot de Mme Royal, par l'"invraisemblable monopole féminin" sur le travail domestique et parental, qui repose sur leurs épaules à 80 %. Ces freins à l'activité ont été renforcés par la création, en 1985, des congés parentaux, qui ont incité nombre de femmes, surtout dans les milieux populaires, à se retirer du marché du travail. "A la naissance d'un enfant, le fossé qui sépare la faible implication masculine du travail d'ajustement des femmes est considérable, soulignaient en 2006 Ariane Pailhé et Anne Solaz dans une note de l'Institut national d'études démographiques (INED). Après une naissance, 54 % des femmes - contre 7 % des hommes - quittent leur emploi et 22 % des femmes - contre 6 % des hommes - réduisent leur temps de travail."

Pour la sociologue Dominique Méda, qui est intervenue à Dijon, la situation des femmes est toujours "plombée par le poids des représentations traditionnelles". "Ces difficultés commencent à l'école, où l'on pousse moins les filles que les garçons, et elles se poursuivent dans l'entreprise, où l'on considère encore toute femme comme une mère en puissance, a-t-elle résumé. Pourtant, le sous-emploi des femmes est à la fois une injustice sociale et une aberration économique : leur travail est nécessaire à la protection sociale, il évite un immense gâchis scolaire et il constitue un rempart efficace contre la pauvreté."

Ségolène Royal est la candidate à laquelle les Français font le plus confiance pour défendre l'égalité entre les hommes et les femmes, selon un sondage BVA à paraître jeudi dans La Dépêche du Midi. A la question +à quel candidat faites-vous le plus confiance pour défendre l'égalité entre les hommes et les femmes+, 43% des sondés ont répondu Ségolène Royal. En deuxième position vient Nicolas Sarkozy (15%). Suivent François Bayrou (13%), Arlette laguillerJ (7%), Jean-Marie Le Pen (3%), Olivier Besancenot (2%) et Marie-George Buffet (2%). 92% des personnes interrogées pensent que l'égalité homme/femme est bien respectée au sein de leur propre famille (58% pensent de même dans les familles en général), et 59% dans les médias. Elles ne sont plus que 27% à estimer que l'égalité est respectée dans les entreprises, et 25% (le taux le plus bas) dans le monde politique. Le sondage a été réalisé par téléphone du 5 au 6 mars, auprès d'un échantillon de 953 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).


 Il est à noter, que seuls les partis de gauche ont désigné des femmes pour les représenter à l'élection présidentielle.

 

Faisons du 6 Mai 2007, une avancée en ayant une femme Présidente de la République et Socialiste !

 

jeudi, 01 mars 2007

les clésd'une autre logique : quelques aspects du pacte présidentiel

Plus juste, la France sera plus forte

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I) Actuellement, une situation financière et sociale très dégradée :
 

 

La situation économique et financière s’est beaucoup dégradée depuis cinq ans, à la faveur de choix clientélistes, et d’a priori dogmatiques.

 

L’endettement public cumulé approche les 65 % du PIB annuel, soit 7 points de plus qu’à l’été 2002. La charge annuelle de la dette représente le premier poste budgétaire : elle est elle-même gonflée par des taux d’intérêt réels survitaminés.

 

Le déficit cumulé des comptes de la sécurité sociale  s’élève à plus de 50 milliards d’euros sur cinq ans. Le déficit dépasse les dix milliards d’euros par an, alors que nous bénéficiions d’un excédent annuel en 1999, 2000 et 2001. Ce déficit concerne trois branches sur quatre de la sécurité sociale.  Il atteint au total un cumul de 77 milliards d’euros.

 

Le déficit extérieur de la France est entré en terrain inexploré, puisqu’il atteint désormais 29,2 milliards en 2006, soit plus de 190 milliards de francs ; il avait déjà dépassé les 23 milliards d’euros en 2005. Nous connaissons un déficit régulier depuis août 2004.

 

Les pertes d’emplois industriels atteignent 70 000 par an, soit environ 350 000 au cours de la législature qui s’achève. Plusieurs secteurs d’activité industrielle sont sinistrés.

 

L’héritage est lourd : deux chiffres le résument. Plus de 40 % des salariés - qui représentent désormais 90 % de la population active – perçoivent moins de 1 400 euros mensuels nets. 4/5 des embauches ont été effectuées en 2006 à titre précaire, qu’ils s’agissent de CDD, d’intérims, de CNE, de saisonniers, d’intermittents, de temps partiels imposés.

 N'oubliez pas que cet héritage : c'est celui d'une politique que soutient SARKOZY.

Il est donc urgent de redresser les pays car il ne saurait y avoir de fatalité comme l’a montré la politique menée de 1997 à 2002, Ségolène Royal propose d’engager la France dans un « cercle vertueux, gagnant-gagnant » pour les salariés, les retraités, les entreprises, l’économie dans son ensemble.

 

II) Les clés d’une autre logique

 

- Investissement massif  dans l’innovation et la recherche : nous proposons d’augmenter pendant le prochain quinquennat le budget de la recherche et des crédits publics pour l’innovation de 10 % par an (le budget public de recherche-développement a diminué de 1 à 0,8% du PIB entre 2002 et 2005).

 

Mise en place d’une politique industrielle capable de préparer l’avenir et de réduire les risques de délocalisations avec la création d’une Agence nationale de réindustrialisation.

 

- Adopter une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens del’excellence. En 5 ans, la dépense par étudiant sera portée au même niveau que la moyenne des pays de l’OCDE. Une meilleure synergie entre recherche et université sera mise en oeuvre.

 

- Limitation à 17 le nombre d’élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation

ordinaire.

 

- Organisation des Etats généraux des enseignants, pour améliorer leurs conditions de travail dans l’école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l’emploi précaire. 

 

III) Reconnaître et réhabiliter le monde du travail

 

- Le SMIC sera porté à 1500 €, le plus tôt possible dans la prochaine législature.

 

- Afin de tirer vers le haut tous les salaires, une conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance réunissant les partenaires sociaux sera organisée dès juin 2007.  Cette conférence  sera annuelle.

 

- Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales, en fonction de la nature des contrats de travail, et supprimer le CNE  pour faire du CDI la règle.

 

- Développer la négociation collective à tous les niveaux et sur tous les thèmes, notamment sur les questions de la mise en œuvre de la sécurité sociale professionnelle d’organisation du travail, de conditions de travail, d’aménagement du temps de travail, de pénibilité, de temps partiel subi.

 

- Créer le droit au premier emploi des jeunes, pour qu’aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés. Ouvrir 500 000 emplois tremplins aux jeunes, en généralisant la mesure prise par les régions de gauche.

 

IV) Répondre à l’urgence sociale

 

- Instaurer un revenu de solidarité active (RSA), permettant pour tout bénéficiaire du minima sociaux, l’amélioration d’un tiers de ses ressources dès lors qu’il reprend un travail.

 

- Augmenter les allocations logement de manière à limiter à 25% le montant des dépenses de  logement pour les ménages modestes.

 

Augmentation des petites retraites de 5 % dès cette année

 

- Verser mensuellement le minimum vieillesse.

 

- Paiement des retraites de la sécurité sociale le 1er jour de chaque mois.

 

- Revalorisation de 5% des allocations aux personnes en situation de

handicap.

 

 

Avec Ségolène Royal, la seule candidate du changement

pour la victoire du Pacte présidentiel

lundi, 26 février 2007

Entre une extrême gauche gangrenée et un centrisme mystificateur : Ségolène Royal est la seule issue.

Ségolène, bien sûr
 
Par Jacques JULLIARD
QUOTIDIEN  LIBERATION: lundi 26 février 2007
 
Jacques Julliard historien et écrivain.
  
Ségolène Royal s'est attaquée simultanément à deux tâches écrasantes: se faire élire présidente de la République et rénover le Parti socialiste. En vérité, elle n'avait pas le choix. Sa seule chance d'être désignée comme candidate par le PS était de s'imposer de l'extérieur et de forcer le parti. La géniale invention due à François Hollande et à Jack Lang de l'adhérent à vingt euros a introduit un couloir de circulation entre deux mondes jusque-là étrangers l'un à l'autre: celui des militants et celui des sympathisants. Le premier obéit à des règles non écrites mais contraignantes. Le parti se prend à gauche; son chef est tenu à un discours de gauche, voire gauchiste, censé rassembler le parti jusqu'au premier tour de la présidentielle; il lui est ensuite permis entre les deux tours de «s'ouvrir» sur la droite pour obtenir le surcroît de voix nécessaires à son élection; une fois élu, il lui revient de se confronter au monde extérieur, aux contraintes économiques, à l'équation parlementaire: à la réalité. Ces trois phases sont compartimentées avec soin, de sorte que le candidat essuie rituellement sur sa droite l'accusation d'incohérence, sur sa gauche celle de trahison.
 
Ségolène a changé cela: madame 20 euros a tenu d'emblée un discours socialement de gauche et économiquement de droite, selon le voeu de sa nouvelle clientèle. Les ambiguïtés de ce discours sont moins dues à l'insuffisante clarté de son esprit, comme on l'en accuse élégamment, qu'à la nécessité de naviguer au plus près, surveillée qu'elle est par les uns et par les autres. Mais son discours de Villepinte, où les étourdis n'ont voulu voir qu'un catalogue, a montré sa détermination à ne rien céder d'essentiel aux éléphants. Désormais, ceux-ci sont prévenus, et Sarkozy aussi: Ségolène Royal ira jusqu'au bout, sur sa propre ligne, en dépit des frustrations, des murmures et des croche-pieds.
 
Ce faisant, elle est dans la ligne du Léon Blum du congrès de 1946, s'adressant à la majorité mollettiste: «Vous avez peur... Vous avez la nostalgie du Parti d'avant la guerre, y compris de ses institutions... Vous êtes incapables d'imaginer une combinaison qui ne date pas d'avant-guerre, et la nostalgie vous ramène à ce passé, bien qu'il ne repose plus sur rien.» 
Elle est aussi dans la ligne de l'équipée rocardienne de 1993-94 mais, à la différence de Blum et de Rocard, sa tentative est appuyée sur des couches sociales nouvelles, le plus souvent extérieures au parti: des bobos, sans doute, mais aussi une clientèle beaucoup plus populaire. Se situant, selon les moments et les problèmes sur la gauche et sur la droite du parti, elle est ainsi moins vulnérable aux procès en sorcellerie.
 
S'il ne s'agissait que de la présidentielle, ses anciens rivaux auraient fini par se résigner à la soutenir sans réserves; mais il s'agit aussi, ipso facto, du contrôle ultérieur du parti. Les zizanies entre Ségolène et le PS, dont la démission d'Eric Besson n'est jamais que le dernier épisode, s'expliquent par cet enjeu caché, mais déterminant. Et la désignation pour sa campagne d'un nouveau conseil stratégique, où siégeront notamment DSK, Fabius et Jospin, n'y changera pas grand-chose.
 
Et maintenant, quelles sont les chances de Ségolène Royal? Assez sérieuses pour que chacun réfléchisse à son propre rôle et émette un vote de responsabilité plutôt que de confort. Le confort, cette douce tentation du vote pour se faire plaisir, du vote pour dorloter ses convictions, du vote pour sauver son âme, nous le connaissons bien: c'est d'aller chez les trotskistes, les écolos ou encore les alters si bouffis de leur importance qu'ils ne sont plus aujourd'hui, pardonnez-moi, que des alter ego ! Que dire de ces messieurs 2 %, de ces dames 2 % qui s'imaginaient déjà en propriétaires des 55 % de non du 29 mai 2005? Volatilisé le magot? Pas du tout! Il est parti chez Ségolène, bien sûr, Ségolène qui a voté oui, mais qui a su, depuis, incarner tout ce que le non recelait d'exaspération devant la morgue des élites. La preuve de ce que j'avance? Contre qui, je vous le demande, s'acharne donc depuis deux mois la presse Sarko, la radio Sarko, la télé Sarko, en un mot l'empire Berluscozy? Sur ces farouches ennemis du capital, sur ces révolutionnaires redoutables qui ont nom Laguiller, Besancenot, Buffet? Vous n'y êtes pas. Ceux-là, on leur tapote la joue avec condescendance. Le feu est concentré sur Ségolène. Alors un conseil : si vous ne savez pas pour qui voter, demandez-le à votre meilleur ennemi: il vous le dira, lui!
 
Il y a désormais un autre vote de confort: c'est le vote Bayrou. Il est sympa, Bayrou. Il a du talent, Bayrou. Il se bat bien, Bayrou. Il est comme le petit rosé de Provence que l'on vous recommande dans les paillotes: il va avec tout. La création d'une «troisième force» centriste qui ne serait ni la gauche ni la droite, tout en empruntant aux franges modérées de l'une et de l'autre, est une vieille rêverie qui remonte aux jours les plus sombres de la IVe République. Pour échapper à l'emprise des communistes, et des gaullistes, Léon Blum avait appelé en 1947 à la concentration de la gauche de la droite et de la droite de la gauche. Le résultat fut une succession de combinaisons ministérielles de plus en plus fragiles, de plus en plus tordues, de plus en plus illisibles. Tous les électeurs séduits par le vieux manège brinquebalant, où les mêmes figurines défilent indéfiniment sur le devant de la scène devraient bien s'aviser qu'une fois la pagaille et l'imposture ramenées au coeur du système politique, nous ne disposerons plus désormais d'un de Gaulle pour siffler la fin de la récréation et sauver la démocratie du génie malfaisant de la magouille politicienne. Je conclus:
 
1) L'extrême gauche, plus gangrenée par la politique politicienne que n'importe lequel de ceux qu'elle dénonce, a transformé l'élection présidentielle en une épreuve de classement entre «nains de jardins» (Olivier Besancenot). C'est pitié.
 
2) Le centrisme pointe à nouveau son faux nez mystificateur. La constitution d'une majorité centriste, sorte de gouvernement des «honnêtes gens» créerait durablement sur sa gauche et sur sa droite deux catégories de réprouvés. En rendant impossible le jeu de l'alternance démocratique, elle ne leur offrirait d'autre option que l'illégalité.
 
3) La candidature de Ségolène Royal véhicule avec elle un sérieux espoir de rénovation du socialisme dans un sens à la fois moderne et populaire. Par bonheur, le peuple a compris cela depuis longtemps. Si la gauche intellectuelle n'était pas affectée d'un génie particulier pour compliquer à plaisir des données très simples, elle aurait déjà réalisé à son tour que, pour éliminer Sarkozy, il faut soutenir Ségolène. Cette gauche qui ne se rend jamais, pas même à l'évidence, dispose encore de huit semaines. Je fais le pari fou que ce sera suffisant.

 

Dernier ouvrage paru: le Malheur français, Flammarion (2005).