vendredi, 23 février 2007
Derrière le vote Bayrou, Sarkozy
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jeudi, 22 février 2007
Eric Besson, Articles du canard enchaîné et Réactions de militants
HOMME Jospin, Eric Besson devrait quitter la politique.
Le mardi 20 février, le député PS de la Drôme assurait qu'il allait annoncer, le lendemain, au cours d'une conférence de presse, qu'il rendait sa carte du parti. Et, du coup, même s'il restait maire de sa commune, qu'il ne se représenterait pas aux élections législatives en juin prochain. Mais, contrairement à son mentor (avec lequel il s'est entretenu à plusieurs reprises), à 48 ans il n'a pas encore l'âge de partir à la retraite.
L'ex-dirigeant de Vivendi et ami de Jean-Marie Messier va rejoindre le privé. D'autant plus volontiers que, pronostique Besson, '"la gauche va dans le mur, comme en 2002. Mais cette fois les yeux ouverts et en klaxonant ».
Le 14 février, Besson, jusqu'alors « Monsieur Economie » au PS, avait démissionné, comme on sait, du secrétariat national du PS. La veille, François Hollande l'avait pourtant encore encouragé à faire chauffer sa calculette pour chiffrer le programme de Ségolène Royal.
Le même jour, il avait participé à la réunion du bureau national, et n'avait guère apprécié les hésitations de ses camarades. Henri Weber : « On est là pour parler politique et pas économie. » . Pierre Mauroy : « En 2002, on a oublié le social. Il ne faudrait pas recommencer. » Enfin, Claude Bartolone : « Il ne faut pas dire combien ça coûte mais qui paye. »
Besson prétend avoir été « à deux doigts d'intervenir » pour dire que « séparer le politique de l'économie est une aberration ». Mais il se ravise car la candidate vient d'arriver.
Mercredi 14, vers 9 heures, le député et la candidate se croisent aux abords de l'Assemblée. Ségolène Royal « remercie» Besson «pour ce que tu fais pour moi ». Une heure plus tard, il se rend à la réunion du secrétariat national (le gouvernement du parti). Jean Glavany critique l'organisation de la campagne. Eric Besson avoue n'y «plus rien comprendre » et s'interroge : « Je chiffre ou je ne chiffre pas ? »
Il affirme alors ne plus savoir « sur quel pied danser », « en avoir assez » des «ordres et des contrordres », des « réunions de l'après-midi qui contredisent celles du matin ». Hollande recommande aux uns et aux autres de « cesser de se lamenter en disant que tout va mal ». Puis il met en doute « la loyauté » de certains, soupçonnés de « parler à la presse ». Besson se sent visé. Il lance à la cantonade : « S'il y en a un qui bosse sans états d'âme, c'est bien moi. Et depuis des années. Alors, tu vois, François, je prends la porte et ne la claque pas. »
Besson s'enferme dans son bureau de l'Assemblée, fulmine,renaude, tergiverse. Il ne répond plus aux aux appels. Tout juste échange-t-il quelques SMS avec Hollande. A 17 Heures, il envoie son fameux fax de démission " pour raisons personnelles ". Deux heures plus tard, l'AFP annonce la nouvelle. A 20h24, Besson prend le TGV direction Montélimar, portable éteint.
En déplacement à Dunkerque, le lendemain, Ségolène joue l'ingénue devant les caméras : «Mais personne ne connait M. Besson! » « Le coup du mépris est insupportable" enrage le député.
Insupportable au point qu'il annonce son intention de tenir une conférence de presse « pour tout balancer »
Insupportable au point de ne pas répondre lorque, samedi après midi la candidate essaie de le joindre par téléphone.
De retour à Paris, dimanche 18 Février, Besson multitplie les rendez vous, relance ses réseaux du privé, prépare sa conférence de presse. Ses amis de l'UDF se disent prêts à l'accueillir. Lundi 19 au matin, Sarkozy lui-même prend de ses nouvelles. A tous, Besson répète : « Je n'y crois plus".
C'était avant de regarder Ségolène à la télé..
Le Canard Enchainé du 21/02/2007
J’ai vu Eric Besson ce soir sur CANAL+. Eric était mon député. S’il a été réélu en 2002, c’est en partie grâce aux militants, qui comme moi, se sont mobilisés après la débâcle du 21 Avril 2002 pour distribuer des tracts, faire du porte à porte, et coller des affiches pour soutenir sa candidature. En tant que candidat du Parti Socialiste, pas en tant que professionnel de la politique.
Eric avait annoncé à L’AFP qu’il partirait discrètement, et nous étions un certain nombre à lui avoir apporté notre amical soutien, car nous avions trouvé que la réflexion de Ségolène était dure à son égard. Cette semaine, il annonce avec perte et fracas qu’il largue tout. Certes, Eric a dû se sentir injustement désavoué. Mais, n’est ce pas à un moment ou un autre le lot de tous les hommes politiques responsables, qui pourtant ne jettent pas tous le bébé avec l’eau du bain?
D’ailleurs, lui-même n’a-t-il pas été au cours de sa carrière à l’origine de rancœur et de désillusions parfois cruelles pour certains. Depuis plus d’un an, Eric préparait sa réélection, notamment, en pesant pour faire élire dans mon canton une conseillère générale (hautement estimable), qu’il a depuis convaincu d’être sa suppléante. Selon lui, cela permettait de garantir les meilleures chances de succès pour sa réélection.
La désignation pour la candidature à ces élections cantonales s’est faite aux détriments de son député suppléant, à qui il reprochait d’avoir commis une faute politique susceptible de compromettre sa réélection, et de l’un de ses « vieux » amis qu’il jugeait moins bien placé. Même si c’est avec amertume que ces deux camarades ont dû abandonner des ambitions qu’ils estimaient légitimes, ils sont eux restés membres du Parti sans aller pour autant se répandre dans la presse.
Aujourd’hui, Eric Besson annonce sur CANAL+ qu’il était pote avec Sarkozy « en privé », que son soutien lui avait fait chaud au cœur, et qu'il ne sait pas pour qui il votera pour les présidentielles. Peut-être même, sa famille politique n'est elle pas socialiste. Sans doute, suis-je crédule sur le personnel politique. Mais si c‘est cela le professionnalisme qu’Eric appelle de ses voeux, alors je le lui laisse et préfère mille fois l’amateurisme de Ségolène et ses maladresses, car d'elle, nulle ne peut douter qu'elle soit socialiste.
Jean-Pierre ARETHENS, Militant section Portes
Bonjour Eric,
Nous nous sommes rencontrés deux fois dans des réunions de section à Portes, une fois notamment à Beaumont les Valence. Je suis une nouvelle adhérente, mais sympathisante de toujours et ex-militante. J'ai moi aussi claqué la porte du PS une première fois après le congrès de Rennes, mais ma position n'engageait que moi, je n'avais aucune responsabilité devant d'éventuels électeurs qui m'auraient accordé leur confiance.
Si je comprends la première partie de ce départ fracassant, en tant qu'électrice de votre circonscription, je ne peux pas adhérer à la seconde.
A trois mois des élections législatives, dans un contexte aussi troublé, avec des enjeux tels pour les français, j'ai le sentiment d'un abandon et d'une trahison des électeurs qui plaçaient tant d'espoir dans les législatives. Votre bilan est bon, vous le savez, vous aviez toute chance d'être réélu et de poursuivre avec Marie-Jo les combats justes qui sont les nôtres.
J'aurais préféré pouvoir croire qu'il s'agissait d'un problème familial personnel comme le laissait entendre le portrait publié dans le monde. Je vous aurais accordé une forme de compassion et j'aurais mieux compris ce choix. La vie privée a ses raisons qui ne sont pas toujours celles de la vie publique.
Votre lettre ne m'apporte pas de réelles réponses même si elle semble témoigner d'une loyauté vis à vis des électeurs socialistes quand vous affirmez que vous ne vous représenterez pas.
Je m'interroge sur l'avenir et la société que nous avons construits pour nos enfants. Je ne veux pas pour les miens d'une société sarkosyko-UMP faite de libéralisme échevelé. J'ai honte et peur à la fois de les voir entrer dans une société dite éclairée et riche qui laisse des enfants non scolarisés (voir les camps roumains dans la banlieue lyonnaise), des travailleurs dormir dans la rue quand d'autres accumulent le maximum de profit et de richesse.
Certes je n'ai jamais tenté de dépasser le stade du militantisme de base, mais j'ai toujours voté, je me bats dans mon quotidien pour l'équité et la justice.
Aujourd'hui, encore une fois, je me sens trahie par le refus d'aller au bout de l'engagement pris en juin dernier devant les militants de notre circonscription.
Mes mots sont un peu durs, mais j'avais besoin de les exprimer. Je doute qu'ils aient une quelconque importance pour vous. Néanmoins, un parti politique n'est pas constitué uniquement d'un bureau et d'appareils. Il vit d'abord et avant tout par l'espoir que les militants et les sympathisants mettent en lui. Vous auriez pu penser à nous avant de claquer définitivement la porte!!!
Cordialement, Agnès Perrin
11:05 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 16 février 2007
Arnaud Montebourg à Crest
La section de Crest-Saillans du Parti Socialiste et le Comité Départemental de campagnevous invitent
à un MEETING DE SOUTIEN A Ségolène ROYAL
avec Arnaud MONTEBOURG
JEUDI 22 FEVRIER 2007 à 19H00 CREST, Salle Coloriages
Contact : Samuel Arnaud 06 13 01 76 06
06:40 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 14 février 2007
Nous sommes prêts à confronter nos chiffres
14:45 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 13 février 2007
Quelques Drômois à Villepinte
Après le rassemblement des secrétaires de section où nous avons assisté au discours de François HOLLANDE ( discours repris sur notre blog aux pages précédentes) et après le grand et beau discours de Ségolène ROYAL sur le Pacte Présidentiel il régnait à Villepinte un parfum de Mai 1981......Nous, militants Drômois sommes repartis conquis et pleins d'espoirs.
06:50 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 12 février 2007
Le pacte présidentiel de Ségolène Royal
Plus Juste la France sera plus forte
A 70 jours du premier tour, Ségolène Royal a fourni dimanche aux socialistes leur feuille de route pour la présidentielle, s'engageant à construire avec eux une "France neuve", "plus juste et plus forte".
Pendant deux heures, la candidate socialiste à la présidentielle s'est beaucoup tournée vers les jeunes, qui étaient venus en très grand nombre écouter son discours de Villepinte.
L'élection présidentielle décidant du sort "d'au moins deux générations", "nous avons une ardente obligation de réussir", a-t-elle souligné devant plus de 20.000 personnes massées dans un hall surchauffé du Parc des expositions.
"Je sais en tant que mère que je veux pour tous les enfants qui naissent et qui grandissent en France la même chose que pour mes enfants", a insisté Ségolène Royal la voix étranglée par l'émotion.
Pour la jeunesse des banlieues, "je ne peux pas imaginer qu'il suffise d'envoyer des bataillons de police ou de gendarmerie", a-t-elle souligné sans jamais citer le nom ni la fonction du ministre de l'Intérieur et candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy.
Afin de surmonter les crises économique, sociale, morale, écologique, éducative engendrées par douze années de droite, "il faut une nouvelle politique, il faut une France neuve!", a-t-elle insisté au terme de sa "phase d'écoute" faite de près de 6.000 débats participatifs.
Tout son discours, prononcé sur une petite avancée de scène, s'est appuyé sur les "remontées" de ces rencontres avec les Français pendant trois mois. Aux "Vous m'avez dit" ont répondu des "Je m'engage", salués par les applaudissements de la salle.
Pour la candidate du PS, du MRC et du PRG, il faut "stopper le descenseur social" et construire un "ordre économique et social juste".
Les désordres induits par la droite sont comme "une cicatrice sur le corps d'un pays qui a pourtant inventé la plus belle devise du monde: 'liberté, égalité, fraternité", a-t-elle dénoncé.
Après sa tournée au Proche-Orient et en Chine, la première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée a endossé tous les atours présidentiels, consacrant la fin de son propos à la politique internationale.
Face à l'Afrique - "notre porte" -, à la Russie à qui il faut tenir le "langage de la vérité" ou aux Etats-Unis "emportés parfois jusqu'à l'erreur par le poids même de leur puissance", la France devra agir "sans humilité et sans arrogance", a-t-elle estimé. "Elle tiendra son cap et affirmera ses principes".
La candidate de gauche a longuement détaillé ses "cent propositions" pour le pays - un "pacte présidentiel", un "pacte d'honneur" - qui fait la part belle aux mesures contenues dans le projet du PS pour 2007 mais reprend également certaines de ses idées personnelles qui ont provoqué des remous pendant la campagne pour l'investiture.
Pour "construire une France qui se ressemble et qui se rassemble", elle a souligné sa volonté de "prendre le temps" d'écouter les Français.
"Cette parole que vous avez prise, je vous demande de la garder. A ceux qui ne l'ont pas prise, je vous demande de la prendre au plus vite". "Avec moi plus jamais la politique ne se fera sans vous", a-t-elle insisté.
"Repartez vers les citoyens! Parlez-leur! Faites revenir ceux qui ne croient plus à la politique! Donnez-leur la parole sur le projet, le pacte présidentiel", a lancé la candidate socialiste au terme de son discours-fleuve.
Troquant sa veste blanche devenue l'un de ses emblèmes pour une veste rouge, la candidate socialiste a sonné le rappel "pour que la France plus juste soit aussi une France plus forte", son nouveau slogan de campagne qui s'est affiché dans son dos au terme de son allocution.
Toutes les propositions du Pacte présidentiel de Ségolène Royal
Voici les 100 propositions de Ségolène Royal, construites sur les synthèses des fameux débats participatifs et à partir du projet socialiste. Vous pouvez également les télécharger à la fin de l'article en format PDF.
Remontée des débats
Pour relancer la croissance, les participants aux débats se sont prononcés davantage pour des réformes structurelles que
pour des politiques macroéconomiques nécessairement limitées par l'ampleur de la dette publique.Il faut stimuler la création d'entreprises, renforcer l'investissement et la recherche, remédier à la sous-qualification, développer la formation professionnelle, soutenir les PME et renforcer l'efficacité de la dépense publique.
Enjeux
Un développement durable, une croissance forte, une dette publique maîtrisée, la réconciliation des Français avec les entreprises sont les préalables nécessaires à un retour de la confiance, à l'esprit d'initiative, à un partage effectif des richesses et à une maîtrise de la mondialisation.
Propositions
1- Investir massivement dans l'innovation et la recherche : augmentation pendant le quinquennat du budget de la recherche et des crédits publics pour l'innovation de 10 % par an (le budget public de recherche-développement a diminué de 1 à 0,8% du PIB entre 2002 et 2005). Sur les 65 milliards d'aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la recherche-développement : je propose de porter cette part à 15%.
2- Mettre en place une politique industrielle capable de préparer l'avenir et de réduire les risques de délocalisations avec la création d'une Agence nationale de réindustrialisation.
3- Soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation et en leur réservant une part dans les marchés publics.
4- Donner la priorité à l'investissement des entreprises avec un taux d'impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s'il est distribué aux actionnaires.
5- Sécuriser le parcours des jeunes créateurs en soutenant la création d'entreprises (simplifications), en généralisant les ateliers de la création dans toutes les régions, en améliorant la protection sociale des entrepreneurs, et en mettant en place un mécanisme de cautionnement mutuel pour ceux qui garantissent les emprunts de leur entreprise sur leur patrimoine privé.
6- Réformer l'Etat : un euro dépensé doit être un euro utile. Une décentralisation aboutie. Des services publics de qualité présents sur tout le territoire et accessibles par Internet. La généralisation des logiciels libres dans l'administration.
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La Présidente du pouvoir d'achat garanti
Remontée des débats
L'introduction de l'euro, l'augmentation de la fiscalité locale, la hausse des prix de l'énergie et le manque de concurrence dans certains secteurs sont considérés comme étant à l'origine de la vie chère. L'indice des prix ne reflète pas la réalité de la consommation : il est incomplet, il ne prend pas en compte des dépenses nouvelles, et il ne pondère par les dépenses selon les revenus.
Mais la vie chère c‘est surtout le logement : le consensus est total sur la gravité de la situation. Il n'y a pas assez de logements, les logements sont trop chers. Il faut mieux appliquer la loi SRU, adopter une politique active de construction de logements, et mettre en place un service public de la caution : « contre la dictature des agences et des proprios. »
Le surendettement des ménages est également une préoccupation. La publicité pour les prêts à la consommation et les conditions d'obtention des crédits doivent être davantage réglementée. Il est également nécessaire d'offrir de nouvelles formes de crédits solidaires.
Pour la participants des débats, le constat est net : les salaires stagnent et la précarité augmente. La hausse des salaires est économiquement justifiée mais doit être financée. L'Etat doit s'impliquer par une politique volontariste et prendre sa part de l'effort de financement.
Le recours aux heures supplémentaires n'est pas considéré comme une solution adaptée à tous. Elles ne sont pas toujours payées et ne concernent pas tous les salariés. De plus c'est souvent l'employeur qui oblige, pas l'employé qui choisit : « C'est ignorer le monde du travail que de prétendre le contraire. »
Il faut revaloriser les petites retraites et réformer, globalement, le système des retraites. Les principales victimes en sont les femmes (veuves), le monde agricole et l'artisanat.
Enjeux
La vie chère est une réalité vécue par une grande majorité de Français et pas seulement les plus modestes. Les salaires stagnent, les pensions s'amenuisent, les prestations sociales ne compensent pas les aléas de la vie. L'accès de tous à un logement de qualité est devenu difficile pour de nombreuses familles.
Propositions
7- Augmenter les salaires :
- Le SMIC sera porté à 1500 €, le plus tôt possible dans la législature.
- Afin de tirer vers le haut tous les salaires, une conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance réunissant les partenaires sociaux sera organisée dès juin 2007. Cette conférence sera annuelle.
8- Revaloriser immédiatement les petites retraites :
- L'amélioration des petites retraites sera la première priorité de la réforme des retraites. Elles seront augmentées de 5%.
- Le minimum vieillesse sera versé mensuellement.
- Le paiement des retraites de la sécurité sociale sera rétabli au 1er jour de chaque mois.
9- Revaloriser immédiatement de 5% les allocations aux personnes en situation de handicap.
10- Doubler l'allocation de rentrée scolaire qui sera versée aux familles en deux fois.
11- Réduire les coûts bancaires :
- Les tarifs bancaires seront réglementés par l'Etat : les agios et les pénalités liées aux incidents de paiement seront plafonnés et feront systématiquement l'objet d'une facture.
- L'Etat créera un service universel bancaire de base, favorisant les prêts sociaux et le micro-crédit.
- Afin de prévenir le surendettement, la publicité pour les prêts à la consommation sera réglementée et les établissements financiers qui octroieraient un crédit à des personnes non solvables seront sanctionnés. Ils devront participer au règlement des situations de surendettement à parité avec les organismes publics.
12- Lutter contre le logement cher, une sécurité logement tout au long de la vie :
- Augmenter les allocations logement de manière à limiter à 25% le montant des dépenses de logement pour les ménages modestes.
- Construire 120 000 logements sociaux par an grâce à une incitation au livret A . L'Etat pourra se substituer aux maires qui n'appliquent pas la loi SRU.
- Créer un service public de la caution afin que celle-ci ne soit plus un frein à l'accès au logement tout en sécurisant le propriétaire. En contrepartie, les procédures d'expulsion des locataires de mauvaise foi seront simplifiées.
- Conditionner les avantages fiscaux et les aides publiques à une modération des loyers.
- Remettre à la location les logements vacants spéculatifs. Les communes pourront également les acquérir par une procédure exceptionnelle.
- Encourager l'accès à la propriété par l'extension des prêts à taux zéro. Dans le logement social, les locataires qui ont payé pendant 15 ans leur loyer pourront accéder à la propriété.
- Sanctionner financièrement les communes qui ne respectent pas le ratio moyen de un pour mille habitants pour les hébergements d'urgence.
13- Mettre en place plusieurs indices des prix reflétant la dépense des ménages (minima sociaux, SMIC, retraites).
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La Présidente du travail pour tous
Remontée des débats
Les débats ont beaucoup porté sur la précarité du travail. Cette précarité touche même les diplômés, qui enchaînent, faute de trouver un emploi, des stages non rémunérés. L'ascenseur social est bloqué. Seuls les plus favorisés s'en sortent. Les jeunes sont convaincus qu'ils auront une vie moins agréable que leur parent.
La sécurité sociale doit s'inscrire dans une démarche du « donnant-donnant ». Les droits nouveaux doivent être accompagnés de devoirs nouveaux. On passerait d'une logique « passive » dans laquelle on donne une allocation à une logique « active » pour définir un parcours d'évolution vers l'emploi.
Pour lutter plus efficacement contre les délocalisations, plusieurs intervenants suggèrent de favoriser l'actionnariat salarié.
Enjeux
Le chômage ne baisse pas, sauf dans les statistiques officielles, la précarité se répand, le nombre de Rmistes a augmenté de plus de 250 000 depuis 2002. 70 % des embauches se font avec des CDD et de l'intérim. Et comment travailler plus quand tant de jeunes et de moins jeunes voudraient travailler tous ?
Propositions
- Lutter contre la précarité
14- Conditionner les aides publiques aux entreprises à l'engagement de ne pas licencier quand l'entreprise dégage des profits substantiels et obtenir le remboursement en cas de délocalisation.
15- Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales, en fonction de la nature des contrats de travail, et supprimer le CNE pour faire du CDI la règle.
16- Développer la négociation collective à tous les niveaux et sur tous les thèmes,notamment sur les questions d'organisation du travail, de conditions de travail, d'aménagement du temps de travail, de pénibilité, de temps partiel subi. Sur les 35 heures : ouvrir les négociations pour déterminer comment on peut consolider cet acquis et réduire ses effets négatifs pour les ouvriers et les employés.
- Sécuriser l'entrée des jeunes dans la vie active
17- Créer le droit au premier emploi des jeunes, pour qu'aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés. Ouvrir 500 000 emplois tremplins aux jeunes, en généralisant la mesure prise par les régions de gauche.
18- Instaurer un plan à taux zéro de 10 000 euros en faveur de chaque jeune pour l'aider à construire un projet.
- Favoriser le retour à l'emploi
19- Mettre en place un revenu de solidarité active (RSA) permettant l'amélioration d'un tiers de ses ressources à tout bénéficiaire de minima sociaux reprenant le travail.
20- Renforcer la qualification et la capacité de revenir à l'emploi des salariés menacés de licenciement : mettre en œuvre systématiquement une démarche de validation des acquis de l'expérience professionnelle et reconnaître à chacun un droit à la formation et à la reconversion inversement proportionnel à la durée des études.
21- Mettre en place une sécurité sociale professionnelle garantie par l'Etat et permettant à chaque personne privée d'emploi de se voir proposer par les pouvoirs publics un contrat de droits et devoirs comportant :
- une rémunération, pendant un an, égale à 90 % du dernier salaire net perçu ;
- une formation qualifiante ;
- une aide personnalisée à la recherche d'emploi ;
Cette prestation sera assurée par le service public de l'emploi.
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La Présidente de la réussite éducative et culturelle
Remontée des débats
L'école n'apparaît plus comme un lieu sacralisé, les élèves semblent perdre, peu à peu, leurs repères. Pourtant, l'école joue un rôle essentiel en tant que lieu de socialisation. C'est le lieu où doit s'apprendre le respect des règles du bien vivre en société. Les élèves et les citoyens en puissance qui doivent être formés.
Les ZEP ont été beaucoup débattues. L'individualisation du parcours scolaire, le soutien personnalisé aux devoirs permettraient de remédier à l'échec scolaire. La création de classes à « géométrie variable » avec un maximum de 25 élèves par classe a été régulièrement évoquée.
La formation des enseignants est également abordée. Repenser totalement l'IUFM, encourager la formation continue, telles sont quelques unes des suggestions concrètes des internautes.
Sur la carte scolaire, certains pensent qu'une utilisation différente permettrait de résoudre certains problèmes, d'autres citent à plusieurs reprises l'exemple de la ville de Tours, qui a réintégré dans le centre ville les ZEP afin de favoriser la mixité sociale.
La nécessité d'un lien très fort entre l'école et les parents est soulignée pour réinstaurer la confiance réciproque. La multiplication des rencontres entre les parents et les professeurs est souhaitée tant la responsabilisation des parents est perçue comme un levier essentiel.
Se dégage le sentiment que le temps de la réforme est arrivé. Que l'école revienne aux fondamentaux ou qu'elle s'engage résolument dans la modernité, la réforme paraît essentielle pour réduire les inégalités sociales, pour permettre à tous les enfants de trouver leur place dans la société.
Enjeux
Aujourd'hui, 150 000 élèves sortent du système scolaire sans qualification. L'école doit tenir la promesse républicaine d'égalité scolaire.
Propositions
- Reconnaître la mission fondamentale des enseignants
22- Organiser des Etats généraux des enseignants sur le mode participatif, pour améliorer leurs conditions de travail dans l'école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l'emploi précaire.
- S'attaquer à l'échec scolaire à la racine
23- Mettre en place un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans. Assurer la maîtrise de la langue parlée à la maternelle.
- Réaliser la promesse républicaine d'égalité scolaire
24- Organiser le soutien scolaire gratuit pour tous les élèves grâce à des répétiteurs.
25- Limiter à 17 le nombre d'élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation ordinaire.
26- Réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d'éducation prioritaire.
27- Renforcer la présence adulte dans les établissements y compris, lorsque ce sera nécessaire, par la présence d'un deuxième adulte dans les classes.
28- Implanter des classes préparatoires aux grandes écoles dans les quartiers qui en sont dépourvus. L'excellence scolaire ne doit pas être réservée aux établissements de centre-ville.
- Epauler les parents en difficulté
29- Créer des emplois-parents, la généralisation d'écoles des parents et des consultations de médiation familiale pour les aider à conforter leur autorité.
- Donner à notre Université les moyens de l'excellence
30- Adopter une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l'excellence. En 5 ans, la dépense par étudiant sera portée au même niveau que la moyenne des pays de l'OCDE. Renforcer l'autonomie des universités dans le cadre national. Associer les régions à la remise à niveau des universités (bâtiments, logements étudiants…).
31- Créer un service public d'orientation pour que les jeunes soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière.
32- Créer une allocation autonomie pour les jeunes sous condition de ressources avec un contrat pour faciliter les études et l'entrée dans la vie active.
33- Engager le chantier national proposé par le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale.
- La culture, levier de la réussite scolaire
34- Soutenir la création et l'emploi culturels.
35- Inscrire l'éducation artistique et la pratique artistique à tous les niveaux de la maternelle à l'université. A cette fin, sera mis en oeuvre un plan national, avec les Régions, d'aménagement d'équipements culturels dans les universités et les lycées (salles de répétition et de spectacles, ateliers-studios, tables de montage, etc.). Les intermittents du spectacle et les élèves des écoles supérieures spécialisées pourront participer à ce mouvement en résidence d'artistes.
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La Présidente de la sécurité sociale
Remontée des débats
La hausse du coût de la santé et l'égalité d'accès aux soins ont été largement débattues. La CMU est très commentée. Jugée imparfaite, sa vocation première est toutefois reconnue comme louable.
« La retraite ne doit pas être une mort sociale. Rien n'est plus beau que la liberté que donne la retraite, à condition d'avoir les moyens ». Les discours sur les bienfaits de l'allongement de la durée de la vie qui justifieraient le recul de l'âge de la retraite, semblent être destinés à des privilégiés et non à ceux qui ont travaillé tôt avec des conditions de travail pénibles.
Le financement des retraites n'est pas garanti. Cela préoccupe toutes les générations. Une modification des règles n'est pas exclue, pourvu qu'elles soit équitable et justifiée.
Si le nombre de personnes âgées dépendantes ne fait que croître dans les années à venir, le souci qu'elles vieillissent dans la dignité et le respect, qu'elles restent des citoyens actifs jusqu'au bout ressort des débats. « Oui, la jeunesse, c'est important. Mais que penser d'une société qui ne fait pas tout pour ses aînés dépendants ?»
Enjeux
La droite a fragilisé notre sécurité sociale en laissant se creuser les déficits, en votant une réforme des retraites injuste, en multipliant les franchises pour les soins et en déstabilisant l'hôpital public.
Propositions
- La santé pour tous
36- Mettre en œuvre un grand plan de prévention et de recherche des maladies graves (cancer, SIDA, Alzheimer, maladies orphelines).
37- Assurer de façon pérenne le financement de l'hôpital public, de manière à lui permettre de faire face à toutes ses missions en veillant à l'égalité territoriale d'accès aux soins.
38- Créer des dispensaires, notamment dans les zones rurales.
39- Mettre en œuvre une carte santé jeune 16/25 ans ouvrant droit à la gratuité d'une consultation par semestre. Contraception gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans.
40- Renforcer les moyens de la médecine scolaire et universitaire, et de la médecine du travail.
41- Réaffirmer le droit à la CMU et sanctionner les refus de soins.
42- Adapter les conditions d'attribution de l'allocation adultes handicapés (AAH) aux maladies évolutives à diagnostic incertain.
43- Mettre en œuvre une politique de lutte contre l'obésité, fondée sur une détection précoce et des actions sur la qualité de l'alimentation.
44- Rétablir les moyens supprimés par la droite pour les soins aux étrangers en situation irrégulière, pour des raisons de dignité et de santé publique.
45- Négocier avec les partenaires sociaux le renforcement de l'indépendance de la médecine du travail.
46- Défendre l'accès aux soins des malades dans les pays en développement, par la promotion de médicaments génériques moins coûteux.
- Sécuriser les retraites
47- Ouvrir avec les partenaires sociaux une large négociation portant notamment sur :
- la fixation d'un minimum de pension garantie s'approchant du SMIC,
- la revalorisation des petites retraites,
- la prise en compte du travail pénible et des charges de famille,
- l'augmentation de l'emploi des seniors,
- le mode de financement des régimes spéciaux,
- la remise à niveau du fonds de réserve des retraites,
- Dépendance et personnes âgées
48- Développer le maintien à domicile des personnes âgées.
49- Augmenter le nombre de places dans les structures d'accueil existantes en renforçant la formation du personnel et sa qualification.
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La Présidente de la lutte contre toutes les formes de violence
Remontée des débats
Les actes de violences semblent se banaliser : aux atteintes physique aux personnes, s'ajoutent les atteintes aux biens, les actes d'incivilités, mais aussi les violences routières, les violences morales, les discriminations, etc. Tout traduit la montée de la violence de la société, en dépit des annonces rassurantes des autorités de l'Etat, le sentiment d'insécurité apparaît comme profondément ancré. Nombreux sont, d'ailleurs, les contributeurs qui contestent les statistiques, évoquant le « flou des chiffres ».
Les violences domestiques touchent toutes les catégories sociales, et concernent les adultes comme les enfants. La violence en milieu scolaire est souvent évoquée, tout comme celle ayant désormais cours sur les terrains de sport, pourtant cités comme des lieux de fraternité.
La sécurité est un droit des citoyens et un devoir de l'Etat. Pour les contributeurs, cette coopération doit se faire au niveau local via une police « aux cotés des citoyens », qu'on l'appelle « police de proximité », « police de quartier » ou « police de contact ».
Les mesures répressives, pour être efficaces, doivent s'accompagner de mesures éducatives : développement des peines alternatives et des travaux d'intérêt général (TIG). Réinsertion, revalorisation et surtout accompagnement ont été les maîtres mots de ce débat.
Enjeux
Le droit à la sécurité et la justice sont des droits fondamentaux. Les violences, notamment les atteintes aux personnes, n'ont cessé d'augmenter depuis 2002. Il faut être lucide et implacable contre toutes les délinquances et avec toutes les causes des violences.
Propositions
- Lutter résolument contre les violences
50- Rétablir la civilité :
- Apprendre la civilité aux enfants : des programmes d'éducation au respect de l'autre pour apprendre aux enfants à gérer les conflits par la parole plutôt que par la violence.
- Garantir à chacun de voyager sans crainte dans les transports en commun (RER, TER, trains de banlieue, tram et bus, spécialement la nuit) en imposant des obligations règlementaires plus grandes aux transporteurs (recours plus grand aux équipements technologiques, personnel plus importants aux horaires sensibles…).
- Mettre en place des gardiens dans tous les immeubles sociaux.
51- Lutter contre les violences scolaires en renforçant la présence des adultes dans les établissements :
- Recruter des surveillants des collèges.
- Doter chaque établissement d'une infirmière scolaire et d'une assistante sociale à temps plein.
52- Etre ferme face aux mineurs violents :
- Mettre en place une politique de prévention précoce de la violence : encadrement éducatif renforcé, mise en place de tuteurs référents.
- Développer les brigades des mineurs dans chaque commissariat des grandes zones urbaines.
- Prendre des sanctions fermes et rapides : un plan d'urgence sera mis en place pour la justice des mineurs (recrutement de juges des enfants, d'éducateurs, de greffiers)
- Mettre en œuvre des solutions nouvelles pour extraire les mineurs de la délinquance : suppression des peines de prison pour les mineurs en dehors des cas d'atteintes graves aux personnes ; développement des centres éducatifs renforcés, si besoin avec un encadrement militaire.
53- Faire de la lutte contre les violences conjugales une priorité nationale :
Faire adopter une loi cadre sur les violences conjugales prenant en compte tous les aspects permettant d'éradiquer ce fléau.
54- Créer une nouvelle police de quartier pour mieux assurer la sécurité quotidienne :
- Procéder à une répartition plus juste des effectifs : donner la priorité aux renforcements quantitatifs et qualitatifs des zones sensibles.
- Affecter des policiers expérimentés, bénéficiant d'une réelle différenciation de rémunération, dans les secteurs plus difficiles (avantages de carrières, aides au logement, etc.)
55- Aider les victimes :
- Faciliter et moderniser le dépôt de plainte pour briser la loi du silence : amélioration de l'accueil dans les commissariats par la mise en place de travailleurs sociaux de la police nationale, possibilité de déposer plainte via Internet.
- Mettre un avocat à la disposition des victimes de violences graves dans l'heure suivant le dépôt de plainte.
- Répondre au besoin de justice
56- Doubler le budget de la justice pour la rendre plus rapide et respectueuse des droits.
57- Faciliter l'accès à la justice des plus modestes :
- Renforcer l'aide juridictionnelle.
- Renforcer les maisons de la justice et du droit
- Mettre en place un service public d'aide au recouvrement des dommages et intérêts alloués aux victimes.
58- Protéger les citoyens :
- Assurer la présence d'un avocat dès la première heure de garde à vue.
- Encadrer strictement le recours à la détention provisoire dont la France use beaucoup plus largement que les autres pays européens, en imposant notamment des délais butoirs.
- Renforcer les alternatives à la prison préventive.
- Assurer dans les prisons des conditions qui permettent la réinsertion du détenu.
- Créer un organe indépendant de contrôle des prisons.
59- Rendre la justice impartiale et efficace :
- Modifier la composition du Conseil supérieur de la magistrature pour garantir son pluralisme et l'équilibre entre magistrats et non magistrats.
- Recomposer l'organisation judiciaire en fonction des besoins et de la démographie de la population.
- Réformer la justice du travail après consultation des acteurs concernés.
- Mettre en place la possibilité de conduire des « actions de groupe ».
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La Présidente de l'excellence environnementale
Remontée des débats
Les intervenants sont soucieux de la gravité de la crise écologique, et particulièrement préoccupés par les risques liés au changement climatique. Plusieurs se sont interrogés sur les limites de la croissance : « Il faut produire moins et mieux » et « réduire notre train de vie pour tendre vers un modèle économique plus écologique », car « croire à une croissance infinie est croire à un mythe ».
Ce constat s'accompagne dans le même temps de l'idée que le changement est possible. « Si systématiquement tous les projets comportent un volet environnement, on peut faire assez rapidement changer les choses ».
Il faut des politiques publiques fortes, mais chacun doit aussi prendre ses responsabilités. De nombreux contributeurs invitent les pouvoirs publics à favoriser les éco-technologies durables et toutes les techniques dont l'emploi est moins néfaste à l'environnement.
Enfin l'environnement est perçu comme un secteur porteur pour le développement de nouveaux métiers, nouveaux services, et donc de nouveaux emplois durables.
Enjeux
Le réchauffement climatique impose un changement radical de nos comportements. Mais la sauvegarde de notre planète est aussi une chance pour la croissance économique et l'emploi. Nous pouvons donc choisir sereinement un nouveau modèle de développement.
Propositions
60- Préparer l'après pétrole :
- Anticiper l'épuisement du pétrole en soutenant massivement les énergies renouvelables pour atteindre 20% de la consommation en 2020, ce qui permettra de créer 70 000 emplois et de réduire la part du nucléaire.
- Créer un pôle public de l'énergie entre EDF et GDF.
61- Lutter contre le changement climatique :
- Généraliser l'isolation et les économies d'énergie dans le logement, ce qui permettra de créer 80 000 emplois.
- Développer les transports collectifs grâce à un prélèvement exceptionnel sur les superprofits des sociétés pétrolières.
- Appliquer le principe pollueur-payeur en organisant la responsabilité des entreprises responsables d'atteintes à l'environnement.
- Instaurer la vérité des coûts du transport de marchandises par la route en négociant une éco-redevance pour décourager le transport par camion et transférer le fret vers le rail, comme dans d'autres pays européens.
62- Développer la valeur ajoutée environnementale :
- Conditionner les nouveaux permis de construire à l'adoption d'objectifs HQE (Haute qualité environnementale) dans la totalité du parc immobilier public.
- Encourager les éco-industries par une TVA tendant vers zéro.
63- Mobiliser toute la société au service de l'excellence environnementale :
- Créer un poste de vice-Premier ministre chargé du développement durable. La compétence du vice-Premier ministre sera élargie à la responsabilité de l'aménagement du territoire.
- Transformer le Conseil économique et social en Conseil économique, social et environnemental (CESE).
64- Promouvoir la création d'une Organisation Mondiale de l'Environnement (OME).
65- Promouvoir une agriculture qui assure une alimentation de qualité, respectueuse de l'environnement :
- Favoriser la valeur ajoutée de nos produits agricoles afin d'améliorer les revenus et de favoriser l'installation des jeunes,
- Promouvoir la réorientation de la PAC vers les aides agro-environnementales, et assurer la transparence et une meilleure répartition des aides,
- Transférer aux Régions la gestion des aides directes à l'agriculture,
- Encourager les contributions des agriculteurs à la fourniture d'énergie (biomasse, agro-carburants, biogaz, fermes éoliennes).
66- Arrêter les essais des OGM en plein champ, dans l'attente des résultats d'un grand débat public qui définira la politique à mettre en œuvre pour ne pas handicaper les cultures conventionnelles et préserver le développement de l'agriculture biologique.
67- Prévenir l'impact des pollutions sur la santé :
- Encourager, par des incitations fiscales, les industries qui s'engageront à éliminer les composés toxiques au-delà des contraintes imposées par le règlement européen REACH.
- Mettre en œuvre un programme national de réduction de l'utilisation des pesticides.
- Atteindre l'objectif de zéro déchet industriel d'ici 2012.
68- Promouvoir l'idée d'une « PAC mondiale » pour organiser les marchés de manière plus équilibrée et donner une vraie chance à l'agriculture des pays en développement.
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La Présidente d'une République nouvelle
Remontée des débats
Les citoyens veulent prendre la parole plus souvent et plus directement pour décider eux-mêmes. « Référendum ou proposition d'initiative citoyenne », « droit de pétition », voire « référendum perpétuel », etc. Ttous les outils de la démocratie participative ont été explorés.
Ils veulent rapprocher le citoyen de l'élu, et être consultés et associés aux décisions. Il s'agit de restaurer la confiance et de renouveler les termes du débat public pour réconcilier les Français avec la politique. Les débatteurs aspirent à des élus qui ressemblent aux citoyens. Ils sont très nombreux à préconiser une plus stricte limitation du cumul des mandats.
En matière de modernisation des institutions, les participants évoquent notamment : l'instauration de la proportionnelle, le vote obligatoire, la reconnaissance du vote blanc, etc.
De nombreuses idées sont avancées pour repenser l'organisation territoriale, et notamment la simplifier. Les débatteurs aspirent à des services publics plus efficaces : « Nous voulons un Etat réformé, plus efficace et plus juste ».
Qu'on l'imagine obligatoire ou facultatif, d'une durée de quelques semaines ou de plusieurs mois, organisé dans un cadre strict ou sur la base d'un projet personnel, le service civique trouve un écho indéniable auprès des participants aux débats.
Les débats ont suscité de nombreux témoignages douloureux sur les discriminations liées au sexe, à l'âge pour les « presque seniors », à la religion, au quartier d'origine, au handicap, etc. L'homophobie dans le monde du travail a souvent été évoquée.
Enjeux
Trop de citoyens se sont éloignés de la politique et réfugiés dans l'abstention parce qu'ils avaient le sentiment, souvent justifié, qu'ils n'étaient ni écoutés ni considérés. La démocratie française a besoin d'eux et nous devons donc construire ensemble une République nouvelle.
Propositions
- Démocratiser les institutions
69- Instaurer le non cumul des mandats pour les parlementaires.
70- Introduire une part de proportionnelle pour l'élection des députés et modifier le mode de scrutin pour l'élection des sénateurs.
71- Revaloriser le rôle du Parlement : le Premier ministre sollicitera dès sa nomination la confiance du Parlement, le vote bloqué et le 49-3 seront supprimés pour les lois ordinaires. La présidence des Commission des finances sera confiée à un membre de l'opposition.
72- Supprimer le droit de veto du Sénat en matière constitutionnelle.
73- Introduire la démocratie participative dans toutes les collectivités publiques (jurys citoyens, budgets participatifs, etc.). Des citoyens ayant recueilli un million de signatures pourront demander au Parlement l'examen d'une proposition de loi.
74- Refuser toute remise en cause de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat, et intégrer à la Constitution une charte de la laïcité.
75- Donner le droit de vote pour les élections locales aux étrangers séjournant régulièrement en France depuis plus de cinq ans.
- Revivifier la démocratie sociale
76- Organiser systématiquement la concertation et la négociation préalablement à toute réforme en matière sociale, en fondant la représentativité des organisations sur l'élection et en généralisant le principe de l'accord majoritaire pour la validation des accords collectifs.
77- Promouvoir un syndicalisme de masse par un financement public transparent et en instituant une information systématique sur le droit syndical et les modalités d'adhésion lors de la signature du contrat de travail. Un crédit d'impôt sera accordé pour les cotisations syndicales.
78- Instaurer un service civique pour les jeunes.
- Protéger le pluralisme des médias
79- Etablir une Haute autorité du pluralisme dont les membres seront désignés par le Parlement à une majorité des 3/5èmes.
80- Renforcer les mesures anti-concentration.
81- Taxer les recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l'audiovisuel public.
- Les Outre-mers : assurer l'égalité, respecter la diversité
82- Garantir la continuité territoriale en imposant aux compagnies aériennes des obligations renforcées de service public.
83- Introduire un enseignement sur l'outre-mer dans les programmes scolaires, notamment sur l'histoire de l'esclavage.
84- Appliquer aux Outre-mers les principes de l'excellence environnementale et notamment de la protection de la biodiversité.
- Lutter contre les discriminations
85- Faire respecter l'égalité hommes-femmes, notamment au travail :
- Elaboration d'une charte pour l'égalité d'accès et l'égalité de traitement, ouverte à l'adhésion des entreprises et des services publics.
- Engagement de l'Etat pour une promotion égale des femmes et des hommes pour les emplois de responsabilité.
86- Renforcer les moyens de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations (HALDE).
87- Garantir l'égalité des droits pour les couples de même sexe
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La Présidente d'une France forte en Europe et active pour la paix dans le monde
Remontée des débats
Le constat est unanime : La France ne réussira pas seule. Elle doit s'appuyer sur l'Europe, mais pas sur n'importe quelle Europe. Reconstruire une Europe politique est la priorité pour beaucoup. Certains souhaitent le renforcement d'une diplomatie et d'une politique de défense européenne.
« Arrêtons le pessimisme ». « Il faut croire en la France et en ses capacités ». « Il faut une France sûre d'elle-même, capable d'agir pour l'intérêt européen et mondial. » « Nous voulons une France intégrée et ouverte». « Si la France offrait à nouveau une image d'ouverture et de modernité, elle deviendrait plus crédible et utile pour le monde ».
Les citoyens veulent une France solidaire des pays en développement, qui construise cette solidarité avec ces pays. De nombreux contributeurs souhaitent enfin « que l'ONU revienne au centre du jeu ».
S'agissant de l'immigration, « il faut agir avec tolérance, humanité et sans démagogie ». Les questions d'immigrations sont perçues comme intimement liées aux questions d'intégration et de respect.
Les citoyens s'accordent sur la nécessité d'adopter une approche globale de l'immigration, centrée sur l'intégration des immigrés en France (leurs conditions d'accueil sont jugées déplorables et humiliantes) et le co-développement avec les pays d'origine. « Il est nécessaire de maintenir un niveau suffisant d'immigration de travail ». « L'immigration choisie est profondément opportuniste et injuste à l'égard des pays d'origine ».
Enjeux
L'Europe est en panne et la voix de la France dans le monde est affaiblie. Or le monde a besoin de l'Europe et les Français aussi.
Propositions
- Redonner un nouveau souffle à l'Europe
88- Construire une Europe plus protectrice et plus en phase avec les besoins de ses citoyens : mettre en place rapidement des politiques communes ambitieuses sur les enjeux majeurs : recherche/innovation, énergie, environnement ; préserver, par une directive-cadre le développement de services publics de qualité.
89- Inscrire dans les statuts de la Banque centrale européenne l'objectif de croissance-emploi ; créer un gouvernement de la zone euro.
90- Tirer vers le haut le niveau de vie et la protection sociale dans tous les pays européens grâce à un protocole social.
91- Négocier un traité institutionnel soumis à référendum pour que l'Europe fonctionne de manière plus démocratique et plus efficace.
92- Lancer avec nos partenaires européens une initiative pour une Conférence internationale de paix et de sécurité au Proche Orient.
- Assurer la sécurité de la France
93- Doter notre défense nationale de moyens à la hauteur des risques nouveaux auxquels nous sommes confrontés. Notre capacité de dissuasion nucléaire doit être préservée.
94- Inscrire notre effort de défense dans une politique européenne de sécurité, avec des coopérations en matière de recherche/innovation et d'équipements. L'objectif est à la fois de renforcer notre sécurité et de rationaliser nos dépenses.
- La France active pour la paix dans le monde
95- Maîtriser la mondialisation en oeuvrant à une plus grande transparence et efficacité des instruments de régulation : introduire à l'OMC une hiérarchie des normes qui équilibre les mesures de nature commerciale par le respect des normes sociales et environnementales ; réformer profondément le FMI et la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain ; mettre en place une taxe sur les flux financiers de type Tobin.
96- Réviser notre politique d'aide au développement : passer à un véritable co-développement en favorisant les projets concrets associant directement les bénéficiaires.
97- Relancer la coopération euroméditerranéenne.
- Immigration
98- Instituer un visa permettant des aller-retour multiples sur plusieurs années, afin que les migrations s'adaptent aux besoins réels du marché du travail.
99- Rétablir la règle des 10 ans comme critère de régularisation.
100- Régulariser les sans papiers à partir de critères fondés sur la durée de présence en France, la scolarisation des enfants et la possession ou la promesse d'un contrat de travail.
Consulter l'intégralité des propositions dans le document PDF ci-dessous
23:46 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le Discours de Ségolène Royal au meeting de Paris Nord Villepinte
Le Discours de Ségolène Royal à Paris Nord Villepinte
C'est forte de cette unité que je peux m'adresser à tout le peuple français.A cet instant, je veux m'adresser à tous les Français, c'est-à-dire à chacun de vous, qui attendez de savoir de quoi demain sera fait.
Je vais vous parler avec gravité.
L'élection présidentielle est le moment clef où se refonde le pacte républicain et où on va décider l'avenir d'au moins deux générations.
J'ai voulu prendre le temps de vous écouter.
J'ai entendu vos appels, vos craintes, vos détresses, vos révoltes mais aussi vos attentes, vos désirs, vos espérances.
Aujourd'hui, voici venu le jour de vous dire comment j'entends répondre à ces crises qui minent notre société et qui instillent dans ses veines le terrible poison du doute, de la résignation et, parfois, de la colère mais comment aussi permettre à la France de saisir toutes ses chances, et elles sont nombreuses, de libérer tous ses talents, toutes ses énergies.
Vous êtes venus très nombreux dans cette phase de démocratie participative.
Plus de 2 millions d'entre vous sont venus, d'une façon ou d'une autre, dire ce qu'ils avaient sur le cœur et que la société politique n'entendait plus.
Cette parole que vous avez prise, je vous demande de la garder.
A ceux qui ne l'ont pas prise, je demande de la prendre au plus vite. J'ai besoin de vous, de vos intelligences, de vos exigences, de vos générosités pour construire une France qui se ressemble et se rassemble.
Avec moi, plus jamais la politique ne se fera sans vous.
C'est forte de cette phase d'écoute et soucieuse de respecter votre effort pour prendre la patole que je me sens en mesure, aujourd'hui, de vous proposer plus qu'un programme : un pacte d'honneur, un contrat présidentiel, que je propose à tous et à toutes, les plus vulnérables comme les plus forts, ceux qui sont nos partisans depuis toujours et ceux qui ne le sont pas ; car la France a besoin de tous les siens ; elle a besoin de ceux qui vont bien comme de ceux qui décrochent ou qui ont peur de décrocher. Je veux, aujourd'hui, redonner courage et espoir aux plus faibles. Je veux, à tous, dire que le temps de l'imagination et de l'audace est venu. Je n'oublierai personne car, pour que la France se relève, elle a besoin de chacun et de chacune.
J'ai bien dit un pacte d'honneur et de confiance. Car j'ai aussi compris (et je m'en réjouis !) que vous ne croyez plus à la magie des promesses qui n'engagent que ceux qui les reçoivent. Vous ne croyez plus aux engagements d'un jour et à la démagogie. Et c'est pourquoi je veux vous dire la vérité, la difficulté de la tâche qui nous attend, en même temps que ma détermination à l'accomplir avec vous.
Nous allons agir ensemble.
Nous allons, ensemble, faire que la France se retrouve et que chacun l'aime et se retrouve en elle et accomplisse le changement profond, une autre façon de voir les choses.
Le temps n'est plus aux colmatages ou aux accommodements avec des systèmes qui ne fonctionnent plus.
Il faut tout revoir, tout repenser – et ne craindre ni d'imaginer ni d'inventer.
Il faut entendre et lire, dans les cahiers d'Espérances issus de nos débats participatifs, le cas d'Odile, cette mère célibataire, admirable de courage et de dignité, qui attend un logement depuis 4 ans et raconte sa honte de vivre, avec ses deux filles, dans une chambre de 12 m².
Il faut entendre Martine me dire, les yeux secs, le regard fier, mais les larmes dans la voix : « quand les enfants sont invités à un goûter d'anniversaire, j'invente une excuse pour qu'ils n'y aillent pas parce que je ne peux pas rendre l'invitation ».
Je faut entendre ce père de famille alsacien que je n'oublierai, moi, jamais : « je vis le RMI comme une maladie honteuse ; je ne veux pas être un assisté malgré moi ; je ne veux pas que les enfants me voient comme ça».
Ou encore, à Roubaix, l'histoire d'Adeline, terrorisée à l'idée de retrouver, après notre débat, un mari violent et dont elle ne sait pas qu'il sera capable, un jour, de la battre à mort, comme le subisse trois femmes par semaine.
Ces cris de détresse silencieuse, ces pauvres vies brisées, ces familles humiliées, ravagées par la misère et l'iniquité, ces destins marqués au sceau d'une malédiction qui ne dit pas son nom – c'est tout cela que j'ai à l'esprit, là, à l'instant de m'adresser à vous et c'est cela qui me donne le désir de me battre, de vaincre et de proposer cette politique d'alternance qui, seule, sera capable de surmonter les crises.
Crise des banlieues : dans les quartiers, le feu couve sous la cendre.
Crise économique, avec les emplois qui se détruisent.
Crise sociale.
Crise éducative.
Crise morale.
Crise écologique.
Crise internationale enfin, sur fond de prolifération nucléaire, de montée des fanatismes et hystéries guerrières.
Pour surmonter ces crises, il faut une nouvelle politique.
Pour surmonter ces crises, il faut une France Neuve.
Voilà ce que vous m'avez dit.
Et voilà ce que j'entends mettre en œuvre.
Comment augmenter les bas salaires si les entreprises ferment ?
Comment augmenter les petites retraites si les déficits se creusent ?
Comment augmenter l'effort pour l'éducation et la santé lorsque la dette explose ?
Telles sont les questions que vous m'avez posées. Mais vous m'avez dit aussi que chaque nouveau droit devait aller de pair avec des devoirs.
Et vous l'avez fait avec une franchise, une lucidité, une volonté de refuser les solutions toutes faites et les fausses promesses des marchands d'illusion, vous l'avez fait avec une rigueur dont je dois vous dire qu'elles m'obligent. Et c'est pourquoi j'ai décidé de vous parler en premier de notre situation économique et, en particulier, du problème de la dette.
La dette publique est devenue insoutenable. Elle représente 64% du PIB et 18 000 euros par Français.
Les intérêts qu'elle génère sont devenus à eux seuls la 2ème dépense du budget de la Nation.
Le déficit des comptes sociaux a triplé.
La sécurité sociale est grevée par plus de 80 milliards de déficit cumulé.
Notre appareil productif est affaibli.
Notre commerce extérieur affiche un déficit de 30 milliards d'euros.
La production industrielle stagne et l'investissement productif des entreprises ne décolle pas.
Voilà la France qu'ils nous laissent.
Voilà l'état des lieux au sortir de la période qui s'achève.
Et c'est à vous, c'est à moi, c'est à tous les Français qui, à partir d'aujourd'hui nous rejoindront, qu'il appartient de relever le pays.
Je suis convaincue, par exemple, qu'il faut changer, de toute urgence, notre façon même de concevoir la création de valeurs et de richesses.
Je suis convaincue qu'un développement durable repose aujourd'hui sur trois piliers (économique, social, environnemental) et que la défaillance d'un seul peut faire crouler le tout.
Nous sommes la 5e puissance économique mondiale. Mais nous devons ce rang au travail des Français qui conquièrent des marchés, innovent, prennent des risques et travaillent dur. Et je suis convaincue que nous ne tiendrons durablement ce rang que si nous recréons notre capacité à mobiliser les compétences, à motiver les salariés et à créer, en fait, ce vrai dialogue social qui reste, en France, si terriblement archaïque.
L'inventivité des entrepreneurs doit être, reconnue. Mais la dignité du travail doit être respectée et même remise à l'honneur. Avec cette reconnaissance et ce respect, nous réussirons comme l'ont fait ….. Voilà pourquoi je m'engage à tout faire pour que, si je suis élue, un nouvel essor soit donné à la démocratie sociale et au dialogue social constructif qui va avec. Et voilà pourquoi je m'engage, en même temps, à soutenir l'effort des entreprises innovantes et créatrices d'emplois. C'est ce que j'appelle les cercles vertueux.Je le crois de toute mon âme : nous avons les moyens de relancer la croissance et la machine économique. Je veux réconcilier les Français avec l'entreprise pour sortir la France des déficits et accomplir des progrès sociaux dont nous avons besoin.
J'en ai pris une claire conscience tout au long de ces semaines passées à écouter et observer : nous sommes un pays d'excellence technologique où pas un jour ne passe sans que des hommes et des femmes se lancent pour donner corps à un projet créateur d'activité, de valeur et d'emploi.
Eh bien je suis reconnaissante à ces entrepreneurs du risque qu'ils prennent et qui permet de créer, chaque année, les emplois que la mondialisation financière déplace.
Je sais gré à ces PME de moins de 250 salariés qui sont plus de 2 millions en France et qui sont nos premières créatrices d'emplois.
Et je m'engage aujourd'hui, devant vous, à tout faire pour soutenir leur effort et pour créer l'environnement dont elles ont besoin et qu'elles méritent.
Je m'engage aussi à faire de la recherche et de l'innovation une des priorités majeures de mon mandat.
Je m'engage à augmenter le budget national de recherche-développement de 10 % par an.
Sur les 65 milliards d'aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la Recherche et l'innovation, je m'engage à porter cette part à 15%.
Par des mesures fiscales, je m'engage à encourager les entreprises à innover et à faciliter, pour cela, leur accès aux financements bancaires.
L'Etat soutiendra les pôles de compétitivité qui associent laboratoires et entreprises dans des réseaux d'excellence.
Trop de régions attendent aujourd'hui une aide de l'Etat qui ne vient pas ! Eh bien l'Etat, si je suis élue, soutiendra les porteurs de projets, partout où ils se trouveront, en généralisant les Ateliers de la Création.
Je m'engage à ce que les entrepreneurs qui garantissent les emprunts de leur entreprise sur leur patrimoine propre soient sécurisés par un mécanisme de caution mutuelle.
Je veux aussi que l'école et l'entreprise se rapprochent.
Je veux que l'entreprise devienne un lieu familier aux jeunes dès l'enseignement secondaire et jusqu'à l'université.
Je le veux parce que vous le voulez.
Et vous le voulez parce que l'insertion professionnelle de nos enfants et, donc, leur choix de métier et d'avenir en seront facilités.
Les Français, je l'ai également compris, aspirent à voir l'Etat réformer profondément sa gestion pour dégager des économies et donc des marges d'action.
Sans doute cette réforme sera-t-elle, chez nous, plus difficile à mener qu'ailleurs.
Car la France, n'est-ce pas, s'est constituée autour de son Etat central !
Car il fut, cet Etat, partie prenante à sa construction, sa puissance, sa grandeur !
Mais nous devons agir.
Nous avons un Etat qui est devenu beaucoup trop lourd.
Nous avons trop ministères.
Nous avons des ministères qui ont, en dix ans, changé huit fois de périmètres et donc de dénominations avec toutes les dépenses inutiles, toutes les pertes d'efficacité, que cela suppose.
Il faut réformer tout cela.
Il faut alléger le poids de nos administrations.
Il faut les mettre au service des citoyens alors que, trop souvent, les citoyens ont le sentiment d'être le jouet des administrations.
Il faut soulager des administrations centrales qui s'épuisent à gérer des personnels répartis sur le territoire et des crédits de toutes sortes.
Il faut en finir avec cette lourdeur de l'Etat central qui engendre toujours plus de textes législatifs ou réglementaires – et des textes qui, bien souvent, sont à la fois illisibles et inutiles.
Les fonctionnaires en sont les premières victimes lorsqu'ils s'épuisent en réunions stériles au lieu de donner l'impulsion et la créativité dont ils sont porteurs et qui sont leur vraie vocation.
Face à cette situation, face à ce gaspillage d'énergie et de substance, je propose :
- de limiter le nombre de ministères,
- d'en finir avec l'inflation réglementaire qui nous caractérise trop souvent
- d'expérimenter à chaque fois pour réformer vraiment
- d'engager une nouvelle étape de la régionalisation, mettant fin à la ruineuse superposition des compétences.
Ce sont les régions qui, par exemple, mettront à niveau les bâtiments et résidences universitaires.
C'est aux régions qu'incombera la tâche de sortir les prisons françaises de l'état honteux où elles se trouvent.
Ce sont les régions qui piloteront le service des aides économiques et de la formation professionnelle.
L'Etat, certes, garantira par un fond de « péréquation » l'égalité entre les régions qui bénéficieront donc, pour remplir ces nouvelles missions, d'un transfert de ressources. Mais nouvelles missions pour les régions, il y aura. Nouvelles intelligences territoriales, on verra naître.
Et tant pis pour ce vieux jacobinisme qui est l'un des démons les plus malins de ce pays !
J'ai la passion du service public.
Je sais que les Français sont habités par la même passion.
Et, aussi, les fonctionnaires qui ont une conception exigeante de leur mission.
Ensemble, nous allons donner un coup de jeune à cet Etat colbertiste, jacobin, centralisé à l'excès, croulant sous le poids des ans, des bureaucraties inutiles et des réglementations trop complexes.
Ensemble, nous allons mettre l'Etat à l'heure de ce désir d'autonomie, de responsabilité civique et de liberté que j'ai senti monter d'un bout à l'autre de la France.
Je veux construire un ordre social et économique juste
Le règne sans frein du profit financier est intolérable aux pour l'intérêt général.
Il est insupportable à ceux qui vivent de leur travail et il est dramatique pour ceux qui n'arrivent pas à en vivre.
C'est ce cri de colère que j'entends monter de la France qui travaille et de celle qui aimerait travailler. Colère contre les délocalisations qui dévorent l'emploi.
Colère contre le fait que 23% des jeunes sont sans emploi, que l'âge du premier emploi n'en finit pas de reculer et que la précarité des contrats se généralise.
Colère quand priorité est donnée à la rente et au capital financier et que cela conduit à l'augmentation constante des loyers et du foncier.
Colère quand la moitié des salariés du privé touche moins de 1400 euros par mois, que 4 millions de salariés sont payés au Smic au bout de 20 à 30 ans de travail.
Colère encore quand on sait qu'il y a 7 millions de pauvres en France qui vivent avec moins de 700 euros par mois, que 2 millions d'enfants sont condamnés à vivre dans la pauvreté et qu'il y a là comme une forme moderne de malédiction et de destin.
Les Français, oui, sont en colère face à cela.
Et moi, Ségolène Royal, je dis que ce n'est pas juste, c'est le pacte social qui est rompu et que c'est dangereux.
Nous devons refuser cette situation.
Nous devons stopper le descenseur social.
Comme le criait le père Wreznisky, le fondateur d'ATD Quart Monde, « c'est l'homme qui crée la misère, c'est l'homme qui peut détruire la misère ».
Quand, dans un pays comme la France, deux millions de personnes ont recours à l'aide alimentaire, quand on sait qu'il y a, chaque jour, en France, 2000 accidents graves du travail, quand on sait qu'à 35 ans un ouvrier ou un employé a sept ans de moins d'espérance de vie qu'un cadre, quand on sait que 27% des salariés travaillent debout en permanence, que 37% sont exposés à l'inhalation de produits chimiques sur leur lieu de travail, quand on sait que les victimes de l'amiante ne sont toujours pas indemnisées ou qu'un million et demi de personnes se trouvent en situation de surendettement, quand on sait, enfin, que les femmes sont les premières victimes des bas salaires et des petites pensions, que l'écart de salaire avec les hommes est encore de 25%, quand on sait tout cela, on est bien obligé de se dire, et de crier, que, oui, le lien social se délite ; on est bien obligé de se dire et de crier que tout cela est comme une cicatrice sur le corps d'un pays qui a inventé la plus belle devise du monde : « liberté, égalité, fraternité » ; et moi, Ségolène Royal, je ne peux pas ne pas m'associer à ce cri, le relayer, lui prêter ma voix et ma volonté
Vous m'avez dit des choses simples et vraies.
Vous m'avez dit vouloir des écarts de revenus moins injustes, une réforme de la fiscalité qui taxe davantage le capital que le travail.
Vous m'avez dit vouloir que le travail soit payé à son juste prix.
Vous m'avez dit, enfin, vouloir que des solutions à la crise du logement soient trouvées au-delà des éternels discours.
Est-il normal, m'avez-vous dit, que des jeunes travailleurs habitent en caravane et que de petits retraités soient chassés de leur logement faute de pouvoir payer leur loyer ? .
Eh bien je vous ai entendus.
Et je n'aurai de cesse, si je suis élue, que de répondre à votre juste colère.
Je propose un pacte présidentiel pour le pouvoir d'achat garanti et la sécurité du logement tout au long de la vie.
Je propose (parce que vous avez été nombreux à me dire que les chiffres officiels de la hausse des prix sont inférieurs à la réalité) une réforme de l'indice des prix. Nous utiliserons des indices de prix différents, tenant compte de la réalité des dépenses des ménages pour revaloriser les retraites, le SMIC et les minima sociaux.
Je m'engage à une hausse du SMIC à 1500 € par mois et à une hausse des bas salaires, au dessus du SMIC, qui sera fixée par les partenaires sociaux dès juin 2007 dans le cadre de la conférence sur les salaires.
Pour que cette augmentation puisse se faire rapidement, et sans pénaliser les petites entreprises, je m'engage à mettre en place un plan massif de formation professionnelle débouchant sur un système gagnant – gagnant : le salarié sera mieux payé, mieux qualifié et l'entreprise plus performante.
Je m'engage, pour les jeunes sans ressources et qui vivent, de plus en plus nombreux, dans la précarité, je m'engage à créer une allocation d'autonomie et d'entrée dans la vie active ; laquelle allocation leur sera versée en contrepartie d'une obligation de formation sérieuse, d'une recherche active d'emploi et, pour les étudiants, d'heures de soutien scolaire auprès d'élèves en difficulté.
Je mettrai en place un plan de rattrapage pour les petites retraites, avec une hausse immédiate de 5 % intervenant dès 2007. Le minimum vieillesse sera versé mensuellement et les retraites de la Sécurité Sociale seront payées au 1er de chaque mois, pour éviter les découverts. Nous procéderons aussi, dès 2007, à une augmentation de 5 % de l'allocation adulte handicapé.
Je rétablirai également le programme Handiscol qui a été démantelé pour permettre d'accueillir tous les enfants handicapés dans le sein de l'école.
J'insiste sur la question du logement.
Je l'ai souvent dit, vous le savez : tout commence par les familles car, si les familles fonctionnent bien et assument leur devoir d'affection, d'éducation et de surveillance, alors les enfants démarrent dans la vie dans de bonnes conditions.
Eh bien le logement est la condition première d'une vie de famille sécurisée.
Et les inégalités criantes dans ce domaine doivent se réduire si l'on veut aider les familles à être ces lieux d'éducation et d'épanouissement des enfants qu'elles doivent être.
Il y a les Sans-Domicile-Fixe, naturellement, pour lesquels des solutions d'urgence doivent être trouvées : je propose, à cet égard, de faire obligation à chaque ville de créer une place d'hébergement d'urgence pour 1000 habitants ; je propose une politique d'accompagnement humain permettant à ceux qui ont basculé, travailleurs pauvres, femmes seules, jeunes à la dérive, de se raccrocher à une utilité sociale ; et je rends hommage au travail des associations qui jouent un si grand rôle pour réinsérer ces gens dans l'activité et dans l'emploi.
Mais l'urgence ne doit pas faire oublier les autres problèmes de fond.
Les scandales les plus criants ne doivent pas occulter le fait que la crise du logement frappe aussi celles et ceux qui travaillent et qui font des efforts pour payer leur loyer.
Je propose, là-dessus, quatre mesures concrètes, bien connues de ceux qui se battent sur ce problème et que j'ai également rencontrés dans le cadre de ces débats participatifs :
1. La construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui, faute d'obéissance à la loi SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L'Etat se substituera à la carence de ceux qui s'enferment dans l'égoïsme territorial en lançant lui-même les programmes de logement nécessaires. Il faut cela pour que le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale ou un vain mot. Il faut cela pour que l'amélioration de la situation des plus démunis ne produise pas l'aggravation de la situation de ceux qui paient leur loyer.
2. La création d'un service public de la caution permettant d'assurer les impayés de loyer et d'éviter les expulsions.
3. La mise en location des nombreux logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et la possibilité existera pour les communes de procéder à des acquisitions-réquisitions.
4. L'accès à la propriété sera favorisé et encouragé par l'extension des prêts gratuits. Aujourd'hui, les Français aspirent à la propriété de leur logement. Je veux que ce soit possible et que ceux, notamment, qui ont fait l'effort, dans le logement social, de payer leur loyer pendant quinze ans puissent accéder à la propriété.
5. Enfin, avec les Régions, l'Etat aidera à la mise en place d'un programme de logement pour les étudiants et les jeunes travailleurs.
Je serai, aussi, la Présidente du travail pour tous et du métier pour chacun.

Je réhabiliterai la valeur travail.
Dans le pacte présidentiel que je vous propose.
Et d'abord, à la base, j'engagerai une lutte sans merci contre le chômage des jeunes, un des plus élevés d'Europe et l'une des sources du découragement, de la révolte contre l'absence de futur et, à la fin, de la délinquance.
Tout jeune doit pouvoir sortir du système scolaire et universitaire avec un diplôme : c'est le contrat qu'il faut passer entre la Nation et son école.
Pour les 190 000 jeunes qui sortent de l'école ou de l'université sans aucune qualification, je reprends la proposition de Jacques Delors d'ouvrir un chantier d'intérêt national.
Aucun jeune, diplômé ou qualifié, ne doit rester au chômage plus de six mois, sans qu'une formation ou un contrat ne lui soit proposé - c'est un droit pour lui et un devoir pour nous.
Tout jeune doit pouvoir bénéficier d'une possibilité d'insertion et je propose, à cet effet, de généraliser les bourses et les emplois-tremplins que les Régions ont mis en place, avec un objectif de 500 000 emplois tremplin.
L'Etat ouvrira, enfin, un nouveau droit : chaque jeune, à sa majorité, disposera d'un prêt gratuit de 10.000 euros, pour lui permettre de construire son premier projet de vie. Je le dis solennellement à toutes celles et tous ceux qui doutent, qui rencontrent plus de portes fermées que de mains tendues : la France a besoin de vos talents et de votre énergie ; les entreprises et les services publics ont un devoir à remplir à l'égard d'une génération qui représente aussi leur avenir.
Je leur dis aussi qu'à leur âge, on a le droit à l'erreur, que la peur de l'échec ne doit pas paralyser, qu'on apprend et qu'on se renforce aussi dans les difficultés que l'on rencontre : vous devez croire en vous car la France aime ses enfants, tous ses enfants et n'est elle-même que lorsqu'elle lutte contre toutes les formes de discrimination.
Dans l'intérêt des entreprises comme des salariés, dans l'intérêt de la France, je créerai la Sécurité Sociale professionnelle qui garantira, contre une formation et une recherche active d'emploi, une rémunération égale à 90% du dernier salaire perçu afin de permettre, sans drame, la mutation des emplois.
Et pour encourager, enfin, le passage du RMI au travail, je donnerai raison à ceux qui, comme l'association Emmaüs, demandent depuis longtemps la création d'un Revenu de Solidarité Active qui garantira les prestations en un mécanisme unique, durable, et garantissant que quelqu'un qui retrouve un travail ne puisse plus voir ses revenus baisser.
Et puis, n'est-ce pas, tout se tient : emploi, famille, école ?
Quand un maillon vient à casser, c'est la chaîne qui se voit fragilisée.
Et c'est l'éducation qui tient tout l'édifice.
C'est pourquoi, avec moi, l'Education, encore l'Education, toujours l'Education, elle sera au cœur de tout et en avant de tout !
L'Ecole est le cœur battant de la République.
L'Ecole est le lieu où se transmettent les savoirs et les valeurs républicaines.
L'école est le creuset où se forment les futurs citoyens.
Et l'école, vous me l'avez également dit, traverse une crise profonde.
J'ai entendu le signal d'alarme que lancent beaucoup de parents : l'Ecole tiendra-t-elle demain sa promesse d'égalité des chances ?
J'ai entendu le message des enseignants, en première ligne dans ce combat pour l'égalité et, donc, la citoyenneté : face aux difficultés qui s'accumulent, aux violences, aux incivilités qui angoissent, face aux coupes sombres dans les budgets et les emplois, face à un pouvoir d'achat qui semble baisser dans la mesure exacte où croissent les difficultés du métier, comment ne pas être tenté, parfois, de baisser les bras ?
A ces enseignants qui se battent en première ligne sur le front de la citoyenneté de demain, je veux dire ceci.
Vous serez soutenus, encouragés par la République dans votre mission.
Votre place sera mieux reconnue, vos filières de formation encore améliorées si vous en sentez le besoin.
Votre droit à l'innovation et à l'expérimentation du travail en équipe sera pleinement reconnu sans que vous ayiez à craindre les inspections un peu trop rigides.
Nous créerons un service public d'accueil de la petite enfance.
L'obligation scolaire sera fixée à 3 ans et les chances scolaires des enfants en seront accrues.
Collège et école devant assurer en son sein, ou dans les quartiers, le soutien scolaire gratuit, nous confierons cette nouvelle mission, comme vous l'avez proposé dans plusieurs débats participatifs, à un corps nouveau de répétiteurs dont la mise en place sera discutée avec l'équipe pédagogique, les associations de parents d'élèves et les élus.
La carte scolaire favorisera la mixité sociale, au lieu de consolider les ghettos.
Elle sera redécoupée pour que les secteurs soient plus hétérogènes et que chaque famille ait le choix entre plusieurs établissements. Les gros collèges seront divisés pour ne pas dépasser 600 élèves et ayant eu à nouveau confirmation des brutalités et violences subies par les élèves et les enseignants, un nouveau métier sera créé pour renforcer la discipline et développer massivement le sport et la culture qui sont les meilleurs remparts contre l'agressivité.
L'échec scolaire étant aggravé par la détresse financière et sociale et éducative des familles, je créerai des emplois-parents dans les quartiers comme l'a proposé l'association AC Le Feu et je généraliserai les écoles de parents.
L'allocation de rentrée scolaire sera doublée dès 2007 afin que soit pleinement garantie la gratuité scolaire.
La société de la connaissance exigeant un investissement massif dans l'Université et la recherche, je veillerai à renforcer l'autonomie des universités dans le cadre national et je les encouragerai à se regrouper entre régions pour atteindre une taille comparable à celle des grandes universités du monde.
Je détaillerai, jeudi prochain à Dunkerque et vendredi prochain à Strasbourg, un plan de réformes global concernant l'Education, la Recherche et la Culture.
Vous avez aussi, au cours des débats, beaucoup parlé des insécurités, des désordres et de la violence dans nos villes et à leurs périphéries..
Et de fait, depuis cinq ans, la violence à l'encontre des personnes n'a cessé d'augmenter.
4 millions de personnes ont été agressées verbalement ou physiquement dans la seule année 2005.
Le nombre de mineurs mis en cause pour des actes d'atteintes aux personnes a augmenté de 32% depuis 2002, et de 83 % en huit ans.
Plus rien ne semble être épargné par cette épidémie de violence : ni l'école, ni les familles, ni les jeunes.
J'ai parlé, déjà, des violences qui frappent les femmes. Permettez-moi d'y revenir. Car ce thème est revenu, dans nos débats, avec une terrible insistance. Et je dois avouer que j'y suis moi-même, en tant que femme, particulièrement sensible. Une femme sur dix est victime de violences conjugales. En 2004, chaque semaine, trois femmes ont été tuées par leur conjoint. Les violences, abandons, mauvais traitements d'enfants ont augmenté de 34% depuis 2002. Je veux vous le dire aujourd'hui : la première loi votée par le prochain parlement sera, je l'espère, une loi efficace contre les violences faites aux femmes.
J'ai parlé aussi de cette autre forme de violence, de cette violence douce et à peine visible, qu'est l'inégalité devant l'accès aux soins. Permettez-moi d'y insister aussi. Car enfin est-il normal que des quartiers entiers, des zones rurales, n'aient plus de médecin généraliste ? Est-il normal que trouver une prise en charge pour une personne âgée dépendante relève souvent, aujourd'hui, de l'exploit ? Est-il normal, est-il acceptable, qu'il n'y ait pratiquement plus, en France, de structures de santé de proximité ? Non, cela n'est pas normal. Non, cela n'est pas acceptable. Oui, vous êtes nombreux, très nombreux, à vivre cet état de fait comme une violence faite aux plus faibles, une brutalité terrible à l'endroit des plus modestes. Et c'est pourquoi, après vous avoir écouté, je souhaite mettre en oeuvre une politique de santé publique notamment axée sur la création d'une nouvelle génération de dispensaires en milieu rural et dans les quartiers urbains sensibles.
Et puis, il y a la violence dans les quartiers…
Où en sont-ils, les quartiers, un an après les émeutes ?
Est-ce parce qu'on les entend moins, est-ce parce que la machine à images a cessé de s'intéresser à eux et de concentrer sur eux son faisceau de lumière, que le problème est résolu ?
Et quelles réponses ont-elles été données aux appels à la justice, à l'égalité des chances, à la sécurité, qui se sont exprimés, aussi, avec une telle exaspération ?
A-t-on porté remède au précariat ? à l'insécurité sociale ? aux discriminations ? à la désertion des services publics ? au chômage des jeunes ?
Non, hélas.
Rien, ou presque rien, n'a été fait.
Or chacun sait que, si rien n'est fait, les mêmes causes produiront les mêmes effets et ce que la France a connu hier ne sera rien en comparaison de ce qu'elle connaîtra demain.
Il y aura des émeutes d'une violence extrême, et qui ne seront plus limitées aux seuls quartiers dits sensibles.
Il y aura des gestes de désespoir radical, des actes de nihilisme sans pareil, qui laisseront les pouvoirs publics sans ressource et sans voix.
La France entrera en crise.
Et c'est tout le lien social qui, de proche en proche, menacera de craquer. Il y a urgence. J'ai la ferme volonté d'empoigner ce problème à bras le corps. Ecoutons là encore, les propositions et les attentes de ceux qui agissent tous les jours sur le terrain.
Mettre les parents devant leur responsabilité pour assumer leur rôle, tout leur rôle.
Aider les mamans seules, débordées par les pré-adolescents, à se regrouper pour encadrer leurs enfants et bénéficier pour cela d'emplois parents.
La bataille pour l'emploi des jeunes de quartier doit se gagner.
Renforcer les procédures de l'encadrement scolaire et créer partout des mini-internats urbains, pour les jeunes qui ont décroché de l'école, imaginer une école de la deuxième chance avec de la culture, du sport, des voyages éducatifs, du travail solidaire.
Soutenir les associations, les élus de terrain, les travailleurs sociaux qui savent mieux que personne, pour les vivre, où sont les bonnes solutions.
A la première incartade, répondre par une sanction ferme, rapide et proportionnée, je dis bien proportionnée, alors que, trop souvent, le premier délit n'est pas sanctionné par une justice débordée qui manque de moyens ; ou alors, à l'inverse, on frappe trop lourdement des mineurs qui, en dehors des cas d'atteintes graves aux personnes, n'ont pas leur place en prison et en ressortent à 70% récidivistes et développer toutes les formes d'encadrement y compris militaire dans des chantiers humanitaires.
Créer des polices de quartier pour remplacer cette proximité hélas supprimée et renforcer les moyens de la justice des mineurs.
Mais il faut aussi : entendre le malaise que cette violence exprime, y remédier sur la longue durée, ne pas traiter les délinquants comme des sauvages ou des barbares.
Je ne veux pas de cette société toujours plus violente où, comme me l'a dit l'un d'entre vous lors d'un débat, « une bonne partie des violences est engendrée par le manque de considération envers certains jeunes. Ils ne se sentent pas utiles à la Nation et ont, de ce fait, l'impression que la Nation ne fait rien pour eux, et donc, qu'ils ne lui doivent rien ».
Je ne veux pas de cette société du « tous contre tous », cette société du « chacun pour soi ».
Je veux que la France aime sa jeunesse et exerce sur elle une juste autorité pour lui permettre de grandir.
Je ne veux pas, moi, d'un projet où la jeunesse est infantilisée, considérée comme une charge, voire une menace ou un danger.
Car une société qui a peur de sa jeunesse est une société qui n'a plus confiance en elle et qui manque à son devoir d'hospitalité à l'égard de la génération suivante.
Je veux une société qui fait confiance aux jeunes. Je pense qu'un ordre n'est pas juste, qui considère les enfants de la République inégaux en droits tout en leur imposant les mêmes devoirs.
Je crois qu'un pays est malade quand, ressuscitant le fantasme du XIXème siècle des fameuses « classes dangereuses », il devient sourd au cri de souffrance qui monte, qu'on le veuille ou non, des quartiers difficiles ou sensibles.
Et je ne peux pas me résoudre à cette souffrance.
Et je ne peux pas imaginer qu'il suffise d'envoyer des bataillons de police ou de gendarmerie.
Et je ne peux pas me faire à l'idée qu'il y ait deux jeunesses : l'une qui serait vouée à la réussite et l'autre condamnée à l'échec ou, pire, à la violence brute parce qu'au départ il n'y a pas les mêmes chances et qu'on n'a pas su encadrer à temps les enfants et les faire réussir à l'école comme le dit très bien Kerry James.
J'aurai prochainement l'occasion de dire avec plus de précisions en appui sur les associations, AC Le Feu, Parlement des Banlieues, dans les Banlieues ce que demain l'Etat fera.
Je sais que je réussirai à trouver des solutions et à empêcher de nouvelles explosions. Parce qu'au plus profond de moi, si je suis présidente de la République, je veux réaliser pour chaque enfant né ici ce que j'ai voulu pour mes propres enfants.
Je veux une nouvelle donne avec tous les jeunes de France.
Mais quand j'entends Karim, de Toulon, m'expliquer qu'il ne comprend pas pourquoi il doit subir, plusieurs fois par jour, les contrôles d'identité, je me dis qu'il n'exprime pas si mal que cela cette part du mal français qui le touche et qu'il m'incombera, avec vous tous, de traiter ! .
Je veux lutter farouchement contre les discriminations et les humiliations.
Je veux une France qui s'accepte telle qu'elle est devenue et qui considère même que c'est une chance d'être désormais ainsi : riche d'histoires diverses, colorée, métissée.
Je veux une France qui reconnaisse comme ses enfants légitimes tous ceux dont les familles sont venues d'ailleurs et qui sont aujourd'hui des Français à part entière et dont les parents et les grands parents ont donné leur vie pour nos libertés.
Du fond du cœur, je vous le redis : la France a besoin de vous ; vous êtes la chance de la France ; je veux une France qui vous écoute, une France qui vous comprenne et une France qui, en même temps, soit exigeante envers vous.
Je veux une France qui entende ce que lui dit Diam's dans « Ma France à moi » : « Il ne faut pas croire qu'on la déteste, mais elle nous ment (…). Ma France à moi leur tiendra tête jusqu'à ce qu'ils nous respectent ».
Je ne veux plus entendre parler de deuxième, troisième ou quatrième génération pour certains enfants d'immigrés alors qu'on ne le fait jamais pour ceux dont les familles sont originaires d'Europe.
J'ai entendu aussi les graves problèmes de santé des jeunes. Et ce désarroi me paraît totalement inconcevable dans un pays comme le nôtre.
Je propose la gratuité totale des soins pour les moins de 16 ans. Je propose la mise en œuvre d'une carte santé jeune 16/25 ans. Je souhaite que la contraception soit gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans afin de lutter contre les grossesses précoces. Je propose de renforcer les moyens de la médecine scolaire et universitaire. Toutes ces actions entraîneront des économies dans les dépenses de santé car la prévention dès le plus jeune âge est très efficace.
C'est sur les jeunes aussi que je compte pour protéger la planète car c'est pour vous et la génération qui vient que nous devons agir.
Je veux faire de la France le pays de l'excellence environnementale. C'est pour moi une conviction profonde et ancienne qui remonte à mon enfance rurale et consolidée dans mon action de Ministre de l'environnement.
Vous ne voulez plus, et moi non plus, de cette irresponsabilité qui détruit la planète, qui laisse la biodiversité s'épuiser, qui ne prépare pas l'après-pétrole. Vous m'avez fait part de vos alarmes. Vous avez raison. Le réchauffement planétaire est une menace sur le monde et sur la paix : déplacement massif de populations, accès à l'eau potable. Je ferai de cette cause une grande cause nationale pour la France.
J'engagerai la France dans la voie de l'excellence environnementale comme cela n'a jamais été fait. 100 000 emplois, non délocalisables peuvent être créés. Un investissement massif dans l'environnement conduira à développer de nouveaux métiers, de nouvelles compétences, Dans le domaine du bâtiment, des transports, de l'agriculture, l'essor des écoproduits et des écoprocédés sera un moteur de l'activité et de la croissance durable. Tout comme les bio-carburants pouvant créer de nouveaux emplois.
Le défi environnemental doit être vu comme une chance. A condition d'anticiper plutôt que subir les mutations. Là aussi, il y a deux logiques : celle du laissez-faire, du libéralisme, qui vise le profit immédiat et nous prépare au pire. Ou celle de la volonté, qui relève les défis, pour laisser à nos enfants une planète vivable et qui applique le principe pollueur-payeur, empêche la destruction de biens collectifs publics.
Je vous propose :
- un plan de développement massif des énergies renouvelables pour qu'elles représentent 20 % de la consommation d'énergie en 2020, ce qui permettra de réduire la part du nucléaire ; ce plan de développement national s'appuiera sur une politique commune européenne de l'énergie ;
- une fiscalité écologique qui encourage les bonnes pratiques ;
- de favoriser les économies d'énergie dans le logement. Tout permis de construire devra intégrer les énergies renouvelables.
J'ai développé tous ces sujets à Montluçon avec un plan d'action très précis.
Une agriculture assurant une alimentation de qualité et respectant l'environnement est aussi à notre portée.
Nous pouvons surmonter la crise de confiance entre nos concitoyens et leur agriculture, née des crises alimentaires et des abus d'engrais et de pesticides. Je veux redonner aux agriculteurs la fierté de leur métier Il faut aujourd'hui produire autrement : la qualité doit primer sur la quantité ; l'environnement doit respecté et les paysages préservés et ceux qui font ces efforts doivent recevoir davantage d'aide car ils agissent pour l'intérêt général.
Je proposerai à nos partenaires une refondation de la politique agricole commune pour réorienter les aides vers le développement rural, en modulant les primes et en assurant leur transparence.
Cette réorientation de la PAC doit permettre à l'Europe de se nourrir par elle-même et aux paysans de vivre dignement de leur travail tout en maintenant nos identités rurales vivantes. De nouveaux emplois et une nouvelle fierté rurale sera développée grâce aux biocarburants et à la valorisation de la biomasse, au développement de la filière bois et de la bio construction.
Pour mettre en œuvre toutes ces réformes, nous avions besoin d'institutions impartiales, qui fonctionnement et qui répondent aux besoins de notre temps. C'est pourquoi je vous propose une République Nouvelle.
Des réformes profondes doivent être faites pour moderniser les institutions.
Du côté du parlement et de la démocratie représentative, le mandat unique sera instauré, le Sénat réformé, le pouvoir de contrôle du Parlement sera renforcé et le 49.3 supprimé.
Je veux aussi que l'opposition soit respectée même si cela n'a guère été le cas au cours de ces cinq dernières années.
Pour rééquilibrer le rôle de la majorité et de l'opposition, et pour permettre un dialogue constructif au sein du pays, la présidence de la commission des finances de l'Assemblée Nationale sera confié à un député de l'opposition.
Démocratie participative : les citoyens pourront faire examiner par le Parlement une proposition de loi qui aura recueilli 1 million de signatures. Le développement des jurys de citoyens et des budgets participatifs sera encouragé et le référendum d'initiative populaire instauré.
Démocratie sociale : pour faciliter le développement d'un syndicalisme beaucoup plus représentatif, un crédit d'impôt sera accordé pour les cotisations syndicales. La représentativité sera fondée sur l'élection et le principe majoritaire mis en œuvre pour les accords sociaux.
Je veux que la France se modernise dans la qualité de ses relations sociales. Tout le monde doit y gagner, entreprises, salariés et avec le pays tout entier dans une logique de cercle vertueux qui met fin aux logiques d'affrontement et qui permet des compromis sociaux qui nous permettront d'être plus forts.
Dans les 6 mois qui suivront l'élection présidentielle, je consulterai le peuple français sur ces propositions de réformes démocratiques de nos institutions.
Outre-mers
Je me suis rendue à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe et je n'oublie pas les autres outre-mer dont la culture, me le rappelait Aimé Césaire, est aussi la nôtre.
Je veux une République, de la reconnaissance et de la responsabilité. Et des politiques publiques qui tiennent compte de leur identité, de leur diversité et des problèmes de la continuité territoriale.
L'histoire des outre-mers n'est pas périphérique : c'est notre histoire commune. L'esclavage et la colonisation en font partie et doivent trouver toute leur place dans nos programmes scolaires ainsi que les grandes œuvres littéraires et historiques, Louis Delgresse, Frantz Fanon, La Mulâtresse Solitude, Aimé Césaire.
Je veux que la France revienne à la table de l'Europe et je ferai tout pour cela.
L'Europe doit rester la grande ambition et la grande réalisation du XXIème siècle. Je sais que vous le voulez comme moi. Mais, je sais aussi que, comme moi, vous ne voulez pas n'importe quelle Europe, vous me l'avez dit dans les débats. Je ne veux pas d'une Europe qui ne serait qu'une zone de libre échange adossée à l'OTAN. Je veux encore moins d'une Europe de tous contre tous où le dumping fiscal et social remplace la solidarité, et dans laquelle la concurrence sert de projet de société. L'Europe que je veux doit élever le niveau de tous les pays et de chaque individu, et non les abaisser.
L'Europe doit se fixer comme objectif une croissance dynamique et créatrice d'emplois
Je veux relancer des politiques communes sur les enjeux majeurs que nous affrontons. En Europe, comme en France, la croissance naîtra de l'investissement dans la recherche, dans l'innovation, dans les énergies renouvelables, dans les transports.
L'Europe doit se battre aussi pour une politique industrielle, à l'instar de ce que font les Etats-Unis et les grands pays émergents. L'Europe ne doit plus s'abandonner au seul dogme de la concurrence. Airbus n'aurait pu être lancé si la doctrine actuelle de l'Europe avait été applicable en 1970…
Pour réussir cela, les outils actuels ne sont pas adaptés. La croissance et l'emploi doivent être inscrits dans les statuts de la Banque centrale européenne . Il faut mettre en place un gouvernement économique de la zone euro » pour une politique de croissance coordonnée
Le Pacte de stabilité ne doit pas servir à freiner la croissance mais à la stimuler. Je propose de sortir du chiffrage du déficit les dépenses consacrées à la recherche et à l'innovation.
Nous accumulons un retard très inquiétant qui risque d'être ravageur, face à l'Inde et à la Chine. Il est temps, j'allais dire, de passer aux choses sérieuses.
Je veux une Europe qui protège ses citoyens et les aide à tirer profit de la mondialisation
Il n'est pas supportable de voir des entreprises faisant des bénéfices délocaliser leur production. L'Europe doit se protéger et nous protéger. Avec moi elle fera reconnaître le respect des normes sociales et environnementales dans toutes les négociations de l'OMC.
La concurrence déloyale est encore moins supportable à l'intérieur de l'Europe. Je proposerai l'instauration de taux planchers en matière d'impôt sur les sociétés pour freiner les délocalisations fiscales.
De même, je proposerai à nos partenaires la négociation d'un protocole social pour renforcer les droits des travailleurs.
L'Europe devra s'atteler au dialogue avec la Méditerranée et mettre enfin en place des politiques de co-développement.
C'est la meilleure façon d'endiguer l'immigration illégale et lutter contre les mafias qui l'organisent. Décourager les migrations de la misère, c'est soutenir le développement des pays pauvres, en réduisant les écarts entre Nord et Sud. C'est notre devoir.
Le co-développement sera donc mon objectif. L'aide publique sera radicalement réformée et réorientée vers les circuits courts, la santé, l'éducation, l'énergie solaire, les associations de femmes, le micro crédit, comme je l'ai vu au Sénégal, et cessera d'alimenter les gouvernements corrompus.
Cela me conduit à vous dire comment je conçois le rôle de la France dans le monde et la façon dont j'entends lui faire tenir son rang.
La France c'est un paysage que nous aimons, c'est aussi une grande Histoire, certes pas uniforme, mais avec des moments sublimes, quelquefois des abîmes et, en arrière-plan, la grande lumière jamais éteinte de la Révolution française.
C'est également une langue dont Fernand Braudel nous a enseigné la part qui est la sienne dans la construction de notre identité. N'oublions jamais la dimension de la francophonie. Il y aura, en 2050, trois cents millions d'hommes et de femmes qui parleront français ! Je souhaite qu'il y en ait davantage. Bien davantage. Je souhaite une France qui parle, dans sa langue, sa propre langue, au monde.
Car la France c'est plus que la France. La France c'est ce drôle de pays qui, comme disait André Malraux, n'est jamais aussi grand que lorsqu'il l'est pour tous les hommes. La France ce sont des valeurs exigeantes et belles proclamées par la Révolution française. La France ce sont des valeurs universelles qui nous obligent et que nous devons porter haut pour ne pas décevoir ceux qui ont foi en nous. L'Histoire de France est une Histoire vivante. C'est une histoire qui, parce qu'elle est vivante, doit continuer de parler au monde.
Le monde… Nous savons tous ce qu'il en est : la mondialisation, les échanges, les influences croisées et fertilisantes, mais aussi le tohu-bohu, l'iniquité, le malheur, les crimes de masse, les guerres. Je ne veux pas d'une France qui aurait la tentation de s'éloigner de la scène, de renoncer, de laisser faire. Je ne veux pas d'une France qui laisserait ce monde se casser, éclater en morceaux, en blocs de vie et de pensée hostiles les uns aux autres. Je ne veux pas d'une France qui se résignerait à sortir de l'Histoire.
Allons-nous rester là, spectateurs muets, apeurés, bientôt victimes ? Avons-nous quelque chose à dire, encore, au monde ? Avons-nous quelque chose, encore, à lui apporter ? Les Français le croient. Les Français le veulent. Je le crois et le veux avec eux.
Les fins de la politique de la France, si je suis élue, seront simples et fidèles à notre vocation la plus haute : la paix, bien sûr ; la sécurité pour les Etats ; mais aussi la justice pour les peuples et le développement pour tous.
La paix ? Elle n'est possible que fondée sur l'équilibre d'un monde multipolaire. C'est pourquoi tous les efforts visant à faire redémarrer l'Europe et à en faire une puissance également politique seront poursuivis avec une ardeur particulière. C'est pourquoi tout sera fait pour remédier au déséquilibre des puissances qui est la règle d'aujourd'hui dans nos rapports avec nos partenaires et alliés. Et c'est pourquoi, aussi, la France, si je suis élue, pèsera de tout son poids pour que soit respecté le droit international. Celui-ci existe. Il n'est que de l'appliquer. Nous réclamerons de nos meilleurs amis que les résolutions du Conseil de Sécurité soient mises en œuvre, que les grands traités du désarmement, de l'environnement, soient respectés. La France et le Royaume-Uni ont la lourde responsabilité d'être membres permanents du Conseil de Sécurité. Nous y jouerons tout notre rôle, à l'écoute certes de nos partenaires européens mais aussi de tous les pays prêts à travailler avec nous. Le multilatéralisme, c'est la mobilité de l'action au service des principes que les Nations Unies ont fixés.
Veiller à la sécurité de tous, c'est aussi donner l'exemple. Et c'est pourquoi nous continuerons à déployer des forces au service du droit, s'il le faut, en Afrique comme au Proche-Orient.
La Justice pour les peuples exige que nous parlions fermement, en toutes circonstances, devant nos alliés, nos amis et en agissant dans toutes les instances où se bâtit aujourd'hui la justice internationale.
Le développement implique que la France, qui fut l'une des premières à plaider pour l'aide publique, ne se paie pas de mots. Nous sommes tous terriblement en retard sur nos engagements à l'égard des pays défavorisés. Il faudra redoubler d'efforts. Il faudra que la France indique le chemin à tous ceux qui s'accommodent à bon compte des promesses non tenues et des inégalités criantes.
Le réalisme, c'est aussi choisir des priorités. Nous regarderons d'abord devant notre porte, et je vais vous surprendre : notre porte, c'est l'Afrique :
L'Afrique est notre voisine. Elle est là, cette Afrique à laquelle m'attachent tant de liens. Elle est là, vivante, dynamique, mais accablée de maux et de tensions. Chaque Africain qui parvient à nous rejoindre en témoigne. Et il ne comprend pas qu'après tous nos beaux discours, nous tournions la tête et nous barricadions. Il ne comprend pas, parce que l'avenir, qui appartient aujourd'hui aux Chinois et aux Indiens encore oubliés, écartés, voici moins de vingt ans, appartiendra peut-être demain à son frère, à son fils, un Africain.
De quoi souffre l'Afrique ? D'une économie mondiale absolument débridée qui ne laisse aucune chance à des productions agricoles fragiles et incapables de rivaliser avec les politiques de pays bardés d'atouts financiers et technologiques. Un peu de bon sens, un peu de justice, recommanderaient que l'on remette un peu d'ordre sur les marchés, que des avantages soient laissés aux pays les plus pauvres, que des préférences – il faut le dire – soient accordées par l'Europe à l'Afrique, quitte pour celle-ci, en échange, à savoir orienter ses achats vers l'Europe. Organisons, d'Europe vers l'Afrique et de l'Afrique vers l'Europe, des relations favorisées et équitables.
De quoi souffre la démocratie africaine ? D'un jeu trop brutal des alternances. Du poids des oligarchies. De la corruption de certaines élites. Et je n'oublie pas cette honte que fut, à la toute fin du XX° siècle, le génocide des Tutsis au Rwanda : un crime contre l'humanité ; une insulte à l'humanité de l'homme ; un deuil pour le monde. Ni enfin, aujourd'hui, la tragédie du Darfour que la communauté internationale a sans doute le moyen de stopper : pourquoi ne le fait-elle pas ? pourquoi la France, la grande France, celle des internationalistes qui ont fondé notre parti, celle des Républicains qui croient que nous avons, sur la scène du monde, un rôle particulier, ne fait-elle pas pression pour que s'arrête le massacre ?
L'Afrique est à la portée de la France et de l'Europe. Elle est à notre heure. Je veillerai à ce que celle-ci soit saisie et gardée. Il ne s'agira pas de manifestations éphémères, de cérémonies d'un jour, de tournées à bride abattue mais d'un effort opiniâtre sur pied égal avec les Africains, dirigeants ou non.
Notre voisin, c'est aussi, bien sûr, le Proche et Moyen-Orient. On plaidera pour des conférences. Je dis oui, naturellement. Mais je plaiderai surtout pour le réalisme et l'ambition. La paix au Proche-Orient suppose deux aspirations indissociables et également impérieuses : celle de la justice, celle de la sécurité. Il faut rendre justice aux Palestiniens. Mais il faut garantir la sécurité d'Israël et la vie de tous ses citoyens. L'objectif n'est pas inaccessible. Les Palestiniens modérés, démocrates, partisans du compromis, existent et refusent de se taire. Les Israéliens favorables au partage de la terre sont une majorité ; ils ont des familles, des enfants, dont le destin passe par une paix durable et garantie. L'Europe peut peser en faveur de cette paix. La France, au sein de l'Europe, a l'autorité nécessaire pour rappeler les principes. Voyez, au Liban, notre participation à l'effort de la FINUL. Persévérons. Et, avec les autres, renouons le dialogue avant qu'il ne soit trop tard. Je pense à la Syrie et même à l'Iran Je me suis prononcée, vous le savez, pour la plus grande fermeté vis-à-vis du régime iranien en place et de ses provocations répétées ; mais cela ne me dissuadera jamais de maintenir le dialogue avec une population qui espère et croit en nous,
Nos partenaires ce sont bien sûr les autres membres permanents du Conseil de Sécurité : Chine, Russie, Etats-Unis. A nous de savoir comment travailler au mieux avec eux. La Chine est autre chose qu'un géant économique. Ce sera bientôt un géant politique. Je voudrais que la France fût l'une des premières à percevoir cette montée en puissance de la Chine, et en tire toutes les conséquences. Mais je voudrais aussi qu'elle soit à la pointe de la vigilance sur le non respect des droits humains en Chine. La démocratie est un bien commun. La démocratie, ce ne sont pas des valeurs réservées aux uns et interdites aux autres. Voilà ce que j'aurai à cœur, si je suis élue, de rappeler à mes partenaires chinois comme je l'ai déjà fait. Une France attentive, mobile, doit guetter chaque signe de mouvement et tenter de l'infléchir. La France que j'aime et à laquelle je crois doit se montrer intraitable dans la défense des valeurs liées à sa tradition d'humanisme et de Lumières.
Autre réalité : la Russie. Des liens séculaires, et très forts, nous unissent à la Russie. Nos peuples, nos deux peuples, ne se connaissent pas toujours assez mais se respectent. Et la Russie, d'ailleurs, appartient de plein droit, j'en suis intimement convaincue, à l'espace de la civilisation européenne. Raison de plus pour lui tenir, elle aussi, le langage de la vérité. Raison de plus, comme l'Allemagne nous en donne l'exemple, pour trouver le ton juste, lui dire ce qui ne va pas, lui manifester, sans chipotages, notre conviction qu'elle est européenne mais que, parce qu'elle est européenne, un certain nombre de valeurs s'imposent à elles. L'Europe a besoin de la Russie et la Russie de l'Europe. Je serai la Présidente de ce lien renforcé. Et je serai, aussi, une Présidente intraitable quand il s'agira de dénoncer les abus de droit, les entorses aux droits de l'homme, voire les crimes de guerre en Tchétchénie ou l'assassinat, en plein Moscou, de cette femme d'exception, honneur de sa profession, que fut la journaliste Anna Politkovskaïa.
Partout où nous agirons, les Etats-Unis, bien sûr, ne seront pas loin. Ils sont là, puissants, amicaux, généreux et aussi, comme l'histoire récente l'a montré, emportés parfois jusqu'à l'erreur par le poids même de leur puissance. Nous vivrons avec eux, en partenaire solide, fiable, mais sans complexes non plus. La taille n'a rien à faire avec les principes. Le déséquilibre des puissances n'est jamais une raison de se taire – et on l'a bien vu, n'est-ce pas, à propos de l'Irak. La voix de la France, en l'espèce, ne fut, hélas, pas entendue. Mais elle n'en sonna pas moins juste. Et je voudrais, à l'avenir, qu'elle continue de sonner juste. Je voudrais qu'en parlant plus haut, et plus vrai, notre voix porte plus loin.
Ce respect des avis d'autrui qui manqua si tristement dans la guerre du Moyen-Orient, cette écoute de l'autre, j'en ferai la règle de notre conduite. Je veillerai à tenir compte de ce que pensent, non seulement les membres permanents du Conseil de Sécurité, mais les pays émergents, ces nouvelles puissances qui ont les moyens de leurs ambitions et qui, tôt ou tard, sauront se faire entendre. Nous savons la force de l'Inde, du Brésil, de l'Afrique du Sud qui rejoignent ces autres piliers de la scène internationale que sont le Japon ou le Canada… Tous aspirent à modeler l'avenir, à ne pas laisser le monde entraîné par le seul mouvement de l'économie. Ils sont nos meilleurs alliés. Ils seront nos vertueux complices dans la volonté de réinventer les règles du jeu valant dans le concert des nations.
On nous dit que les Etats s'affaiblissent, que les nations s'évanouissent, que triomphent les grandes compagnies, que le Marché est le seul roi. C'est tout le contraire que montre la scène du monde. Et la France, en tout cas, ne craindra pas, je vous l'annonce, de tenir le rang qu'elle doit à son histoire. Elle agira sans humilité et sans arrogance. Mais elle tiendra son cap. Et elle affirmera ses principes.
Une chose que j'ai comprise, pendant ce temps où je me suis mise à l'écoute des Françaises et des Français c'est qu'ils aiment la France.
Et, comme ils l'aiment vraiment, ils l'aiment grande, ouverte, accueillante aux opprimés, soucieuse de la misère du monde.
C'est ce souci, aussi, que je veux porter.
C'est à ce message que je veux être fidèle.
On dit les Français égoïstes, repliés sur eux-mêmes, leurs petits soucis. Tout dépend de ce qui leur est proposé.
Car notre peuple est, aussi, un peuple généreux.
C'est le peuple qui a inventé les Médecins sans frontières et les Médecins du Monde.
C'est l'un des peuples où le mouvement associatif est le plus vivant.
Je serai la Présidente de cette République-là, celle où l'on sera sans indulgence pour les dictateurs, quelle que soit leur couleur politique.
Cette République là où l'on sera implacable avec les purifications ethniques, les génocides, cette honte pour le genre humain. Je rêve d'une France qui, encore une fois, retrouvera sa vocation qui est de parler à tous et de le faire au nom de l'Universel et de ses valeurs.
Cette France, nous allons la faire, celle qui, sur la scène du monde aussi, travaillera à instaurer un ordre juste.
Vivre la République !
Vive la France !
23:44 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 11 février 2007
C'est le début de la vraie campagne de Ségolène Royal
Désireuse de se démarquer du congrès d'investiture de Nicolas Sarkozy à la porte de Versailles à Paris le 14 janvier, Ségolène Royal avait tenu à présenter son programme dimanche à Villepinte (Seine-Saint-Denis) dans une ambiance toute en sobriété, même si l'atmosphère était survoltée et les vedettes au rendez-vous.
Musique à fond, envoyée par un DJ passant sur ses quatre platines des airs des Black Eyed Peas, de Madonna ou de zouk, l'ambiance était plutôt chaude dans le hall du parc des expositions de Villepinte où la candidate a été ovationnée à son arrivée à 14h40 par plus de 20.000 militants (selon les organisateurs), qui agitaient des drapeaux à tout-va.
"Le RER est bloqué, des milliers de Parisiens n'arrivent pas à arriver à la salle", s'est écrié au micro Kader Arif, premier secrétaire fédéral de Haute-Garonne et maître de cérémonie. Dans la gare RER toute proche, un message tournait en boucle pour demander aux partisans de la candidate de ne pas coller d'affiches ou autocollants.
Dans le public, de Martine Aubry à Laurent Fabius, en passant par Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, Michel Rocard, Henri Emmanuelli ou Jack Lang, les "éléphants" du Parti socialiste avaient répondu présents, à l'exception de l'ancien Premier ministre et candidat malheureux de 2002 Lionel Jospin qui lui avait toutefois apporté son soutien dans la semaine.
Deux anciens candidats qui se sont ralliés à Ségolène Royal, la députée radicale de gauche Christiane Taubira et le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen Jean-Pierre Chevènement étaient également de la partie. Sans oublier quelques vedettes, comme les acteurs Lambert Wilson, Philippe Torreton ou Sylvie Testud.
Les jeunes de la "Ségosphère", armés d'affichettes violettes au slogan "Demain ne se fera pas sans toi", étaient placés dans le premier carré et scandaient "tous ensemble, tous ensemble, socialistes!" Ceux du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) étaient relégués dans le deuxième carré, où ils brandissaient des drapeaux rouges et blancs. Dans le public, des militants arboraient des tee-shirts bleus "Ségolène Royal présidente!" ou "Ségolène moi j'aime" avec un coeur rouge.
C'est dans cette ambiance survoltée que Ségolène Royal a fait son entrée en scène. Pendant deux minutes, elle a profité du public qui scandait "On va gagner, on va gagner". Puis, durant un discours-fleuve de deux heures, régulièrement ponctué par des "Ségolène présidente", la candidate socialiste a détaillé son "pacte présidentiel".
Exit le traditionnel fond bleu barré de nuées blanches, la prétendante à l'Elysée s'est exprimée devant un fond gris uniforme, illuminé par sa tenue rouge, une veste de tailleur sur une jupe fluide. Après son discours, elle est restée sur scène pendant cinq minutes, sous les applaudissements et les cris des militants, alors que retentissait "Bella Ciao", le chant de la gauche italienne. Sur les six écrans géants, s'affichait alors son slogan: "Plus juste, la France sera plus forte".
| LEMONDE.FR | 11.02.07 | 20h57 • Mis à jour le 11.02.07 | 20h57 | |
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23:01 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
discours de François Hollande , au rassemblement des secrétaires de section
PARIS NORD EXPO LE 11 Février 2007
12ème Rassemblement des Secrétaires de Section
Chers camarades, chers amis, gardez vos forces, il y a encore beaucoup à faire ensemble. Nous ne sommes qu’au début d’une belle aventure qui se conclura le 6 mai avec la victoire de Ségolène Royal à la présidence de la République.
Mais aujourd’hui, nous le sentons bien, nous vivons un moment important de la campagne présidentielle et, à bien des égards, elle s’engage aujourd’hui vraiment. Nous mesurons l’attente, l’impatience même qui est portée sur nous et sur Ségolène. Le pays veut un choix, il réclame une élection qui soit digne de son passé, qui relève les défis d’aujourd’hui et qui prépare notre destin commun. Et c’est bien là l’enjeu, voter en connaissance de cause, ne pas se laisser abuser par une nouvelle mystification comme en 1995, pas davantage se laisser imposer un malentendu cruel comme en 2002, mais un affrontement clair entre la gauche et la droite permettant au pays de décider de son avenir et de choisir si nous en décidons nous-mêmes, la gauche, pour diriger les affaires de la France.
Alors, il nous revient de clarifier les termes du débat, de donner du sens, d’écarter les sujets subalternes, d’éviter les pièges d’une campagne réduite à l’accessoire, au superflu, à l’anecdote, au dérisoire, bref de poser sereinement aux Français les éléments de leur vote.
La prochaine élection présidentielle n’est pas une joute de personnes, une comédie politique de quelques semaines, un mouvement d’humeur. L’élection présidentielle va décider non pas simplement de la direction de la France pendant les cinq prochaines années, mais des fondements mêmes du pacte social et du pacte républicain. Nous ne sommes pas devant un choix de gestion, mais un choix de société pour l’avenir.
Et la France n’aura pas le même visage après cinq ans de droite avec Nicolas Sarkozy ou avec cinq ans de gauche avec Ségolène Royal. C’est tout le cours de notre démocratie, de notre République qui sera modifié selon la décision des Français le 6 mai. Nous ne sommes pas dans une confrontation ordinaire, dans une élection présidentielle banale parce que nous ne sommes pas dans n’importe quel contexte international avec un monde dangereux et une Europe en panne, nous ne sommes pas dans n’importe quel environnement économique avec la mondialisation libérale et un capitalisme financier prédateur. Et nous ne sommes pas devant n’importe quel adversaire pour la première fois depuis sans doute longtemps, dans la République, nous sommes devant une droite dure qui veut en finir une bonne fois avec le modèle social français et qui veut mettre aux normes libérales notre pays.
Voilà pourquoi nous devons mener une campagne fondée sur la clarté, bilan contre bilan, projets contre projets, et nous impliquer non pas tant au nom de nos intérêts de parti ou sur les seules valeurs de la gauche, mais nous devons le faire au nom des principes qui fondent notre attachement à la République et des valeurs de la France, de la France telle que nous l’aimons car nous l’aimons, cette France, au moins autant que les autres et sans avoir à demander à quiconque de la quitter, cette France-là, la nôtre.
La clarté, chers amis, elle commence par le rappel d’une évidence : le 6 mai prochain, nos concitoyens vont avoir à choisir entre la continuité et le changement. La continuité, elle a son candidat, c’est Nicolas Sarkozy. Il est dans ce scrutin le quasi sortant, il a gouverné le pays depuis 2002 comme ministre d’État, comme président de l’UMP, il est soutenu dans cette campagne par les deux Premiers ministres de la législature qui s’achève : Jean-Pierre Raffarin, c’est quand même une référence, Jean-Pierre Raffarin ! Dominique de Villepin, c’est quand même une caution !
Et tous les ministres du gouvernement, des gouvernements depuis 2002, sont dans son comité de soutien, et bientôt Jacques Chirac lui-même sans doute, à l’insu de son plein gré, lui aussi va l’appuyer dans cette campagne.
Alors, il porte le bilan de la majorité depuis 2002. Et quoi qu’il en dise, quoi qu’il fasse, il voudrait fuir devant cette responsabilité-là, être le candidat sortant. Alors je vais le ramener à cette responsabilité. Je vais faire, si je puis dire, le travail pour lui.
Et je veux m’adresser à tous nos concitoyens qui ont aimé la réforme des retraites de Jean-Pierre Raffarin, qui ont approuvé le plan de l’assurance maladie de Douste-Blazy, qui ont adoré la loi sur l’école de Fillon, qui ont soutenu la privatisation de Gaz de France de Thierry Breton, il y en a qui ont aimé, il y en a qui ont approuvé, il y en a qui ont soutenu. Eh bien, ils ont un candidat, c’est Nicolas Sarkozy.
Je veux aussi dire, car il y en a dans notre pays qui pensent que le chômage a diminué, que le pouvoir d’achat a progressé, que la dette s’est réduite, que les violences ont disparu, à tous ceux-là, rendez-vous compte, je les appelle à voter Nicolas Sarkozy. C’est le bon candidat pour un mauvais bilan, pour une mauvaise politique, pour de mauvais gouvernements.
Et il n’y a pas d’autre candidat sortant que lui, ou pas officiellement. Nicolas Sarkozy, c’est la continuité en pire. Mais pour ce qui concerne le changement, il y a qu’une candidate pour porter ce changement, pour le traduire, pour le réaliser, et c’est Ségolène Royal, la candidate du changement.
Ségolène incarne le changement. Sa victoire contre Jean-Pierre Raffarin en 2004, sa désignation au sein du Parti socialiste après une primaire qui a fait notre fierté collective, la méthode de Ségolène Royal fondée sur la démocratie participative, sa conception de la politique, sa capacité de rassemblement qui nous permet d’être ici, socialistes, radicaux, républicains, et tant d’autres. Oui, le changement, il est porté, il est incarné, il est voulu par Ségolène Royal.
Elle est d’ailleurs le seul changement possible dans cette élection parce qu’elle est la seule qui porte un projet alternatif à la droite. Elle est la seule qui puisse être au second tour de l’élection présidentielle contre la droite. Et réfléchissons une seconde, rien qu’une seconde au scénario si elle n’était pas au second tour de l’élection présidentielle. Que signifierait alors une nouvelle fois cette situation dramatique que l’on voudrait ici encore reproduire, où les électeurs n’auraient le choix qu’entre la droite et l’extrême droite, ou entre la droite et la droite ? Le choix qui doit être fait au second tour de l’élection présidentielle, c’est le choix entre la droite et la gauche pour permettre là l’affirmation d’un destin collectif.
J’ai du respect pour la gauche dite antilibérale, mais la question qui lui est posée est moins celle du nombre de ses candidats à l’élection présidentielle que celle de son attitude au second tour de l’élection présidentielle. Veut-elle, cette gauche, envoyer un message de radicalité sans lendemain et disparaître pendant cinq ans ? Ou veut-elle cette gauche-là avec nous battre la droite et transformer le pays ?
Quant au troisième homme, terme impropre aujourd’hui, quand il y a une femme qui peut être la première, quant au troisième homme, il ne vient pas du centre, c’est-à-dire d’une version édulcorée de la droite et qui y retourne toujours, mais prenons conscience que le seul troisième homme qui existe, hélas, c’est celui de l’extrême droite. Que ceux qui ont oublié le 21 avril 2002 retrouvent vite leur esprit. Car le 22 avril 2007, il sera trop tard. C’est pourquoi je le dis ici, si l’on veut le changement, il faut l’installer dès le premier tour afin de permettre d’accéder au second et surtout de créer la dynamique de victoire qui rend alors le succès inéluctable. Oui, c’est au premier tour que se jouera l’élection présidentielle et c’est au premier tour qu’il faut porter au plus haut la candidature de Ségolène Royal.
Notre pays veut le changement et Nicolas Sarkozy sait que, sur son bilan, comme sur son projet, il ne peut être élu. Alors, il mène une campagne d’intimidation et de confusion. L’intimidation, c’est d’abord de déconsidérer la gauche, de la dénoncer comme illégitime, incapable, incompétente à diriger le pays. C’est toujours ainsi que la droite a procédé. Et que disait-elle d’ailleurs en 1980 de François Mitterrand ? Qu’il n’y connaissait rien en économie, qu’il allait vider les caisses, que cela ne durerait pas deux ans, qu’il était allié aux communistes. Il en était même qui, à droite, laissaient dire qu’après le 10 mai, si victoire de François Mitterrand il y avait, dès le 11, peut-être le 12, des chars soviétiques s’installeraient sur la place de la Concorde. Et, reconnaissons-le, c’est bien vrai qu’il y a eu des chars sur la place de la Concorde qui ont défilé, c’était le 14 juillet, ils étaient français et c’était François Mitterrand qui les passait en revue.
Mes chers amis, nous n’avons aucune leçon à recevoir de la droite, ni sur sa gestion des finances publiques, jamais l’endettement n’a atteint ce niveau record, si sur ses résultats économiques, la croissance n’a jamais été aussi ralentie et le déficit commercial aussi lourd qu’aujourd’hui, ni même sur sa politique de sécurité, jamais les violences aux personnes n’ont été aussi nombreuses que depuis 2002, d’ailleurs depuis que Nicolas Sarkozy est ministre de l’intérieur.
Et parlons à un moment de son art de la diplomatie. Parlons-en, oui, qu’aurait-on dit si un candidat ou une candidate à l’élection présidentielle avait convié ces jours derniers à des journalistes américains, qui en sont restés bouche bée, que l’Iran avait peut-être une bombe nucléaire, mais que ce n’était finalement pas aussi grave parce que, si elle l’avait, si elle la dirigeait contre Israël, eh bien il y aurait bien un pays, peut-être les États-Unis, peut-être la France, qui détruirait Téhéran. Rendez-vous compte !
Et c’était Jacques Chirac président de la République depuis douze ans qui tenait ce propos. Soyez indulgents, il va bientôt quitter la scène, laissons-le se retirer.
Mais la plus grosse bourde, la plus grave faute qui ait été commise dans cette campagne présidentielle, c’est Nicolas Sarkozy qui l’a faite quand il s’est rendu à Washington dans le bureau de George Bush pour regretter l’arrogance française à propos du refus de la guerre en Irak. Pas de leçon à recevoir, mais l’intimidation est aussi dans cette confusion insupportable entre les fonctions d’État et la candidature à l’élection présidentielle. Je ne parle pas ici de l’utilisation des services de renseignement par le ministre de l’Intérieur lui-même. Je le dis, nous n’avons rien à cacher. Et lui, il a tant à se protéger, et parfois de ses propres amis.
Je ne veux pas évoquer cette confusion des caisses où un candidat fait campagne aux frais du contribuable, mais je veux parler de ce mélange des genres qui a fait monter il y a quelques jours, si je peux m’exprimer ainsi, sur le Charles de Gaulle, en présence des personnels militaires du porte-avions pour exprimer sa politique de défense sous le regard de la ministre compétente –c’est beaucoup dire.
Que penser de ce comportement et que penser de ce prochain déplacement sur l’île de la Réunion où il va faire le ministre le matin et le candidat l’après-midi ? Ou l’aller en avion, c’est le ministre, et le retour, c’est le candidat de l’UMP ? Il nous dit qu’il va quitter le ministère de l’Intérieur à la fin du mois de mars, mais c’est tout de suite qu’il faut qu’il quitte le ministère de l’Intérieur tant cette situation est devenue insupportable.
Intimidation et confusion. Cette confusion, elle apparaît..., mais il ne faut pas qu’il démissionne seulement, il faut qu’il soit battu à l’élection présidentielle.
Dans cette élection présidentielle justement, la droite ne veut pas être la droite, on peut la comprendre. Nicolas Sarkozy n’est plus de l’UMP nous dit-il, il est de France. Il aurait pu dire de Neuilly, non, il est de France. Il nous a fait un aveu : « J’ai changé », a-t-il dit. Retenez bien cette expression. S’il a changé, c’est qu’il n’était pas bien avant.
Et s’il a changé, c’est qu’il ne sera pas mieux après. Mais il n’a plus de passé, et le voilà d’ailleurs qui vient chercher dans notre propre histoire ses références : Jaurès, Blum, Mitterrand. Ne vous plaignez pas de cette captation d’héritage, elle peut surprendre, elle peut être désagréable, mais si c’était le plus bel hommage que l’on puisse rendre aux noms qui ont marqué profondément l’histoire de France qui incarnent là encore le patrimoine national.
Là encore, soyez généreux, soyez socialistes, mettez-vous un peu à sa place. Vous seriez de droite, ce que vous n’êtes pas, j’en conviens, vous seriez de droite, mais qui chercheriez-vous comme référence ? De Gaulle, sûrement. Mais avant de Gaulle, après de Gaulle, qui ? disant : « enrichissez-vous », Thiers, le massacreur de la Commune ? Mac Mahon, « se démettre ou se soumettre » ? Poincarré ? Dois-je continuer ? Tardieu, qui le connaît ? Antoine Pinay, voilà une belle référence, il a même vécu cent ans, ça laisse une trace ça dans l’histoire de la République ! Réfléchissez encore.
Sarkozy aurait quand même pu citer Giscard. C’est dur pour Giscard d’avoir Mitterrand comme référence. Mais il aurait pu dire Balladur. Voilà une belle référence pour Nicolas Sarkozy. Et Chirac ? Mais pourquoi il n’a pas dit Chirac ?
Alors, voyez-vous, il faut les comprendre. La belle histoire, la grande histoire, le progrès, les conquêtes sociales, qui les a faites ? C’est la gauche et pas la droite.
Mais, chers amis, j’y ai vu aussi comme un discours de circonstances. Et je me suis posé cette question : si, sortant de Villepinte, nous allions faire un tour à Neuilly dont Nicolas Sarkozy fut maire pendant longtemps, et nous ferions l’exercice suivant : nous demanderions aux passants : mais où est la place Léon Blum ? Où est le boulevard Jean Jaurès ? Et où est l’avenue François Mitterrand ? On nous aurait répondu : « Vous ne trouverez pas âme qui vive là-bas, personne n’habite à l’adresse indiquée, Jean Jaurès, Léon Blum ou François Mitterrand, allez voir plutôt du côté de Barrès, de Déroulades* ou de Charles-Laffite. Mais de Blum, de Mitterrand et de Jaurès, point du tout. »
Mais il y a même quelque imposture, je le dis ici, à vouloir citer Jaurès quand on veut remettre en cause le droit de grève des salariés dans notre pays, quand Jaurès, lui, s’est battu à Carmeaux* pour arracher ce droit. Oui, il y a de l’imposture à citer Blum quand on veut mettre en cause les 35 heures, quand Blum, lui, a fait les 40 heures et les congés payés.
Oui, il y a du cynisme à vouloir citer François Mitterrand et remettre encause la retraite à 60 ans et l’impôt sur les grandes fortunes. Et il y a de la mystification à parler des travailleurs et des travailleuses quand, depuis cinq ans, avec cette majorité, l’assistance, le nivellement, la précarité se sont étendus, le nombre de RMIstes a augmenté de 250 000. Depuis 2002, 70 % des embauches de notre pays se font avec des contrats à durée déterminée ou de l’intérim. 80 % des salariés ne gagnent pas 2 000 € dans notre pays. Voilà le bilan droite, voilà sa politique, et elle viendrait nous parler des travailleurs et des travailleuses.
Quand on apprend dans le même temps que le P-DG du Printemps se fait licencier, ça peut arriver, mais avec une indemnité qui correspond à 175 années de SMIC, rien que cela, quand tant d’autres ne partent qu’avec quelques jours de salaire, et quand on apprend que le président du directoire de la Caisse d’Epargne se fait octroyer un bonus de 150 000 €, rendez-vous compte, pour surcroît de travail, quand tant d’autres n’ont même pas le SMIC pour arriver à boucler leur fin de mois, et il nous parlerait des travailleurs et des travailleuses.
Alors, dans cette campagne, chers amis, il faudra opposer, confronter les projets. Au « travailler plus » de Nicolas Sarkozy, il faudra opposer le « travailler tous » de Ségolène Royal. Parce que quand on s’appelle Nicolas Sarkozy faudra aller dire aux chômeurs qui attendent un emploi de travailler plus pour gagner plus, il faudra oser dire aux salariés délocalisés qu’il faut travailler plus pour gagner plus, il faudra oser prétendre aux salariés à temps partiel qu’ils peuvent demain travailler à temps complet, il faudra oser dire à ceux qui font les cadences, les 3x8, le travail de nuit qu’il faut travailler encore plus pour gagner plus, et il faudra aussi pouvoir prétendre que les heures supplémentaires devront être détaxées, déchargées, ce qui aboutirait à ce que les personnels qui feront ces heures supplémentaires ne puissent même pas constituer des droits sociaux à la retraite ou à la maladie ou au chômage sur ces heures-là, il faudra oser aller vers les Français avec cette proposition.
Nous, nous devrons dire qu’une heure supplémentaire doit toujours coûter plus cher à l’employeur qu’une heure normale, sinon, cela voudrait dire que tous ceux, toutes celles qui attendent un emploi, qui espèrent une embauche ne pourront jamais entrer dans l’entreprise tant qu’on n’aura pas saturé l’ensemble des autres salariés en heures supplémentaires.
Le vrai choix dans cette campagne sera de savoir si l’on veut favoriser l’embauche ou le recours systématique aux heures supplémentaires, si l’on veut permettre à tous ceux qui espèrent un emploi de le trouver, et si on veut affirmer que l’ambition d’une société, c’est la réussite de tous, c’est le travail pour tous.
Il faudra également opposer à la précarité de Nicolas Sarkozy les sécurités de Ségolène Royal. Oui, pour nous, le Contrat nouvelle embauche ne peut pas être le contrat de droit commun des salariés français. Oui, pour nous, le Contrat première embauche ne peut pas être l’horizon des jeunes qui veulent entrer sur le marché du travail. C’est pourquoi au Contrat nouvelle embauche, contrat unique de travail que Nicolas Sarkozy veut proposer aux Français, nous, nous devons offrir la sécurisation des parcours professionnels, ce droit donné à chaque salarié d’être accompagné, suivi, qualifié, formé pour passer d’un emploi à un autre et de rester le moins de temps possible au chômage. Voilà notre objectif, voilà notre ambition.
De la même manière, nous devons opposer à la baisse d’impôts pour les plus favorisés de Nicolas Sarkozy la réussite pour tous. Oui, c’est vrai, dans une campagne, les Français sont toujours attentifs aux promesses de baisse d’impôts. C’est une constante. Margaret Thatcher en avait d’ailleurs confié le secret à François Mitterrand. Elle lui avait dit : « Vous savez, c’est très simple pour les conservateurs de gagner une élection, il suffit de promettre une baisse d’impôts pour les riches, les pauvres finissent par y croire. » Et on nous rejoue ici la partie.
Baisse d’impôts, oui, mais pour qui ? Mais qui dans cette salle est bénéficiaire du bouclier fiscal ? Allez savoir. Qu’ils viennent me voir, ils ne seront pas si nombreux.
Ce que nous propose Nicolas Sarkozy, c’est la suppression de l’impôt sur la fortune à travers un bouclier fiscal à 50 %, c’est la baisse, voire la suppression de l’impôt sur les successions, c’est la baisse de l’impôt sur les revenus pour les plus favorisés. Mais rien sur la fiscalité qui pèse sur le plus grand nombre. Au contraire même, on nous annonce peut-être une contribution sur la consommation.
Oui, on nous dit qu’il y a aussi des efforts à faire parce que, bien sûr, pour financer ces baisses d’impôts, il faudra créer une franchise santé, c’est-à-dire l’obligation qui sera faite pour toute famille de payer au premier euro les frais de santé jusqu’à un certain niveau, c’est-à-dire le recours aux assurances privées, cette sécurité-là, cette protection sociale-là, nous n’en voulons pas, cette médecine à plusieurs vitesses, nous la récusons, et nous demandons au contraire une sécurité dans l’accès aux soins pour tous.
Cette politique fiscale que nous propose Nicolas Sarkozy ne vise pas ceux qui se lèvent tôt le matin ou ceux qui se couchent tôt le soir, mais tout simplement ceux qui s’enrichissent en dormant. Voilà sa politique.
Et cette logique fiscale, si elle était menée jusqu’à son terme, elle sera ou elle serait menée jusqu’à son terme, ce serait la moitié des fonctionnaires qui partent à la retraite qui ne seraient pas remplacés, 300 000, dont la moitié dans l’Éducation nationale. Ce serait également la mise en cause des services publics, et nous devons, nous, opposer à cette logique de privatisation de désengagement, nous devons opposer le service public, l’affirmation de l’Etat, une politique industrielle, une politique de recherche pour préparer l’avenir.
Enfin, nous devons opposer aux droits dits opposables les droits effectifs.
La droite a trouvé ces derniers jours une formule pour satisfaire à des pressions fortes, répondre à des urgences. J’avoue que nous n’y avions pas songé. Il suffirait maintenant d’inscrire dans une loi l’existence d’un droit opposable, et c’en serait terminé des problèmes des mal-logés, des mal-soignés, des mal-éduqués. Il y a donc un droit qui doit être inscrit là bientôt pour le logement. Tant mieux si ça peut permettre des politiques différentes, mais quelle est l’inspiration ? Elle nous vient là encore de Nicolas Sarkozy.
Le droit opposable au logement, cela consiste, pour une personne sans domicile fixe, par exemple à Neuilly, qui cherche un toit, un logement, il n’en trouve pas : application du droit opposable au logement. Il va donc voir son avocat, très simple, son avocat l’oriente vers une commission qui elle-même saisit un tribunal, et au bout de cinq ans, ce sans domicile fixe peut avoir un logement social à Gennevilliers. Voilà pour le droit opposable au logement.
Mais nous n’avions pas tout vu, chers amis, il y a maintenant le droit opposable pour l’accueil en crèche, c’est ce que propose Nicolas Sarkozy. Vous êtes parents, vous avez un enfant en bas âge, vous vous adressez à votre commune : « il n’y a pas de places en crèche ». Qu’à cela ne tienne : droit opposable à la crèche. Vous allez voir votre avocat qui saisit une commission, qui elle-même en appelle au tribunal, et au bout de cinq ans, quand votre enfant est à l’école, vous pouvez le remettre à la crèche.
Mais nous n’avions pas tout vu. Il nous est proposé un droit opposable à l’accueil dans une maison de retraite. Mais pourquoi riez-vous ? C’est très simple. Vous êtes une personne âgée dépendante, vous demandez un accueil dans une maison spécialisée : « il n’y a pas de place » : droit opposable. Vous allez voir votre avocat, celui que vous aviez déjà saisi lorsque vous étiez en crèche, il vous renvoie devant la commission, qui elle-même en appelle au tribunal, et au bout de cinq ans, le bon Dieu, si vous y croyez, vous accueille avec une place dans le royaume des cieux.
Nous, chers amis, nous ne sommes pas dans cette logique-là, des droits théoriques, des droits virtuels. Nous ne sommes pas dans une logique américaine, nous sommes dans une logique française de services publics, de droits effectifs, de prestations sociales garanties. Oui, si l’on veut avoir un logement, il faut d’abord construire 120 000 logements sociaux par an. Il faut imposer aux communes qui ne font pas de logements sociaux 20 % das chaque résidence et dans chaque ville. Et quand ils ne le font pas, ces maires-là, souvent de droite, il faut que l’Etat se substitue à eux pour qu’il y ait les logements sociaux indispensables.
Oui, il faudra aussi créer un service public de la petite enfance si on veut qu’il y ait des crèches et des systèmes de garderie pour tous les enfants de ce pays. Oui, il faudra créer un droit à la couverture dépendance parce que c’est vrai que c’est une question majeure de notre société que l’accueil des personnes qui sont en vieillissement et qui n’ont pas besoin de recourir à un juge pour avoir simplement le droit à finir leur vie dignement. Parce que c’est cela l’idéal que l’on porte, c’est la dignité, la dignité humaine, l’humanité, la garantie, l’égalité.
Et de la même manière, il faudra poser un droit effectif à l’environnement en faisant en sorte que les transports collectifs soient encouragés, que la fiscalité écologique soit introduite, et qu’il y ait aussi un plan massif pour qu’il y ait des économies d’énergie, et que nous, nous n’avons pas besoin simplement de signer un pacte avec Nicolas Hulot pour être écologiques, nous avons besoin de prendre des engagements et de les tenir.
Dans cette campagne, il ne faudra pas simplement s’en tenir aux mots, mais aux actes, pas simplement aux promesses, mais aux faits, et ceux qui n’ont rien fait jusqu’à présent ne peuvent pas être ceux qui nous promettront un avenir différent aujourd’hui.
Chers amis, un enjeu dans cette campagne sera aussi une conception de la démocratie. Ce qui est en cause, c’est la manière avec laquelle le pouvoir va être dirigé, incarné, représenté. Il y a d’un côté une droite qui veut confisquer le pouvoir comme elle l’a toujours fait, réduire le Parlement, ignorer les citoyens, mépriser la démocratie partipative, et nous, la gauche, mais au-delà de la gauche, nous aspirons à un rééquilibre des pouvoirs, à un président, que dis-je un président, une présidente qui ne déciderait pas de tout, qui organiserait des consultations, des débats, qui ferait vivre le Parlement, qui accorderait aux citoyens des droits pour saisir une cour constitutionnelle pour proposer une loi si nécessaire, pour provoquer un grand débat dans le pays. Voilà ce qui est en cause : une conception du pouvoir.
Je veux terminer ici mon propos. Vous êtes Nombreux, très nombreux, vous êtes la force dans cette campagne. Elle va être rude, âpre, difficile, parce que la droite fera toutes les promesses, c’est sa manière de faire. Aux agriculteurs, des prix rémunérateurs, aux artisans, une protection contre les grandes surfaces, aux grandes surfaces, des autorisations d’ouverture, aux entrepreneurs moins de charges, aux salariés plus de salaire.
Bref, tout sera dit dans cette campagne pour effacer les lignes, gommer les clivages, écarter les aspérités. Mais la droite aussi utilisera toutes les peurs : l’immigration bien sûr, toujours, la peur de l’étranger, le laxisme, l’insécurité. Elle mobilisera toutes ses forces, et elles sont puissantes puisqu’elle a justement le pouvoir et qu’elle ne veut pas le perdre.
En ce moment même, toutes ces forces coalisées, cet argent qui veut garder son lien avec ce pouvoir si complaisant, si puissant, qui se sente reconnu, installé, représenté au sommet du pouvoir, ceux-là se battront pour ne rien lâcher, pour ne rien perdre à l’occasion de cette élection.
Et déjà, je sens Nicolas Sarkozy gagné par le syndrome du fanfaron. Quelques sondages, une impression, une intimidation, une confusion, et voilà qu’il y croit. Il se regarde, que voulez-vous, il se plaît, il s’aime, il se croit déjà, non plus ministre de l’Intérieur, mais, les yeux gourmands, déjà président, alors que les Français n’ont pas commencé de s’engager dans cette campagne. Il fait comme si les électeurs avaient voté, d’ailleurs pourquoi faudrait-il qu’ils votent ?
Alors, chers amis, la campagne commence aujourd’hui, nous sommes là nombreux, notre mouvement est puissant, notre espoir est grand, notre confiance est forte également. Nous devons lutter contre toutes les peurs, et n’avoir peur de rien pour nous-mêmes. C’est nous qui représentons la paix sociale, l’harmonie, le vivre ensemble, la laïcité, la République, c’est nous qui sommes capables de faire vivre les Français et les autres dans le même pays avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. C’est nous qui sommes capables de préparer l’avenir, c’est nous qui donnons de la cohérence, de la solidarité et même de l’espoir à ceux qui n’en ont plus.
Et c’est la droite qui inquiète. Elle veut engager le conflit avec les salariés du secteur public dès sa victoire, elle n’est pas là, heureusement, avec le monde du travail, avec les services publics, avec les jeunes des banlieues, eh bien non, ces conflits n’auront pas lieu, cette confrontation sera heureusement épargnée au pays parce que tout commence aujourd’hui, parce que tout dépend de vous.
Allez voir les Français, allez voir les citoyens, allez voir les électeurs, soyez emplis de courage, de conviction et de force, c’est vous, chers amis, qui représentez le changement. Il faut donc gagner la victoire, la bataille du cœur et des esprits. Il ne s’agit pas simplement, pour nous, d’un succès d’un camp ou du rejet d’un autre, mais du destin de la France. Que chacun le sache, au-delà de cette salle, que chacun le sache, nous sommes au rendez-vous du 6 mai, nous sommes prêts pour cette grande campagne qui commence, nous sommes, devant le pays tout entier, fiers de ce que nous sommes, confiants dans nos idées.
21:30 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 08 février 2007
Point presse J-73
23:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 février 2007
Discours du 6/2 à la Halle Carpentier
19:33 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 06 février 2007
Mystification
22:30 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 05 février 2007
Interview de Robert Badinter sur la peine de mort
22:45 Publié dans Vu sur le Net | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 04 février 2007
Abbé pierre
" Mes amis, au secours! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard de Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel avant-hier on l'avait expulsée. Devant tant d'horreur, Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait une couverture, paille, soupe, et où on lise "toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprend espoir, ici on t'aime".
L'abbé pierre avait gardé intacte la révolte de l'hiver 1954 où il avait alerté les consciences, il continuait et n'acceptait pas l'injustice, l'indifférence.
Le plus bel hommage que l'on puisse lui rendre c'est de dire qu'il continue au travers d'Emmaüs à vivre et faire vivre debout les autres, nous évoquerons un exemple local d'Emmaüs, Sos Famille où Antoine Gaudenz, Président de SOS Famille d'Etoile sur Rhone , avait la semaine précédant le dèces de l'Abbé Pierre dit en conclusion de son intervention "Emmaüs c’est altérité et don.
C’est une vision de l’homme mais aussi de la société où le politique l’emporte sur l’économie. Nous devons être des consciences révoltées. Il est insupportable pour un homme de :
- ne pas manger à sa faim
- ne pas être logé
- ne pas pouvoir se soigner.
Le combat à mener est celui de la justice.
La force du don c’est bien, c’est une indignation, mais les notions de justice et de partage sont durables. Emmaüs, chacun vient, celui qui veut bien sûr, il ne sera jamais classé dans une catégorie.
On le prend comme il est. Dans notre société qui émiette, Emmaüs est une protection de la singularité, car l’Exclu, le SDF,le Pauvre, l’Assisté ne sont pas des catégories sociales produites par uneffet pervers de notre système économique . Ils ne sont pas à côté mais dedans.
Ces hommes, ces femmes, jeunes, sans travail, sans point d’ancrage, sans reconnaissance individuelle, nous les connaissons. Ce sont nos anciens voisins, nos anciens élèves, nos anciens collègues. Attention ! ils veulent être DEBOUT, alors soyons attentifs à ne pas ASSISTER.
SOS Familles Emmaüs a choisi de payer des dettes pour une famille qui traverse une mauvaise période, mais la famille nous rembourse, c’est le sens de sa dignité .
Un merci particulier aux compagnons qui sont les artisans de notre existence."POUR EUX, aurait ajouté l'Abbé, RENOUE LES FILS DE L'ESPERANCE; ou comment il aurait dit en invoquant son Dieu, FAIS DE NOUS DES TISSEURS D'AMOUR
22:20 Publié dans Libre Expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 02 février 2007
les forums se tiennent encore, participer
Loin des tapages médiatiques, où on voit Sarkosy, bourré de tranquillisants pour ne pas montrer sa véritable nature...les forums participatifs, véritables lieux de rencontres citoyennes, de débats, de discussions...
Le forum bi-départemental organisé à Valence sur le thème de l'emploi a été deux heures de prises de paroles non-stop où idées, réflexions, constats ont émergées.
N'hésitez pas à venir et participer à ces forums: la parole est à vous. Ségolène Royal ne veut pas écourter cette phase d'écoute, et en citant jean-Jacques Rousseau "ceux qui sont le plus hésitants à faire des promesses, sont ceux qui les tiendront avec le plus de foi"
Forums départementaux
Lundi 5 février : 20h30 - VALENCE parc des expos
Thème : LE LOGEMENT
Samedi 10 février : 16 h 30 – Salle des Fêtes –LA ROCHE ST SECRET
Thème : VIVRE LA RURALITE AUJOURD’HUI
Forums locaux
Vendredi 2 février : 20 h – MONTSEGUR SUR LAUZON
Thème : VIE CHERE – POUVOIR D’ACHAT
Jeudi 8 février : 18 h 30 – Maison des Syndicats – VALENCE
Thème : ACCES EMPLOI – DISCRIMINATIONS
Jeudi 8 février : 20 h 30 – Café des Citoyens – Rue Montant au Château – MONTELIMAR
Thème : VIE CHERE – POUVOIR D’ACHAT
Vendredi 9 février : 20 h 30 – J Reynaud – DIE
Thème : EDUCATION EN MILIEU RURAL
Vendredi 9 février : 18 h 30 – MJC Châteauvert – VALENCE
Thème : CITOYENNETE – DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
Vendredi 9 février : 20 h – Salle Jean Vilar – ROMANS
Thème : LOGEMENT
Mardi 6 février : 20 h 30 – SAINT VALLIER
Thème : DEVELOPPEMENT DURABLE
Mardi 13 février : 18 h 30 – Salle Yves Montand – LIVRON
Thème : LE PROBLEME DE LA VIE CHERE
Jeudi 15 février : 18 h 30 – MONTBRUN LES BAINS
Thème : FORMATION PREMIER EMPLOI
06:35 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 01 février 2007
compte-rendu forum participatif sur les violences
COMPTE RENDU simple du forum participatif de Portes lès Valence sur les violences
Thème du débat : Les violences
Date du débat : 24 janvier 2006
Lieu du débat : Portes lès Valence
- Madame Obrego : ancien magistrat,
- Monsieur Portal Pdt association de victimes;
- Madame Muhhieddine : professeure des écoles ;
- Monsieur Jean-Pierre Saurel : Représentant du salarié (syndicat CFDT)
Constat et causes :
Le constat :
- D’une façon générale la survie, la défense du pouvoir, la défense du territoire sont des causes de violence chez l’homme.
- Société qui perd ses repères, société individualiste du chacun pour soi.
Les différentes causes :
- Psychosociologiques : traumatismes dus à la petite enfance, au milieu violent, agressif, à l’absence de repère.
L'intolérance à la frustration (personne à qui on n'a jamais rien interdit qui se trouve face à un refus), - Physiologiques : dépendance à l’alcool, au tabac
- Causes économiques et sociales (licenciement; précarité qui marginalise) ;
- Causes institutionnelles :
Quelles sont les réponses ou les nouvelles idées qui permettent de répondre aux questions posées par le débat ?Dans l'entreprise : accidents du travail en hausse dus à la politique du moins-disant pour cause de productivité et coût. harcèlement crapuleux et harcèlement maladif, Discrimination à l’embauche (souvent sur origine, couleur peau, prénom et nom étrangers….)
Dans le monde éducatif : stress, banalisation de la violence développement de jeux de rôle, violence de l’institution par rapport à l’enfant : côté inhumain;
Dans la société rôle de la télé; endoctrinement (secte, religion idéologie)
La justice seulement répressive :
- réponse à la violence uniquement par la violence,
- justice qui se médiatise (ce phénomène est un véritable danger : Une Justice efficace est une Justice discréte. La justice ne peut être en temps réel pour satisfaire les médias)
- inflations de textes juridiques
image frappante pour expliquer les raisons possibles de la violence: une personne qui se sent « coincée » dans une situation sans issue réagit par la violence.
Agir sur les causes :
Dans la famille importance de l'EDUCATION dés le plus jeune âge (notion d’interdits, d’exemples, donner des repères). L’autorité est structurante. Attention aux jeux à la télé : l’enfant ne peut pas tout recevoir. Faire connaître les associations de défense des victimes de violences familiales (association pour femmes, pour enfants) Faire passer le message que la violence n’est jamais acceptable les victimes ne doivent pas se sentir seules.
- A l'école : laisser des temps de paroles : importance de la communication (éviter l'enfermement), développer des écoles Freynet où l’enfant découvre lui-même, communication et réflexion, avoir des classes moins surchargées. Information pour éviter la banalisation de la violence.
Rôle de l’éducation civique : connaissance des droits et des obligations.
Développer le nombre d’adultes qui interviennent à l’école pour :
surveiller et, éduquer (accroître le nombre de surveillants°
Penser à ce qui se fait au Québec : mise en place de médiateur à l’école.
Mettre en place une formation sur la violence, une formation de communication dans le cursus des professeurs
- Au travail : modifier l’article régissant le harcèlement pour que la règle de la preuve soit modifiée, actuellement la preuve est à rapporter par la personne harcelée. Proposition textes article L122-52 ; Que le droit du travail soit une priorité : respect de règles élémentaires pour éviter violence au travail. Que le monde du travail ne soit pas un espace de non-droit (faire de la diminution des accidents du travail une priorité comme cela a été fait en matière de circulation routière) Développer des systèmes de garde d’enfants qui évitent stress des parents pour trouver des solutions et encadrent les enfants.
Lutte contre toute discrimination selon origine à l'embauche
- Dans la société : Favoriser la pédagogie, (exemple les travaux d'intérêts généraux), développer les médiateurs pénaux, les médiateurs bénévoles : la lutte contre la violence est aussi une affaire de citoyens, en prendre conscience. Favoriser l’information sur la violence pour qu’elle ne soit pas banalisée. Importance de la communication (« les mots évitent les maux »).Revaloriser le rôle des associations qui vivotent (subventions régulières, locaux, moyens accrus : ce type « d’investissement » coûte moins cher à la société que la « casse » due par la violence, la mise en place de répression). Mettre en place un livre blanc sur l’image (télévision : images et messages dangereux pour l’inconscient des enfants)
Restaurer la police de proximité.
Mettre en place des sanctions qui soient proportionnées à la gravité de la violence, sanctions réparatrices et formatrices (Travaux d’intérêts généraux) Eviter que la justice soit médiatisée
Les solutions sont liées à une volonté des pouvoirs publics qui se révèle par
- des développements budgétaires : école, justice
- des solutions législatives
des solutions judiciaires : déclarer des priorités (cf lutte contre accident du travail
Les grandes idées :
Développer la communication, le lien social, (cf. ex pendant canicule
en tant qu’individu on aurait dû penser aux personnes seules, ne pas tout
attendre de la société), accroître le soutien aux associations qui prouvent leur efficacité sociale
Faire de la pédagogie et développer le rôle éducatif.
Pépites et témoignages :
- Dans la Drôme auparavant les médiateurs pénaux avaient fait leur preuve (ils réglaient les petits actes de violences et évitaient l’encombrement des tribunaux) ils ont disparu….
- médiateurs à l’école
- Un livre blanc de l’image (télé…)
- Création de commission d’embauche dans les entreprises pour recrutement ceci afin d’éviter discrimination
Les rapporteurs: Sylvie ARETHENS (PS) ET Gérard LAURENT-BOURGES (MRC)
Les commentaires sont ouverts : vous pouvez continuer à faire-part de vos réflexions, de vos témoignages ou questions .
22:20 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 25 janvier 2007
Lancement du comité de soutien à Ségolène ROYAL et forum participatif sur les violences
Mercredi 24 janvier à Portes les Valence, la section cantonale du Parti Socialiste de Portes les Valence, le Mouvement des Républicains et Citoyens de Portes les Valence, Le Comité Désir d’Avenir 26 ont, à l’occasion de leurs vœux, lancé le comité de soutien du canton de Portes les Valence, à Ségolène ROYAL. Ce comité de soutien composé de tous les militants est également ouvert à toute personne de la société civile qui souhaite apporter son soutien à Ségolène Royal (le blog de la section PS enregistrera également les soutiens ). Sylvie ARETHENS, secrétaire de la section PS a évoqué l’organisation des forums participatifs, dont le but est de remettre les citoyens au cœur de la politique et de contribuer au projet présidentiel qui sera ainsi adapté aux attentes des citoyens. Elle a rappelé que le rassemblement du PS, du MRC et du PRG pour soutenir Ségolène Royal était un élément important pour aboutir à une victoire en 2007, victoire qui sera celle sur le libéralisme, véritable loi du plus fort contre le plus faible. Gérard LAURENT-BOURGES, pour le MRC sur PORTES LES VALENCE a évoqué l’accord avec le PS. Cet accord veut tendre à une alternative durable à la politique de la droite, faite d'acceptation d'une mondialisation sans règle et de résignation devant le chômage de masse et ses conséquences, d'injustice sociale, de démantèlement de nos industries, de liquidation des services publics, d'abandon des principes républicains. On notait également la présence de Gérard Boucher, Responsable Départemental du MRC
Photos de militants, de sympathisants et d'amis............
Ensuite, place au débat avec le forum participatif sur les VIOLENCES (violences familiales, violences sociales et violences en général) en présence d’intervenants (Mesdames Obrego, Muhieddine , Messieurs Portal, Saurel= qui ont permis d’avoir un débat riche avec les participants. La synthèse de ce débat sera retracée sur le blog prochainement .
Il ne faut pas oublier qu’avant le forum Louis et Raymond avaient fait une opération affichage !
22:50 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 21 janvier 2007
Voeux de la Section de Portes et Forum Participatif de Portes

La section cantonale du Parti Socialiste de Portes les Valence, le Mouvement des Républicains et Citoyens de Portes les Valence, Le Comité Désir d’Avenir 26 vous souhaitent une très bonne année 2007 et vous invitent :
- à la présentation de leurs vœux ainsi qu’au lancement du comité de soutien, du canton de Portes les Valence, à Ségolène ROYAL
Le mercredi 24 janvier à 18 heures 30 à la Salle des Associations, Rue Jean Jaurès à Portes les Valence,
- et au forum participatif qui suivra à 20 heures sur le thème des violences, en présence des intervenants suivants :
Madame Obrego, Juge retraitée
Monsieur Portal , Président du conseil d’Administration de l’association REMAID (Réconfort, Ecoute, Aide, Informations sur les Droits)
Monsieur Saurel, Conseiller auprès du salarié (représentant CFDT Montélimar),
Madame Muhieddine, Professeur des écoles
N’hésitez pas à inviter des personnes de votre entourage à ce débat où chacun peut participer en apportant ses idées, en faisant part de ses réflexions, pour contribuer ainsi au projet de Ségolène Royal.

16:45 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ségolène Royal veut mettre les citoyens au coeur de son prjet présidentiel
Invitée samedi soir sur TF1, la candidate socialiste a confirmé qu'elle donnerait les grandes lignes de son projet présidentiel le 11 février prochain, ce qui lui laissera deux mois "pour mener la bataille des idées".
Interrogée sur l'investiture dimanche dernier de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a répondu: "Je pense surtout que nous n'avons pas la même idée de l'exercice du pouvoir".
"Je ne crois pas que dans la France telle qu'elle est aujourd'hui, un homme providentiel qui pense avoir raison tout seul et qui promet tout et qui donc demain ne tiendra rien, je ne crois pas que cela corresponde à ce dont la France a besoin".
Ségolène Royal, a défendu sa démarche basée sur la méthode "participative" mise en oeuvre vendredi à Lille pour une journée consacrée au logement. Elle a expliqué que cette phase "cruciale", marquée par plus de 5.000 débats à travers le pays, lui permettait "de parler juste à travers la réalité de la vie quotidienne" et de remettre les Français "au coeur du projet socialiste".
Elle a ajouté que cette énergie se transformerait le moment venu en projet présidentiel. "Je porterai de cette énergie des Français qui m'aidera dans l'énergie de la bataille du projet contre projet de gagner en 2007", a-t-elle dit.
"Ce qui apparaît, c'est vraiment une attente désespérée de quelque chose qui ne vient pas, c'est à dire la mise en exergue de tous les dégâts du libéralisme", a ajouté Ségolène Royal.
12:42 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 20 janvier 2007
Ségolène Royal à Toulon
09:18 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 17 janvier 2007
le patrimoine de Ségolène Royal
Pour répondre aux coups bas et par volonté de transparence, Ségolène Royal a fait la déclaration suivante :
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Part, pour un montant de 197 800 euros, dans l’appartement familial de 120 m2 à Boulogne Billancourt acheté en 1990 par emprunts sur 15 ans aujourd’hui remboursés.Part dans une maison des Alpes Maritimes de 120 M2 achetée avec un plan épargne logement en 1986. Emprunt remboursé. J’en possède une part pour un montant de 108 000 euros en valeur actuelle. Maison à Melle dans ma circonscription de 100 m2 (logement et bureau ; mise à disposition gratuite pendant les vacances au bénéfice de l’association Familles sans vacances) 168 000 euros (valeur d’achat) moins 111 024 euros d’emprunt sur 15 ans en cours de remboursement, soit 50 000 euros de patrimoine net. Actions-obligations = aucune Objets de valeur = aucun Assurance vie = aucune Véhicule = Renault Scénic En cumulant les deux patrimoines, François Hollande et moi sommes redevables de l’ISF pour la deuxième année consécutive pour un montant annuel de 862 euros. |
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23:40 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
débats participatifs
Forum bi-départemental DRÔME-ARDECHE
Lundi 29 janvier : 19 h – Parc des Expositions – VALENCE
Thème : EMPLOI – DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
Forums départementaux
Lundi 5 février : 20h30 - VALENCE parc des expos
Thème : LE LOGEMENT
Samedi 10 février : 16 h 30 – Salle des Fêtes –LA ROCHE ST SECRET
Thème : VIVRE LA RURALITE AUJOURD’HUI
Forums locaux
* Mercredi 24 janvier : 20 H - PORTES LES VALENCE – Maison des Associations
Thème : VIOLENCES FAMILIALES – VIOLENCE SOCIALE
* Jeudi 25 janvier : 20 H 30 – MONTELIMAR – Café citoyen – Rue Montant au Château
Thème : EDUCATION – FORMATION
* Mercredi 31 janvier : 20 h 30 – BUIS LES BARONNIES – Salle des Fêtes
Thème : SERVICE PUBLIC ET SERVICES AU PUBLIC
Jeudi 1er février : DONZERE centre culturel - place du Champs de Mars
Thème à préciser
Vendredi 2 février : 20 h – MONTSEGUR SUR LAUZON
Thème : VIE CHERE – POUVOIR D’ACHAT
Jeudi 8 février : 18 h 30 – Maison des Syndicats – VALENCE
Thème : ACCES EMPLOI – DISCRIMINATIONS
Jeudi 8 février : 20 h 30 – Café des Citoyens – Rue Montant au Château – MONTELIMAR
Thème : VIE CHERE – POUVOIR D’ACHAT
Vendredi 9 février : 20 h 30 – J Reynaud – DIE
Thème : EDUCATION EN MILIEU RURAL
Vendredi 9 février : 18 h 30 – MJC Châteauvert – VALENCE
Thème : CITOYENNETE – DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
Vendredi 9 février : 20 h – Salle Jean Vilar – ROMANS
Thème : LOGEMENT
Mardi 6 février : 20 h 30 – SAINT VALLIER
Thème : DEVELOPPEMENT DURABLE
Mardi 13 février : 18 h 30 – Salle Yves Montand – LIVRON
Thème : LE PROBLEME DE LA VIE CHERE
Jeudi 15 février : 18 h 30 – MONTBRUN LES BAINS
Thème : FORMATION PREMIER EMPLOI
22:10 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 16 janvier 2007
Ouvrons les débats : Les impots
Débat participatif : L'impôt
"L'augmentation des prélèvements depuis 2002 a pesé sur les classes moyennes et modestes"
Entretien avec VINCENT DREZET, SECRÉTAIRE NATIONAL DU SYNDICAT NATIONAL UNIFIÉ DES IMPÔTS
Combien de contribuables seraient concernés par une hausse des impôts touchant les revenus supérieurs à 4 000 euros nets par mois ? François Hollande parle de 250 000 personnes, Jean-François Copé, de 1,2 million...
D'abord, nous nous réjouissons qu'en émerge un débat fiscal dans la campagne. Si l'on prenait la proposition de
François Hollande au pied de la lettre, 350 000 à 400 000 personnes, voire 500 000, seraient concernées. C'est relativement peu, par rapport aux 35 millions de foyers fiscaux français.
Quelle proportion des foyers fiscaux est non imposable ?
50 %. En 2005, le revenu fiscal des 18 millions de foyers imposables était de 470 milliards d'euros, pour un revenu fiscal moyen de 25 900 euros. Celui des foyers non imposables était de 115 milliards d'euros, pour un revenu fiscal moyen de 7 000 euros. Pour les foyers non imposables, les prestations sociales viennent compléter ce revenu.
Les prélèvements obligatoires ont-ils augmenté depuis 2002, pesant sur le revenu des classes moyennes, comme l'affirme François Hollande ?
Effectivement, la hausse des prélèvements obligatoires a d'abord touché les ménages. Car elle est due à la hausse de la CSG. De plus, le rendement de la TVA a augmenté, bien que le taux n'ait pas changé, parce que les gens se sont endettés pour consommer, leur pouvoir d'achat étant trop faible. L'impôt sur les sociétés a également rapporté plus, mais cela est dû à la hausse des bénéfices des entreprises, la pression fiscale dans ce domaine étant inchangée, à 33 %.
Enfin, les impôts locaux représentent une bonne part de l'augmentation des prélèvements. Ils représentent 5,7 % du PIB en 2007, contre 4,9 % en 2002. On y trouve la taxe d'habitation, la taxe foncière et la taxe professionnelle.
Mécaniquement, si la hausse de la CSG, de la TVA et de la taxe d'habitation a fait des perdants, c'est bien du côté des classes moyennes et modestes.
Confirmez-vous l'affirmation de François Hollande selon laquelle 70 % des baisses de l'impôt sur le revenu depuis 2002 ont profité aux 10 % des foyers les plus riches ?
Sur ce point, nous disposons du chiffrage de la Cour des comptes. Effectivement, elle conclut que la baisse des barèmes a profité à une minorité de contribuables aisés. Mathématiquement, cela s'explique parce que l'impôt sur le revenu est progressif. Si on le baisse, cela profite aux revenus élevés. L'argument avancé était la relance de la croissance et de la consommation mais, en fait, il eût mieux valu baisser les impôts sur la consommation, comme la TVA. Les ménages les plus aisés, profitant de la baisse de l'impôt, épargnent plus qu'ils ne consomment.
De plus, les contribuables les plus aisés ont aussi bénéficié des baisses de l'imposition sur le patrimoine : exonération d'impôt sur la fortune sur 75 % des titres détenus dans un pacte d'actionnaires, abattements fiscaux sur les donations et successions et bouclier fiscal.
Combien de personnes sont concernées par le bouclier fiscal mis en place par la majorité pour limiter le taux maximal d'imposition ?
Selon le ministère de l'économie et des finances, il y aura 93 000 bénéficiaires du bouclier fiscal. 77 000, qui ne sont pas soumis à l'ISF, se verront redistribuer 50 millions d'euros. Et 17 000 d'entre eux, imposables à l'ISF, toucheront 350 millions d'euros. Il s'agit d'une population très minoritaire.
Que sait-on du nombre de contribuables qui fuient la France pour des raisons fiscales, un phénomène souligné par la majorité UMP ?
Nous ne disposons que de statistiques sur un seul impôt, l'ISF, et celles-ci concernent les départs, pas les arrivées ni les retours. Nous demandons un travail de fond pour mieux évaluer ces migrations, dans les deux sens.
Nous savons que 350 personnes soumises à l'ISF quittent la France chaque année. Mais fait-on une politique fiscale nationale pour 350 personnes ? On ne peut se contenter, en l'absence de données globales, de jouer sur la peur des délocalisations fiscales.
(...)
vu dans le Monde
Les propositions du PS (extrait du projet socialiste).
- Pour accroître les revenus les plus modestes et rendre notre fiscalité plus redistributive et plus transparente, nous irons dans la direction d’un impôt citoyen sur le revenu en harmonisant les bases fiscales de l’impôt sur le revenu, qui seront élargies, avec celles de la CSG. La première étape de cette réforme consistera à simplifier l’assiette de l’impôt sur le revenu par la suppression des niches fiscales inefficaces et à rendre la CSG progressive, notamment par l’intégration de la prime pour l’emploi. Sur la base de ce rapprochement et après concertation avec les partenaires sociaux, nous fusionnerons ces deux impôts pour construire un impôt citoyen, transparent, progressif et prélevé à la source sur l’ensemble des revenus. Nous reviendrons sur les réductions d’impôt accordées depuis 2002 aux hauts revenus, et nous supprimerons le bouclier fiscal.
Voir Aussi
Impôt en France, Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.![]()
Vis à vis de l'impôt et de son rôle, il y a clairement une politique de gauche, et une politique de droite.
Le projet du PS prévoit de revenir sur les cadeaux fiscaux faites par la droite depuis 2002, François Hollande propose d'augmenter les prélévements pour les personnes ayant un revenu net supérieur à 4000 euros, Ségolène Royal indique que les prélévements fiscaux ne doivent pas décourager la valeur travail.
Nicolas Sarkozy prévoit de supprimer les droits de succession, et de baisser le bouclier fiscal à 50%. (Est ce à dire qu'un PDG d'une entreprise du CAC 40 qui gagne par mois en moyenne 300 fois le Smic aura l'assurance de conserver un revenu mensuel de 150 fois?)
Pensez vous que l'impôt en France doit être réaménager pour
- diminuer son montant: Dans ce cas, quels impots faut-il diminuer, et pour qui? Moins d'impots, moins de recettes pour l'état ou les collectivités, comment faire face?
- rééquilibrer les impots de manière à ce qu'il soient moins inégalitaires: Faut il baisser les impôts indirects au profit des impots directs, supprimer les niches fiscales, limiter les possibilités de déductions?
Le débat est ouvert: Exprimez vous00:42 Publié dans Projet pour 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Tous sur le Pont
Distribution du Projet Socialiste sur le Marché de Beauvallon, Dimanche 14 Janvier


00:40 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 11 janvier 2007
Sur ARTE l'embrassement
Vendredi 12 janvier à 20h40
Retour sur la mort de deux adolescents à Clichy-sous-bois qui a provoqué les émeutes de l'automne 2005. Une autopsie du drame en forme d'enquête, qui dénonce le mensonge d'Etat et explore avec acuité la crise des banlieues. La diffusion du film sera suivie d'un débat.
La diffusion du film sera suivie d'un débat à 22h05
Les participants au débat sont :
- M. Azouz Begag, Ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances
- M. François Pupponi, Maire de sarcelles
- M. Samir Mihi, Porte-parole « AC le feu », président d’ « Au-delà des mots »
- M. Bruno Beschizza, Secrétaire général « Synergie officiers de police »
- Dr Stephan Luft, politologue, Université de Brême

Moins d’un an après les émeutes qui ont embrasé les banlieues françaises, le réalisateur Philippe Triboit vient de terminer pour ARTE le tournage d’une fiction sur les événements, depuis leur tragique point de départ : la mort par électrocution de deux jeunes gens de Clichy, Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans) dans le transformateur EDF où, pour échapper à la police, ils s’étaient réfugiés en compagnie d’un troisième adolescent, Muhttin Altun (17 ans), grièvement blessé.
- - 25 octobre 2005
- 27 octobre 2005
Décès de Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans), de Clichy-sous-Bois, électrocutés dans l'enceinte d'un transformateur électrique où ils s'étaient réfugiés pour échapper à la police. Rescapé, Muhittin Altun (17 ans et demi) est grièvement blessé. Nuit de violences à Clichy-sous-Bois et début des émeutes.
- 28 octobre 2005
Le ministre de l’Intérieur évoque une tentative de cambriolage sur un chantier et affirme qu'aucun policier ne poursuivait les jeunes.
- 3 novembre 2005
Plainte contre X des familles des victimes pour non assistance à personne en danger et ouverture de l’instruction.
- 4 novembre 2005
Les émeutes se propagent dans le reste de la France.
- 9 novembre 2005
Déclaration de l'état d'urgence auquel il est mis fin le 4 janvier 2006.
- Le point sur l’enquête
20:55 Publié dans Film ou émission à voir | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 10 janvier 2007
L'action de Sarkozy "décryptée" par le PS
13:20 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 07 janvier 2007
Visite de Ségolène Royal en Chine
La défense des droits en Chine est une "question sensible" qui ne doit pas être "déconnectée des autres problèmes"
que connaît le pays le plus peuplé de la planète, a déclaré dimanche Ségolène Royal.
La candidate PS à l'Elysée a indiqué que la Chine devait "concilier le développement économique accéléré" et le droit du travail, notamment "la protection des hommes et des femmes qui travaillent ou qui cherchent un emploi". "Je crois que ces problématiques-là deviennent communes à l'ensemble du monde", a-t-elle jugé.
Ce sont d'ailleurs des "problématiques qui deviennent communes à l'ensemble du monde", a-t-elle estimé. "Il faut accélérer la prise de conscience pour qu'on n'ait pas un capitalisme financier anarchique partout sur la planète qui détruit l'environnement et écrase les droits sociaux".
Mme Royal a également abordé la question de l'environnement en adressant ses encouragements aux efforts faits par Pékin. "Je crois que si l'on veut un développement harmonieux de la planète et faire en sorte qu'il n'y ait pas de concurrence destructrice des emplois, notamment des emplois en France, il faut que les règles sociales et que les règles de protection de l'environnement, dans lesquelles les pays comme la Chine se sont engagés formellement, soient effectivement appliquées et je crois que la Chine d'ailleurs fait beaucoup d'efforts. Il faut lui reconnaître cette mobilisation, cette prise de conscience", a-t-elle dit.
Interrogée sur ses entretiens avec les autorités chinoises, la présidente de Poitou-Charentes a assuré qu'ils étaient empreints d'une "grande liberté" sur ces sujets. Ségolène Royal, qui a dîné lundi soir avec le ministre chinois de l'Environnement Pan Yue, a ajouté que "le fait que les autorités chinoises m'aient facilité les rencontres avec des militants de défense de l'environnement et avec des militants de la défense des droits sociaux, c'est un signe que je veux voir comme un signe positif".
Ségolène Royal a expliqué que son équipe - elle est accompagnée sur place par son ami avocat Jean-Pierre Mignard - avait "bien évidemment" des contacts avec les dissidents, notamment "sur la question des avocats ou journalistes emprisonnés"."Les professions qui participent à la défense des droits doivent être protégées", a-t-elle souligné, ajoutant qu'elle avait "bon espoir" que la Chine applique la Convention des Nations unies sur les droits civiques et politiques, signée mais toujours pas ratifiée par Pékin.
Avant mardi, date du départ de Ségolène Royal, son entourage travaille à la rédaction d'une lettre à l'adresse de l'Association nationale des avocats demandant officiellement des précisions sur le sort d'avocats et journalistes arrêtés. Une missive qu'elle pourrait parapher.
D'après Reporters sans frontières (RSF), au moins 32 journalistes y sont emprisonnés ainsi qu'une cinquantaine d'internautes, généralement arrêtés pour "incitation à la subversion". On ne dispose d'aucune statistique exacte pour les avocats.
A l'approche des Jeux olympiques, Pékin multiplie les gestes de bonne volonté. Depuis le 1er janvier, les autorités ont notamment assoupli les règles auxquelles doivent se soumettre les correspondants étrangers pour se déplacer à l'intérieur du pays.
D'après Reuters, et AP
23:22 Publié dans Actualité Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Voeux aux Français
23:20 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 01 janvier 2007
Voeux 2007 de Ségolène Royal
13:33 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 31 décembre 2006
Voeux 2007
JEANNE
Chez Jeanne, la Jeanne
Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu,
On pourrait l'appeler l'auberge du bon Dieu
S'il n'en existait déjà une,
La dernière où l'on peut entrer
Sans montrer patte blanche.
Chez Jeanne la Jeanne,
On est n'importe qui, on vient n'importe quand
Et comme par miracle, par enchantement,
On fait partie de la famille
Dans son coeur, en se poussant un peu,
Reste encore une petite place.
La Jeanne, la Jeanne
Elle est pauvre et sa table est souvent mal servie,
Mais le peu qu'on y trouve assouvit pour la vie,
Par la façon qu'elle le donne,
Son pain ressemble à du gâteau
Et son eau à du vin comme deux gouttes d'eau.
La Jeanne, la Jeanne,
On la paie quand on peut des prix mirobolants
Un baiser sur son front ou sur ses cheveux blancs,
Un semblant d'accord de guitare,
L'adresse d'un chat échaudé
Ou d'un chien tout crotté comme pourboire.
La Jeanne, la Jeanne
Dans ses roses et ses choux a trouvé sept enfants,
Qu'on aime et qu'on défend contre les quatre vents,
Et qu'on accroche à son corsage,
Et qu'on arrose avec son lait
D'autres qu'elle en seraient toutes chagrines.
Mais Jeanne, la Jeanne,
Ne s'en soucie pas plus que de colin-tampon,
Être mère de sept poulpiquets, à quoi bon!
Quand elle est mère universelle,
Quand tous les enfants de la terre,
De la mer et du ciel sont à elle.
La Jeanne, c'était la mère de Sylvie, ma belle-mère donc. Il lui aura manqué une vingtaine d'heures pour terminer l'année 2006. Elle s'en est allée rejoindre Georges, son époux, militant de la première heure du parti socialiste, comme elle. Pour la première fois depuis trois ans, il seront de nouveau rassemblés sur le coup de 20 heures pour la cérémonie traditionnelle de l'écoute des voeux du président: avec ferveur au temps où François Mitterrand était chef de l'état, avec énervement depuis que Jacques Chirac occupe cette fonction.
Nul doute que de là où ils sont, sur le coup de minuit, ils s'associeront à tous pour des souhaits de santé et de bonheur pour la nouvelle année, et surtout de victoire de la gauche aux présidentielles en cette année d'élection. Même si pour ceux qu'elle a quittés, l'année commence par un goût amer de grand vide.
05:10 Publié dans Vie de la Section | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note










Part, pour un montant de 197 800 euros, dans l’appartement familial de 120 m2 à Boulogne Billancourt acheté en 1990 par emprunts sur 15 ans aujourd’hui remboursés.