mardi, 08 mai 2007

Continuons

Les commentaires du blog avaient été fermés le les 2 jours précédents le scrutin , ils sont restés malencontreusement fermés ensuite , ils sont désormais ouverts et sous toutes les notes.

 

Ils permettent à chacun de s'exprimer....de faire -part de leur analyse, de leur point de vue, de leur réaction ce qui est encore plus important  depuis dimanche soir où nous sommes passés à  la présidence Sarkozy et où les médias déjà bien contrôlés ne nous relaterons que la voix de son petit maître.

 

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Pour ma part, je voulais exprimer des remerciements à Ségolène Royal pour  nous avoir entrainés dans cette belle aventure humaine, où pour la première fois, même en période de défaite nous nous sentons grandis. Merci à Ségolène Royal d'avoir fait une si belle campagne,  très proche des gens et animée par des meetings qui étaient à chaque fois de très grands moments humains. Cette campagne a été dynamique, riche  malgré un SARKOZY qui avaient tous les moyens, qui a utilisé toutes les méthodes, que certains traitres avaient rejoint ou contacté (dernièrement nous avons vu sortir du QG de Sarko, Claude Allègre, pauvre homme sans âme !).
 

Ségolène a rendu ses lettres de noblesse à la politique, beaucoup de jeunes, d'ouvriers l'ont rejointe et ont grossi ce mouvement populaire qu'elle a su recréer.

Certains prévoyaient que Ségolène Royal allait être broyée et elle nous a fait une éclatante  démonstration de courage et de dynamisme.

Bien sûr comme tous, nous regrettons que Sarko soit plus que jamais en scène car il va y avoir des souffrances, des injustices, une fracture sociale qui va aller grandissante,  il faudra résister, faire vivre les associations, dénoncer les injustices, et ne jamais laisser s'éteindre cet espoir que Ségolène nous a permis d'avoir pour que nous puissions le concrétiser un jour avec ELLE.

 

Sylvie ARETHENS 

 
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Ségolène Royal nous a assuré qu'elle continuait  à nos côtés, et qu'elle resterait toujours debout. 


 

 

 

 

dimanche, 06 mai 2007

discours de Ségolène Royal

Le discours intégral de Ségolène Royal
Par Liberation.fr
LIBERATION.FR : dimanche 6 mai 2007
 
 
 
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  Ségolène Royal, dimanche soir 6 mai 2007, à Paris à la Maison de l'Amérique latine.
 
 
 
«Le suffrage universel a parlé. Je souhaite au prochain président de la République d’accomplir sa mission au service de tous les Français.
»Je remercie du fond du coeur les 13 à 17 millions d’électeurs, de citoyens, de citoyennes, qui m’ont accordé leur confiance. Je mesure leur déception et leur peine. Mais je leur dis que quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas. J’ai donné toutes mes forces et je continue avec vous et près de vous.

»Je remercie tous les militants qui ont porté ce grand moment démocratique. Bien sûr les militants socialistes mais aussi tous les autres militants de la gauche et de l’écologie, ceux de Désirs d’avenir, et au-delà toutes celles et ceux qui se sont unis dans le mouvement.
»Gardons intactes l’énergie et la joie de l’immense rassemblement populaire vibrant de ferveur qui m’ont accompagnée tout au long de cette campagne, ici et dans les outre-mers.
»J’ai engagé un renouvellement profond de la vie politique, de ses méthodes et de la gauche. La forte participation traduit un renouveau de notre démocratie, et notamment pour les jeunes, partout dans le pays et en particulier dans les quartiers, qui se sont massivement inscrits pour voter. Bravo à tous ces jeunes pour cet engagement civique qui rappelle à la République le devoir de respect et d’égalité qu’elle a envers eux.
»Ce que nous avons commencé ensemble nous allons le continuer ensemble. Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C’est la condition de nos victoires futures.
»Je serai au rendez vous de ce travail indispensable et j’assumerai la responsabilité qui m’incombe désormais. Mon engagement et ma vigilance seront sans faille au service de l’idéal qui nous a rassemblé et nous rassemble et qui va, j’en suis sûre, nous rassembler demain pour d’autres victoires.»

vendredi, 04 mai 2007

Après : il sera trop tard.......

Nous sommes à quelques heures du résultat du 2ème tour de la présidentielle. Bientôt nous saurons si nous avons suivi sans réflexion, ce que la télévision nous martèle depuis plus de trois ans, ou si bien au contraire nous avons su dire non à Sarkozy. Dans ce cas nous aurions montré notre indépendance d'esprit.

Avant de poser votre bulletin dans l'urne, vous devez savoir ou vous rappeler que le modèle de société que vous propose Sarkozy est celui de l'ultralibéralisme où ceux qui sont les plus faibles seront laissés au bord du chemin. Sarkozy appelle solidarité assistanat et Sarkozy refuse l'assistanat.

Sarkozy, a un ego très développé il est prêt à tout pour arriver à son but et repousser celui ou celle qui semblerait à un moment donné lui porter préjudice ou contrarier ses projets. Il dresse les gens les uns contre les autres. Il revendique le politiquement incorrect, et fait siennes les idées nauséabondes du Front National pour capter ses électeurs, il exhibe dans ses meetings comme le faisaient dans les cirques les despotes de l'antiquité, les traitres comme Eric Besson qui lui ont fait allégeance.

Sarkozy c'est Margaret Thatcher pour l' économie ,  et Poutine pour la démocratie.


Par contre, ne passons pas à côté du modèle de société que nous propose Ségolène Royal, c'est à dire une société ouverte, moderne, solidaire où chacun aura sa place pour apprendre, travailler et tout simplement vivre. Alors dimanche, votons, passons du temps à parler politique, à discuter du pacte.

Les «  jeux » ne sont pas faits et il vous (il nous) appartient de discuter avec ltous ceux que nous pouvons  convaincre pour qu'ils votent Ségolène Royal;

Nous nous sommes étonnés que les Américains réélisent Bush en 2005. N'étonnons pas le monde en élisant Sarkozy. 

N'oublions pas que cela fait 5 ans que nous attendons de faire avancer une société plus solidaires grace à la gauche, ne nous "loupons pas" : il ne faudrait pas que nous ayons à vivre 5 années de libéralisme dur ......... certains ne s'en remettraient pas. 

VOTONS SEGOLENE ROYAL  !

 

 

Le blog n'aura pas de nouvelles notes jusqu'à dimanche soir;

 pour respecter ce principe : nous fermons momentanément  la possibilité de faire des commentaires. Nous comptons sur votre compréhension,  




Mazarine Pingeot regrette la manipulation des sondages



La fille de François Mitterrand s'est inquiétée vendredi de la place que tiennent les sondages dans la campagne.

 

Mazarine Pingeot le 7 juillet 2005

Mazarine Pingeot le 7 juillet 2005 (Sipa)

Mazarine Pingeot, fille de François Mitterrand, a regretté, vendredi 4 mai sur France-Info, la place que tiennent les sondages, estimant qu'ils "ne sont pas le fondement de la démocratie".
"Le vote est quelque chose qui relève de la conscience de chacun", a-t-elle déclaré. "Tous ces sondages relèvent un peu de la manipulation, je trouve ça fort dommage et un peu inquiétant", a-t-elle dit.
Elle a demandé aux électeurs de mettre de côté "les a priori", regrettant qu'il y ait eu dans cette campagne "une certaine misogynie, qui concerne même les femmes".
 
"Royal entre "complètement dans la ligne" de Mitterrand"
 
Mazarine Pingeot a encore estimé que Ségolène Royal entrait "complètement dans la ligne" de François Mitterrand. "C'est quelqu'un qui pense l'avenir pour tenter le présent, ce que ne fait pas Nicolas Sarkozy", a-t-elle dit.
"J'espère que les citoyens auront un sursaut et que les indécis vont décider au dernier moment d'aller voter pour elle", a-t-elle encore indiqué.

françois Bayrou ne votera pas pour Sarkozy

Françaises, Français,
 
Je vous invite à prendre connaissance de mes déclarations faites au journal Le Monde, quant à mon intention de vote au second tour de l'élection présidentielle. Si je ne veux en rien dire à celles et ceux qui ont voté pour moi, ce qu'ils doivent faire,  je tiens toutefois à ce qu'ils sachent ce que je ne ferai pas :
 

PARIS, 3 mai 2007 (AFP) - Le président de l'UDF François Bayrou déclare qu'il "ne votera pas pour" Nicolas Sarkozy , dans le journal Le Monde daté de vendredi.

Interrogé après le débat qui a opposé mercredi soir Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, M. Bayrou a assuré qu'il ne ferait "probablement pas" de déclaration avant le second tour, ajoutant toutefois: "je ne voterai pas pour Sarkozy".

Le leader centriste, qui avait obtenu 18,57% des voix au premier tour de la présidentielle et dont les 6,8 millions d'électeurs sont très courtisés par les candidats UMP et PS, avait déjà laissé entendre, lors de sa conférence de presse du 25 avril, qu'il ne voterait pas pour M. Sarkozy.

"Je ne sais pas ce que je ferai, mais je commence à savoir ce que je ne ferai pas" à titre personnel au second tour, avait-il déclaré, après avoir annoncé qu'il ne donnerait pas de consigne de vote.

Interrogé après le débat par le Monde, M. Bayrou a reconnu "en triple off" que Mme Royal "s'en est plutôt bien sortie" , ajoute le journal.
 
 
A bon entendeur

les erreurs et incohérence de Sarkozy

les différentes erreurs, incohérences et mensonges que Nicolas Sarkozy a commis durant le débat télévisé qui l'a opposé à notre candidate.


NUCLEAIRE :

  • Sur l'EPR, Nicolas Sarkozy n'a pas contesté la position de son gouvernement qui est celle de l'avoir imposé sans concertation pour ensuite assurer son lancement par un décret pris quelques jours seulement avant l'élection présidentielle. Ségolène Royal annulera le décret et remettra le dossier sur la table.
  • Nicolas Sarkozy, pourtant ancien ministre de l'Intérieur et ministre d'Etat, a été incapable de répondre à la question de Ségolène Royal et ignorait donc qu'il s'agissait de la troisième génération de réacteur.
  • Ségolène Royal a raison de rappeler que la part du nucléaire représente 17% de l'énergie totale (électricité, gaz, charbon, pétrole, hydraulique, énergies renouvelables) consommée en France et 78 % de l'énergie produite en France est d'originie nucléaire et non 50 % comme l'a dit Nicolas Sarkozy.

RETRAITES :

  • Nicolas Sarkozy a continué dans la désinformation en prétendant que le financement des retraites était résolu par la Loi Fillon jusqu'en 2008. Le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) dit en réalité qu'il manque à peu près 50% du financement, et par ailleurs, qu'un rendez-vous en 2008 sera indispensable pour trouver une solution pour combler le « trou ».En disant que cela était financé jusqu'en 2020, Nicolas Sarkozy reconnait lui même que le problème n'est pas réglé définitivement et que cette réforme n'est donc pas la solution tant attendue ...
  • Il a annoncé hier qu'il augmenterait les petites retraites de 25% en finançant cette mesure par la réforme des régimes spéciaux. Cette augmentation coûterait spontanément au moins 10 milliards d'euros.

DROITS DE SUCCESSION :

  • La suppression des droits de succession a été la première mesure de Berlusconi en 2001.
  • De plus, c'est une mesure couteuse (5 milliards d'euros) on ne peut relancer ni la consommation ni l'investissement avec une telle mesure. Elle est économiquement inefficace car l'imposition sur le patrimoine ne concerne qu'un francais sur cinq. C'est donc une mesure de clientélisme qui vise d'abord les plus riches ...

 

 

35 HEURES :

  • Nicolas Sarkozy n'a pas répondu : pourquoi ne les a-t-il pas supprimées, Il a reconnu devant Ségolène Royal, que cela était une formidable avancée sociale.

HEURES SUPPLEMENTAIRES :

 

  • Dans quel pays, dans quelle économie, Nicolas Sarkozy a vu que ce sont les salariés qui choisissent leurs horaires de travail ?
  • Les deux Lois Fillon permettent déjà largement le recours aux heures supplémentaires. 37% des salariés à temps plein font des heures supplémentaires et ils font 55 heures par an en moyenne. Moins de 40% des salariés à temps plein ont fait une heure supplémentaire en 2006.
  • Effectuer des heures supplémentaires, c'est consacrer moins de temps à sa vie familiale.
  • Cette même étude montrait que cette mesure détruirait l'emploi. Une entreprise de 20 personnes détruirait 2 emplois pour faire faire 4 heures supplémentaires aux autres.

IRAN :
  • Nicolas Sarkozy n'a toujours pas saisi l'enjeu terrible pour la sécurité du monde. Il n'a pas compris que passer du nucléaire civile au nucléaire militaire est une simple question d'enrichissement d'uranium.
  • La position de Ségolène Royal qui est celle de l'AIEA, de l'UE et du Conseil de Sécurité des Nations Unies consiste à dire : pour l'Iran, pas de nucléaire civil tant que l'Etat ne se soumet pas aux contrôles de l'Agence. Plus qu'une question de bon sens, il s'agit d'une question de sécurité.

SECURITE :

  • Lors du débat, Nicolas Sarkozy a ironisé sur le souhait de Ségolène Royal de faire accompagner les policières de nuît jusqu'à chez elles (suite aux viols dernièrement de deux d'entre elles). Pourtant, un dispositif ayant le même objectif pour les femmes travaillant le soir existe déjà à Montréal où les bus les raccompagnent aux pieds de leurs immeubles. En banlieues, les patrouilles du soir peuvent ramener les policières. On peut citer aussi l'exemple de Berlin où les taxis sont gratuits pour les femmes à partir de 3 heures du matin.

D'autre part, le vrai bilan de Nicolas Sarkozy, c'est :

  • + 30 % d'agressions depuis 2002.
  • + 11 % de violence faites aux personnes.
  • + 26% pour le nombre de faits de violence à l'école.
  • Quand hier 20 000 voitures brûlaient par an, c'était pour Nicolas Sarkozy un échec de la gauche. Avec près de 45 000 voitures brûlées en moyenne chaque année depuis 2002, ce ne serait pas un échec de l'ancien ministre de l'intérieur, mais une réussite personnelle.
  • 12 000 policiers agressés en 2006.
  • 3 semaines d'émeutes dues à une très mauvaise gestion de la crise de l'automne 2005.

Le bilan de l'ancien ministre de l'Intérieur est particulièrement mauvais et prouve l'incapacité du candidat en matière de sécurité.

jeudi, 03 mai 2007

Jean-Marie Collombani, PDG du Monde appelle a voté Ségolène Royal

Le PDG du Monde estime que voter pour Ségolène Royal au second tour est un "pari" qui "pour le pays, mérite d'être tenté". Il dénonce la "conception revancharde de l'histoire" de Nicolas Sarkozy et ses relations avec les patrons de presse.

 

 

Jean-Marie Colombani Sipa

 

Jean-Marie Colombani Sipa (Sipa)

ce n'est un secret pour personne que Nicolas Sarkozy aborde le second tour de l'élection présidentielle en position de force. Les sondages le donnent invariablement vainqueur, et le face-à-face télévisé tant attendu n'a pas été de nature à renverser, à lui seul, le cours de la campagne.

La tentation peut être grande, dans ces conditions, de se projeter au-delà, de considérer que nous sommes déjà entrés dans l'ère Sarkozy. Au contraire, l'importance de l'enjeu – l'amorce d'une phase nouvelle de notre histoire politique, le choix d'un modèle de société – incite à réaffirmer que chaque voix compte.


Les sondages ne sont pas l'élection. Et celle-ci, quel qu'en soit le résultat, crée à son tour un rapport de forces dans le pays qui influencera l'attitude de l'heureux(se) élu(e) dans son mode de gouvernement comme dans son appréhension de la diversité des aspirations de la société française.

De ce point de vue – et même si le duel télévisé, beaucoup trop technique et manquant d'ampleur, ne l'a pas fait apparaître avec suffisamment de clarté et l'a même, à certains égards, masqué –, il y a bel et bien en présence deux France, deux visions de la société.

Elles étaient parfaitement visibles lors des deux grands meetings parisiens des candidats : le public de Bercy montrait une société homogène; celui de Charléty une société plus diverse, plus colorée. Dans le premier cas, beaucoup d'inclus; dans le second, beaucoup d'aspirants à l'intégration, de candidats à intégrer cette classe moyenne dont le sort reste une des clés de l'avenir.

La mondialisation, on le sait, si elle donne du travail à des centaines de millions d'êtres humains, comporte un risque : la distribution des bénéfices n'est pas égale. Entre les pays. Mais aussi au sein même de chaque pays, en brisant les équilibres sociaux, en remettant en route la machine à inégalités qu'un demi-siècle d'Etat-providence avait inversée.

Ascenseur social en panne

La question posée dans toutes nos sociétés développées est donc celle de la classe moyenne qui, hier, voyait ses revenus grossir avec l'âge et était assurée que ses enfants auraient une vie meilleure, et qui voit aujourd'hui sa feuille de paie bloquée et ses enfants passer de stage en stage malgré les sacrifices faits pour leur éducation. L'ascenseur social est en panne non seulement pour ceux qui sont au bas de l'échelle, mais pour une partie toujours croissante de cette classe moyenne.

Malgré une lisibilité insuffisante, le projet de Ségolène Royal est tout entier centré sur cette problématique. Et c'est avec raison qu'elle fait de la refonte du dialogue social la clé du retour de la confiance. Les relations de méfiance, en France, entre les entreprises, l'Etat et les salariés ont non seulement un coût, mais sont aussi un obstacle au retour de la croissance.

La crise de la valeur travail, selon Ségolène Royal, n'est pas celle du désir individuel de travailler, mais celle de la capacité à travailler ensemble. Son dispositif tend tout entier à remettre en confiance les classes moyennes, à leur redonner une mobilité qui fait défaut, en même temps que la réassurance que donne, à celles-ci, des services publics puissants et modernisés.

Nicolas Sarkozy, au fond, a une vision plus "américaine", en ce sens que les dispositifs qu'il imagine (notamment fiscaux : le bouclier fiscal à 50 % n'est jamais qu'une façon d'éliminer de fait l'ISF) favorisent le haut de la pyramide sociale. Ses accents industrialistes, mais aussi protectionnistes, lui permettent, dans le même temps, d'être entendu des milieux ouvriers. Il défend donc le haut et le bas de la société, au nom d'une vision qui évoque le "conservatisme compassionnel" des conservateurs américains : il faut encourager les "riches" à investir, de façon à redonner du travail au plus grand nombre.

Conception revancharde de l'histoire

Ce sont là deux modèles – encore qu'à les écouter il n'y en aurait plus qu'un seul : la social-démocratie du nord de l'Europe ! – parfaitement cohérents et défendables. D'autant plus qu'ils ont en commun de vouloir réformer le pays. A ceci près que l'addition des propositions concrètes de Nicolas Sarkozy (une certaine idée de la fiscalité, des déductions diverses, notamment pour faire une France de propriétaires, des primes pour les heures supplémentaires) peut être source de nouvelles inégalités et aboutit à favoriser les plus favorisés. Au reste, le vote des beaux quartiers (comme, à l'inverse, celui des cités en faveur de Mme Royal) montre que l'opinion a parfaitement compris le message.

Ce qui gêne, chez M. Sarkozy, outre un renvoi classique à la vieille lutte des classes, c'est aussi une conception revancharde de l'histoire. Avoir centré sa campagne d'entre-deux-tours sur la dénonciation de l'héritage de Mai 68 est le signe clair d'une volonté de revanche idéologique. Ce qui embarrasse, c'est cette façon d'opposer les "travailleurs" aux "tricheurs", ceux qui se lèvent tôt aux paresseux, comme s'il lui fallait toujours être à la recherche d'un ennemi. Bref, une conception qui antagonise; et qui, à l'inverse, rend crédible la démarche de Mme Royal, laquelle refuse précisément cette dichotomie.

N'est pas non plus raisonnable la marche arrière que M. Sarkozy nous promet dès qu'il parle de renforcer l'arsenal législatif répressif (déjà largement pourvu) en mettant en cause, par des peines planchers et le recours à l'automaticité des peines, l'un des principes mêmes d'une justice républicaine qu'est l'individualisation de la peine, et l'idée que l'appareil répressif vise aussi à réinsérer. Enfin, la qualité de la relation que Nicolas Sarkozy entretient avec Martin Bouygues, Arnaud Lagardère ou Serge Dassault est la marque d'une puissance potentielle dans les médias qui appelle une vigilance de tous les instants.

Pourtant, le président de l'UMP a de bonnes chances de devenir le président du pays. Pour trois raisons : en premier lieu parce qu'il a largement réussi son OPA sur les électeurs du FN, ambition voulue, assumée et annoncée depuis 2002 et constamment réaffirmée depuis comme un objectif politique décisif pour la droite; en deuxième lieu parce qu'il a su mobiliser sur l'adhésion à son programme, sa capacité à le mettre en œuvre et à engager rapidement des réformes, contrairement à Ségolène Royal, dont le vote est pour une bonne part un vote défensif, de protection; enfin, cette adhésion forte est le fruit du travail de refondation de la droite, engagé méthodiquement depuis cinq ans et plus encore depuis la prise de l'UMP par M. Sarkozy.

Il en est résulté un projet discutable, contestable ou irrecevable, certes, mais cohérent et maîtrisé. C'est sa force et une bonne part de son pouvoir de conviction. Et c'est pourquoi il était absurde de le diaboliser.

Pas de mesures-phares

A l'inverse, le PS n'a pas su engager un travail de refondation comparable. C'est la faiblesse majeure qui a affecté la campagne de Mme Royal, dont on a pu apercevoir à la télévision qu'elle est, par sa force de caractère, armée pour tous les combats. Elle a eu l'intuition de devoir bousculer l'ordre socialiste, mais elle n'a pu le faire que de façon parcellaire, expérimentale ou improvisée, faute d'un socle solide de réflexion collective préalable, mûrie puis métabolisée par la candidate.

Il n'y a pas, dans l'arsenal qu'elle présente, de mesures-phares comparables, par leur effet, à ce que furent pour Lionel Jospin version 1997 les 35 heures ou les emplois-jeunes. Et, chemin faisant, les socialistes n'ont pas aperçu que l'idée même que les Français se font du "changement" a… changé ! C'est ce que Nicolas Sarkozy a pu récupérer (et masquer) avec son discours sur la valeur travail.

Il faut donc d'urgence, pour la clarté et la dynamique du débat démocratique, renouveler la pensée de la gauche. La mondialisation reste vécue comme une menace et diabolisée comme la cause de tous nos maux; seule la face négative de cette révolution planétaire est prise en compte et dénoncée. La gauche réformiste doit repenser de façon moderne le changement social. Elle doit sortir de l'impasse idéologique dans laquelle elle s'est trop longtemps enfermée. C'est pour elle la seule manière de retrouver sa vocation historique : incarner le mouvement, le changement et l'espérance, l'optimisme sur l'avenir.

Ségolène Royal a esquissé un "désir" de changement, tracé une perspective. Sa défaite, surtout si elle était lourde, plongerait inévitablement le PS dans les règlements de comptes, le retour en force de tous les archaïsmes et de toutes les utopies négatives. Sa victoire lui donnerait l'autorité pour engager ce travail de réinvention indispensable. C'est un pari. Pour le pays, il mérite d'être tenté.

Jean-Marie Colombani

Handicap et Morale , une colère juste

Etant parents d'un enfant porteur d'un handicap mental, nous remercions Ségolène Royal d'avoir eu cette révolte juste et sincère face à l'indécence et au manque de scrupules de Nicolas SARKOZY qui en dernière minute ose brandir la situation des enfants handicapés sans s'être préoccupé auparavant de leur situation en mettant des moyens réels pour faciliter et développer cette intégration.
 
Il aurait fallu y penser avant monsieur Sarkozy !.

Pour élargir la scolarité des enfants handicapés, il faut comme l'a rappelé Ségolène Royal donner des moyens au système scolaire, aux enseignants (des formations supplémentaires ) et aussi des moyens humains (auxiliaires d'intégration scolaire). Les emplois jeunes avaient facilité cette intégration, Sarkozy (le gouvernement auquel il avait une place importante) les a supprimés. Handiscol qu'avait créé Ségolène Royal était une aide : Le gouvernement sortant de Sarkozy l' a supprimé.

Ce plan permettait notamment aux parents d'appeler un numéro vert pour être écoutés et être aidés ......Plutôt qu'une écoute directe il faudrait faire une procédure ? Monsieur Sarkozy ne connait visiblement pas la détresse et la véritable « galère » auxquelles sont confrontés les parents d'enfants handicapés.

Aujourd'hui, il n'y a pas de solution d'accueil satisfaisante pour un enfant sur deux porteur de handicap. Ce n'est pas en judiciarisant et en créant un droit opposable par le biais de procédures juridiques qui imposent de prendre un avocat, de le payer et d'attendre des années de procédures que l'on fera avancer la cause et l'intégration des enfants porteurs d'un handicap.

De telles procédures prendraient beaucoup de temps à des parents qui en manquent déjà pour suivre leur enfant handicapé tout en ne négligeant pas les autres.

Les parents doivent aussi être aidés au quotidien, combien de parents arrêtent de travailler pour s'occuper de leurs enfants qui bien souvent n'ont pas de place à l'école ou en institution spécialisée, combien de soins nécessaires ne sont pas remboursés (psychomotricité ......) .

Il faut créer les conditions pour faciliter cette intégration et avoir un certain état d'esprit, une vision de la société où tout le monde a sa place et où existent des solidarités avec les plus faibles....C'est vrai Nicolas Sarkozy a fait preuve d'immoralité en se servant d'un sujet important et douloureux pour beaucoup de parents d'enfants handicapés. Ségolène Royal, qui avait pris ce sujet à coeur lorsqu'elle était ministre a montré son humanité. Elle a eu une colère  justifiée et nous la remercions encore d'avoir réagi si sincèrement.

 

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Sylvie et Jean-Pierre ARETHENS, parents d'un enfant porteur d'un handicap mental

mardi, 01 mai 2007

Le discours de Charlety

Ségolène Royal à Charléty : « fraternité» contre « brutalité »

Devant 60 000 sympathisants, Ségolène Royal a vanté son projet de « réforme sans violence » contre « la brutalité du candidat de la droite ».



« J'ai pris beaucoup de coups pendant cette campagne », a commencé Ségolène Royal, après avoir fendu la foule masséemedium_charlety.jpg dans le stade Charléty, à Paris, ce mardi soir. Dans un discours de près d'une heure, la candidate a voulu mettre en avant son projet de « réformes sans violence », de « fraternité » et « d'harmonie » contre « la brutalité » de son adversaire.

Elle a d'abord rendu hommage aux mouvements sociaux qui ont donné naissance aux célébrations du premier mai, pour rappeler la « dignité du monde ouvrier ». « L'Histoire a des permanences qu'il faut rappeler », a-t-elle alors lancé, en rendant hommage « à ces jeunes gens du Nord qui se battaient pour la journée de 8 heures et la semaine de 40 heures ». « Déjà, à l'époque il y avait des gens à la vie facile », a-t-elle relevé, qui s'opposaient à « ces droits élémentaires », « des gens à la vie facile qui affirmaient en 1936 que les congés payés allaient ruiner la France ». Contre « ce galimatia conservateur sans fondement économique », la candidate socialiste a déclaré vouloir une France « qui n'en rabatte jamais sur la conquête des droits sociaux ».

« Nicolas Sarkozy n'est pas le général de Gaulle »
Elle a ensuite commenté les propos de Nicolas Sarkozy qui, dimanche dernier, s'en est pris aux mouvements de Mai-68 : « moi je ne souhaite pas que la France parvienne à cet état de blocage pour précisément susciter, comme Mai-68, des révoltes, des revendications, des grèves qui ont tout bloqué, tout simplement parce que le pouvoir en place refusait d'écouter et refusait de redistribuer des richesses. » Après avoir fait remarquer, non sans ironie, que « Bercy n'est pas les Champs-Elysées », « que Malraux n'est pas Doc Gynéco », « que Mauriac n'est pas Bernard Tapie » et que « Nicolas Sarkozy n'est pas le général de Gaulle », elle a comparé la France de 2007 à celle de Mai-68. « Il y a dans la France d'aujourd'hui une même forme de colère qui gronde, des frustrations, des incompréhensions, des millions de personnes qui ont l'impression de ne compter pour rien », a-t-elle déclaré. « Il est plus que temps de réformer rapidement, sans brutaliser, avec intelligence, dans le dialogue, et ce modèle : je suis la seule à vous le proposer ! »

Acclamée par les militants qui scandaient « Ségolène présidente », elle a averti des mouvements sociaux et du « feu qui couve sous la cendre dans les quartiers » susceptibles de se réveiller si son adversaire était élu. Elle a cité les mises en garde de Bernard Thibault, à la tête de la CGT, et de François Chérèque, son homologue de la CFDT, au candidat de la droite. Alors que tous les sondages la donnent pour le moment perdante, elle a rappelé qu'elle avait « 3 jours pour convaincre les hésitants et les indécis » : « 3 jours au cours desquels mon équipe de campagne, c'est vous ! », a-t-elle lancé à son public.

Mardi 01 Mai 2007
Anna Borrel, Marianne

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