lundi, 30 avril 2007

Ségolène Royal promet "une France apaisée" - Le Monde

 
 
Pensez-vous que le débat avec François Bayrou a été bénéfique pour vous ?

C'est la démocratie qui en a tiré un bénéfice. C'est un événement inédit dans l'histoire politique française qu'un candidat placé au second tour de l'élection présidentielle propose un débat avec un candidat qui n'a pas été retenu au premier tour. J'ai pris cette initiative parce que cela correspond à l'idée que je me fais de la politique. C'est cohérent avec ce que je suis, ma façon différente de faire de la politique, le constat que j'avais fait de la crise démocratique, le score de François Bayrou, les messages qu'ont envoyés ses électeurs. J'ai retenu du premier tour une confirmation de ce que j'ai entendu dans les débats participatifs : les Français ont envie que la vie politique se rénove en profondeur et que l'on puisse dépasser les antagonismes bloc contre bloc.

Le débat l'a montré. Une douzaine de fois, François Bayrou a manifesté son accord avec ce que je disais. Sans renoncer à la confrontation principale entre la droite et la gauche, il y a quelque chose à inventer, j'ai senti que le moment était venu. La politique a un besoin profond de rénovation. J'ai donné un contenu et une preuve à cette rénovation.

Avant le premier tour, vous aviez une autre attitude. Comment expliquez-vous ce changement vis-à-vis du parti centriste ?

C'est vrai, je l'ai dit : l'UDF a toujours gouverné avec la droite. Et, dans les collectivités territoriales, l'UDF ne vote jamais les budgets des régions, des départements ou des mairies de gauche, même s'ils sont bons. Le scrutin majoritaire à deux tours favorise la confrontation bloc contre bloc. C'est pourquoi il y aura une part de proportionnelle dans la réforme des institutions. FrançoisBayrou, qui l'a vu de près, a fait un constat sur l'Etat UMP, sur le bilan et sur les dérives idéologiques et langagières de Nicolas Sarkozy. La création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, la théorie génétique pour les pédophiles, la façon dont sa campagne s'est brutalisée ont heurté une partie de l'électorat centriste.

La communauté de valeurs va du PS à l'UDF ?

Je ne parle pas de recomposition politique ou d'appareils politiques. Je ne me pose pas, pour l'instant, la question des coalitions. Si nous sommes dans des affrontements permanents 50-50, la France ne peut pas s'en sortir, se remettre en mouvement. Sur certains thèmes fondamentaux, je réussirai à sortir de cet affrontement bloc contre bloc, quel que soit le choix définitif de l'UDF en tant que parti.

Sur la réforme des institutions, l'Etat impartial, nous avons une vision commune. Je ne veux plus que l'Etat soit maîtrisé par un seul parti, par un seul clan, ce n'est pas la République. Je suis la seule à avoir une vision de la réforme institutionnelle complète. Ce n'est pas le cas du côté de la droite. Elu avec 82% des voix, Jacques Chirac avait l'occasion exceptionnelle de déverrouiller la vie politique française. Il ne l'a pas fait, tous les pouvoirs sont restés concentrés. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est toujours président de l'UMP. Ce qui est contraire à l'esprit des institutions.

Quels signaux allez-vous envoyer à la gauche inquiète de votre évolution vers le centre ?

La gauche n'est pas inquiète car je rassemble sur la base du pacte présidentiel. Les valeurs et les idées de ceux qui m'ont soutenue ne sont pas oubliées. Je les ai tous reçus ou contactés car je veux que leur idéal et leurs bonnes idées rejoignent le pacte. Compte tenu de la situation dans laquelle la France se trouve, il faut absolument lui éviter cinq années de droite dure.

Quant au vote autour de François Bayrou, il est assez varié et toutes les motivations sont d'ailleurs respectables. J'ai pris acte de cette réalité-là sans la mépriser et j'ai pris l'initiative de sortir des schémas traditionnels. Par ailleurs, j'en ai assez de ce procès permanent où lorsque l'on se parle ou l'on dialogue, on est déjà suspect. Il est temps de passer à l'âge adulte de notre démocratie.

Arlette Laguiller se détermine pour la première fois pour le candidat socialiste depuis 1981. Que lui dites-vous ?

La question de la protection de la dignité des travailleurs est centrale. C'est un beau combat qui a le mérite d'être désintéressé. Elle est populaire et estimée. J'ai cité son nom en meeting et elle a été acclamée. Les personnalités qui sont cohérentes, qui ont un idéal principal et ne lâchent pas, sont très attachantes. Je ne la voyais pas pour lui demander quoi que ce soit. Juste pour le plaisir de la rencontrer, de la remercier.  Je veux une France rassemblée et pas les Français dressés les uns contre les autres. Je veux être présidente d'une France apaisée et énergique.

Vous aviez été en concurrence avec Dominique Strauss-Kahn. Il a été très absent dans votre campagne du premier tour, et puis là il est très présent. La photo de votre déjeuner en tête à tête, c'est celle de Mitterrand-Rocard en 1988 ?

Dominique est présent à mes côtés à sa demande et je m'en félicite. C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre, si tel est mon choix.

Il n'y a pas de rapprochement de ligne entre M. Strauss-Kahn et vous aujourd'hui ?

La seule ligne aujourd'hui, c'est le pacte présidentiel. Ma volonté, c'est de rassembler tous les talents autour de ce pacte. Je suis dans une démarche de sincérité et de fidélité à mes engagements, dans le respect des personnalités différentes, de leurs bonnes idées. Par exemple, j'ai confié une mission à José Bové sur la mondialisation et la souveraineté alimentaire.

Quand vous parlez du "bout de chemin" que vous allez faire ensemble avec François Bayrou, ce chemin va jusqu'où ? Jusqu'au second tour, au-delà des législatives?

Il faut respecter les étapes. Maintenant, c'est à François Bayrou de se définir. Il a dit qu'il attendait le débat mercredi pour se déterminer. Et s'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi.

Pourriez-vous prendre François Bayrou comme premier ministre ?

Je l'ai déjà dit : par définition, je ne m'interdis rien.

Sur les retraites, les 35 heures, comment pouvez-vous concilier votre vision et celle des électeurs de François Bayrou ?

Le travail d'explication doit continuer. Je pars avec des préjugés très lourds, sous prétexte que les socialistes sont incompétents en économie et préfèrent le social. De plus, comme je suis une femme, par définition, il y a un préjugé d'incompétence, même si j'ai le soutien de toute la nouvelle école des économistes qui comptent en France et sur la scène internationale. Mon pacte réconcilie l'efficacité économique et le progrès social. C'est une vision neuve, qui suscite aussi l'intérêt des organisations syndicales de salariés que j'ai reçues. J'appelle donc les électeurs à regarder ce qu'il y a dans le pacte présidentiel que j'ai construit après une importante phase d'écoute.

Lors du débat, nous avons d'ailleurs levé des ambiguïtés, puisque François Bayrou voyait dans mon programme une étatisation de l'économie. C'est tout sauf ça. L'économie de marché est une réalité incontournable. Mais je crois qu'elle a besoin d'une régulation pour éviter ses désordres. Et les entreprises y ont tout intérêt. Elles sont d'ailleurs les premières à se tourner vers l'Etat quand elles sont en difficulté. C'est l'Etat qui définit la politique fiscale. Mais les partenaires sociaux définissent la politique sociale. L'Etat a reculé pendant cinq ans sur l'investissement dans la recherche et l'innovation, c'est très grave, il va falloir au contraire en faire une priorité. Les pouvoirs publics, en redistribuant l'argent public, ont un rôle très important dans le développement économique. En même temps, je supprimerai les aides aux entreprises qui n'en ont pas besoin, pour les concentrer sur les PME qui innovent. Je souhaite débureaucratiser l'intervention de l'Etat et la cibler sur les vrais besoins.

Pensez-vous qu'il faut réduire la dépense publique ou pas ?

Oui, il faut lutter contre les gaspillages et les doubles emplois et rendre la dépense publique plus efficace. Il faut relancer la croissance et diminuer le chômage. D'abord par la confiance. J'ai un discours très moderne vis-à-vis des entreprises. Je leur dis même : faites du profit, gagnez de l'argent, à condition qu'il soit honnêtement gagné et équitablement distribué. Avancez, prenez des risques. Mais il faudra que les banques aident davantage les PME. Les entreprises manquent d'épargne. Aujourd'hui, la rente est avantagée par rapport à la rémunération du travail, y compris dans les différentes propositions faites par Nicolas Sarkozy. Je propose, au contraire, de moduler l'impôt sur les sociétés en fonction de l'utilisation des bénéfices. Tout ce qui sera réinvesti dans l'entreprise bénéficiera d'allégements fiscaux. Je veux un pacte de croissance avec les PME, le Small Business Act.

Les organisations syndicales de salariés seront encouragées au compromis que je propose sur la base d'un dialogue social rénové. Du côté du Medef, c'est plus compliqué, parce que le Medef est un agglomérat de grandes banques, d'entreprises du CAC 40 et de PME qui n'ont pas toutes le même intérêt. Mais, là aussi, les choses bougent et je sais que beaucoup de patrons veulent sortir du manichéisme social. Je le vois par exemple avec les prises de position du Centre des jeunes dirigeants.

Sur les 35 heures, vous aviez porté une critique et maintenant vous dites qu'il faut les généraliser. Ce n'est pas une contradiction ?

Non. La deuxième loi sur les 35 heures était trop uniforme. Mais la diminution du temps de travail reste un objectif. En revanche, la façon dont on y parvient devra à nouveau être mise sur la table entre partenaires sociaux. Ce qui a manqué, dans l'application de la loi, c'est l'accompagnement humain. C'est aussi le faible poids des syndicats qui a permis dans certaines entreprises une application des 35 heures qui a dégradé les conditions de travail.

Allez-vous renationaliser GDF, comme le revendique la gauche ?

Ce ne sont pas des mesures de droite ou de gauche. Les enjeux ont changé. Quand on voit les problèmes énergétiques que la France et l'Europe vont devoir gérer dans les années qui viennent, les enjeux financiers considérables, cela mérite quand même un débat public. Nous avons besoin d'un grand pôle public de l'énergie.

Sur les retraites, remettez-vous en cause le principe de 42 ans de cotisation pour le salarié moyen à terme ?

La question des retraites sera totalement remise à plat. Sur la question de la durée de cotisation, il faudra prendre en compte la pénibilité et regarder de très près la question des retraites des femmes. Il y aura une discussion avec les partenaires sociaux. On ne pourra pas déconnecter la question des retraites de celle de la réussite de la lutte contre le chômage, car des emplois en plus ce sont des cotisations en plus. Il faut éviter de brutaliser la question des retraites en l'abordant comme le fait la droite et s'orienter vers des systèmes de retraite à la carte, plus souples. Il n'y aura pas de retraite couperet. En même temps, il faut garantir à ceux qui ont travaillé le plus durement d'accéder à une qualité de vie suffisante.

Faut-il modifier les règles de présentation des candidats aux élections professionnelles ?

Cette question sera traitée dans le débat sur les règles de représentativité qui seront revues. Sans brutaliser du jour au lendemain le paysage syndical. Les organisations syndicales y sont prêtes, si l'on réussit le syndicalisme de masse, soit avec un crédit d'impôt, soit avec un chèque syndical, c'est-à-dire une incitation à adhérer à une organisation syndicale. Lorsque l'on a interrogé les salariés sur la raison pour laquelle ils n'adhéraient pas à une organisation syndicale, ils ont répondu : la peur. Est-il normal que dans la France de 2007 un droit constitutionnel fasse encore peur? Non, car un pays moderne a besoin d'un bon dialogue social.

Vous parlez de la dette, mais vous n'avez pas chiffré la manière de desserrer cet étau.

La marge de manœuvre passe par la réforme de l'Etat et la clarification des compétences des collectivités territoriales. Quand j'ai interrogé José Luis Zapatero ou Romano Prodi sur la manière dont ils avaient réduit la dette de leur pays, ils m'ont répondu que c'est par une meilleure répartition des responsabilités, des compétences pour éviter des doublons, des chevauchements de financement, qu'ils y sont parvenus.

Ensuite, on peut rendre plus efficace le service public. Plutôt que de dire comme Nicolas Sarkozy que l'on va supprimer un fonctionnaire sur deux – ce qui, à mon avis, n'est pas très responsable et d'ailleurs il ne l'a pas fait quand il était ministre des finances –, on peut améliorer l'efficacité du service public. Enfin, la baisse de la dette passe évidemment par la relance de la croissance. Je crois beaucoup au levier écologique. La France a pris du retard. Or les experts estiment que de un à deux millions d'emplois peuvent être créés dans ce domaine. En Espagne et en Allemagne, j'ai été surprise de voir le nombre d'emplois créés grâce à ce secteur.

Si vous êtes élue, c'est vous qui mènerez la campagne des législatives ?

Mon rôle, c'est de réunir une majorité présidentielle.

Ou bien est-ce le chef du gouvernement ou le chef du parti qui mènera cette campagne ?

Nous n'en sommes pas là. Ce qui intéresse aujourd'hui les Français, c'est le second tour de l'élection présidentielle.

Si François Bayrou prend l'option d'entrer dans la majorité présidentielle, y aura-t-il des accords, des désistements entre le PS et son parti, comme il y en avait autrefois et aujourd'hui encore entre le PS et le Parti communiste ?

Si une majorité présidentielle se constitue, ainsi qu'un gouvernement, il faudra un accord entre organisations pour constituer une majorité parlementaire, capable de mettre en œuvre le pacte présidentiel.

Avez-vous le sentiment que le PS y est prêt ?

C'est la dynamique politique qui va le définir. Là, je construis une majorité présidentielle dans la cohérence, la clarté, le respect des partenariats et les valeurs du progrès économique, social et écologique.

Vous n'êtes pas comme Nicolas Sarkozy, qui dit que tous les députés UDF qui l'auront rejoint avant le 6 mai auront l'investiture de sa majorité présidentielle.

Je laisse à d'autres ces débauchages et ces pressions. La bataille principale, elle est pour la France neuve et donc contre la droite dure, avec le bilan désastreux que le candidat sortant refuse d'assumer. C'est l'homme du passé et du passif. Il s'en prend à Mai 68 dans son discours de Bercy en oubliant que les ouvriers, qu'il découvre, ont obtenu les accords de Grenelle. Moi, je veux prendre le meilleur de chaque époque pour inventer la France de demain.

Et, demain, vous prendrez le PS ?

Ce n'est pas compatible avec la fonction de chef de l'Etat.

jeudi, 26 avril 2007

Ségolène Royal dans A vous de juger


Ségolène Royal - A vous de juger - France 2 - Part 1/2 - kewego

Ségolène Royal - A vous de juger - France 2 - Part 1/2 - kewego
Ségolène Royal - A vous de juger - France 2 - Part 2/2 - kewego

Ségolène Royal - A vous de juger - France 2 - Part 2/2 - kewego

jeudi, 19 avril 2007

Contrairement à Sarkozy, "mon projet, c'est vous!", dit Royal

C'est dans un Parc des expositions de Toulouse archi-comble que Ségolène Royal participe à son ultime meeting électoral avant le premier tour.

Plus de 15.000 personnes ont rejoint les trois halls du Parc pour ce rassemblement, traditionnellement organisé en terre toulousaine depuis que Jean Jaurès luttait, comme député, aux côtés de mineurs du département voisin du Tarn.medium_1601271739.jpg

François Mitterrand avait pour chacune de ses victoires respecté cette tradition et Lionel Jospin, s'il n'avait connu son échec surprise du 21 avril 2002, n'aurait pas non plus dérogé à la règle.

C'est peut être d'ailleurs en raison du "syndrome du 21 avril" que l'entourage de Ségolène Royal avait choisi au dernier moment d'annuler une réservation du Stadium pour l'entre-deux tours, préférant respecter cette tradition, mais en l'avançant de quinze jours.

Sous un soleil printanier, les sympathisants s'étaient massés plus de deux heures avant les premiers discours devant les grilles du hall.

"On n'a jamais vu ça", a déclaré à Reuters un vigile de ce Parc. "Ici, on fait des meetings pour la droite et la gauche, mais tant de bus, tant de gens plus de deux heures avant, franchement, c'est du jamais vu".

Autre signe évident de cet engouement, le carré VIP situé près de l'estrade des orateurs avait été pris d'assaut par les personnalités souvent près d'une heure avant la prise de parole de la candidate socialiste, prévue à 20h00.

Avaient ainsi pris place pèle mêle Jean-Louis Bianco, Henri Emmanuelli, Elisabeth Guigou, Jean-Pierre Chevènement, Jean Glavany, Christine Taubira mais aussi François Hollande, Danielle Mitterrand et son fils Gilbert ou Laurent Fabius.

Invité vedette de ce meeting placé sous le signe de l'Europe, José Luis Zapatero faisait partie des invités, tandis que derrière lui avaient aussi trouvé place Arnaud Montebourg, Michel Sapin, Harlem Désir et François Rebsamen notamment.

"BON AUGURE"

Terre de rugby oblige, trois prestigieux représentants de l'ovalie étaient présents aussi : l'ancien entraîneur du XV de France, Jean-Claude Skrela, mais aussi deux joueurs tricolores, Christian Califano et Jean-Baptiste Elissalde.

"Ma présence ici ce soir est logique et naturelle. En plus, tout cela me rappelle les meetings avec François Mitterrand. Cela fait chaud au coeur et c'est de bon augure", a expliqué Jean Glavany.

"Quoi qu'il arrive désormais, c'est un grand soir pour notre parti mais aussi pour les femmes car c'est déjà un grand évènement que Ségolène soit en position d'être élue. Et en si bonne position", a dit de son côté Elisabeth Guigou.

En expert rugbystique, Jean-Claude Skrela y allait de son briefing d'avant-match : "Si j'étais le patron de cette équipe, à laquelle j'adhère complètement, je dirais aux joueurs, dans les vestiaires comme maintenant, que le mental va beaucoup compter pour le premier match. Pour le second, la finale, je leur dirais que cela va se jouer sur des détails, sur des mots, sur des petites fautes". 
 
Ségolène Royal a dénoncé la volonté de Nicolas Sarkozy de vouloir "prendre le pouvoir" uniquement pour lui-même et a promis en revanche de son côté de rendre le pouvoir aux Français si elle accédait à l'Elysée.

Le projet du candidat de l'UMP "c'est de prendre le pouvoir. Le mien c'est de vous le rendre pour écrire avec vous l'histoire de France", a lancé la candidate socialiste à la présidentielle.

"Son projet, c'est lui. Mon projet, c'est vous!", a-t-elle poursuivi sous les applaudissements et les cris "Ségolène présidente".

"Les conservateurs préfèrent toujours les pays repliés sur eux-mêmes car c'est alors plus facile d'engager les divisions. Oui le pays est en déclin mais le peuple ne l'est pas!", a-t-elle affirmé.

"Moi je vois au contraire un peuple français en mouvement. Les Français sont repartis de l'avant! Il y a une force, un enthousiasme qui ne demandaient qu'à être réveillés", a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes devant un grand panneau "La France juste et forte".

"Un souffle se lève! Vent debout, cet appétit d'ordre juste, ce désir d'un changement profond s'appelle la France présidente", a-t-elle déclaré, citant son slogan de campagne présidentielle.

mardi, 17 avril 2007

Avec elle, nous devons contribuer à mettre au monde un meilleur monde.

Pour Ségolène Royal
Par Ariane MNOUCHKINE
 
QUOTIDIEN LIBERATION: mercredi 11 avril 2007
Ariane Mnouchkine metteur en scène

 

Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection présidentielle, et pour celle-ci plus que pour toute autre, il s'agit aussi de sentiments. Il s'agit d'étonnement d'abord, d'espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s'agit surtout, je crois, d'un sentiment de genèse. Je n'ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même qu'une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l'époque, aucun adulte autour de moi ne s'est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.medium_2067338706.jpg

Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d'autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d'un meilleur monde. D'un meilleur pays, d'une meilleure ville, d'un meilleur quartier, d'une meilleure rue, d'un meilleur immeuble. D'un meilleur théâtre. Mieux que d'autres, par leur détermination, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat juste, urgent, possible.

Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun mépris de l'adversaire. Aucune enflure pathologique de l'amour du moi. Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage. Aucune mauvaise foi. Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis d'une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu'ils ambitionnent de porter, devant l'attente du peuple dont ils quémandent le suffrage. Oui, il faut qu'ils tremblent de la terreur de nous décevoir. Or, pour cela, il leur faut de l'orgueil. Car sans orgueil, pas de honte. Pas de vergogne.
 
Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée : «Oh ! Il est vraiment sans vergogne, celui-là.» Eh bien, moi, j'espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu'elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu'à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie qu'est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s'acharnent à déchirer.
 
Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation, et donc pour la culture, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en oeuvre. Et moi, je vote pour ce chantier.
 
Son adversaire surexcité veut nous vendre un hypermarché ­ très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu'il était ministre ­ tandis qu'un troisième... celui-là, à part être président, j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut pour nous. Une hibernation tranquille, peut-être ? Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s'obstinent à classer quatrième alors qu'il y a cinq ans... vous vous souvenez ?
 

O nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. O ce jour-là nos visages... les avons-nous déjà oubliés ? La honte de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée ? Voulez-vous les revoir, ces visages ? Moi, non.

Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d'une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l'opposition radicale, jusqu'à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.
 
Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.
 
Dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang ! Vite ! Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante. Je parle des couleurs de l'Europe, à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte.

mercredi, 11 avril 2007

Les 7 piliers du Pacte présidentiel en vidéo









Ces vidéos et les 100 petits films réalisés sur les 100 propositions du Pacte présidentielle sont à retrouver sur Dailymotion, sur le site national des comités Désirs d'avenir et sur celui des vidéos de Ségolène Royal.

mercredi, 28 mars 2007

Discours sur l'Europe

A l'occasion de la présentation, à Paris, d'un rapport sur l'Europe sociale de Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, et Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, Ségolène Royal s'est exprimée sur l'organisation d'un nouveau référendum sur les institutions européennes.
 
C'est une "obligation démocratique", après le rejet du traité constitutionnel par les Français en mai 2005. Ségolène Royal s'est dite "prête à prendre ce risque politique".
 
Elle a précisé que "ce référendum interviendra en même temps que les élections au Parlement européen, le 14 juin 2009.
 
C'est très court, il faudra entre-temps faire la preuve que l'Europe avance", citant comme "preuves", la création d'un salaire minimum européen, la lutte contre le chômage et les délocalisations, l'investissement dans la recherche et "la préparation de l'après pétrole".
 
"Il faudra mettre en place un gouvernement économique (de la zone euro ndlr) et le faire correctement fonctionner. L'objectif de ce gouvernement économique, ce ne sera pas seulement la lutte contre l'inflation comme c'est le cas aujourd'hui mais également la croissance et l'emploi.
 
Pour cela, je souhaite que les compétences de la banque centrale soient élargies. C'est une idée qui n'est aujourd'hui en Europe pas consensuelle.
 
Si l'Europe se relève et devient efficace, les Français accepteront de lui donner des institutions pour fonctionner mais pas l'inverse".
 
Ségolène Royal a ensuite déclaré que "si la France est bien notre patrie, l'Europe est aussi notre nouvelle frontière".

Défendre en même temps la nation et l'Europe, "non seulement ce n'est pas incompatible mais les deux sont étroitement liées".

Défendre en même temps la nation et l'Europe, "non seulement ce n'est pas incompatible mais les deux sont étroitement liées".

Défendre en même temps la nation et l'Europe, "non seulement ce n'est pas incompatible mais les deux sont étroitement liées".

 

 

jeudi, 08 mars 2007

Journé de la Femme Ségolène Royal la plus apte à défendre l'égalité homme/femme, selon un sondage BVA

Au nom de l'égalité, Ségolène Royal a longuement dénoncé, mercredi 7 mars, à Dijon, les "contradictions tenaces et lesmedium_070308161002.6ox5gs420_la-candidate-socialiste---la-presidentielle-segol-b.jpg écarts persistants" qui séparent les hommes et les femmes dans le monde du travail. "Certes, il y a davantage de femmes instruites et de femmes salariées, mais il y a aussi de plus en plus de chômeuses et de travailleuses précaires, a-t-elle souligné. Certes, il y a davantage de lois sur l'égalité professionnelle, mais le plafond de verre est toujours là, comme les disparités de carrière et de salaire. (...) Les femmes sont les toutes premières victimes des mutations contemporaines du monde salarié."
Depuis les années 1960, malgré la crise, les femmes ont massivement investi le marché du travail : aujourd'hui, plus de 80 % de la population féminine âgée de 25 à 49 ans ont une activité professionnelle. "Dans la France des années 2000, le modèle dominant n'est pas celui du choix (travail ou famille), il n'est plus celui de l'alternance (travailler, s'arrêter, retravailler) mais celui du cumul, note la sociologue Margaret Maruani dans Travail et emploi des femmes (La Découverte, 2005). Pour une mère de famille, il est désormais "normal" de travailler alors qu'il y a seulement quarante ans, il était tout aussi "normal" de s'arrêter dès la naissance du premier enfant."
 
Cette petite révolution est loin d'avoir aboli les inégalités entre les hommes et les femmes. Si, pour beaucoup de femmes, le travail est désormais la norme, le temps plein ne l'est toujours pas : en 2002, 87 % des salariés à temps partiel étaient des femmes. "En Europe, la France se distingue dans le caractère subi du temps partiel, précisent Cédric Afsa Essafi et Sophie Buffeteau dans le numéro de mars d'Economie et Statistiques, la revue de l'Insee. En France, un emploi à temps partiel sur trois est déclaré involontaire contre un sur six pour l'ensemble de l'Union européenne."

Bien que les filles aient rattrapé, puis dépassé le niveau d'éducation des garçons - depuis 1971, les bachelières sont plus nombreuses que les bacheliers et, depuis 1975, les étudiantes plus nombreuses que les étudiants -, les écarts de salaires, qui s'étaient réduits jusqu'aux années 1990, stagnent : dans Economie et statistiques, Dominique Meurs et Sophie Ponthieux estiment qu'ils s'établissaient à 25,3 % en 2002, soit à peine un point de moins qu'en 1990.

Enfin, l'investissement professionnel des femmes est freiné, selon le mot de Mme Royal, par l'"invraisemblable monopole féminin" sur le travail domestique et parental, qui repose sur leurs épaules à 80 %. Ces freins à l'activité ont été renforcés par la création, en 1985, des congés parentaux, qui ont incité nombre de femmes, surtout dans les milieux populaires, à se retirer du marché du travail. "A la naissance d'un enfant, le fossé qui sépare la faible implication masculine du travail d'ajustement des femmes est considérable, soulignaient en 2006 Ariane Pailhé et Anne Solaz dans une note de l'Institut national d'études démographiques (INED). Après une naissance, 54 % des femmes - contre 7 % des hommes - quittent leur emploi et 22 % des femmes - contre 6 % des hommes - réduisent leur temps de travail."

Pour la sociologue Dominique Méda, qui est intervenue à Dijon, la situation des femmes est toujours "plombée par le poids des représentations traditionnelles". "Ces difficultés commencent à l'école, où l'on pousse moins les filles que les garçons, et elles se poursuivent dans l'entreprise, où l'on considère encore toute femme comme une mère en puissance, a-t-elle résumé. Pourtant, le sous-emploi des femmes est à la fois une injustice sociale et une aberration économique : leur travail est nécessaire à la protection sociale, il évite un immense gâchis scolaire et il constitue un rempart efficace contre la pauvreté."

Ségolène Royal est la candidate à laquelle les Français font le plus confiance pour défendre l'égalité entre les hommes et les femmes, selon un sondage BVA à paraître jeudi dans La Dépêche du Midi. A la question +à quel candidat faites-vous le plus confiance pour défendre l'égalité entre les hommes et les femmes+, 43% des sondés ont répondu Ségolène Royal. En deuxième position vient Nicolas Sarkozy (15%). Suivent François Bayrou (13%), Arlette laguillerJ (7%), Jean-Marie Le Pen (3%), Olivier Besancenot (2%) et Marie-George Buffet (2%). 92% des personnes interrogées pensent que l'égalité homme/femme est bien respectée au sein de leur propre famille (58% pensent de même dans les familles en général), et 59% dans les médias. Elles ne sont plus que 27% à estimer que l'égalité est respectée dans les entreprises, et 25% (le taux le plus bas) dans le monde politique. Le sondage a été réalisé par téléphone du 5 au 6 mars, auprès d'un échantillon de 953 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).


 Il est à noter, que seuls les partis de gauche ont désigné des femmes pour les représenter à l'élection présidentielle.

 

Faisons du 6 Mai 2007, une avancée en ayant une femme Présidente de la République et Socialiste !